Lilith de Choiseul
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Lilith de Choiseul
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le Mer 27 Mai 2020 - 10:23
Je n’étais pas anxieuse lorsque je devais affronter le conseil des Ministres, ni même soucieuse quand les doléances du peuple commençaient, à dire vrai, je n’étais pas même effrayée par les discussions politiques délicates avec des ambassadeurs, mais accepter une entrevue avec mon frère, après qu’il eut lui-même demander la chose me terrifiait beaucoup plus. Parce que je ne reconnaissais plus mon frère, parce que j’étais maladivement chagrine de notre séparation et parce que j’ignorais si j’étais capable de lui pardonner…je me pensais plus intransigeante que personne d’autre, tout comme je savais qu’au fond, j’attendais simplement qu’il fasse preuve de quelque chose de fort, de fraternel, d’important…

Quoi que l’on puisse croire, même si j’aimais profondément Everard, ma famille, le sang, était primordiale. J’avais toujours eu espoir d’avoir le soutient de mon frère et j’étais un peu tombée des nues…mais Nemrod était là, désormais et nous pourrions parler. Je n’avais pas voulu lui accorder audience en public, il ne le méritait pas, ni dans mon bureau, trop intime, encore moins autours d’un repas…j’avais opté pour une salle de discussion.

Elle était utilisée pour les conversations avec peu de personne, une salle assez simple composée d’une table ronde d’envergure correct, elle marquerait notre distanciation, mon siège était un rien plus imposant que les autres et je mettais là encore une barrière évidente, le siège d’oncle Nemrod était plus classique ainsi que celui prévu pour Nicolas. La pièce n’était pas immense, elle était idéale pour contenir la table, les personnes attendues et circuler sans entraves. Une large fenêtre donnée sur le vide mais permettait de faire rentrer une lumière naturelle fort bienvenue. Le soleil, grisonnant toutefois, inondé l’endroit de sa présence.

J’avais opté pour un habit masculin, féminisé à ma convenance. Le chemisier se composait en deux partie, en soit, il aurait pu être un chemisier dénudant les épaules, mais au lieu de les dénudait, un entrelat de dentelle couvrait la partie, jusqu’autours de mon cou. La couleur rouge sang composait le tissus et un camé, la figure habituelle étant remplacée par une roue de cuivre, siégeait autours de mon cou. Un corset serre taille continuait la composition tandis qu’un pantalon assortit aux teintes brunes finissait le tout, mes jambes soulignaient par une paire de bottine. Ma chevelure était réunis dans une composition complexe tressée, emprisonnant la moindre mèche. Sur mon front siégeait la couronne simple mais que je préférais de ma royauté.

Je n’étais pas en retard. Quand bien même c’était mon privilège, j’avais veillé à ce que Nicolas soit conduit, de sa chambre à ici, par les passages secrets, entourés de bonne garde. Mes pas annoncèrent mon arrivée…ils claquaient majestueusement et je m’engouffrais dans la pièce, avec Nemrod, ensemble, comme une famille devait l’être. Bon, je sais, je parais un peu intransigeante et obtus dans mes paroles, mais c’est une façade de dureté…

Je saluais mon frère d’une inclinaison du visage, les yeux limpides le dévisageant un court instant. il paraissait malade, un peu blanc, normal, après tout ce temps dans ses appartements, non que je sois un modèle de peau…Je me demandais s’il allait bien…je ne l’avais jamais réellement laissé autant de temps loin de nous, je veux dire, depuis le scandale de notre mère j’avais odieusement veillé sur mon frère, sans excès, laissant sa vie à l’armée se faire, estimant que mon influence ne serait que pire. Un pincement au cœur, je me détournais pour prendre place, déposant sur la table, un étui d’argent où je sortais mes cigarillos, fumer était une de mes sales habitudes et je n’allais pas déroger à la chose.

« Bonjour Nicolas, j’ai été surprise de ta demande, mais Oncle Nemrod et moi avons pensé qu’assez de temps était passé et qu’il était juste que nous parlions. Le peuple va commencer à se soucier de ton absence pour raison de santé. »

Je ne voulais pas mettre trop de familiarité, mais je ne pus m’empêcher, c’était mon frère, j’aurais aimé le prendre dans mes bras, j’aurais peut-être du le faire, mais je ne voulais pas me montrer faible. Ah, voilà mon défaut qui revenait, je devais me souvenir que ma fierté avait failli causer la mort de Everard dans un duel stupide, voulais-je risquer quoi que ce soit par fierté…j’allumais mon cigarillo, tant pis, j’étais déjà installée.


