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Cordélia Porter
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Cordélia Porter
Couturière du palais
le Dim 8 Mar 2020 - 23:10
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Automne 439,
Jardin du palais,

La sensation d’étouffer était un sentiment étrange, qui m’étreignait régulièrement depuis la perte de ma famille. La solitude me rongeant sans que je ne fasse quoi que ce soit pour y remédier n’aidait sans aucun doute, en rien. Tasse d’infusion entre les mains, qui n’avaient que pour unique but de me tenir encore parfaitement éveillée alors qu’il était déjà fort tard, je détaillais de ma hauteur les jardins qui me faisaient envie. J’abandonnais naturellement ma réalisation en cours, en remarquant en me redressant les bien trop nombreux détails ne me convenant pas. Les boutons n’étaient pas harmonieux avec le tissu et les motifs, la couleur des jupons ne ressortait pas suffisamment, l’ensemble était fade, trop fade pour que cela me ressemble. Repoussant ma chaise, ou le bureau, je me redressais définitivement pour m’abandonner le plus sagement du monde à la contemplation de l’environnement floral à la couleur de l’automne. Une fine pluie avait commençait à s’abattre et je l’avisais avec cette nostalgie profonde. L’ensemble du palais me semblait vide, silencieux, du moins à l’intérieur de ma petite chambre de couturière. C’est presque avec un sentiment de culpabilité d’abandonner mon travail que je quittais la pièce, nouant rapidement une cape épaisse et glissant ma capuche sur ma tête. Je descendais les étages, en savourant ce calme, cette absence de bruit. Mes pas trouvaient écho entre à l’intérieur des couloirs, jusqu’à s’estomper une fois dans les jardins.

J’avais levé les yeux vers le ciel, laissant ma capuche tomber en arrière, les fines gouttelettes venaient s’écraser sur mon visage. J’avais la sensation d’étouffer, même si c’était moindre vis-à-vis de l’intérieur, cela me soulageait un peu. Ma gorge venait se serrer encore, alors que je me demandais ce que je faisais là, encore. Un léger frisson était venu m’animer, m’obligeant à venir frotter mes avant-bras. L’air était frais, mais agréable, seul, je n’avais pas besoin de faire semblant ni de sourire, ni de rire ni de m’appliquer. Je m’autorisais à m’égarer un peu dans les jardins, avisant sagement les couleurs de l’automne, les feuilles mortes s’étalant sur le sol le rendant glissant qui seront certainement retirées aux premières lueurs du jour du lendemain matin.

Un soupir fuit mes lèvres, alors que je m’autorise à me perdre dans mes pensées, les fesses sur un banc tout aussi froid que l’environnement qui m’entoure. Là, j’ai la sensation d’être à ma place, juste place. Seule, isolée, dans une nature plus ou moins maîtrisée. Penchant la tête en arrière, j’avise les étoiles, les nuages, le noir du ciel. Mes mains viennent frotter mes joues, mes yeux, j’aurais pu gratter nerveusement ma peau, sans trop en comprendre la raison, mais je ne le fais pas. Je pourrais écrire, pleurer, mais je n’arrive pas rien, tout reste parfaitement confiner dans ma poitrine. Finalement, j’ai fini par rester ainsi, immobile, sans le moindre mouvement, les yeux fermés à écouter ma respiration, à chercher à me détendre, à ressentir ce que je ne ressens plus, ou ce que j’ai la sensation d’inventer. Le drame est si loin, pourtant il me semble si proche, trop proche, beaucoup trop proche. J’ai peut-être même dû m’assoupir, je l’ignore, mais que je me suis réveillée brusquement j’étais humide. Les cheveux, ma tenue brune aussi. Ma jupe, ma chemise et mon gilet, mes collants, tout semble me coller à la peau et me faire davantage frissonner. Me redressant brusquement, j’avais sursauté à l’entente d’un bruit. L’obscurité ne me permettait pas de parfaitement visualiser qui, ni comment, mais j’avais fini par ramasser une petite pierre avec l’espoir qu’elle me protégerait d’un potentiel danger, très certainement imaginaire.

