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Leonie de Marzac
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Leonie de Marzac
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le Sam 15 Fév 2020 - 15:59
Leonie court, à toutes vitesse, ce n’est pas très présentable pour une dame de courir, mais dans sa robe tailleur, idéale pour le travail, elle peut. C’est toujours mieux de courir dans cette tenue que dans une robe bien plus froufrouteuse, avec des jupons en surplus. Elle va être en retard pour son rendez-vous qui n’est pas professionnel et que les Dieux lui en soient témoins, elle a besoin de ce moment amicale, entre demoiselles de hauts rangs. Leonie s’en veut un peu, elle savait qu’elle n’aurait pas dû faire une fleur au dernier des clients, recevoir le Baron de Frenne est toujours une trop longue corvée, il s’étale, il parle, il noie le poisson de ses finances déplorables en prenant soin de faire preuve d’éloquence et Leonie le voit venir, le laisse faire, résultat au lieu de finir à l’heure dite, voilà qu’elle a du retard, elle ne sera jamais à 17heures à la maison bleue.

Elle doit remonter jusqu’au 2nd niveau de la cité depuis la porte du Sud, si elle arrive au pilier centrale, elle aura le temps de monter dans un des élévateurs et de parvenir à gagner un temps précieux, mais pour cela, elle doit se faufiler à travers la foule, toujours en tenue de « travail ». Sa robe porte une jupe droite, de couleur gris brun, elle a le col rond et haut de la chemise blanche fermé, le gilet fin et corseté qu’elle porte par-dessus est assez souple pour ne pas lacérer ses longues journées de travail assise, elle n’a pas eu le temps de remettre sa veste mais avec la chaleur estivale,  ce n’est pas grave, elle a déjà assez chaud comme ça. Heureusement que le soleil n’est plus à son zénith, il fait toutefois encore chaud au sein de la capitale !

Courant délicatement sur les pavés, la jeune femme aurait peut-être dû prendre son fiacre, mais elle a préféré dire au cocher de la rejoindre vers 18heures à la maison bleue et de l’y attendre. Elle se faufile assez habilement à travers les silhouettes et s’excuse à maintes reprises, quand elle parvient à l’élévateur, elle s’y glisse avec soulagement. Vérifiant sa montre fine à son poignet, l’heure n’est pas si catastrophique, si elle se débrouille bien, elle devrait pouvoir parvenir au rendez-vous en retard d’une grosse quinzaine de minute, très grosse, peut-être vingt, pas plus. Elle attend donc, serré dans l’élévateur et regarde les hauteurs en essayant de ne pas se dandiner. Dès l’étage souhaité, elle file.

Leonie de Marzac est une jeune femme généralement ponctuelle, le retard est une chose affreuse, rien d’étonnant qu’une fois parvenue à toute allure, elle vérifie une fois encore sa montre. Ses joues sont écarlates, sa poitrine tambourine, mais elle tente de paraître impeccable, conduite par le maître d’hôtel dans un petit salon de dame, un rien reculé, elle offre un immense et grand sourire à Daphnée qu’elle reconnait immédiatement, toujours aussi belle et délicate, la blonde est heureuse de la retrouver.

« Bonjour ! Je suis désolée ma chère, je suis horriblement en retard, un très bon client qui…enfin, navrée, j’espère que tu me pardonneras, j’ai fait au mieux et au plus vite, je suis rouge comme une tomate je paris. Oh, je le sens…je ne vais pas t’embrasser, je suis un peu échauffée »

Délicatement, elle vient tapoter ses joues, elle est moite, elle le sait et ne veut pas déranger son amie d’un quelconque inconfort. De ce fait, elle prend soin de s’installer comme le maître d’hôtel lui tient sa chaise et elle dépose enfin veste souple, sac et trouve un grand sourire sur sa bouche. La maison bleue n’a pas changé, charmant endroit verdoyant un peu trop rempli d’oiseau toutefois à son goût, ce n’est pas forcément hygiénique tout dressé qu’il soit, mais c’est un endroit prisé de la capitale…elle ne s’en formalise pas !

« Tu es de retour, enfin, en Ambrosia, et moi je n’ai pas eu le temps de te voir avant, je suis une terrible amie, je m’en veux. Alors, racontes-moi, ce retour à la cour ? Comment est-ce ? Entre nous, je suis presque contente de ne pas avoir trop le temps d’y aller, sauf pour les mondanités, et encore, je crois que je vais finir par y envoyer ma jeune sœur, ça l’occupera et la formera un peu, je lui ai trouvé un bon parti ! »

Leonie parle comme ça vient, pas besoin de trop réfléchir avec son amie, elles ne sont pas à la cour à faire bonne impression, elles sont simplement entre elles après tout.


[CLOS]Entre demoiselles. [Pv Daphnée] Fabspqu
Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Mar 24 Mar 2020 - 1:01
Il y avait bien longtemps qu’elle ne s’était guère trouvée entre les murs richement décorés de ce petit salon, la grande verrière offrant une luminosité incomparable à un lieu qui se voulait intimiste et bordé de nature. Daphnée ne pouvait que se souvenir de la manière dont elle avait pu regarder ce ciel des heures durant alors qu’elle venait retrouver ici quelques connaissances, du temps de son pupillat. En hiver, la nuit drapait le monde à des heures moins avancées, permettant aux habitués de prendre le thé dans une ambiance quasi irréaliste, admirant les étoiles quand les machines à vapeur se taisaient et que les nuages disparaissaient. Comme elle avait su apprécier cela, à l’époque. Autrefois, elle avait ses habitudes à la Maison Bleue, retrouvant pour le goûter ou le thé quelques relations mondaines ou autres pupilles, échangeant sur les derniers ragots de cette Cour qu’elle ne pensait jamais intégrer. Comme elle s’était trompée…

La vapeur dégagée dans toute la ville retombait sur ce toit de verre, offrant une bien étrange atmosphère, dissimulant à moitié les rayons du soleil. A l’image du lieu et de son nom, Daphnée s’était vêtue d’une robe au tissu léger d’un turquoise éclairci par effets de transparence. Des manches bouffantes en tulle se resserraient sur ses poignets quand son buste demeurait dissimulé par un drapé bien plus travaillé. Ses cheveux blonds avaient été attachés dans un chignon élégant et assez haut, lui permettant de porter une coiffe décorée de plumes de paon solidement épinglée dans sa masse capillaire. Un rouage en cuivre prenait place sur sa poitrine quand des boucles pendaient de ses oreilles, dormeuses ornées de saphirs. Enfin, elle disposait d’un réticule qu’elle tenait sur ses genoux en cuir naturel, assorti à ses bottines.