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Nicolas de Choiseul
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le Mer 27 Mai 2020 - 23:19
Tic ... Tac ... Tic ... Tac ...

Cette horloge trônait ici depuis des années. Aussi loin qu'il se rappelait de cette petite salle de réunion, Nicolas se rappelait du cliquètement caractéristique de son rouage à mesure que chaque seconde était égrenée, immuable, parfaitement réglée, sur un rythme d'une monotonie toute mécanique. L'horlogerie avait été une de ces étapes-clés dans l'évolution d'Ambrosia que les gens oubliaient bien vite. Malgré leur apparence simple, elles étaient le fruit d'une complexité qui réunissait tous les talents d'un excellent technicien de précision et n'avaient rien à envier aux automates complexes. Le but n'était pas le même, mais le fonctionnement était parfaitement égal. Nicolas n'était pas mécanicien, mais il connaissait assez les machines pour le savoir ; et garder le lien entre l'horlogerie et l'automatie était le meilleur moyen de se rappeler que ces êtres d'acier et de vapeur n'avaient pas plus d'âme que la montre-gousset pendant à la redingote du lobbyiste pressé.

Tic ... Tac ... Tic ... Tac ...

Lilith et lui venaient parfois jouer ici plus petits. Ils empruntaient les mêmes couloirs secrets étroits qu'on lui avait fait parcourir pour le mener jusqu'ici. Les gardes avaient fait des égards à son envers, ne l'avaient pas brutalisé, mais il avait bien entendu la rumeur étouffée après leur départ ; la façon dont ils avaient prononcé son surnom militaire avec cynisme : Petit Prince. Plus que jamais, la moquerie et la duplicité lui rappelaient qu'il était de retour chez lui. C'était ce sentiment impossible à déterminer dans lequel se bousculaient la nostalgie des temps plus simples et de l'innocence et l'aigre rappel des intrigues de cour, de la mort de sa mère et du secret qu'il portait chaque jour de sa vie depuis vingt ans.

Pourquoi avoir choisi cette petite salle reculée qui portait tant de souvenirs d'enfance ? Il se doutait qu'il ne s'agissait pas de ça ; en tout cas, certainement pas que de ça. Le cadre restreint était avisé pour une affaire comme celle-ci ; une affaire privée et sensible qu'il ne fallait pas ébruiter, qui requérait l'usage de passages secrets et de salons isolés. Il correspondait ainsi à un besoin d'intimité, peut-être ; car si Lili et lui étaient en froid depuis son retour, ils restaient ces frère et sœur inséparables qu'ils avaient été. Pareillement, la conscience du décorum et des symboles était claire dans le choix du mobilier, qu'il s'agisse de la table ronde les séparant ou des sièges de richesses différentes. Il avait tout de même été étonné de trouver une table ronde et de ne pas être installé sur le siège le plus austère. Le symbole avait éveillé un pincement en lui, car sa chère sœur lui faisait savoir qu'elle acceptait de lui tendre la main.

Tout cela eut aussi pu être la décision d'oncle Nemrod ; mais elle était parfaitement consciente de tout ce que ces décisions représentaient. A vrai dire, Nicolas eut été encore plus rassuré de savoir que Nemrod avait proposé tout cela : s'il y avait bien deux personnes en ce monde dont l'avis lui importait, c'était bien le leur ; et il l'avait perdu de vue. Il avait tout perdu de vue pour la première débutante venue ; ou plutôt, il s'était oublié avec elle, mais, cette prise de conscience bien tardive, il restait à la formuler auprès de ceux qui méritaient les explications de circonstance.

Tic ... Tac ... Tic ... Tac ...