- « Il y a quelqu’un ?! » fis-je avec la voix encore un peu endormie « Les jardins ne sont pas… » je ne sais pas trop où je voulais en venir, la main en arrière légèrement surélevée prête à renvoyer mon arme minuscule se renfermant dans mon poing  « Qui est là ?! » enchaînais-je avec de percevoir une silhouette visiblement masculine, jusqu’à ce qu’elle évolue « C’est vous » concluais-je presque déçu

Mon cœur battait encore fortement dans ma poitrine, alors que je me trouvais ridicule à m’être imaginé me battre dans les jardins du palais. Aurais-je apprécié ? Peut-être… La crainte me donnait cette sensation d’être plus vivante. Offrant de nouveau ce sourire de façade, je laissais mes doigts lisser l’ensemble de ma tenue(click) , alors que je faisais mine de savoir parfaitement ce que je faisais là, pourquoi. Après tout une couturière dans les jardins en pleine nuit, rien de plus normal.

- «  Vous êtes un garde du palais, c’est ça ? » questionnais-je avec un léger doute « Comme je suppose que vous ne recherchez pas l’inspiration… Dois-je conclure que vous souffrez d’insomnie ? »

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Etienne-Louis d'Aramitz
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Etienne-Louis d'Aramitz
le Jeu 19 Mar 2020 - 21:00
La journée avait été longue et j’étais claqué, mais aujourd’hui, je n’avais pas été invité à boire une dernière bière avec les gardes. Aujourd’hui, du coup, je ne pouvais pas m’empêcher de trouver les choses agréables quand même, en me promenant à la nuit tombée dans les jardins du palais. En journée, sans dire que nous n’avions pas le droit, il était néanmoins réel que dans les faits, nous n’avions rien à y faire. Nous avions des taches à effectuer, après tout, non ? donc je profitais de la fraicheur de la nuit pour me promener dans ces endroits où plus aucun nobliau n’était affairé et du coup, où je pouvais me permettre de flâner un peu. J’étais épousé mais je savais aussi que je ne pouvais me permettre qu’une pause avant de finalement retourner travailler. J’avais encore un peu de paperasse et j’irai dormir après. D’ici là, je profitais de l’air frais et d’un repas sur le pouce, comme souvent sur le sujet.

Je marchais tranquillement avant d’entendre une voix. Je finissais ma bouchée de pain noir beurré pour lancer.

« Oui, il semblerait. »

Je regardais un peu plus loin. Une jeune femme était assise sur un banc. Je me disais que ma pause prenait fin ; enfin, c’était ainsi que je voyais les choses. Je la regardais un peu et m’approchais. En tant qu’intendant, je reconnaissais plein de monde et elle ne faisait pas exception quand je m’approchais, je finis par la reconnaitre dans une pâle lueur. Ses propos me laissaient entendre que j’avais été reconnu.

« Bien sûr, c’est moi, qu’espériez-vous ? Qu’un bel inconnu vienne vous enlever dans les jardins du palais par amour ? Laissez tomber cela n’arrivera pas, il serait mort avant d’avoir fini son infiltration, soyons honnêtes… mais je note que vous ne vouliez pas me voir. »

Je ne lui en voulais pas, mais je grinçais légèrement des dents sur le sujet. enfin, c’était sans importance. Je restais sans rien dire et je la regardais alors qu’elle finissait par reprendre la parole pour le poser une question, ou même deux.

« Ni l’un ni l’autre. Je suis un intendant… et pour information, je me contente d’une pause pour diner sur le pouce avant de retourner travailler et j’en ai profité pour me détendre en marchand un peu dehors. Et je suppose que d’autres ont le luxe de se payer des insomnies… »


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Cordélia Porter
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Cordélia Porter
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le Ven 20 Mar 2020 - 0:00
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Il était à quelque pas, je n’étais pas certaine de le reconnaître de l’identifier clairement. Je passais plus de temps à coudre dans ma petite chambre, à faire des essayages, à raccommoder. Peut-être aussi en ce moment à partager un instant avec le croyant d’Ameth. Cette idée resta un instant en suspens dans mon esprit, avant que je ne l’écarte de mes pensées.  Prenant une légère inspiration, abandonnant ma petite pierre, laissant mes doigts se glisser jusqu’à ma nuque pour frotter légèrement ma peau un peu gênée par ma réaction sans doute un brin excessive. Il manque, ce qui me rappelle qu’il est tard, que je n’ai rien avalé, que je n’ai pas forcément très faim non plus. En revanche, j’ai du travail et je crains m’être plus ou moins assoupie longtemps. Le petit vent qui se lève est frais, vient accentuer mon impression de froid sur ma peau. L’obscurité est encore très présente, trop présente, il est tard, c’est une certitude, ou très tôt.