Elle n’était guère ici par hasard. Au temps de son pupillat, si elle avait rencontré bien du monde, elle n’avait que peu gardé contact. C’était pourtant le cas avec Leonie. L’histoire de l’autre blonde avait viré au tragique et aujourd’hui, elle se retrouvait avec des responsabilités que Daphnée lui enviait presque, elle qui était si fade dans ses occupations. Peut-être était-ce pour cela qu’elle s’était rapprochée d’un inventeur, afin de s’occuper et se sentir utile et avec des responsabilités. Mais là n’était pas le sujet. Apprenant son retour en ville, les deux jeunes femmes avaient convenu de ce rendez-vous autour d’un thé et une pâtisserie de choix dans l’un des salons les plus en vogue de la Capitale. Ne venant que trop peu dans ces niveaux de la cité, Daphnée était passée devant le théâtre, se remémorant sa soirée avec son fiancé. Ah oui, cde cela aussi, elle pourrait parler avec l’autre femme…

D’ailleurs, bien qu’en retard, elle finit par apparaître et si des années les avaient éloignées, elle se reconnurent instantanément. Se levant de sa chaise pour la saluer comme le voulaient les convenances, elle sourit devant la mention du retard et cet air empressé qu’avait Leonie. Rouge, elle l’était oui, mais ça ne gâchait en rien la beauté de ses traits. Elle était devenue une femme accomplie et à la beauté certaine, nul doute à ce sujet. « Ne t’en fais pas, je n’ai pas vu le temps passé, trop occupée à me remémorer les différents souvenirs que nous avions dans cet endroit. » Reprenant place dans son fauteuil, elle déposa son sac derrière elle afin qu’il ne la gêne pas en demeurant sur ses genoux. « Tu as surtout l’air en grande forme ! » Riant doucement, elle ne pouvait que constater le flot de paroles qui sortaient de la bouche de son amie et confidente d’autrefois. C’était presque comme si elles ne s’étaient jamais quittées quand des années les séparaient pourtant.

Soulignant son indisponibilité, Leonie arracha un nouveau sourire à la blonde polaire venue de Raclus. Et finalement, vint l’avalanche de questions qui nécessitait de rattraper le temps perdu. Expliquant la manière dont elle comptait se soustraire aux obligations mondaines en sacrifiant sa sœur, elle tira un nouveau rire chez Daphnée. « Pauvre enfant… Voilà que tu serais prête à la sacrifier… Heureusement pour elle et au nom de notre amitié, je tâcherai de la secourir de ce panier de serpents ! » Oui, elle comptait bien agir de la sorte si besoin. Puis, revenant sur les interrogations multiples, Daphnée prit une profonde inspiration. « Eh bien… J’ai nécessité à m’acclimater au plus vite de ce milieu qui ne m’a jamais réellement manqué. Les gens ne font que parler de ces mariages avortés qui furent les miens a bien des répétitions… Et cela plus encore depuis l’annonce de mes fiançailles. » Elle essayait de paraître impassible face à ces mots mais, intérieurement, ils étaient toujours douloureux pour bien des raisons. Le choix de son fiancé qu’elle n’avait su faire, de prime abord, mais aussi le relancement de cette malédiction dans tous les esprits. « C’est bien la première fois que je me retrouve ainsi mise en avant et je cèderai ma place pour quelques libertés que je semble ne plus avoir… Moi qui rêvais de voyages… Et toi, alors ? Comment vont les affaires ? J’imagine que tu as bien peu de temps pour toi avec de telles responsabilités… » On ne s’improvisait pas directeur de banque, après tout…


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Leonie de Marzac
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Leonie de Marzac
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le Mer 1 Avr 2020 - 16:43
Leonie de Marzac reconnait son amie, presque immédiatement. Si son adolescence est passé, la douceur et la beauté des traits de Daphnée restent immuable. Une tranquille fleur, un bel Edelweiss, voilà ce qu’elle inspire à la lionne bancaire. Une fleur parvenant à franchir les difficultés, s’épanouissant dans un climat terrible, faisant s’arrêter ceux qui viennent sur son passage. Elle ne l’envie pas, à chacun ses malheurs, ceux de Daphnée ne valent pas ceux de Leonie, mais elles ont toutes les deux leurs obstacles. Heureuse et essoufflée, elle se laisse gagner par une envolée de parole qui coupe toute possibilité à des hésitations dû au temps, la distance et ce genre de chose là qui malmène l’amitié. Pour Leonie, c’était hier, qu’elle laissait son amie pour la revoir plus tard !

Un grand sourire.

« Parfait »

Installée maintenant dans un fauteuil, d’un geste féminin, Leonie remet ses boucles en place, rajuste sa coiffure sommairement et offre un grand sourire à Daphnée. Ses yeux pétillent, son air mutin s’installe, rien ne saurait plus dérangée la dame qui a décidé de passer du temps avec son amie. Elle a bien droit de s’accorder du temps, pour cela, avec tout ce qu’elle fait, ne pas se trouver d’instant pour soit reviendrait à la condamner à une légère folie. Elle parle, beaucoup et rit doucement quand Daphnée lui fait remarquer sa forme.