Il reconnut le pas altier avant de la voir surgir des battants aussi vite ouverts que refermés du petit salon. Il avait presque bondi sur ses pieds et fait face à l'entrée, frissonnant ; l'heure de vérité était là. Il n'était pas de ceux qui craignaient l'affrontement ou les responsabilités, mais il ne pouvait assumer de l'avoir tant déçue. Derrière elle, la présence d'oncle Nemrod, ce père de substitution qui lui avait tant donné, força son regard vers le sol, incapable de soutenir le sien. Lili était rarement en retard quand ça n'avait pas d'utilité ; mais il ne s'attendait pas à le voir, lui, à l'heure. Il sentit le sang refluer de ses joues et de ses extrémités. Il se sentait engourdi, hébété, et il tomba plus qu'il ne s'assit dès que sa sœur se fut installée, le regard rivé sur les doigts livides qu'il frottait machinalement. Entre le stress et sa déprime, quelle tête il devait avoir !

Il l'écouta en hochant la tête, se mordillant la lèvre supérieure. Il sut ressentir en elle l'ouverture chaleureuse qu'elle lui offrait, et cela l'aida à se départir de sa gêne. Elle avait l'attitude de la souveraine, mais il avait appris à reconnaître quand sa sœur écartait le voile de l'Impératrice pour lui parler. Sans oser risquer de regarder dans la direction de son oncle, il redressa le regard pour lui esquisser un sourire contrit, mais ému. Il en aurait pleuré si ses paroles n'éveillaient pas un brin d'ironie en lui. Il aurait pu lui rétorquer que le peuple se foutait bien de l'état de santé du Bâtard, mais il avait fait assez de scènes, et il n'avait pas demandé à les voir pour les décevoir une fois de plus par ses travers.

Tic ... Tac ... Tic ... Tac ...

Il avait beaucoup songé à ce qu'il allait dire, mais les mots lui venaient avec difficulté. Il fixa ses mains congestionnées et les força à se séparer, et à se détendre à plat sur ses genoux en essuyant la sueur moite les couvrant. Inspire ... Expire ... Ferme les yeux ... Trouve ce coin calme au fond de toi ... Le soucis était bien qu'il avait du mal à le retrouver, ces temps-ci. Sa vie s'était tant rétrécie à Pia et son amour pour elle qu'il en avait oublié le chemin de son propre Moi. Ou bien était-ce cet autre problème à la source de ses délires enfiévrés ?

« Bonjour, Lilith ; et merci. Et merci à vous, mon oncle, pour avoir accepté de me recevoir. »

Respire ...

Tic ... Tac ... Tic ... Tac ...

Pourquoi la honte était-elle plus difficile à affronter qu'un homme de cent trente kilos ayant la ferme intention de vous tuer ?

« J'ai parfaitement conscience d'avoir ... J'ai été en-dessous de tout. Je vous ai déçu et je me sens misérable. Je me sens d'autant plus misérable que je sais avoir parfaitement mérité tout ça. J'ai été stupide, aveugle et manipulé par mes émotions ; et j'ai manqué à tous mes devoirs. J'ai aussi manqué à votre ... à votre amour. »

Les mots restaient difficiles à sortir et son rythme était décousu, mais, peu à peu, il se détendait. Il souffla et cela chassa une bonne part du poids qui le retenait.

« Je dois confesser mes torts. Mais nous devons aussi en parler. Vous êtes ma famille ; toute ma famille. Vous méritez plus que de simples excuses. »



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Nemrod L'Envers
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le Ven 5 Juin 2020 - 20:44
Vous étiez un peu mal à l’aise. Cela faisait un peu grande pompe, vous, ainsi debout derrière le fauteuil de votre nièce, non ? Enfin, ce n’était pas ce qui importait, mais davantage le contenu. Il était temps de faire cesser cette comédie quant à l’état de Nicolas. Et cela vous mettait à mal. Suffisamment pour que vous en ayez eu des crampes d’estomac en apprenant la nouvelle. Il voulait une audience et vous saviez QUE Lilith n’aura pas été capable de l’affronter seule. Donc vous aviez décidé que vous l’affronteriez à ses côtés. Pour se soutenir. Vous restates silencieux, tendu, en attendant de voir ce qu’il aurait à dire pour sa défense quand il serait seul dans cette pièce avec nous.
Enfin il entra et elle se mit à fumer un de ces affreux cigarillos que lui préparaient sa cousine, cousine qui les préparait de mauvaise grâce, cela allait sans dire. Mais vous ne le lui reprochâtes pas. Vous aviez vous-même oublié votre pipe, sinon vous auriez fait des ronds de fumée.