- «  Bon appétit. » Fis-je presque naturellement, un peu stupidement sans doute. C’est bon au moins ? » ajoutais-je d’un mouvement de tête en direction de ce qui m’astique.

Je m’étais approchée de quelques pas, pour m’éviter de forcer sur ma voix, mais aussi éviter cette distance qui me semble désagréable. J’aurais préféré rester seule une éternité moi et ce sommeil que je n’attendais plus, mais il est là. Dans mon esprit, je l’avais associé à un garde, je devais bien avouer qu’il y avait deux catégories dans mon esprit : les gardes et les petites mains. Couturière, je ne faisais partie de ni l’une ni l’autre, du moins, c’est ce que je me répétais pour me mettre moins de pressions. Il me parle d’amour, d’enlèvement et je ne peux m’empêcher de forcer un petit rire. Me parant dans ma façade habituelle de cette pétillante, souriante, qui passe la plupart de son temps à se faire des crampes à la mâchoire qu’à avoir des idées noires. Mes lèvres s’étirent donc naturellement, dévoilant une dentition plutôt bien alignée.

- «  Cela fait bien longtemps que je ne crois plus au prince charmant sur son cheval blanc » affirmais-je simplement en croisant mes bras sous ma poitrine pour essayer de me réchauffer un peu « Croyez-moi, je préfère que ce soit vous, qu’un éventuel transit d’amour que j’aurais été obligé de repousser à l’aide de mon aiguille. »  Je lui offre un regard plus espiègle « Il n’y a pas que les gardes ou intendants qui peuvent être effrayants. » je relève les yeux, roule des épaules « En venant ici, je suppose que vous ne vous attendiez pas non plus à me trouver là ? »

Il me semble un peu fermé, je crois, je me demande si je l’ai déjà vu sourire, ce qui m’oblige moi à le faire davantage, comme pour compenser. J’en ignorais même son prénom ou son nom. Je restais silencieuse un instant avant de m’approcher de quelques pas, il semblait lui aussi un peu perdu, ou du moins débordé. Alors, je souriais, proposant d'un bref mouvement de mentons de marcher un peu.

- «  Je croirais presque que vous jalousez ceux qui peuvent dormir » j’attends un instant « Je ne vous garantis pas d’être une compagnie digne de vos occupations visiblement, mais je peux vous accompagner un peu durant votre pause si vous le voulez bien » proposais-je « Ça vous arrive souvent d’être débordée alors, je suppose ? Cela doit vous semblez improbable, mais moi aussi, cela nous fait déjà un point commun, non ? » je m’autorise un petit rire furtif « Rassurez moi, vous n’en êtes pas au point de vous assoupir de fatigue en plein milieu de la nuit sur le banc d’un jardin où vous ne devriez même pas être ? »

J’entame quelque pas, comme pour acter ma proposition de marcher un peu, en réalité, cette demande est un peu égoïste. J’ai froid, atrocement, jusqu’au bout de mes orteils. Mes vêtements sont toujours humides, ma chevelure aussi et mes doigts tremblent légèrement. L’automne n’est pas ma saison favorite, bien que j’apprécie la multitude de couleurs plus inspirante les unes que les autres, ça me permet de visualiser un peu des idées de créations, des expériences, des mélanges à faire. Cependant, je devais toujours conserver un peu de raison, tous n’étaient pas aussi originaux que l’impératrice ou certaines de mes clientes.