« Tu me connais, je piaille, je piaille, quand je suis heureuse ! Et je le suis de te voir ! ça me donnerait presque envie de chantonner ! »

Adolescente, jeune femme, elle se serait permis, mais ici, en public et à son âge, Leonie se retient parfaitement. Cela ne la chagrine pas, il est finit le temps de l’enfantillage et de la légèreté autorisée, maintenant, il faut se montrer dame, femme, responsable. Ah, ce n’est pas grave de ne plus pouvoir pouffer comme une jouvencelle insouciante. Pas grave du tout. Elle parle, beaucoup et pose des question.

« Oh tu ferais une merveilleuse chaperonne de palais pour Eugénie ! C’est une idée, non ? Qu’en dis-tu ? » Elle papillonne des cils, air charmant pour amadouer, bien entendu Daphnée peut refuser, elle profite, par jeu, sans contrainte aucune, la franchise de l’amitié souligne qu’elle peut dire non !ce qui est merveilleux.

Chipant un petit sablé qui se tient dans une corbeille, Leonie n’a pas osé aborder le sujet, elle sourit cela ne se fait pas de trop s’emporter sur les fiançailles, ni sur le futur époux, si vieux. Ce n’est pas un mariage d’amour, effectivement, mais de protocole, Raclus est contenté, ou presque. Elle se retient et ça se voit. Balayant d’un geste de la main les chose, Leonie hausse les épaules.

« Je fais au mieux. J’ai bien marié mon frère et j’ai bon espoir de bien marier ma sœur, à défaut d’une vie sentimentale, je serais une bonne matriarche. Mes potentiels neveux et nièces auront la fortune de la Grande Tante et je veillerais à voir lequel est le plus responsable et compétent pour être former à ma suite ! Ainsi va la vie et le monde ! J’ai déjà tout composée dans ma tête. »

Elle tapote sa tempe, tout est là. il ne faut pas être triste, Léonie a sacrifié sa vie pour les siens, elle assume, sans crainte ni tristesse, pourquoi se fâcher quand on a choisi sa destinée ! La commande est rapidement passée, Leonie n’a pas besoin d’éterniser la présence du serveur, elle se permet de parler un peu sur la confidence.

« Pardonnes-moi, je ne tiens pas plus. Mais tes fiançailles, ton promis, qu’est-ce que cela te fait après…enfin, tout. Et puis son âge. Cela ne te parait pas étrange, son âge ? Je ne pourrais pas, je crois… est-ce lui qui a choisi ? Qui a demandé ? Dire que tu aurais pu avoir le jeune prince Nicolas… »

Leonie montre un peu de légèreté de sa jeunesse, la frivolité même de la jeunesse. Ce n’est pas grave, ce n’est pas un drame, mais puisqu’elle peut en avoir un peu avec son amie, pourquoi pas !


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Daphnée Samabartel
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le Sam 4 Avr 2020 - 2:33
Leonie était de ces gens exubérants qui vivaient sans trop se poser de questions. Daphnée l’avait toujours enviée pour cela, même si les choses avaient été différentes par le passé. Cette joie de vivre qui la traversait se transformait en paroles expressives et besoin de s’agiter tout en restant digne, ce qui pouvait sembler contradictoire. Piailler. Un large sourire étira les lèvres de Daphnée qui leva doucement les yeux au ciel, comme si elle venait de dire une bêtise. Pourtant, elle avait raison. L’entrain de Leonie lui rappelait un oiseau qui tentait de se faire entendre, encore et encore.

D’une phrase prononcée, la Raclusienne voit le visage de son amie changer, se voilant d’un sérieux soudain et non même dissimulé. Un chaperon. Daphnée avait-elle les capacités nécessaires pour assurer une telle responsabilité ? Elle n’en avait pas la moindre idée et pourtant, l’envie de rendre service à son amie et lui alléger les inquiétudes liées à cette position lui tendait les bras. « Ce serait une première pour moi, mais si toi comme elle êtes indulgentes, je serais ravie de m’essayer à une telle fonction. Evidemment, je ne le ferais que si ta sœur est d’accord, je ne souhaite la forcer en rien… Dans tous les cas, sache que je garderai un œil sur elle, officiellement ou non, au nom de notre amitié. Appuyant ses paroles d’un léger hochement de tête, la blonde polaire sourit doucement. Leonie l’aurait certainement fait pour elle, non ? Si elle avait eu une sœur…

Tentant d’éviter au plus de parler d’elle et de ses soucis, elle chercha à réorienter les choses sur son amie, se renseignant sur sa famille, sur ses affaires. S’emparant à son tour d’un petit gâteau, Daphnée l’écoute lui parler du mariage de son frère que la jeune femme salua d’un nouveau hochement de tête enchanté. Les espoirs qu’elle fondait sur sa sœur étaient grands et la jeune femme comprit mieux encore les dangers de la Cour sur une jeune enfant en quête d’un bon parti. Elle nota précieusement l’information pour elle-même, souriant un peu plus quand Leonie souligna qu’elle renonçait doucement à l’idée d’un mariage pour elle-même. Apparemment, quand la Raclusienne tentait de faire des plans sur la comète pour son avenir, la propriétaire de la plus grande banque d’Ambrosia se voyait résignée autant que satisfaite de cette fin. « Tu pourrais être surprise par ce que les Dieux t’ont réservé… Peut-être ton heure viendra-t-elle après tes cadets. » Haussant les épaules d’un air innocent, elle sourit. Mais cela ne dura pas.