« Nicolas. »

Vous lui faîtes un signe de tête en guise de salutation. Quelque chose d’un peu rigide. Mais ce n’était pas sa faute. Vous herchiez à vous protéger un peu. Vous aimiez Nicolas. Tellement ; Pour tout vous dire, vous le considériez comme votre fils, et il n’avait, par rapport à Constance, qu’une chose en plus : il avait eu votre temps, tout simplement. Et c’était déjà beaucoup. L’une avait le sang, l’autre avait le temps… peut-être Constance aurait-elle mérité plus que le sang, mais davantage de temps…
Ce n’était pas le moment d’y songer, cela dit.

Votre neveu prit la parole, alors, pour faire ce que vous estimez être le minimum et vous eûtes une sorte de petit bruit un rien dédaigneux quand il dit avoir été en dessous de tout. C’était au-delà de ça, même… et les mots vous échappèrent, des mots durs mais fermes.

« Non, tu m’as, et tu nous as, déçu, Nicolas. N »importe peut s’égarer, mais tu n’es pas n’importe qui, fils. Alors oui, les mots ne suffiront pas. Parce que la confiance marche dans les deux sens. Nous ‘t’avons fait confiance et tu t’es comporté indignement. Alors nous ne pouvons pas te laisser partir gambader comme ça pour que tu recommences, car rien ne nous garantit que tu ne fileras pas à la recherche de cette putain sitôt sorti d’ici. »

Vous étiez dur, mais il le fallait, non ?

« On va te serrer au collet mon garçon, si tu veux espérer sortir de tes appartements. On va trouver quelqu’un qui seras comme une crotte au cul dont tu arrives pas à te débarrasser. Mais même le fait de te faire sortir est pas encore assuré. Alors il va falloir convaincre, mon garçon. Et pas qu’un peu... »



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Lilith de Choiseul
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le Ven 12 Juin 2020 - 22:34
L’instant était difficile, autant pour moi, pour mon oncle, que pour mon frère. Si j’avais pu faire tuer Olympiane de Thiam, je l’aurais fait. Cela va s’en dire. Elle était responsable de tout cela en grande partie, mon frère de l’autre et dans cet instant foutrement difficile, nous étions ici. Fumer me rassurait, comme toujours et me donnait une certaine forme de contenance, en tous cas, pour tout cet instant. je n’en avais pas besoin d’habitude, mais autant avouer que l’appréhension était là. Mon oncle était dur mais jsute et moi j’observais Nicolas, plus impassible que je ne l’aurais souhaité, je concédais toutefois un sourire à son encontre et je laissais terminer notre patriarche avant de souffler.

« Je n’attends pas moins de toi Nicolas, que des preuves au-delà des mots, nous avons grandit ensemble et surmontés bien des maux pourtant, tu nous as jeté au visage que tout cela était un véritable amour, plus grand, plus fort que tout…et c’était horriblement blessant. Je t’ai protégé toujours et j’ai veillé autant que je l’ai pu, sur toi. Jamais je ne suis intervenue de près ou de loin dans tes classes. Mais tu sais ce qui est pire, c’est qu’au lieu de penser en Prince, en soutient, tu as réfléchi en jeune éphèbe…notre oncle nous a éduqué ainsi que notre père mieux que cela, alors quoi ? Tu as rejeté tout cela, pourquoi ? Je sais que tu peux rêver à être un homme plus libre, sans prince, sans condition, te défaire de l’Empire, mais hélas, ce n’est pas le lot de notre naissance et j’ai besoin de toi, assez fort, assez puissant, pour mon propre règne, c’est ce qui fait la force des nôtres. Alors je suis prête à te laisser une chance, à t’écouter, à voir ce que tu peux faire, mais…ne me trahis plus, il vaudrait mieux. Cela ne signfie aps que je te pardonne en l’instant, mais je fais aussi un pas vers toi. »

Ma contenance était ébranlée alors que mes yeux trahissaient, je n’étais aps devenue plus émotive mais ma froideur légendaire ne pouvait se tenir en cet instant, je n’étais pas faites de bois, et si je ne pouvais me montrer comme je le désirais en famille, alors ….


