-28%
Le deal à ne pas rater :
Multicuiseur Intelligent Moulinex COOKEO+ Gourmet CE852900
179.99 € 249.99 €
Voir le deal

Anonymous
Invité
Invité
le Dim 8 Mar 2020 - 23:10

Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

Automne 439,
Palais
- «  Mademoiselle, veuillez excuser mon interruption, mais L’impératrice vous fait mander. »  

La porte venait à peine de s’ouvrir que la voix masculine se faisait entendre, je n’avais pu que relever légèrement les yeux vers celui qui interrompait mon art, alors qu’instinctivement je déposais l’aiguille et le fil sur le petit meuble à côté de mois. Je relevais les yeux vers le domestique que j’avais l’habitude de croiser dans les couloirs du palais. Son nom m’échappait et mon insistance du le suspendre, si bien qu’il s’était senti obligé de préciser à la fois son affiliation et son nom. Me laissant couler sur ma chaise, déposant mon dos contre le dossier, je lui avais offert ce fameux sourire de façade, celui qui n’était qu’apparence, bien loin de ma joyeuseté passée.

- «  Merci Henry » murmurais-je lentement en m’humidifiant mes lèvres qui commençaient à craqueler « Je me dépêche, on ne fait pas attendre l’impératrice, le temps de rassembler mes affaires. »

Par habitude, je me redresse, rassemble mon livre avec les échantillons de tissus et de matières, de quoi griffonner un croquis. Je ne sais pas réellement la raison de cette convocation. Cela peut-être bien évidemment pour des retouches, pour une demande de création ou toute autre chose, ainsi, je préfère prévoir le plus large possible pour ne pas insatisfaite notre représentante. C’est un soupir qui s’échappe de mes lèvres, accompagnées de cette petite angoisse étrange qui m’étreint parfois, comme une enfant craignant d’avoir un reproche alors que je n’ai rien fait qui pourrait me mettre en défaut vis-à-vis de cette grande dame. Les bras chargés, je ne peux m’empêcher de vérifier que je suis présentable. J’ai les joues un peu rouges à cause de la chaleur et le bout du nez un peu irrité, l’automne a toujours eu tendance à me rendre malade. Rien de grave cependant, du moins rien qui ne m’empêcherait de travailler. Ma tenue est brune dans son ensemble, une jupe au motif léger et aux multiples jupons blancs légèrement remontée sur le devant, de grande botte marron, un haut dans le même motif, un gilet plus sombre et une ceinture soulignant ma taille. Mes cheveux sont lisses, détachés et légèrement entremêlés, je m’applique à rendre l’ensemble plus convenable en laissant mes doigts démêler l’ensemble. Une petite inspiration et me voilà dans les couloirs en compagnie de celui qui est venu me solliciter, il a glissé ses mains dans le dos et marche dans cette lenteur maîtrisée qui a toujours eu le don de provoquer chez moi cette impatience. Cette fois-ci, je n’en dis rien, sur jouant légèrement mon ralentissement en prenant le temps de détailler ce lieu que je ne connaissais que trop bien.

- « Connaissez-vous la raison de cette entrevue ? » osais-je finalement en lui jetant un regard
- « Je l’ignore, sans doute en rapport avec votre métier »

Je me suis pincé les lèvres manquant de rétorquer un « bien vu » un peu provocateur. Je me contente de lui offrir ce sourire éteint, qui par le passé se serait sans aucun doute fait un peu plus rieur. Ma tête s’incline légèrement en signe de compréhension, alors que mon pas se fait un brin plus rapide, sans doute trop puisque je finis par le devancer, m’obligeant à ralentir une nouvelle fois. Je ne suis pas sans savoir l’annonce de son mariage et si je me mets volontiers à rêver d’avoir la chance de pouvoir participer à la réalisation de sa tenue, j’ai aussi au fond de moi cet étrange supplice que ce ne soit pas là. Les mariages, je n’y crois plus vraiment et cette femme me rassure dans sa souffrance, en y songeant, je me sens moins seule, c’est égoïste j’en ai conscience. Un vent de culpabilité m’anime légèrement, alors j’en veux à celle que je ne connais pas intimement d’envisager de refaire sa vie, certes, très certainement pour les règles politiques qui m’échappent, mais refaire sa vie quand même, alors que je moi je stagnais. Je m’immobilisais finalement juste derrière la lourde porte, laissant Henry faire son officie, me précédant pour m’annoncer, avant d’ouvrir la porte pour m’autoriser à entre, puis de disparaître.