Tes fiançailles. Les lèvres de la jeune femme se détendirent presqu’instantanément et elle prit une profonde inspiration pour affronter le déluge de questions qui sortit de la bouche de Leonie. Elle ne lui en voulait pas, sachant qu’il n’y avait aucune mauvaise intention dans ses paroles. Mais c’était difficile pour elle d’affronter cette vérité en face. Son âge. Baissant le regard, Daphnée savait à quel point la chose pouvait révolter bien des jeunes femmes quand elle avait été résignée. Dire que tu aurais pu avoir le jeune prince Nicolas. A ces mots-ci, cependant, elle se laissa aller à un léger rire. « Enfin, tu mesures ma déveine ! » Reprenant un peu plus de contenance, elle soupira avant d’essayer d’apporter les réponses attendues par son amie, le regard posé sur ce biscuit qu’elle effritait entre ses doigts malgré elle. « C’est un commun accord entre mon père et son Altesse Impériale. Je crois bien pouvoir affirmer que ni lui ni moi n’ayons été concerté avant que les choses ne soient actées… L’Impératrice souhaitait préserver un lien avec la Ligue après avoir annoncé ses intentions d’épouser un Améthien… Un mariage d’amour. Dans quelques confidences, Lilith avait su ouvrir son cœur avec cette étrangère qui deviendrait sa tante quand son âge lui aurait davantage souhaité de devenir sa sœur. Ce mariage promettait bien plus de bonheur que le sien et Daphnée préférait se réjouir pour la brune plutôt que de se laisser aller dans le plus grand des chagrins. « Tu te doutes bien que si mon père m’avait incluse dans les discussions, je n’en serais pas là. Non pas à cause de l’âge de l’Oncle de sa Majesté mais bien pour tout le reste… » Pinçant doucement les lèvres, elle aurait préféré ne pas évoquer à nouveau ces six mariages avortés, les laisser dans l’oubli le plus grand. Mais les Dieux en avaient décidé autrement. « Mon père a finement fait les choses, m’annonçant la nouvelle la veille de mon départ pour m’éviter une quelconque fuite. Et pour couronner le tout, il n’a jugé bon de m’accompagner, certainement persuadé lui-même de l’inutilité d’un déplacement pour un énième mariage de sa fille. »

Elle prononçait ces mots avec un certain détachement, comme si ce père n’était qu’un étranger pour elle. C’était bien cela, en réalité, elle qui préférait ne jamais le revoir plutôt que devoir encaisser ses regards appuyés et ses attentes trop lourdes à porter. « Je crois être trop préoccupée par le nouveau tour que les Dieux pourraient me jouer pour m’attarder sur un détail tel que son âge… Mais je ne saurais mentir : cela n’aide en rien notre relation à se développer. Nos intérêts sont éloignés, nos priorités différentes… C’est difficile, d’autant plus que tous les regards se braquent sur moi dès que j’ose bouger un orteil… Mais il est difficilement possible de faire machine arrière, à présent. » Evidemment, il y avait bon nombre de choses à laquelle Daphnée ne pensait pas devant les propos de son amie. Avait-elle seulement pensé à ce que les moments d’intimité pourraient être avec un tel homme ? Non, car son raisonnement n’en était pas encore arrivé à cela.


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Leonie de Marzac
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le Lun 27 Avr 2020 - 19:40
Leonie avait eu du malheur, mais elle ne le laissait pas prendre le pas sur sa vie. Les Dieux avaient donné des obstacles à sa vie et elle avait tout fait pour que cela ne frappe pas sa routine de peine et de malheur. Il le fallait, pour sa famille, elle devait être forte et en hommage à ses défunts parents. Elle était heureuse en cet instant d’être en compagnie de la douce Daphnée, le temps, la vie, les avaient séparés, aujourd’hui, elles pouvaient enfin se retrouver ! Elle piaillait comme un jolie moineau, bien qu’elle eut préféré être un merle et fit disparaitre cette attitude en redevenant soudainement sérieuse en parlant de chaperon.

Son sourire grandit.

« Oh merci ! Ce sera parfait. Tu adoreras ma sœur, elle est plus réservée et elle sera plus rassurée d’être accompagnée d’une amie à moi, j’organiserais une rencontre avant, pour que nous en parlions, à la maison, autours d’un dîner, cela te dit ? »

La banquière ne laissait jamais trainer les choses, l’idée était lancée, plus ou moins acceptée, autant se lancer ! Leonie parla alors, du mariage de son frère, de sa sœur et elle ne put s’empêcher de pouffer de rire, quand Daphnée parla de son propre mariage potentiel. Ce fut charmant, alors qu’elle cachait sa bouche de sa main et qu’elle se reprit avec élégance.

« Si les Dieux le veulent ! » Elle n’était personne pour les empêcher, mais pour l’instant, la jeune femme était clairement décidée à ne pas s’ennuyer, parce qu’aucun homme ne supporterait une femme d’action, enfin, si un Ambrosien, mais les Ambrosiens étaient pas nombreux à vouloir épousailler une fille d’impie, car cela suivait un peu les choses. Ne pas y penser était bien mieux ! Elle évinça donc la chose !

Et parla des fiançailles de Daphnée. Elle savait que ce n’était pas un sujet aisé pour son amie, mais elle ne pouvait pas se focaliser sur la tristesse, Leonie pensait ainsi pouvoir la pousser à un peu plus d’éclat, et elle parla, posa des questions, s’intrigua ! Les jeunes femmes, pour ne pas dire fille, se comprirent sur un point : l’âge du mari. Oh oui…c’était normal pour des demoiselles de s’arrêter à cela, ce n’était pourtant ni méchant, ni insolent…c’était juste logique.

« Tellement. Il reste un bel homme mais bon. » Elle haussa les épaules avec un petit sourire en coin tout désolé. Leonie hocha la tête, un beau mariage arrangé de l’impératrice, permettant de faire une pierre deux coups, Nicolas devrait surement être promis à une eskroise ou une ambrosienne, qui serait choisis pour le reste des choix ? Excellente question ! Leonie fronça les sourcils, ah, elle était agacée, non par Daphnée, mais par ce vilain Père ! « Peuh, il ferait donc déshoneur à l’Empire en ne venant pas ? Il mène mal sa barque celui-là ! Et bien tant pis pour lui, il le regrettera ! »

Voilà c’est tout. Elle avait son petit air fâché contre une personne absente, ses lèvres pincées, son regard couroucé, qui devint tout tendre en regardant sa comparse de nouveau.