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Nicolas de Choiseul
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Nicolas de Choiseul
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le Mar 30 Juin 2020 - 0:47
Oncle Nemrod était dur ; mais Nicolas ne lui en voulait pas. Leur dernière discussion était comme nimbée dans les brumes de cet état de colère dans lequel il s'était immergé à cette période. Certes, la sensation n'était pas agréable ; elle était même très difficile à encaisser. Il baissa les yeux, serra les dents et souffla par le nez pour laisser passer la pique de tension qui le parcourait. Il avait fait pareil pendant toute sa vie, mais s'était laissé aller à répondre à couteaux tirés en revenant. Ça ne lui avait vraiment pas réussi, il fallait bien l'avouer.
Il savait bien ce qu'il devait faire et savait comment les choses se passeraient en demandant audience ; plus ou moins. Il savait que la colère de son oncle était égale à l'affection qu'il avait pour lui. Il se raccrochait à cette idée pour ne pas mal prendre les reproches, même justifiés, et le ton, bon pour un garçon de dix ans, dont il avait néanmoins eu le comportement récemment. A la fin de son intervention, il laissa passer une seconde et releva le regard. C'était dur, mais nécessaire. Il savait que son oncle y lirait la compréhension et le regret qu'il ressentait.

Lili avait déjà pris la parole, et leur échange de regards ne dura guère en conséquence, ceci dit. Il essaya, cette fois, de soutenir le regard de sa sœur, mais sans guère de succès. Cette fois, il fuyait le regard par tristesse. Avec Nemrod, les choses étaient différentes : ils étaient des hommes, il n'y avait guère de place pour les effusions dans leurs rapports, ou plutôt une certaine pudeur devait s'observer. On n'avait guère de mal à retenir l'aspect émotionnel des choses, qui était étouffé par les bravades, jeux d'autorité et accords que les hommes employaient entre eux. Avec une femme, qui plus était sa sœur, l'émotion était bien présente et on ne pouvait la chasser par quelque artifice. Il ne pouvait pas passer outre le ressenti de Lili.
Elle aussi avait raison ; dans tout ce qu'elle disait. Il réalisait qu'elle avait sans nul doute connu les mêmes réflexions que lui, du moins en partie. Pour Lilith, les choses avaient été tracées et se rebeller n'avait pas vraiment de sens. Quand on était la plus haute autorité, contre quoi allait-on se rebeller ? Contre le monde ? Pour lui, le problème avait toujours été le poids de cette bâtardise qu'il se devait de porter ; ça et la distance qu'il avait mis entre lui et les autres. Il avait toujours cherché à pousser plus loin, plus fort, mais on le reconnaissait toujours pour ce qu'il était. Avait-il eu raison ? Il suffisait de regarder où il en était pour avoir la réponse.

Il se racla la gorge une fois que Lili eut fini, et osa relever le regard vers le sien. Il n'était pas moins peiné qu'elle par la situation, mais que pouvait-il faire ? Il avait des preuves à faire, c'était certain. Il ne savait pas s'il devait tenter de la rassurer en la prenant dans ses bras. Peut-être était-il trop tôt. Une longue inspiration fut nécessaire pour rassembler ses pensées et trouver les premiers mots hésitants pour répondre.

« Vous avez raison. Toi, ma sœur, et vous, mon oncle. Et je n'attends pas un pardon facile. Je me sentirais illégitime si ça devait arriver, et je sais déjà ce que ça fait. A dire vrai, je crois que je ne me suis jamais vraiment senti légitime ; en traversant ces couloirs ou en marchant dans les jardins, d'aussi loin que je me souvienne je me rappelle les regards et les murmures tout autour de moi, et les coups de cane de nos chers cousins si dignes. Je ne sais pas si c'est le fait d'être passé près de la mort, mais ... j'ai l'impression d'avoir perdu l'essentiel en cherchant ma voie. Si je repense à cette période, tout est ... brumeux, vague, violent. C'est comme un rêve éveillé. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'étais hors de moi. Je vois bien, aujourd'hui, que ma place est ici ; que ma famille est là, avec moi. J'ai tellement de regrets, mais aucun mot pour les exprimer. Je ne peux que faire amende. Je vous aime, tous les deux. »



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le Jeu 30 Juil 2020 - 18:53
Lilith jouait à l’impassibilité, vous laissant le rôle de l’émotion et pourtant, vous posâtes votre pogne caleuse sur son poignet comme pour l’astreindre à se calmer, pour la simple et bonne raison que vous sentiez qu’elle était une théière, aucune trace extérieur, mais cela bouillait à l’intérieur. Et vous préfériez qu’elle n’explose pas. Non qu’elle ait besoin de retenue en si petit comité, mais vous craigniez qu’elle ne mette de l’huile sur le feu.