- «  Madame l’impératrice » débutais-je en rentrant « Veuillez accepter mes félicitations et mes salutations » poursuivais-je en déployant ce sourire que je maîtrisais désormais tant j’en usais dans mes faux semblants « Que puis-je faire pour vous, je vous promets d’être efficace afin de ne vous faire nullement perdre la moindre de vos précieuses minutes. Je me doute que vous devez avoir bon nombre de choses à faire. »

J’avisais la pièce à la recherche sans aucun doute d’une tenue abîmé à raccommoder, ou un indice qui pourrait me mettre la puce à l’oreille sur la raison de ma présence. Ne constatant rien de tel sur l’instant, je me contentais de m’immobiliser sagement, glissant mes mains dans mon dos et me tenant particulièrement droite. L'impératrice avait toujours provoqué chez moi cette forme d’admiration et de courage, elle continuait à avancer, alors que je restais enfermée dans mon passé, cherchant un moyen de ne jamais oublier ceux qui avaient formé ma famille.

Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0
Lilith de Choiseul
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
3786
Date d'inscription :
14/01/2017
Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
le Jeu 12 Mar 2020 - 20:59
C’était si étrange de commencer, déjà, à penser au mariage et de prévoir ce qui devait l’être pour son déroulement, je venais à peine de faire mon annonce, enfin, c’était ainsi que je le prenais et il me fallait déjà commencer ? Je n’avais pas arrangé mon premier mariage, ma jeunesse m’en avait empêché et il n’y avait pas d’amour, réellement entre moi et Elrich, j’étais jeune et…je ne pensais pas à l’organisation. Non qu’aujourd’hui elle me tienne à cœur, mais mon Oncle avait estimé que je me devais de le faire, après, c’était aussi ma tâche, je voulais le faire avec Everard, sauf une chose, une chose bien précise et pour cela, j’avais besoin d’une des meilleures couturières du palais.

Depuis le décès de la femme de Richard Welton, la grande dirigeante des coutures au palais, il y a quelques années, je n’avais pas « remplacé » son poste, à dire vrai, l’équipe de couture était parfaite, chaque petite main qui s’affairait sur mes tenues se trouvaient parfaite, chaque personne qui était employé à cela soutenait mes désirs « originaux » ou différents. Mais parmi toutes celles ou ceux que j’appréciais, il y avait une jeune femme, dont j’aimais le talent : Madame Cordélia Porter. Je n’étais pas sans savoir ses derniers drames, enfin, dernier, malheureusement, je ne pouvais rien de plus pour elle que ce que l’Empire avait déjà fait. Et je ne pensais pas aborder le sujet,je ne la faisais pas venir pour cela.

Assise à mon bureau, dans un costume pantalon à la taille corsetée, je portais une énorme tresse sur le coté, quand je travaillais, je faisais en sorte de ne pas m’habiller trop à l’excès, je préférais les tenues plus mesurées, toujours pourtant teintées d’une originalité qui m’était propre. En tous les cas, j’avais l’esprit sur des papiers d’invention, il m’était parvenu une idée que je désirais mettre en œuvre, mais sur laquelle je balbutiais d’abord, je n’avais fais que griffonner quelques notes quand Henry me fit parvenir la couturière que j’avais fais demander.