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Etienne-Louis d'Aramitz
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Etienne-Louis d'Aramitz
le Mer 1 Avr 2020 - 21:03
« Le but n’est pas que ce soit bon, mais que ce soit nourrissant ; mais oui, c’est mangeable. Merci. »

C’était peut-être un peu dissuasif concernant la conversation, mais je n’y pouvais rien, c’était plus fort que moi, je n’aimais pas l’idée que mon temps où je m’aérais l’esprit soit parasité ; ainsi allaient les choses. Je restais sans rien dire un moment de plus alors qu’elle commençait à raconter un peu ce qui ne lui venait pas la tête, et étrangement, quand elle parlait, j’y croyais… mais à moitié seulement... ; enfin, ce n’était pas grave. je restais sans rien dire avant de finalement lui faire un sourire presque agréable.

« Sauf votre respect le seul moyen d’être un danger avec une aiguille, c’est de tuer avec. Blesser avec une aiguille ne change pas grand-chose, alors dissuader avec votre aiguille… »

Oui, ça me faisait bien rire. Sincèrement, je ne me sentirais jamais en danger avec une aiguille en face de moi. Mais bon, ce n’était pas ce qui importait. Et si elle voulait la vérité, je pouvais la lui offrir, cela ne changeait rien et j’aurai au moins le mérite d’être honnête. Même si ce serait sans doute peu plaisant pour elle. enfin, de toute façon, je n’avais aucune raison de dire autre chose que la vérité, même pour flatter. C’était donc d’une voix sans la moindre forme de remord.

« Non en effet. Pour tout dire j’espérais être seul pour rester dans mes pensées. Sans personne pour les parasiter. »

Les choses « étaient simples. Je lui fis un sourire entendu, adoucissant un peu les propos peuvent être peu amène.
Machinalement plus que par envie je me mettais à marcher avec elle. je ne voyais pas trop ce qu’elle espérait sur le sujet. je la regardais et je l’écoutais.

« Ceux qui peuvent dormir sont des impotents, des idiots, voire les deux. Restent ceux qui ont une mission et un travail essentiel. En somme tous ceux qui dorment ou sont désœuvrés sont des parasites. Voilà la vérité derrière la jalousie. Un parasite a juste besoin que quelqu’un d’autre travaille à sa place. C’est une belle situation. et oui, je suis pleinement débordé, comme d’habitude, par une liste de tâches et de documents divers à parapher. Je passe mes journées à passer derrière tout le monde parce que le travail n’est pas assez bien fait et les incompétents m’épuisent. Mais je ne dirais pas que cela nous fait un point commun. »

Quant à la rassurer…

« Je dors quatre heures par nuit tout au plus avec deux heures volées par petits bouts dans la journée. Donc non, je ne vais pas m’écrouler sur un banc. Rassurez-vous. Mais puis-je être rassuré par l’idée vous vivez au palais et que je n’ai pas besoin de donner la garde à cause d’une intruse ? »


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Cordélia Porter
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le Jeu 2 Avr 2020 - 23:27
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Bon. Bon. Bon. J’avisais celui qui ne semblait aucunement avoir envie de conserver, détaillant la dernière bouchée qui venait de s’évaporer dans sa bouche en pleine mastication. J’avais froid, j’étais fatiguée, mais j’avais tout autant conscience de la montagne de chose que j’avais encore à faire. Pinçant mes lèvres, je me retrouvais comme une petite fille face à un père incompréhensif. Pourtant, je n’étais plus une enfant, je n’étais plus, non, depuis bien longtemps. Relevant légèrement le menton, je détaillais l’homme qui se trouvait face à moi, le reconnaissant sans pour autant le connaître. La conversation n’était pas nécessairement plaisante, ou déplaisante, à condition d’apprécier de retomber dans cet étrange sentiment de réprimande à peine voilé. Il me parle de prince charmant, je lui parle d’aiguille et je me sens tout autant ridicule que lorsqu’il me souligne qu’un piquant de couture n’est nullement dangereux. J’aurais bien voulu rebondir, lui expliquer que lui, il n’a pas connu l’aiguille qui se glisse sous un oncle, sans quoi, il ne dirait plus la même. Cependant, rien ne s’échappe de mes lèvres qui s’écartent pour presque immédiatement se refermer. Je me pince les lèvres, me contente de rouler simplement les épaules, sans trop savoir quoi faire, quoi rajouter. Néanmoins, je m’y essayé, comme pour respecter les coutumes, comme pour être cette marionnette agréable que je devais être en toute circonstance, pleine de vie, pleine de bonté, pleine de bonne humeur. Si mon sourire avait dû disparaître l’espace de quelques secondes, il avait dû rapidement revenir sur ma bouche qui se mouvait enfin en une réponse tout aussi incertaine et empreint de cette naïveté qui ne ressemblait plus franchement.