Vous la lâchâtes alors qu’elle parlait comme pour vous désolidariser, mais vous finîtes par poser votre main sur son épaule, comme pour l’enjoindre à se reprendre. Elle devait se reprendre. Elle n’avait pas dit quoique ce soit de faux, mais vous trouviez qu’elle avait mal cerné le principe. Vous la regardâtes et vous haussâtes les épaules et vous soupirâtes profondément.

« Non, tu as tort Lilith. Il n’a pas réagi en jeune éphèbe. Il a réagi en gamin à qui on a tout sucré des plaisirs simples. Il a eu tort d’y céder, mais je comprends pourquoi il a agi. Et tu le sais aussi. »

Vous ne mentionnâtes pas le prieur, mais vous auriez pu. Elle avait, elle aussi, joué les midinettes récemment, dans le feutré, avec le prieur. Et sincèrement, est-ce que vous lui en vouliez de cela ? Oh, si vous ne l’abordiez pas, c’était aussi parce qu’elle ergoterait que ce n’était pas pareil. A tort. C’était déjà surprenant qu’elle ne soit pas de nouveau enceinte. Enfin bref… il valait mieux arrêter là les frais.
Au moins, Nicolas se montrait repentant. Ou du moins semblait repentant.

« Je t’aime aussi gamin. C’est ce qui rend les choses plus dures à encaisser. Je t’ai souvent appelé fils et je n’en ai jamais moins pensé… mais pour le coup… disons que ce n’est même pas que t’en veux. Juste que je suis déçu. Ta sœur et moi nous avons beaucoup réfléchi, et beaucoup échangé autour de la question : que faire de toi… le problème, Nicolas, c’est que tu n’es pas fiable. Ou du moins, tu ne l’es plus. Nous ne pouvons pas te renvoyer dans ton régiment où te garder à l’œil sera un peu difficile sans que ça se sache, toutes ces histoires. Nous ne pouvons plus non plus te confiner dans ta chambre. donc… que faire de toi et comment. Nous avons eu plusieurs idées, et aucune n’est pleinement satisfaisante. J’avais des projets pour toi. J’avais pensé à un avenir… mais tu as tout fait s’écrouler. »

Vous soupirâtes.

« Nous allons te confier des responsabilités qui te forcerons à t’intéresser à tout sauf toi. Tu vas devoir marner pour montrer que tu es revenu à de meilleurs sentiments. Parce que le dire c’est trop facile. »


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le Jeu 30 Juil 2020 - 21:55
Je gardais mes pupilles sur mon frère, si tout était plus simple…mais bon, je voulais réellement lui faire confiance et je prenais sa souffrance avec gravité. Je savais ce qu’il avait enduré d’être le potentiel bâtard et même moi qui ne connaissait pas la vérité, je ne supportais pas ce genre de chose. Mais elles étaient là. Je l’entendais parler frôler de la mort et j’avais envie de lui envoyer au visage une gifle, vouloir mourir, attenter à sa propre vie, c’était d’une stupidité sans égale !

Je restais silencieuse, pourtant, je ne manquais pas de foudroyer, j’osais, mon oncle du regard. Il y avait une large différence entre Nicolas et moi sur le sujet ! Et il le savait !

« Ne comparez mes actes irréprochables envers le trône et l’Empire à ses élans d’imbéciles amoureux manipulé par une putain qui a offert ses cuisses à son tuteur même ! » Cela sortit un peu plus rapidement que moi. Je ne portais pas Olympiane dans mon cœur, je la considérais comme une fausse pudique, timide et autre, une fausse jouvencelle qui avait espéré meilleur place. Je n’avais pas agis une seule seconde comme Nicolas, ce n’était pas comparable, j’aurais sacrifié mes sentiments pour le meilleur de l’Empire, j’aurais sacrifié ma relation avec Everard pour que Nicolas puisse épouser, si tout avait été sincère, Olympiane. Nicolas nous avait surpris avec le prieur, il savait…

Je me reprenais un instant, mais ces quelques paroles m’avaient rendu moins clémente. Je soupirais à mon tour.