« Impossible et impensable ! Tu risquerais trop en n’honorant pas ce mariage, et que ferais-tu après dès lors ? La ligue ne voudrait plus de toi ! Enfin…ne pensons pas à ça. Quand tu dis que vos priorités sont différentes, il n’est plus en âge de fonder une famille, je suis désolée…enfin, je suppose qu’il y a de cela, non ? Si c’était mon genre, je te dirais qu’il sera fort possible pour toi de prendre un amant, mais ce n’est pas mon genre et je dois avouer que je t’imagine mal être ainsi déshonorante pour ton époux ! Ah tiens ! Point positif, tu n’as pas à t’inquiéter de potentielle maîtresse ! C’est un soucis en moins. Non ? »

La jolie Leonie avait une expression mutine, elle essayait de faire voir le bon coté des choses à son amie, et elle pouffa légèrement.

« Pardon, j’essaye de te faire relativiser. Je suis certaine que je peux trouver d’autres trucs, mais ce n’est pas bien, de dire que des bétises ! »



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Daphnée Samabartel
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le Ven 1 Mai 2020 - 1:10
Elle semblait plus que ravie de savoir sa sœur entre les mains de la jeune blonde venue de Raclus. Daphnée se jura intérieurement de faire de son mieux pour protéger la jeune Marzac, tout en prenant soin de ne pas trop en faire. Mais rapidement, Leonie trouva un moyen plus simple encore d’anticiper les choses, de faire en sorte que les trois jeunes femmes se réunissent pour mieux discuter des modalités d’un tel engagement. Un dîner. La blonde sourit doucement, trop heureuse de cette perspective annonçant de nouvelles retrouvailles prochaines. « C’est avec la plus grande joie que j’accepte. » Et ce n’était nullement feint.

Et doucement, la conversation dévia sur des choses moins enjouées pour la Raclusienne, s’achevant sur son mariage à venir avec le Maître Espion du Royaume. Alors, évidemment, s’il pouvait être aisé pour elle de se voir au bras du prince Nicolas, il lui était plus douloureux de savoir que c’est une chose qui avait pu arriver. Pourquoi les choses ne s’étaient pas faites de la sorte, d’ailleurs ? Voilà une question qu’elle finirait peut-être par se risquer à poser à l’Impératrice en personne. Après tout, n’était-elle pas en droit de s’interroger ? Suite à cela, elles abordèrent la façon dont les choses s’étaient ficelées pour Daphnée, cette dernière soulevant la manière dont son père l’avait jetée dans la fosse aux lions sans même la regarder faire. A la remarque de Léonie, elle haussa les sourcils. « Oh, crois-moi, il en est plus que capable… Et, pour être tout à fait honnête, je crois bien ne plus désirer l’avoir à mes côtés si ce jour doit se présenter. Voir le sourire satisfait peindre son visage tandis qu’il ne se gardera pas de me prendre à part pour m’intimer à être une excellente épouse… Non, vraiment, je n’ai plus aucun souhait de voir mes parents à ces Noces… » Cela pouvait sembler cruel mais, d’un autre côté, ils le méritaient pour l’avoir été avec elle également.

Faire machine arrière. Elle y avait pensé, notamment lors de cette soirée récente où les deux fiancés s’étaient lancé des mots à la figure, la vérité tombant enfin sur certains aspects. Mais, comme le soulignait si savamment son amie, elle n’aurait aucun moyen de se retourner. La Ligue la désapprouverait pour un tel déshonneur et l’Empire ne saurait se résoudre à la protéger. Si la plupart des jeunes filles de ce monde ne l’enviaient pas, une autre Raclusienne se réjouirait sûrement de se trouver au bras de l’Oncle de l’Impératrice. Mieux valait ne pas penser à tout cela, comme le soulignait si bien Léonie, arrachant un demi-sourire à Daphnée qui… Le laissa disparaître presque aussitôt.

Quand elle parlait de priorités différentes, elle voyait surtout ses envies de voyages mises en opposition avec le besoin de soutenir le Royaume pour Nemrod. Pas ces besoins primaires que les Hommes pouvaient avoir à fonder une famille. Cillant un instant, la blonde sentit son sang se glacer quand elle réalisa qu’elle n’avait pas le moins du monde envisagé cet aspect du couple. Après tout, était-ce si naïf lorsqu’on savait qu’elle n’avait jamais passé la moindre nuit de Noces ? Daphnée n’avait nullement connu le plaisir charnel et savait son honneur intact. A vingt-sept ans, beaucoup se seraient certainement lancés en dépit des convenances mais pas elle. C’était d’ailleurs l’un des arguments que son père mettait en avant dans chacune des négociations pour lui obtenir bon parti. Dahnée était vierge, immaculée de tout contact sur sa peau délicate. Seules ses lèvres s’étaient aventurées à en découvrir d’autres, très récemment encore, avec Raimond. Mais c’était bien tout ce qu’elle pouvait se vanter d’avoir fait de manière inconvenante. Alors entendre Leonie parler d’amants et de maîtresses… La pâleur vint rendre son teint livide alors qu’elle comprenait qu’au-delà de la politique et de l’acceptation de ces noces, ce mariage ne saurait être approuvé pleinement sans être consumé.

Elle sentit comme un poids se poser sur sa poitrine, l’empêchant de respirer pleinement. Ses doigts se refermèrent sur les accoudoirs de sa chaise, blanchissant les jointures délicates de ses mains. Elle serra les dents un instant, comme accusant le coup, avant de répondre au tac-au-tac à son amie. « Je crois que je préfèrerai qu’il ait une maîtresse… » Une révélation difficile à confesser mais ne faisant que mettre en avant ses peurs et ses doutes sur l’entièreté de son existence… Leonie s’excusait, cherchant à la faire relativiser d’après ses dires. Daphnée ne put contenir un léger rire amer. « Je crains que ce ne soit guère un succès, malheureusement. Entre nous, je suis si peu habituée à l’idée de l’aboutissement d’un mariage que j’en avais même oublié tout cet aspect… Charnel. » Déglutissant avec difficulté, elle sentit le feu brûler ses joues tandis qu’elle s’emparait de sa tasse de thé pour noyer son trouble. Était-ce pour cela que Leonie avait relevé son âge avancé ? Evidemment. Elle avait directement pensé à tout ceci quand Daphnée manquait cruellement de pragmatique. Mais heureusement pour elle, elle avait une amie fantastique qui pouvait lui éviter une véritable crise de panique qui aurait eu lieu lorsque les portes des appartements de Nemrod l’Envers se seraient refermés sur elle. « Je dois te faire une confidence, Leonie… Je n’ai jamais partagé mon lit avec quiconque. » Elle s’en sentait très gênée et pourtant, pinçant délicatement les lèvres, elle poursuivit. « Alors maintenant… L’idée de savoir que je risque de le faire avec un homme aussi âgé est… Peu plaisante. » Répugnante, même. Arriverait-elle seulement à le laisser la toucher ? Son sang ne fit qu’un tour quand elle chercha à imaginer la chose, hochant la tête de gauche à droite, refusant cette idée en bloc. « Ca ne risque pas d’arriver, n’est-ce pas ? Les Dieux vont à nouveau jouer de leur sort à mon égard, cet homme mourra avant que les Noces ne soient prononcées et je n’aurais pas à aller jusque-là… N’est-ce pas ? » Si personne ne la rassurait sur le sujet, pour sûr, cette pensée serait celle à laquelle elle s’accrocherait de toutes ses forces.