« Madame Porter, je vous remercie, je vous en prie, asseyez-vous, j’ai quelque chose à vous demander en rapport à ces félicitations justement. » Je lui désignais le siège en face de moi, alors que j’étais assise à mon bureau, je soulevais moultes papiers étalés devant moi et trouvait les quelques feuillets qui m’intéressaient.

« Comme vous le savez, le mariage impériale aura lieu dans quelques mois, et je me dois de commencer, désormais, à préparer tout le nécessaire. J’aimerais, outre le fait que vous vous dirigiez et vous concentrer sur l’élaboration de ma robe, que vous soyez celle qui prenait soin de réaliser ma coiffe pour ce jour. »

Je détestais passer par quatre chemins, ainsi, je fus direct et je lui tendais le croquis que j’avais réalisé de la robe que je désirais, car oui, je savais ce que je désirais, parfaitement et sur le dessin était noté les potentielles couleurs entre autres choses.


Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] VtJLfeC
Anonymous
Invité
Invité
le Ven 13 Mar 2020 - 14:58
Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

- «  Si je peux être utile pour Sa Majesté » soufflais-je lentement

Je m’incline poliment, laissant mes doigts venir pousser la porte pour la refermer. Pivotant vers celle qui se tient à une courte distance, je ne peux que l’aviser et confirmer ce sentiment de confiance qui émane de sa silhouette. L’impératrice a toujours eu un goût particulier pour les vêtements, sa tenue me le prouve encore, je lui offre un sourire avant d’opiner à sa proposition, j’approche de quelques pas pour m’installer sur le siège, lisant du bout des doigts les plis de ma tenue, avant de croiser mes mains sur mes cuisses. Le dos contre le dossier, je tâche de rester droite, alors que je commence petit à petit comprendre ce qui m’amène ici en ce jour. Naturellement, je sors mon petit calepin et de quoi dessiner ou au minimum prendre des notes. Mes lèvres se pincent alors qu’elle évoque son mariage et je ne peux relever les yeux vers son visage, à la recherche sans doute d’une expression, d’un sentiment, de quelque chose qui me conforterait vers cette proximité que je ressentais parfois en l’avisant. Je me sentais si proche et si loin de cette femme qui avait connu elle aussi la douloureuse perte de son époux. Consciente de l’importance de la juste distance, je conserve mon rôle, mon grade et les normes de l’étiquette. Je prends des notes, alors que mes yeux s’écarquillent et que mes pupilles se dilatent sous cette annonce : elle souhaite que je réalise sa coiffe… De sa robe. Je ne suis pas certaine de comprendre, j’ai la sensation d’avoir eu un vertige. Je récupère le croquis sans dire un mot.

Mes yeux abandonnent son visage pour détailler l’ensemble, avant de remonter vers elle, puis de ré effectuer le mouvement précédent. C’est peut-être à ce moment précis que je réalise qu’elle est sérieuse et que mes lèvres s’entrouvrent pour laisser un souffle chaud s’échapper. Je sens mon cœur s’emballer avec force, une telle force. J’appréhende, autant que je sens la satisfaction monter à mes joues, mon sourire est présent sur mes lèvres, sans qu’il ne soit réellement faux, ou manipulé. Suis-je en mesure de réaliser une robe de marié sans qu’elle ne le soit clairement, suis-je à la hauteur, moi qui trouve toujours quelque chose à redire sur la moindre de mes créations.

- «  J’en serais honorée majesté, mais. » je doute tellement, que je ne suis pas certaine d’être celle-là plus apte « Mais êtes-vous sûrs que mes réalisations sont à la hauteur ? » je l’avise un instant, tâche de me ressaisir, ne pas montrer mes doutes « Ne puis-je que tout faire pour vous satisfaire pleinement, puis-je garder votre envie ? » questionnais-je en montrant le croquis.