- « C’est peut-être parce que vous ne vous êtes jamais essayé à la couture, vous seriez surpris de tout ce dont une aiguille est capable. Et puis maintenant que vous êtes là, n’en n’ai-je plus besoin pour me défendre, je n’aurais cas vous pousser sur tout éventuel agresseur. »

La suite, elle me laisse sans voix et me pousse presque à ce silence, me fascine autant qu’elle m’inquiète, si bien qu’elle me pousse à abandonner mon rythme de marcher, qu’elle me pousse à m’immobiliser avec cette curiosité au fond des yeux. Comment peut-on si ouvertement rabaisser autrui, être si franc, si dénigrant, si désagréable… Oui, moi qui me cache derrière les apparences, derrière les faux semblants, je voir dans sa manière de se comporter une sorte de libération presque agréable. Je me suis mise à rire, aussi improbable que le sujet puisse être dramatique, j’ai porté mes doigts à ma bouche comme pour essayer d’étouffer cet amusement étrange qui avait pris possession de mes lèvres et des traits de mon visage.

- « Peut-être, peut-être pas » répondis-je en le détaillant du coin de l’œil « Je suis peut-être une intruse, ou peut-être une des nombreuses résidantes du palais, si vous étiez si parfait et si derrière tout le monde le sauriez-vous peut-être… À moins que vous ne soyez trop concentré tout au long de la journée par parapher pour visualiser tout ce qui se passe à l’intérieur de votre lieu de vie ? » je ne me connais pas provocatrice, j’ai même la sensation que la situation m’a échappé l’espace d’un instant « C’est triste de devoir faire appel à des incompétents qui doivent sans aucun doute dormir et ne pas être en mesure de régler un problème seul, tout de même… »

Je lui offre ce sourire presque doux, presque insouciant, alors que je lève légèrement les mains pour affirmer une innocence que je n’ai plus à prouver. Je ne suis pas la plus grande couturière du palais, néanmoins, je me sens l’obligation d’ajouter.

- « Néanmoins, vous expliquerez vous-même à l’impératrice pourquoi sa création à pris du retard, ainsi que la future épouse de son oncle, si l’envie-vous venez de me faire arrêter » fis-je dans une étincelle de malice « Vous êtes doué pour faire la conversation vous, non ? » questionnais-je simplement en poursuivant ma marche, détaillant l’endroit avec ce sentiment presque agréable, la beauté de l’automne en pleine nuit sans aucun doute « Et puis, qu’est-ce qui me dit que je n’ai pas à faire à un dangereux fou furieux ? » je roule une épaule simplement « Je suis navrée d’être le parasite qui vient vous distraire de vos pensées, saviez-vous néanmoins que certains peuvent être utile ? »

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le Sam 11 Avr 2020 - 14:01
Non, je n’avais pas essuyé la couture, mais je continuais à dire que ce n’était clairement pas mortel. Et que rien ne vaudrait une dague pour se défendre. Effilée, elle pouvait perforer un organe vital. Tout simplement. Je restais sans rien dire avant de finalement lui sourire. Je savais très bien que j’avais raison, et donc, par magnanimité, je lui épargnais la tristesse de la désillusion. Qu’elle s’aveugle si elle le désirait. Bienheureux les aveugles. Ils se sentaient en sécurité. Je regardais la jeune femme avant de finalement hausser les épaules quand elle se mit à provoquer. Je trouvais cela déplaisant, dans l’absolu. Une femme qui se montrait provocante était vulgaire. Parce qu’une femme se devait d’être assez effacée pour ne déranger personne. Voilà ce que l’on m’avait enseigné. Certaines femmes faisaient exception, heureusement, mais la provocation n’avait jamais été seyante sur une femme. En fait, c’était tout le contraire.

« Et bien si vous êtes une intruse vous subirez une chasse à l’homme dans le palais si jamais j’ai le moindre doute. la garde impériale appréciera. Dans l’absolu c’est votre problème. Je ne suis pas chargé de la sécurité de ces lieux, mais par devoir je signalerai à la fin de mon temps de pause tout cela au personnel de garde, par prudence. Le reste ne sera ^pas entre mes mains. »

Le ton était posé et calme, mais les faits étaient là. Je n’aimais pas les provocations comme celles-ci. Elles étaient gratuites et malvenues. Quant au reste. Les incompétents. Bah. Je fis une moue. Ce n’était pas comme si j’avais vraiment le choix… je la regardais avec une certaine forme de lassitude. En fait, je commençais à me dire que cette discussion n’avait pas vraiment de sens. Mais elle semblait vouloir continuer. Alors je continuais. Tout simplement. Par contre les propos suivant me firent grincer des dents.

« Et nous parlions de feignants il n’y a pas cinq minutes… le seul retard que cela occasionnera n’existera que si vous ne faites pas votre travail assez vite et bien. si vous ne savez pas gérer votre temps pour bénéficier d’une marge de manœuvre en cas de retard, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même, vous ne pensez pas ? »

Et voilà, c’était juste, vous ne pensiez pas ? Certains diraient « et pan, dans l’œil ! » moi je me contentais d’un petit sourire moqueur, à la limite du mesquin. Rien de plus… mais bon, c’était bien vu, tout cela, non ? je restais sans rien dire avant de finalement hausser les épaules quand elle continua.

« Oh, je suis un fou furieux, demandez aux incapables que j’ai rossé hier, ils vous diront que je suis un fou furieux, et je m’en fiche royalement. En outre, pour les parasites, je pense que vous confondez deux notions bien différentes. Un parasite survit au détriment de son hôte. . Vous confondez avec la relation symbiotique, où chacun tire parti de l’autre. Mais j’accepte vos excuses d’être une parasite, ce n’est pas votre fautes. »

Est-ce que je lançais une vacherie ? Non. Je me retenais. Parce que cela n’avait pas vraiment d’importance. Je restais sans rien dire avant de conclure.

« Mais partons du principe que vous êtes un parasite qui a un avantage, un intérêt et que vous m’en faites profiter. Je serais curieux de savoir ce dont il s’agit. Clairement pas votre beauté, il fait trop sombre. Il reste votre voix ? Votre conversation ? Ne serait-ce pas un peu superficiel ? »


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Couturière du palais
le Dim 26 Avr 2020 - 18:13
Insomnie passagère [Etienne] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

- «   Grand bien vous fasse » murmurais-je du bout des lèvres « Mieux vaut être prudent, j’en ferais de même. »

Je l’avais avisé de cette étincelle étrange au fond des yeux, mélangeant sérieux et curiosité. Difficile de dire que cet homme était agréable, bien au contraire, pourtant sa présence avait quelque chose de réconfortant. Sa manière de me parler, de provoquer, de rabaisser était si proche de ma propre réalité que je m’imposais, bien loin des compliments et gestes affectueux de ceux qui tentaient encore et toujours de me faire oublier la perte de mes proches. Instinctivement, mes lèvres s’étaient pincées, comme pour attester cette certitude presque irréaliste. J’appréciais ceux qui ne cherchait pas à se courber plaire, bien que dans cet instant présent, je ne doutais pas un seul instant que plaire devait être une valeur bien inconnue de son champ d’action. Glissant mes doigts de la main gauche, le long de mon avant-bras droit, effectuant cette légère pression nerveuse, alors que je cherchais ce que je pourrais bien lui répondre. Ma démarche était plus lente, comme pour chercher à rationaliser ce que je voulais dire, ce que je pouvais dire.

Mon regard le scrutait de temps à autre, avant de délaisser sa silhouette pour se concentrer sur l’environnement, sur la noirceur de la nuit se faisant toujours plus présente, sur les étoiles présentes et visibles qu’à intervalles irrégulièrement, là où les nuages laissent un peu de place à l’étincelle de lumière. Puis je m’étais mise à rire à sa provocation, reportant toute mon attention sur celui qui prétendait que le retard n’était valable que pour ceux qui ne se prévoyaient aucune marge de manœuvre. Je roulais simplement des épaules, glissant mes mains dans ma chevelure humide gouttelant dans mon dos. Remontant l’ensemble pour le nouer de cette manière purement artistique et sans aucun doute peu pratique. Ma voix ne se fait pas entendre tout de suite, non pas parce que je suis piquée au vif, mais plus parce que le silence de l’instant est plaisant, parce qu’il pense être supérieur, presque plus méritant. Sans doute est-ce le cas, ne suis-je qu’une petite couturière, une petite main dont on oublie rapidement le nom une fois celui-ci prononcé.

- «   Sans doute, ou bien n’êtes-vous pas suffisamment ouvert d’esprit pour comprendre le monde de la création, il ne s’agit pas de classer quelques papiers, ou de ranger toujours tout de la même manière, il n’y pas de cadre, pas de ligne directrice, pas de mode d’emploi » soufflais-je en détachant les yeux de sa silhouette « La couture c’est de la création, de l’imaginaire, c’est défaire pour refaire jusqu’à trouver le point parfait, c’est habiller et sublimer les corps, mettre en valeur même le plus hideux des personnages. » je fais un instant de silence, déglutissant « Je peux concevoir pour quelqu’un de si organisé comme vous, cela puisse être déroutant de ne pas avoir de filet de sécurité. Faut-il accepter de s’oublier pour comprendre parfaitement l’autre et faire preuve d’une empathie non négligeable. Je conçois que cela puisse vous échapper. Nous ne sommes pas sur les règles du retard pas retard, surtout lors de commande spécifique. »

Un instant, je sens une nouvelle fois le contact de mes lèvres l’une contre l’autre, se pincer de cette manière étrange, suis-je agacée ? Cela fait bien longtemps que je n’ai pas ressenti ce type de sentiments. Pour autant mes lèvres se sont armées du sourire habituel, alors que ma voix est restée dans cette douceur non négligeable, pas un mot au-dessus de l’autre, pas de signe de la moindre contrariété. Comme si j’absorbais les critiques, les piques, les sous-entendus sans que cela m’atteigne véritablement.  Etait-ce seulement le cas, j’ai senti mes jambes s’immobiliser, presque sans cette surprise de moi-même, alors que je me suis vue pivoter légèrement vers lui, pour l’observer avec plus de minutie, plus de rigueur.

- «   Personne n’obtient la moindre valeur à vos yeux, n’est-ce pas ? Hormis vous-même, personne n’est digne d’effleurer un semblant de perfection idéaliste ? » ma tête c’est penché un peu sur le côté, j’ai senti mon cœur taper plus fort dans ma poitrine, dans un rythme irrégulier « Si j’en suis votre définition, je ne suis pas un parasite, suis-je surprise que vous ne le souligniez guère. Je ne vis au détriment de personne hormis de moi-même. »

Je fais un pas, puis reprends cette marge étrange dans un jardin sans doute trop sombre pour moi, en compagnie d’un homme trop froid pour moi. Je n’en dis rien, je n’en fais rien non plus, ne suis-je pas ce type de femme allant à la confrontation ou luttant pour être aux vues autrement qu’une femme bonne à être au bras d’un homme. Je n’en cherche plus, je n’en veux plus, tâchais-je déjà de rester en vie sans succomber à des pensées plus tristes. Relevant simplement mes prunelles du sol que je fixais de cette manière involontaire, j’avisais les feuilles mortes humides recouvrant le sol, percevait ce léger tremblement de mes doigts, cette sensation de froid sur mes orteils et ma peau.