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Leonie de Marzac
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le Ven 22 Mai 2020 - 21:31
C’était parfait, Leonie était rassurée de pouvoir confier sa jeune sœur à une demoisellée aînée qui pourrait la guider dans les mondanités. Cela la peinait de ne pas en avoir le temps, mais la banque se gérait si durement, qu’elle ne pouvait tout à fait faire partie des mondanités, sauf le strict nécessaire. Cela ne la chagrinait pas, Leonie avait déjà décidé depuis longtemps que sa vie serait ainsi faire, voilà tout ! Daphnée serait ainsi parfaite pour veiller sur sa cadette, et puis, elle avait tout le charme et l’élégance nécessaire pour faire une bonne chaperonne en soit et un excellent guide. Ne restait donc qu’à décider de quand faire ce dîner.

Bien entendu, elles en arrivèrent à parler de la nouvelle situation de Daphnée, ce mariage…Leonie était positivement fâchée par le Père de son amie, parce qu’il ne pensait pas à sa fille. Comment cela était possible ! Oh bien entendu, placer sa fille dans l’échiquier de Choiseul…c’était plus que séduisant, mais tout de même ! Leonie fit une petite moue compatissante à son amie, la vie était injuste…ses parents, si bienveillant étaient mort et il y avait le Père de sa comparse. la vie n’était pas parfaite ! C’était certain !

« L’avantage c’est que tu peux clairement ne pas l’inviter. » Ce qui était fort simple à faire, nul faire part et la chose était réglée. Quoi que, que dirait les gens en absence du père de la mariée ? Oh Leonie ne voulait pas la blesser et se garda donc de lui dire quoi que ce soit au sujet. Leonie s’aventura cependant sur la vie intime et réalisa qu’elle avait fait blémir son amie. La jeune femme était aussi vierge mais ne se dérangeait pas de parler de ce genre de chose, parce que bon, même si elle ne connaissait rien et bien…elle pouvait user des mots sur les choses ! Non ?

Comprenant son erreur, Leonie s’arrêta de parler, son amie paraissait soudainement pâle et foutrement pas en état de continuer à ‘lécouter, elle se tut et l’observa. Un haussement de sourcil, surpris, accueillit la réponse qu’offrait Daphnée. Une maîtresse ? Diable ! Elle s’excusa, présenta sa volonté de la faire relativiser, tordis sa bouche dans un rictus d’excuse…

« Oh nous sommes deux ! Moi c’est par manque de temps et parce que je n’ai pas très envie de me lancer sur ce genre de chose. Je ne dis pas que je n’ai pas…lu des livres ou ce genre de chose mais… »

Elle ne finit pas sa phrase, ses joues toutes rougies, elle prit son breuvage pour boire. Leonie était une jouvencelle qui observait des dessins tout au plus, en se demandant comment on faisait ça ! Leonie se racla la gorge.

« Il a l’expérience que la jeunesse n’a pas et qui pourrait rendre le tout déplaisant, non ? » Toujours relativisé, ce qu’elle fit encore. Leonie haussa un sourcil. « Tu espères qu’il meurt plutôt que… » La demoiselle fut étonnée d’entendre cela, elle ne savait que trop en penser, ce n’était pas folichon. Elle chercha une réponse. « Je ne sais que te dire, parfois, souvent, j’ai pensé essayé pour voir, histoire de ne pas mourir vieille fille, trouver un homme de mon âge disposé à….mais je… ;enfin…bref. Cela pourrait te paraître moins…enfin je ne sais pas, j’ai avancé le sujet mais je ne suis pas la mieux avancée sur le sujet. J’ai lu quelques ouvrages sur le bienfait de la Petite Mort…tu sais… »

Elle dodelina de la tête, le plaisir solitaire. Oserait-elle dire qu’elle avait déjà essayé ? Oh non, quand même, pourtant, même si elles avaient baissé de ton sur le sujet, elle ne pouvait pas décemment se confier autant, quoi qu’il en soit, elle était probablement aussi gênée que sa comparse sur les détails, mais elle décida de se reprendre en main !

« Je crois que je t’ai fais pensé à quelque chose que je ne connais pas. Je n’ai aucune idée de ce qui pourrait se passer ou de conseil à te donner…peut-être qu’en parler avec ton futur époux est une bonne idée ! »



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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Lun 1 Juin 2020 - 1:03
Ne pas inviter son père. C’était presque la chose la plus rationnelle à faire et Daphnée fut heureuse d’entendre quelqu’un d’autre le formuler à voix haute, souriant timidement. Les conventions sociales avaient toujours dicté que le père de la future mariée se devait de la conduire à l’autel, de l’amener jusqu’à l’homme qui allait devenir son époux pour le reste de sa vie, dans le meilleur des cas. Mais aux yeux de la blonde, la trahison de son géniteur le rendait inapte à une telle tâche. Ce serait une insulte à sa personne que de le savoir à ses côtés, souriant, jubilant, tandis que son esprit s’effondrerait dans la noirceur d’une union peu désirée. « C’est ce que je comptais faire, silencieusement… Mais tu sais, je crois que même si je le faisais, il ne ferait le déplacement, trop persuadé lui-même que ce mariage n’aboutira qu’à une fin funeste. » Haussant les épaules, elle avait bu une gorgée de son thé, comme si, finalement, tout ça n’avait que bien peu d’importance.