De mon côté, j’ai commencé à rédiger mes propres notes en m’inspirant évidemment de ce qu’elle a noté. L’impératrice a toujours été précise et directe, néanmoins, il me faudra du temps et seule, je doute d’être en mesure de réaliser l’ensemble avec autant de précision. J’hésite un peu, me tortille sur ma chaise avant de reprendre :

- «  Pourriez-vous me décrire et me parler de ce que vous voulez inspirer ce jour-là, majesté ? » c’est important que je prenne en mesure son envie, son besoin « Auriez-vous une date également, enfin un temps… pour réaliser l’ensemble ? » questionnais-je par la suite en me mordillant la lèvre inférieure « Vous m’honorez de votre confiance, cela me touche madame.» je prends une légère inspiration, rédige les éléments en points « M’autorisez-vous à m’entourer d’autres petites mains pour parvenir le plus justement à vos exigences… »

Le cadre, j’en avais besoin, le budget je me doutais parfaitement de l’ensemble, je m’adressais à l’impératrice, pas à n’importe qui. Pour autant cela signifiait à mon tour me plonger dans l’ensemble, dans le mariage, dans ce qu’il représente. Comment pouvait-elle ainsi s’affilier à un autre ? N’était-ce que de l’arrangement, du politique ? Je prends une légère inspiration, arrête les quelques traits que j’effectuais sur l’ensemble.

- « Voudriez-vous avoir un petit symbole commun avec la tenue de votre futur mari ? » fis-je un peu trop spontanément « Pardonnez-moi, c’est une idée… Je cherche à cibler vos limites, vos envies. Pour le tissu, je vous proposerai plusieurs motifs, il faudra prendre le temps de faire des essayages et de reprendre vos mesures. » affirmais-je sans la quitter des yeux.

Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0
Lilith de Choiseul
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
3786
Date d'inscription :
14/01/2017
Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
le Dim 5 Avr 2020 - 22:33
Il est agréable de constater qu’elle prend déjà des notes, ce n’est pas une femme qui perds du temps et c’est une chose que j’apprécie. Toutefois, il me semble que je l’ai prise à dépourvue sur ma requête, je ne vois pas pourquoi, elle s’occupe déjà de quelques menus détails de mes vêtures, donc, que je lui confie une grande tâche, importante, qui pourrait faire briller un peu plus son nom…n’est pas insensée. Je lui fais un sourire encourageant, de toutes les couturières de la cour, elle reste celle que je préfère et dont j’apprécie l’évolution. Bien entendu, elles suivent mes exigences et elles sont toujours spécifiques. La robe a été pensée et je dois avouer que je ne saurais me détacher, trop, des détails que j’y ai accordé, pour la simple et bonne raison, que je l’ai pensé en pensant à Everard et moi…

« A votre avis, suis-je quelqu’un qui manque d’assurance dans ces choix ? » Ma question était posée avec douceur, en souriant. Elle doutait de ses capacités et moi, je n’en doutais pas, de ce simple fait, j’avais la certitude de faire le bon choix. « Gardez, vous devrez travailler dessus et vous avez la base de ce que je souhaite. »

Elle aurait sous ses ordres toute une équipe, au nombre de son choix, et surtout au nom de son choix. Le fait est que je lui confiais uen grosse responsabilité, en aurait-elle les épaules ? Bonne question, j’estimais que oui, et dans tous les cas, ce serait son baptème du feu, comme on dit.

« Nous sommes au début de l’automne, le mariage aura lieu pour la nouvelle année. » La symbolique était posée, histoire de chasser le drame de l’an passé, il fallait que la prochaine année débute de meilleur façon et pour cela, il fallait qu’un évènement positif arrive. « Vous aurez donc un peu plus de trois mois et toute une équipe sous vos ordres, du nombre que vous le désirez. Et les noms que vous voudraient. Ce jour-là, je souhaiterais garder ma personnalité, toutefois, l’idée est de simplifier. C’est un peu complexe, mais je veux m’accorder à mon futur époux qui lui, sera forcément plus sobre en tant que Prieur et serviteur d’Ameth. Il va vous falloir faire un juste milieux qu’Ambrosia et Ameth s’unissent réellement. »

Je souriais distraitement, comme le fait une femme amoureuse, et je reprenais mon sérieux assez aisément. Je lui demandais probablement quelque chose de délicat mais il fallait savoir user de ses compétences et de ses capacités.