- «   Pourquoi devrais-je vous faire profiter d’un quelconque intérêt ? » questionnais-je « En avez-vous seulement un vous-même ? » c’est bien ma voix calme que j’entends, pourtant mes mots ne semblent pas compréhensible « J’ai bien peur de vous décevoir, cher oiseau de nuit,  je ne suis d’aucun intérêt pour personne, hormis bien sûr si vous avez besoin d’une nouvelle garde-robe. » j’offre un simple sourire, m’immobilise une nouvelle fois «  Vous le soulignez justement, je n’ai ni la beauté, ni la conversation, ni la voix agréable. Pourrais-je toute fois vous retourner les compliments » ajoutais-je « Bien. Peut-être pourriez-vous cependant, m’aider à élucider un mystère, pourquoi un homme si hautement supérieur perd-t-il du temps à converser avec la petite parasite que je suis, seriez-vous sujet à l’ennui, ou bien peut-être à toute autre chose ? »


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Etienne-Louis d'Aramitz
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17/02/2020
Etienne-Louis d'Aramitz
le Mer 20 Mai 2020 - 22:32
Oh ? Avait-elle été piquée au vif ? Autant vous dire que cela aurait rendu les choses intéressantes, en fait. Je lui souris avant de finalement rester silencieux. La laissant jauger de la situation et comprendre sa place réelle. Je l’avais traitée de parasite. Le pensais- je ? Je ne savais pas trop… en fait, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que la petite pique, pour ne pas dire l’insulte, pouvait être débattue, mais elle allait avoir du mal à prouver qu’elle n’était pas un parasite. Mais pour moi les artistes étaient des parasites par essence. Ils ne vivaient qu’u crochet des autres.
Et j’eus beaucoup de mal à ne pas laisser échapper que la couture n’était ni plus ni moins, dans ce qu’elle en disait, qu’une forme de masturbation intellectuelle avec du tissu.

« Les vêtements doivent être pratiques et fonctionnels. Les ornement devraient être prédéfinis ^par le rang et de cette manière, tout serait plus simple… au fond, ce n’est jamais actuellement qu’un défilé de m’as-tu-vu que vous encouragez allègrement comme un vice acceptable. Luxe vient de luxure, c’est une vérité à ne pas oublier. Et cela remet bien des choses en perspective, n’est-ce pas ? »

Oui, voilà ! Il fallait être honnête sur le sujet ! Je lui souris pour adoucir un peu mes propos. Mais cela m’échappait complètement, comme elle l’avait bien compris. Mais c’était sans importance, elle ne me ferait pas changer d’avis facilement sur le fait qu’elle était un parasite et une dépense non essentielle par-dessus le marché.

« La perfection n’a jamais existé. Et n’existera jamais. L’idéalisme est mort le jour où les chiffres sont venus dans des bilans comptables, et une personne a de la valeur à mes yeux si elle est utile et douée. Et si, vous vivez au détriment de chaque client et les engorgez de tenues inutiles pour vous enrichir. J’appelles cela être un parasite. C’est une vérité. Ni bonne, ni mauvaise. Quoique si, peut-être un peu mauvaise, cela dit… mais au final, c’est un état de fait. Il y a les parasites… et les personnes leur offrant la possibilité de proliférer.»

Je restais un moment avant de finalement l’entendre continuer. il s’agissait d’une forme de dispute, dans le fond… seulement, cela n’en était pas une. En fait , il s’agissait bien davantage d’une joute verbale.

« Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je n’ai prétendu ni que votre voix, ni que votre conversation étaient agréables, juste qu’il s’agit d’attributs superficiels et que la superficialité ne m’intéresse que peu. Même si je reconnais que votre conversation est agréable. Mais si vous pensez que les parasites sont si néfastes que cela… dites-vous que de là d’où je viens, on a constaté que certains petits poissons s’accrochaient aux plus gros. En les parasitant ils se nourrissaient facilement, mais en retour, ils nettoient les impuretés et les déchets qui s’accrochent à leur hôte… comme les oiseaux dans la gueule du crocodile en somme… donc je suppose que les parasites peuvent avoir leur utilité. Mais une nouvelle garde-robe… à dire vrai eu je n’en ai ni l’envie, ni le besoin, ni même les moyens… ce n’est pas si grave ceci dit… mais je suis sur que vous avez au moins un talent à ne pas dédaigner… celui de m’encourager à rester au lieu de retourner travailler. Ce qui, je dois l’avouer, n’est pas une mince affaire ! »

Il fallait rendre à l’Innommable ce qui appartenait à l’Innommable !


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