La discussion prit alors un grand virage quand, percutant Daphnée de plein fouet, les mots de Leonie lui rappelèrent quels devoirs une épouse pouvait avoir envers son mari, se cachant d’avance derrière une maîtresse potentielle qui saurait le satisfaire sur ce point quand l’âge de l’homme devint soudainement un obstacle en ce sens, pour la première fois. Confessant à son amie ses craintes et surtout, sa propre situation virginale, elle fut presque soulagée de l’entendre dire qu’elles étaient semblables sur ce point. Soulignant à son tour son manque d’intérêt pour la chose, la dirigeante de la banque Ambrosienne ne tarda pas à lui expliquer que l’idée lui était bien venue de trouver des réponses dans des livres mais que jamais elle n’avait su franchir le pas. Rougissant de concert devant les mots qu’elles employaient, Daphnée lança un regard circulaire à la pièce, comme pour s’assurer que cette conversation n’était pas le feuilleton d’un curieux de passage.

Alors oui, il aurait une expérience certaine ayant déjà été marié. Mais cet avantage ne rassurait en rien Daphnée qui imaginait déjà l’homme avoir des pratiques auxquelles elle ne trouverait nul plaisir mais se devrait de les lui offrir car là serait son rôle. Et invoquant à nouveau cette malédiction, Daphnée tenta de se rassurer, de se persuader qu’elle n’aurait pas à ôter ses vêtements pour mieux laisser le regard d’airain de Nemrod l’Envers se poser sur son corps de poupée avant d’y glisser ses doigts usés par le temps. Un frisson parcourut son échine à cette pensée tandis que Leonie relevait cette volonté de le savoir mort plutôt qu’autre chose. Pinçant les lèvres, la Raclusienne compris à quel point ses mots pouvaient être choquants et pourtant, elle ne les regretta pas réellement, doucement persuadée que cette finalité serait celle qui leur arriverait. Baissant le regard, elle déglutit péniblement, se sachant jugée par l’autre jeune femme. Mais cette impression de jugement s’effaça quand Leonie lui confessa avoir déjà songé à sacrifier son honneur pour mieux savoir de quoi il en retournait. A son tour, Daphnée la regarda avec une mine légèrement horrifiée. Jamais au grand jamais elle n’aurait pu faire une telle chose, se préservant depuis son plus jeune âge pour le seul homme qui serait le sien devant les Dieux. Perdant le fil de ses mots et de sa pensée, elle finit par souligner qu’elle n’était pas nécessairement la mieux disposée à discuter de tout ceci avec elle. Essayant de contenir une légère mimique, Daphnée s’empara d’un nouveau biscuit qu’elle macha avec vigueur, tâchant d’oublier les images que son esprit avait su lui façonner sur le sujet. Le coup de massue vint quand la jeune femme aborda la petite mort. Avalant de travers, Daphnée manqua de s’étouffer avec un morceau de son biscuit, toussant aussi discrètement que la situation le lui permettait avant de mieux noyer son trouble dans une nouvelle gorgée de thé. « Par Aernia, Leonie ! Ne me refais plus jamais cela ! » Guettant les alentours, elle constata que les curieux de cette quinte de toux subite avaient fini par reprendre leurs occupations et discussions.

Ne répondant pas à ses propos pour ne pas se couvrir de honte, elle finit par entendre ses mots et écarquillant doucement les yeux quand elle évoqua l’idée pour elle d’en parler avec le principal concerné. « Mais comment puis-je seulement démarrer de tels propos ? Ne vois-tu pas à quel point ce sujet est épineux ? Je préférerai qu’il n’y pense pas le moins du monde, jamais, plutôt que de l’encourager en ouvrant une discussion dans laquelle il aurait les pleins pouvoirs… La simple pensée de le savoir capable de caresser mon corps est une horreur que mon esprit repousse de toutes ses forces… Non, vraiment… Je sais que cela te choque mais je crains que mon seul salut se trouvera dans son décès prématuré que nos fiançailles provoqueront à un moment ou un autre… Je dois simplement me montrer patiente. » Comme elle était cruelle. Et pourtant, une partie d’elle espérait qu’elle ne soit pas si maudite, qu’elle ne soit pas veuve avant même d’être mariée, une septième fois.


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Leonie de Marzac
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le Jeu 11 Juin 2020 - 21:28
A quoi bon inviter un tel homme ? Hum ? Leonie se le demandait ! Elle roula des yeux en fait, exaspérée par cet homme qu’elle n’avait jamais réellement rencontré. Il était clair qu’elle ne l’appréciait pas et clair qu’il n’était pas nécessaire dans la vie de son amie.

« Quoi qu’il en soit, venir ou pas, ce qui est certain c’est qu’il ne réalise pas qu’une fois mariée, tu seras libérée de lui et, si jamais tu dois devenir veuve, il n’aura quand même plus aucun droit sur toi. Donc, il finira bien perdant, tôt ou tard ! » Et si son amie ne voyait pas tout cela d’un bon œil, elle pouvait désormais envisager les choses un peu mieux ! Non ? Se libérer de l’emprise paternelle ! Ah les Raclusiennes étaient soumises à ce genre de chose, enfin, les ambrosiennes aussi mais il y avait un peu plus de possible, le pire était pour les eskroises…cela lui fit froid dans le dos, de ce fait, elle décida de ne plus y penser.