« Le prieur aura une tenue plus traditionnel, je le pense, je n’ai pas encore tous les détails de la tenue d’Everard, j’ai souhaité vous mettre déjà sur les débuts de la création, parce que je ne veux pas vous faire perdre de temps. Il faudra prendre en compte que certaine séance d’essayage se feront en même temps que d’autres évènements, tout dépendra de mes obligations. Toutefois, nous pourrons fixer un créneau régulier pour les essayages, prise de mesure entre autre chose. Je voudrais toutefois quelque chose d’assez clair, mais rappelant le cuivre primordial de l’Empire. »




Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] VtJLfeC
Anonymous
Invité
Invité
le Dim 26 Avr 2020 - 18:13
Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

- «  Je… » j’ai senti ma voix faiblir, mon cœur ralentir se crisper et mes doigts se faire tremblant « Aucune madame, vous êtes l’impératrice. » Concluais-je simplement.

Mes yeux ne sont pas nullement détacher de mon croquis, mes lèvres se sont pincées alors que je me suis sentie déglutir douloureusement. Si l’impératrice me fait confiance, je ne peux nullement la décevoir, c’est une certitude non négligeable. Il est difficile d’être face à ce type de femme, influente, pleine d’assurance, de confiance, elle sait où elle va, elle connaît la direction de chaque chemin qu’elle va emprunter. Là où j’hésite durant un temps infini juste pour parvenir à mettre un pied en dehors du lit. Je me contente d’opiner avec lenteur, notifiant mes idées et les informations qu’elle me concède, sa réalisation est déjà bien aboutie, je n’aurais grand-chose à rajouter, hormis peut-être quelques réajustements de dernière minute. Je ne réalise pas vraiment encore, que je vais me retrouver en tête d’une multitude de gens, que je vais devoir partager la tâche, mais aussi étendre ma capacité à diriger. Je ne suis pas elle, ce n’est pas naturel chez moi, on me connaît plus pour ma capacité d’invisibilité que pour ma force de caractère. Offrant un sourire, je tâche moi-même de me convaincre, moi-même de trouver un peu de réconfort dans une tâche plus complexe qu’elle n’y paraît.

J’ai ensuite la sensation de recevoir un coup sur la tête… Trois mois. Mes yeux ont dû légèrement s’écarquiller dévoilant davantage la couleur brune s’éclaircissant au moindre rayon de soleil. Trois mois, mes lèvres ont dû former silencieusement les mots, comme pour encaisser, comme pour m’assurer d’une mauvaise interprétation. Trois pour créer une robe sur mesure. Trois mois donc à n’avoir aucune vie, à ne me concentrer que sur ça, uniquement sur ça : un mariage reflétant amour, passion et arrangement. Tout ce que j’ai dû oublier, tout ce que j’ai vue disparaître, sans jamais pouvoir effleurer du bout des lèvres un adieu.

- «  Je ne doute aucunement de l’uniformité d’une union entre Ambrosia et Ameth…. » soufflais-je « Trois mois. » C’est un peu court, un peu juste, un peu beaucoup trop de choses à la fois, mais je ne dis rien « Si vous le voulez-vous bien, je souhaiterais demander à un prêtre d’Ameth de ma connaissance de m’accompagner, il n’est pas très habile en couture, mais un œil d’une personne d’expérience dans les goûts et les coutumes Amethiens ne seraient sans doute pas de trop. »