« Quoi qu’il en soit, nous avons envisagé de faire de toi un secrétaire ministériel. Il faut que tu te responsabilises, si quelque chose venait à m’arriver, il n’y a personne de potable pour l’Empire, je n’ai pas d’enfant et tu as oublié tout ce que nous avons pu apprendre. Enfin…un secrétaire ministériel. Et nous avons viser la justice! »

Je lui laissais envisager et comprendre, je laissais les détails à mon oncle.


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Nicolas de Choiseul
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le Jeu 6 Aoû 2020 - 0:03
Son cas n'était pas désespéré. Derrière les propos de son cher père de substitution, il ressentait la compréhension en même temps que la douleur et la bienveillance ; un mélange de sentiments qui ne pouvait venir que d'un engagement paternel sincère et qui déclenchait une vague d'émotions tout aussi variées et difficiles à contenir chez le prince. Il pinça les lèvres pour ne pas répondre, figea ses yeux pour ne pas les laisser s'embuer, serra les dents pour recevoir les coups de boutoir justifiés et força ses mains ouvertes sur ses genoux pour ne pas jouer du poing dessus. Quelles que soient les impulsions qu'il ressentait à l'égard de ce qui lui était dit, il comprenait très bien la gravité du moment et la nécessité de faire preuve dès maintenant d'abnégation et de contrôle.

Pour ce qui était de Lili ... Encaisser l'attaque était beaucoup plus compliqué. Il ne put retenir de braquer des prunelles offusquées et hostiles à ses insultes. Il savait bien que Pia l'avait trompé et trahi ; du moins, était-ce ce qu'il avait été amené à croire sincèrement ; mais ça faisait quand même encore mal. C'était un peu tôt pour l'insulter ainsi devant lui, surtout avec une telle colère, et, s'il remarqua les signes inévitables du regret suivant la précipitation, il remarquait bien la violence sincère qui motivait les paroles de sa sœur, et il avait du mal à le prendre. Elle avait raison sur un point : elle se montrait plus prudente que lui concernant cette aventure qu'elle entretenait avec le jumeau de son défunt mari. Par contre, qu'elle le voie comme un imbécile ...
Il était sincèrement blessé. Par affection, il pardonna et détourna vite un regard plus triste que combatif dans le vide, se retournant vers un refuge tranquille de son esprit où respirer et retrouver un peu de calme ; un minimum de force. Il n'allait pas lui faire le plaisir d'exprimer sa douleur.

Il se focalisa sur la matière de sa réintégration, sûrement très progressive, à la vie civile. Il avait bien compris que son service militaire était fini. Il en ressentait une mélancolie absolument terrible, se demandant où il pourrait bien retrouver la sincère camaraderie qu'il y avait trouvé ; mais il comprenait et se soumettait. Avait-il le choix ? Non. Bien sûr que non. Cela ne l'empêchait pas de faire la grimace. Secrétaire ministériel à la Justice ... Grands dieux ! Y avait-il seulement une perspective plus barbante que celle-ci ? Le poste n'était pas indigne, c'était certain, et d'autres convoitaient une telle position toute leur vie et y travaillaient âprement ; mais ils s'étaient bien débrouillés pour ne pas le mettre à l'aise.

« Je vois que vous me connaissez bien, » murmura-t-il, un peu plus amer qu'il l'aurait voulu.

Il ferma les yeux, inspira profondément et redressa son regard vers son oncle.

« Je remplirai mes fonctions avec toute l'excellence qu'on attendra de moi, soyez-en assuré. Conserverai-je le droit de rejoindre la Réserve, malgré tout ? »

Une question peut-être futile pour l'observateur inexpérimenté, mais Nicolas se raccrochait à la dernière brindille en espérant sauvegarder un ersatz de la vie qu'il s'était construit et avait stupidement laissé s'effondrer.