La suite démontra la jeunesse et la pureté des deux jeunes femmes. Il fallait le reconnaitre, ni l’une, ni l’autre ne s’étaient aventurées dans de quelconque bras. Parlant un peu, trop peut-être, Leonie ne se taisait pas, consciente d’être tranquilles ici, elles étaient des jeunes femmes et Leonie parla, beaucoup. Il était bien normale entre amies d’en arriver là, non ? Ou en tous cas, un peu, elle sursauta en voyant Daphnée s’étouffer sous le choc et Leonie la regarda avec de grands yeux, se retenant de rire. Elles étaient bien idiotes, ces deux petites vierges bien sages, se dit-elle et elle eut envie de pouffer, mais se retint. Difficilement. Sa bouche retenait un sourire qui se déformait en quelque chose de rieur et de contenu.

Son envie de rire se dissipa…Leonie regarda la jeune femme avec de grands yeux effrayés. Elle préférait la mort d’un homme important pour l’Empire plutôt que…était-ce compréhensible ? Oui, mais c’était honteux pour l’Ambrosienne, la fervante ambrosienne qui était en elle devint pâle, limite blanche et la fervante croyante aussi. Leonie se racla la gorge, douchée si l’on peut dire et vérifia l’heure à sa montre à gousset.

« Je suis bien plus que choquée Daphnée, j’ai pleinement conscience qu’il est difficile pour toi d’épouser un homme de cet âge, mais si tu es tant réticente, assumes et met fin à cette union en acceptant tous les désagréments que cela puisse t’apporter. Parce que crois-moi, si ta sois disant malédiction est réel et qu’il venait à mourir, je ne pourrais oublier le soulagement que cela t’apporterait au final. Si elle ne l’est pas, alors ne fait point semblant, d’une part c’est mauvais pour toi, mais surtout, c’est mauvais pour ma nation. »

La banquière se releva, elle lui fit un sourire, passablement attristée d’avoir entendu cela de la bouche de sa comparse, la cruauté qui en ressortait était d’un égoïsme capricieux, sous ses airs de douce jeune femme brisée par la vie et les épreuves.

« Je te prie de m’excuser, mais je préfère m’en aller. »



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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Mar 7 Juil 2020 - 16:44
Si elle avait envisagé bien des choses, il fallait admettre que la réaction de son amie était une surprise. Alors qu'elle exprimait ses doutes, ses peurs et ses regrets sans la moindre retenue, convaincue d'être écoutée et entendue par une oreille délicate et attentionnée, elle découvrit en l'espace d'une fraction de seconde que ce n'était nullement le cas. Au contraire.

L'attitude de Leonie changea du tout au tout. Elles qui riaient un peu plus tôt découvraient un froid glacial entre elles et Daphnée eut bien du mal à le comprendre. N'était-ce pas l'autre blonde qui avait lancé ce sujet de conversation, allant jusqu'à souligner son manque de chance d'être tombée dans les bras de l'Oncle et non du neveu ? Et maintenant, quoi ? Elle osait jouer les outrées devant les quelques propos sincères de son amie ? Daphnée cilla, accusant la chose plus durement encore, ne comprenant pas le moins du monde ce changement d'attitude. La Raclusienne n'avait pas changé sa ligne de conduite et si cela pouvait paraître choquant, il n'y avait à blâmer que l'enfant rêveuse qui se voyait muselée et attachée de force à son pire cauchemar. Alors oui, elle dramatisait et espérait certainement qu'on la libère de ces fiançailles, incapable de le faire sans tomber dans la plus grande disgrâce... Mais Leonie était-elle si détachée de la réalité pour ne pas comprendre que Daphnée n'aurait rien à faire et qu'ainsi iraient les choses de toutes manières ? Six fois, elle fut fiancée par le passé. Six fois elle fut libérée de ces engagements par un souhait divin. Cette septième fois ne serait pas différente et contrairement à ce que prétendait Leonie dans ses mots, ce n'était pas le vouloir de Daphnée ni d'être fiancée, ni de voir cet homme mourir. C'était son destin et cela, l'Ambrosienne refusait catégoriquement de l'entendre.

Reprenant doucement le contrôle de son corps et de son esprit devant ce ciel que celle qui se disait pourtant amie lui jetait sur la tête, elle laissa échapper un demi-rire. Leonie s'était levée et annonçait son départ imminent. « Les désagréments ? Pourquoi serait-ce à moi de subir la honte et la disgrâce quand je n'ai souhaité ni être fiancée, ni être maudite ? Si j'avais pu contrôler tout ceci, je ne serais pas ici. Alors non, je refuse de payer le prix fort pour quelque chose que je n'ai jamais souhaité. Tu me parles du bien de ta Nation... Mais sais-tu seulement ce que fera la mienne si je me retire à présent ? Crois-tu vraiment qu'ils m'accueilleraient à bras ouverts ? La Ligue toute entière a les yeux posés sur moi, exerce une pression sur ma famille pour que naisse une alliance avec le Royaume de Vapeur. » Et ce poids qui pesait sur ses épaules semblait n'être que des chaînes l'empêchant de s'envoler. Elle sentait ses émotions se faire plus fortes encore, emportée par la passion qui l'animait, ses yeux de glace devenant froids, effaçant toute chaleur qui pouvait animer son être. « Moi qui espérait trouver le support d'une amie, me voilà finalement jugée à nouveau pour quelque chose que je n'ai pas fait, pour des choses que je suis en droit de penser. A moins que cela ne soit nullement autorisé à Ambrosia ? Ta Nation ira bien, Leonie, avec ou sans cet homme. Je ne me soustrairais pas à mes devoirs. Mais si tu souhaites matière à te faire du souci, inquiète toi davantage pour moi qui suis véritablement seule dans cette histoire. » Elle venait de lui préciser que sa famille ne viendrait pas, qu'elle ne saurait être accompagnée par quiconque le jour venu. Et Leonie ne faisait qu'agir comme l'aurait fait son père, en politicien concerné, oubliant qui se retrouvait dans cette équation et quelles émotions pouvaient avoir un rôle. Daphnée se sentait abandonnée. En partie trahie. La Patrie avant l'Amour. Oui, ainsi était ce monde. Et elle ne rêvait plus que de s'enfuir et de disparaître bien loin de celui-ci. « Tu as raison... Tu ferais mieux de partir. »


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