Je n’ai pas réfléchi, je crois que l’idée s’est exprimée d’elle-même, alors que j’ignore même si Daeron Azuran acceptera de perdre de son temps dans ce type de tâche. Me l’avait-il évoqué lui-même, un prêtre d’Ameth ne fait rien inutilement, bien qu’un mariage ne soit pas inutile, si ? Je sens mes lèvres se pincent alors que mes joues se tendent dans cette légère crispation due à la contraction de ma mâchoire. J’ai un travail important qui m’attend et ce n’est pas là en quelques minutes que je pourrais lui offrir mes idées et mes propositions, je vais déjà devoir travailler en amont, monter un groupe, programmer les essayages, lui soumettre mes idées… Sauf que c’est l’impératrice et que j’ai la sensation qu’elle ne pourra guère autant disponible que je le voudrais.

- «  Je m’adapterais bien évidemment a votre emploi du temps ma dame, et je saurais me montrer discrète et performante je vous l’assure » ronronnais-je presque dans cette douceur qui me caractérisait « Je conçois que le temps sera un allié précieux et qu’il ne faudra aucunement le bafouer…. Me tiendrais-je à vos dispositions pour tout rendez-vous régulier, pouvez-vous me faire confiance, votre robe ainsi que votre coiffe sera tout à votre image et celle de votre futur époux. »

Sur l’instant, les deux ne me semblaient pas entièrement compatibles et j’espérais me tromper, j’allais devoir m’armer de patience et d’imagination pour faire correspondre la sobriété d’Ameth et l’excentricité de l’impératrice. Me raclant légèrement la gorge, dans cette hésitation qui me ressemblait plus que de mesure, j’osais me redresser pour rassembler mes affaires, les mesures devaient être prises et parfaites.

- «  Pour votre coiffe ma dame, avez-vous des idées précises, du volume, de la hauteur ? Peut-être des motifs ou un décor spécifique ? Je pensais honorer votre talent de création, mais peut-être l’événement de s’y prêtera pas autant que je le désirerais. » je lui montre mes outils de mesure pour lui indique l’ensemble « Puis-je madame l’impératrice ? Mieux vaut prendre l’ensemble régulièrement pour éviter toute fausse note et bien que, vous me pardonnerez ce délicat sujet… Mais suis-je bien dans l’obligation de le notifier… » j’hésite, chez les femmes c’est toujours complexe « Bien, il ne faudra pas prendre trop de formes ni en perdre trop, malgré votre pression, vos angoisses et le poids des responsabilités… Il serait fort fâcheux de ne pas rentrer ou de nager dans ce qui doit vous sublimer davantage. »

Je patiente, déposant les objets de mesure sur le bureau, glissant mes mains dans mon dos, l’ensemble parfaitement rejoint. Elle va devoir se mettre à l’aise si je veux pouvoir prendre des mesures précises, néanmoins, ne puis-je que m’autoriser une curiosité sans doute déplacée. Cela me ne me regarde pas, ne me concerne pas, pourtant…. Depuis que je fréquente, enfin fréquente, depuis que je connais moi-même un prêtre d’Ameth le sujet m’interroge énormément.

- « Madame… oserais-je… Veuillez pardonner mon indélicatesse curiosité, mais… » je lui offre un sourire « Comment trouvez-vous cette association naissante d’Ameth et d’Ambrosia ? Votre futur époux…. » je suis ridicule à force de chercher mes mots je dois paraître bien incertaine, je toussote puis reprends  « Excusez-moi, cela ne me regarde guère, mais, j’ai tendance à être fasciné par cette croyance, jusque-là n’en n’entendais-je que des extrêmes douloureux, mais depuis que j’ai rencontré un prêtre de ce bord… Je ne sais guère trop quoi penser. Sont-ils si extrémistes que ce que les gens racontent, ou est-ce que nous qui ne nous sommes jamais suffisamment ouverts pour entendre autre chose ? »

Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0
Lilith de Choiseul
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
3786
Date d'inscription :
14/01/2017
Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
le Mer 29 Avr 2020 - 13:10
Je voulais que ce soit Madame Porter qui s’en charge, de toutes les couturières du palais, elle était celle dont j’appréciais le plus le travail et puis, c’était ainsi. J’aurais pu récompenser d’autres, mais elles avaient des défauts, enfin bon, j’essayais de lui sourire, histoire qu’elle ne soit pas mal à l’aise ou autre, tout ceci ne pouvait être que bénéfique pour elle, même si cela voulait dire beaucoup de responsabilité ! Elle se montrait professionnelle et cela m’allait parfaitement, je souriais donc sincèrement !