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le Sam 5 Sep 2020 - 17:19
Lilith n’avait pas tort. Elle n’avait pas risqué une atteinte au trône. Enfin bref. vous regardâtes votre neveu, plus de peine qu’autre chose dans le regard. Oh, il était amer. C’était quand même mieux que sa tristesse inutile. Enfin, que croyait-il ? Que vous alliez, tous les deux, oublier le passer sans rien dire avant de finalement lui sourire et opiner du chef quand Lilith parla de jouer les secrétaires ministériels. Voilà, l’idée était lancée. Vous regardâtes son avis et grondâtes quand il parla de la réserve.

« Foutredieu tu es un prince de la maison impériale et l’héritier du trône. Tu voudrais te faire tuer ? Non, la réserve n’est pas ton avenir. Si ta sœur a des enfants, alors nous pourrons revoir cette idée, peut-être… qu’en dis-tu, Lilith ? »

Mais puisqu’il semblait ne pas croire que vous lui confiez une tache essentielle, vous précisâtes la pensée de Lilith sur le poste de Nicolas.

« Ecoute, gamin. On ne te confie pas un poste comme ça. Mais nous te confions ce rôle parce que c’est essentiel. Nous allions confier ce poste à une personne dangereuse, ministre de la justice. Ta sœur compte nommer Welton en tant que premier ministre et en te plaçant comme bras droit du prochain ministre de la justice, tu seras à la bonne place pour agir en cas d’exagération delà part du ministre, ou pour me rapporter – nous rapporter – un éventuel problème. Quand tu auras pris de la bouteille, le ministère de la guerre t’ouvrira ses portes en grand. Voilà. Fias tes preuves et tu retourneras à l’armée, même si ce n’est pas de la manière que tu aimerais. Crois-tu que nous nous fichons de toi de cette manière ? Fichtre et foutre, tu devrais même être premier ministre si tu étais responsable. Peut être même le seras-tu un jour. Enfin bref. comprends-tu donc que c’est une véritable preuve de confiance de la part de la personne que tu as le plus déçu. Ta sœur. »

Vous le regardâtes.

« Alors, boiras-tu avec joie à ta nomination ou resteras-tu aigre ? »


Il a demandé audience! [Nicolas et Nemrod] R6LZXTx
Lilith de Choiseul
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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
le Sam 12 Sep 2020 - 19:51
Nous étions deux enfants sous l’égide du Père, il ne fallait point se leurrer de la situation. Je n’étais pas toujours à même de cette couronne que je portais dans cette réunion réduite aux membres du sang. Je regrettais mon emportement car il était fait à vif et c’était une chose que je devais apprendre à mesurer, tout simplement. Je le savais, après ce que cela avait fait à Everard mais en famille je préférais encore ne pas me museler plus que cela. Même si ce n’était pas que « famille » tout cela. L’annonce en tous cas ne fut pas reçu avec plaisir, rien d’étonnant en soit. Je fus blessée encore, mais je retenais tout signe de déception.

Je ne pouvais pas compter sur Nicolas, je chassais de mon esprit toute idée que cela change, il avait bien le droit après tout de refuser tout en bloc, dans un sens, e pouvais le comprendre, dans un autre cela n’empêchait pas que cela fasse quelque peu mal. Je préférais chasser ces sensations, et me dire que tout cela finirait d’une façon, je pouvais compter sur Everard et mon oncle …

« Que le jour où j’aurais des enfants en âge de gouverner, il fera bien ce qu’il souhaite. Que dire de plus… »

Je lâchais l’idée de former une alliance unie, une tête forte, bref, mes idées passées pouvaient être rangées dans leur boite. Cela ne lui convenait pas, mais il ferait et … amère il le ferait. Je m’en moquais, j’écoutais distraitement. Je devais faire plus d’effort qu’il n’en faisait, mais j’ignorais si j’en étais capable à vrai dire. Je me sentais coupable d’en attendre trop de lui, je me sentais aussi en colère que lui puisse en faire moins que moi malgré la responsabilité de notre lignée et je lui en voulais clairement car je sentais simplement qu’il me lâchait au bon droit seul qu’il n’était pas le premier. Dans ce mélange de sensation, je regrettais, presque d’essayer encore.

« Je boirais volontiers à notre nouvelle base. J’essaye d’arranger les choses Nicolas, comme il se doit, nous savons que tout ne se fait pas toujours comme on aimerait. Mais il faut faire avec. »

Je ne ressortais pas mon sempiternel discours sur la responsabilité que nous avions en tant que de Choiseul…je n’en avais pas vraiment la force.



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