« Ma coiffure sera sobre, c’est pour cela que je vous ai donner l’ébauche du croquis, il faut faire du sobre qui me ressemble, je sais que l’alliance parait difficile voir impossible, mais nous n’avons pas le choix. De plus, c’est mon second mariage et j’aimerais qu’il ne soit plus en adéquation avec le couple impériale que nous représenterons. »

D’un signe de tête, j’acceptais qu’elle vienne prendre mesure, toutefois, j’eus un souffle amusé alors qu’elle prenait des gants pour me parler de mon poids. J’étais de nature constante, ce qui était un plus, je ne grignotais pas, et mes repas étaient assez sain.

« Rassurez-vous sur ce point, je fais le bonheur des couturières pour avoir une silhouette constante. La seule fois où j’ai posé souci, c’est quand j’ai été en…. » Je m’arrêtais, aussi surprise que dérangée par ce détail, qui me fit baisser les yeux. Je me raclais la gorge, cela n’avait pas été un secret pour la couturière principale, mais les autres, je fis un sourire. Je ne continuerais pas. « Je suis de nature constante dans mes formes et si je grossis, vous aurez droit de vous plaindre, je ne m’en fâcherais pas ! »

Voilà. Je n’oubliais jamais ce moment de ma vie, cela me chagrinait toujours comme cela pouvait chagriner une mère pour une première fois. Mais cela ne devait pas me chambouler autant, pas ainsi. Je prenais mesure de cette émotion pour ne pas la laisser me troubler. Je me détachais de la proximité du bureau pour me rendre acessible et tournais mon dos histoire qu’elle aide à défaire la vêture, je ne pouvais le faire seule et je ne comptais pas le faire seule.

« Préférez-vous que j’appelle ma camériste ? » Soulignais-je en entendant la suite de ses paroles. Je fus amusée. « Naissante…mon précédent mari était amethien, puisqu’il s’agissait du frère du Prieur, et la chose a été décidé avant ma naissance, que j’épouse un amethien et ait un enfant avec lui…Ameth ne vaut aps moins que Eskr et Raclus, chaque pays a ses défauts. Eskr considère les femmes comme des objets et Raclus considère certains humains comme des propriétés. Ameth est une théocratie peuplé de fanatique qui peuvent tout à fait nous surprendre . »

Le prêtre l’avait troublé ? Je ne saurais dire. Je continuais.

« J’ai toujours vu en Ameth, une terre de restriction religieuse, ils sont extrémistes, mais en ne gardant que cela à l’esprit, on ne discerne pas bien qui ils sont. Elrich, mon précédent mari était un sain, il était dévot, religieux, et beaucoup de nos loisirs ambrosiens, il se les refusait sous couvert de la religion. Mais c’était un homme qui aurait donné son manteau à quelqu’un dans le besoin et ses chaussures. Le Prieur Zullheimer est un homme juste, droit, pieux capable d’accepter au final que tous ne soit pas de sa religion. Ils sont différents, ils sont plus sévères, mais je pense que chaque peuple et monde a apprendre des autres dans des mesures raisonnables. Bien entendu que les amethiens peuvent brûler vifs ceux qu’ils considèrent comme des impies, il ne faut pas se leurrer, nous pouvons ne pas les comprendre, mais nous pouvons essayer de voir aussi qu’ils ne sont aps que ça, je dirais. »


Fil et aiguille à disposition [Madame l'impératrice] VtJLfeC
Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum