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Nicolas de Choiseul
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Nicolas de Choiseul
Prince héritier / Soldat de l'armée ambrosienne
le Ven 24 Juil 2020 - 2:56
Nicolas n'avait pas pris l'air depuis longtemps. Pour lui qui avait passé le plus clair de son temps à rechercher le grand air, même l'espace clos et trop confortable des jardins du Palais était déjà une libération. Dès qu'il avait senti la brise sur son visage et les rayons du soleil sur sa peau, il avait fermé les yeux. Une grande inspiration, yeux fermés, les bras tendus vers le ciel ; il remerciait intérieurement tous les dieux de lui avoir donné la force et les amis pour endurer cette épreuve et retrouver la liberté.
Était-ce vraiment la liberté ? Non. Il restait sous surveillance et tenu au col par la courte laisse métaphorique que son cher oncle Nemrod lui avait attaché. En songeant au collier, il portait la main à son cou, encore marqué, sous son col, par son infortunée tentative de suicide. Un regard derrière lui confirma la présence du courtisan distant, mais assez peu discret chargé de s'assurer de son calme et du respect des conditions qui lui avaient été posées.
Par espièglerie, il avait au moins enfilé son uniforme de repos, l'identifiant comme un lieutenant de l'armée ambrosienne plutôt que comme le Prince de Choiseul.

Qu'à cela ne tienne ! Il était heureux de pouvoir prendre l'air.
La présence de courtisans, seuls, en couples, mariés ou chaperonnés, ou en groupes, avait tendance à ruiner sa bonne humeur instantanément, ceci dit. Il n'avait jamais aimé la cour et la manière dont ses pique-assiettes translucides le dévisageaient avec un mélange de mépris et de jalousie. Ils le méprisaient parce qu'il traînait toujours sa réputation de bâtard ; ils le jalousaient parce qu'il restait un prince, et probablement, du moins officiellement, l'homme le plus proche de l'impératrice, un homme qui occupait un espace affectif que d'autres voudraient exploiter.
Ils auraient été bien vernis s'ils avaient su ce que Nicolas savait sur les dessous de la vie de sa sœur bien-aimée ! Il n'appréciait pas sa relation avec Zullheimer, mais, par amour et par devoir, il avait gardé le secret et n'exprimait pas d'hostilité. C'eut été, de toute façon, pour son plus grand malheur, compte tenu des circonstances ! Et puis, il n'était pas innocent en matière de relations défendues.

En parlant de relations ! Il avait aperçu, en se promenant plongé dans ses pensées, celle dont il avait appris les fiançailles avec son oncle récemment : Daphnée Samabartel. Il avait vu des portraits de fiançailles et en avait reçu une description. Il avait aussi eu vent de bien des rumeurs, mais les rumeurs étaient le loisir de la cour et elles étaient bien souvent fondées sur une surenchère malvenue ou sur des fantasmes. Il pouvait au moins confirmer, à cette distance, qu'elle était jeune et fort belle.
Il était presque peiné pour la jeune femme : si l'alliance maritale que cherchait sa famille n'était en rien une surprise, Nemrod L'Envers restant un porteur du sang de Mérimin, elle aurait sans doute préféré un homme plus jeune, qui aurait su s'enthousiasmer de leurs émois et l'accompagner à la découverte de leurs sens et d'un socle commun sur lequel fonder leur propre lignage. Personne n'aimait être forcé à quelqu'un de bien âgé. Nicolas ne doutait pas que son oncle saurait être un compagnon de qualité, mais saurait-elle le voir ainsi ?
Quoi qu'il en soit, les contrats étaient signés et les paroles données, et il ne restait que l'attente et les préparatifs. Bientôt, Mademoiselle Samabartel serait Madame L'Envers, et elle ferait partie de la Famille. En tant que femme de Nemrod, elle serait probablement plus proche de la belle-mère pour lui que de la tante. Sa tante ! En approchant, il réalisait sa jeunesse. Elle semblait avoir son âge ; et elle se révélait vraiment sublime. Son oncle était un veinard ! Mais pardonnez cet accès de testostérone très masculin ...

« Mademoiselle, » l'appréhenda-t-il comme il arrivait à une distance respectueuse. « Veuillez pardonner mon retard. Je tenais à vous féliciter pour vos fiançailles, et vous témoigner mon plaisir de vous savoir bientôt membre de ma famille. »

Il fit une courbette à son égard et porta sa main pour y poser un baiser aérien. En toute circonstance, il fallait savoir se montrer galant. Il s'agissait de restaurer son image et de soutenir celle de sa sœur, et, depuis son lointain point de vue, le chaperon veillait à ce qu'il ne soit ni trop méchant, ni trop charmeur.



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Daphnée Samabartel
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le Dim 2 Aoû 2020 - 17:57
Les regards avaient changé. Depuis l’annonce publique de ses fiançailles avec l’Oncle de son Altesse Impériale, elle avait perçu cette différence dans les yeux de ses pairs. On la craignait autant qu’on apprenait à la respecter. Là où elle passait, si les murmures s’étaient toujours tus, vite ranimés par sa présence quand elle fut passée, les regards se baissaient désormais, fuyant l’autorité qui pourrait être la sienne. Pourtant, Daphnée n’avait nullement changé de comportement, bien au contraire. Semblable à elle-même, elle avait su réaliser à quel point il lui était de plus en plus compliqué d’obtenir une conversation à cœur ouvert avec les autres courtisans. Que craignaient-ils ? Qu’elle ne les tue d’un regard trop amical, ou bien qu’elle ne soit devenue l’âme damnée de son fiancée, capable de tous les trahir pour mieux colporter leurs paroles aux oreilles de celui qui tirait les ficelles dans l’ombre ? Mais, comme Raimond avait su le faire remarquer, Daphnée rayonnait et l’ombre l’effrayait. Il était devenu commun pour elle de rejoindre Nemrod dans ce bureau secret, se trouvant au milieu d’un dédale de couloirs sombres dans lesquels elle avait appris à évoluer. Parfois, son cœur battait plus fort à la simple idée aventureuse de changer d’itinéraire, de partir à l’aventure dans ces lieux pour mieux savoir où tous ces couloirs débouchaient. Mais la peur de plonger trop profondément et de se perdre la guettait et elle n’avait jamais osé. En revanche, elle apprenait à connaître celui qui était son fiancé, dans des conversations parfois plus fournies que d’autres. Au moins, il prenait le temps de lui accorder le sien.

Mais Daphnée demeurait drapée de solitude. Était-ce là le fardeau des puissants que d’être seuls ? Lilith le lui avait déjà fait entendre, mais elle avait refusé d’y croire, se persuadant qu’elle serait capable d’éviter une telle fatalité car n’étant pas née dans leur famille. Comme elle s’était trompée… Seule, donc, un unique page pour compagnie quelques mètres derrière elle, elle se promenait dans les jardins de la demeure impériale. A Virindrige, rares étaient les végétaux qui pouvaient se faire une place dans le froid. Seules quelques petites fleurs blanches et des grands pins pouvaient se vanter d’une telle résistance et c’était bien là les rares choses qu’elle avait su voir, aussi, les nuances vives de bon nombre des fleurs présentes en ces lieux l’intriguaient et pouvaient la pousser à admirer les plantes des heures durant. Rose, orange ou jaune, toutes ces fleurs arrivaient au terme de leur floraison, les températures plus clémentes de l’automne emportant avec elles les derniers pétales et leur beauté, ne laissant dans les jardins que celles égarées et en recherche de compagnie.

Un petit ouvrage à la main, elle avait su lire de nombreuses pages, à l’ombre d’un arbre au feuillage épais, préservant sa peau claire de ce temps encore trop ensoleillé. La douceur des températures automnales l’avait forcé à s’habiller un peu plus chaudement que ce à quoi elle avait su être habituée depuis son arrivée. Bientôt, elle le savait, elle prendrait plaisir à afficher les fourrures familiales à la Cour pour mieux en faire la promotion. Cependant, pour l’heure, elle portait un chemisier à la boutonnière brodée et travaillée, blanc, soigneusement coincé au niveau de sa taille par une jupe d’un bleu nuit qui s’évasait grâce au jupon qu’elle portait. La ceinture du vêtement était décorée par quelques éléments fabriqués en cuivre et rappelant à qui se penchaient dessus quelques éléments marins. Ses longs cheveux blonds ondulés descendaient en une cascade parfaite, s’écrasant dans la courbe de ses reins.

Daphnée était partie pour s’en retourner à ses appartements après un long moment passé en ces lieux quand elle constata qu’un jeune homme aussi charmant qu’élégant s’avancer vers elle. Fronçant doucement ses sourcils, elle sut intérieurement qu’il ne lui était nullement inconnu bien que n’ayant eu l’opportunité de le croiser depuis son retour à Ambrosia. Qui ? Qui pouvait-il être ? Venait-il vers elle ? A cette seconde interrogation, elle eut rapidement une réponse quand l’homme la salua d’un « mademoiselle » qui tendait à attirer toute son attention. Son retard ? Elle n’avait nul rendez-vous de prévu aussi, les mots de cet homme la déstabilisèrent, bien qu’elle tâchait de dissimuler tout ceci derrière un sourire contrôlé. Puis, poursuivant dans son élan qui semblait réellement enthousiaste, il la félicita pour les fiançailles qu’elle avait su obtenir. Pour autant, ça ne lui permit pas réellement de lever le doute sur l’identité de ce charmant jeune homme. Jusqu’à ce que… Membre de ma famille. Cillant un instant tandis qu’il se pliait dans une courbette respectable en portant sa main à ses lèvres, elle finit par écarquiller les yeux, réalisant à qui elle avait à faire. Sa mine ornait quelques tableaux du château, rappelant son ascendance royale – quoique contestée. Et surtout, elle avait su l’apercevoir, bien des années auparavant, lors de son pupillat. Reprenant contenance en même temps que sa main, elle finit par s’incliner dans une révérence merveilleusement réalisée, trahissant la grâce dont elle était capable. « Votre Altesse… Je vous remercie de cette sympathie que vous formulez à mon égard et espère ne pas vous décevoir à l’avenir, quand je ferais en effet partie des rangs de votre famille. » Elle se redressa, lui adressant un léger sourire, joignant ses mains sur son livre devant elle. Elle le dévisagea malgré elle. C’était étrange de le voir après autant de temps passé à la Cour sans aucun signe de vie de sa part… Ne lui avait-on pas dit qu’il était… ? « Je me réjouis de voir que vous vous portez mieux, Prince Nicolas. Mes prières ont toujours su porter votre rétablissement auprès des Dieux depuis le jour où l’on m’a informée de votre mal être. Votre sœur doit être plus qu’heureuse de pouvoir vous retrouver. »


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Nicolas de Choiseul
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Nicolas de Choiseul
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le Jeu 6 Aoû 2020 - 0:04
Jeune, belle, gracieuse ... La promise de son cher oncle et père de substitution fit une impression fulgurante au prince ambrosien, qui ne laissa pas paraître son appréciation mais ne pouvait empêcher ses yeux, fenêtres de l'âme, d'exprimer la satisfaction malicieuse que la personne face à lui lui inspirait. Il ne s'agissait pas de lui : il songeait déjà que Nemrod méritait une personne à la hauteur de ses standards particuliers, et l'idée se laissait insinuer en lui que ce couple apparemment mal assorti de prime abord pourrait bien devenir, dans les bonnes conditions, un des couples forts de la cour et d'Ambrosia.

Il répondit à son sourire, mais le sien était légèrement tordu par l'amusement quelque peu cynique que sa réponse lui avait inspiré. La déception ... Si quelqu'un décevait cette Famille encore et encore, ce ne serait pas elle. Il y avait déjà une personne désignée à ce rôle et il espérait ne pas être détrôné de si tôt : il n'avait guère de titres et, son nouveau poste de Secrétaire à la Justice imminent ne lui inspirant aucune joie, autant trouver un brin d'humour dans ses tares. Enfin ! Sa dernière remarque sur sa chère sœur lui arracha un gloussement nerveux, qu'il étouffa de la main avec gêne. Il n'était pas correct d'afficher ses problèmes, et encore moins de laisser penser à Mademoiselle Samabartel qu'elle était la cause d'une quelconque moquerie. Il se ressaisit vite pour éloigner tout malentendu.

« Votre bienveillance me submerge de bonheur, mademoiselle. Nous ne nous connaissions pas et déjà vous me recommandiez aux dieux ! Vraiment, si quelqu'un doit décevoir qui que ce soit en quoi que ce soit, ça ne saurait être vous, ma chère. Merci. Je ne manquerai pas de vous inclure dans mes prières moi-même. »

L'explication était mensongère, bien sûr, mais pas fausse. Il était sincèrement touché par la gentillesse de la beauté qui lui faisait face. Faisant souvent face à l'hostilité et au mépris, Nicolas se laissait facilement avoir par les cajoleries et les compliments. Naturellement, ce travers lui avait joué des tours et était secrètement derrière sa longue période de convalescence ; une convalescence sentimentale plutôt que physique, ainsi qu'une mise au ban de la société pour lui apprendre à réfléchir, comme à tenir sa queue. S'il y songeait à deux fois maintenant, il n'en était pas moins vulnérable. Sa situation était loin d'être heureuse. Au fond de lui, il réclamait du baume au cœur.

« Que lisez-vous là ? J'ai peur d'avoir épuisé ma bibliothèque pendant mon ... ma convalescence, et je serais heureux de découvrir une nouveauté quelle qu'elle soit. »



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Daphnée Samabartel
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le Ven 14 Aoû 2020 - 0:58
Il était difficile pour elle de ne pas se montrer impressionnée, comme à chaque fois qu’elle rencontrait un membre de cette éminente famille. Les choses étaient pourtant différentes puisqu’elle avait su se faire une petite place à la Cour, désormais, arrivée depuis quelques mois. Le Prince Nicolas avait quelque chose de différent, cependant, dans son attitude. Était-ce cette manière peu singulière d’avoir été celui qui avait su l’aborder en dehors d’une rencontre officielle, comme elle y avait eu droit avec le reste de la famille Choiseul ? Daphnée n’aurait su dire, préoccupée par l’image qu’elle pouvait renvoyer à cet homme qui saurait la juger en un regard si elle se lançait dans le moindre faux pas.

Ce fut donc avec une politesse parfaite et des mots soigneusement choisis qu’elle s’était exprimée. Pourtant, elle perçut quelque chose lorsqu’elle mentionna l’Impératrice, incapable de savoir de quoi il s’agissait. Elle n’était pas encore bien éduquée à toutes ces expressions de cour et aux masques que ses usagers pouvaient porter. Et tout cela se passa si vite qu’elle n’eut guère le temps de se faire une opinion, se contentant de rester stoïque, faisant mine de n’avoir rien remarqué. Bienveillance. Si Leonie avait été là, elle aurait immédiatement réfuté cette hypothèse, elle qui l’avait accusée de préférer être responsable de la mort d’une tête pensante du royaume plutôt que d’assumer la honte de la rupture de ses fiançailles… Elle n’avait de bienveillant que l’image qu’elle se donnait, visiblement. Baissant les yeux face à cette insinuation, elle déglutit péniblement avant de prendre une grande inspiration et sourire doucement. Avait-elle été également hypocrite en priant pour l’âme de ce jeune Prince dont elle ignorait tout si ce n’était le mal dont il avait fort souffert ? Non, car elle avait pu constater le déséquilibre dans lequel il laisserait sa famille si le mal l’avait emporté. Lilith l’avait mentionné, à demi-mots, en lui faisant entendre que son frère n’était plus capable d’entendre ses confidences ou même d’être l’épaule sur laquelle elle s’appuierait. Le mal l’avait terrassé et pourtant, voilà qu’il était à nouveau sur pied. Elle avait de quoi se réjouir.

Reprenant ses mots, il insista sur le fait qu’elle ne saurait décevoir les siens. Elle ne sut s’il lui disait cela par politesse mais, au fond, ces mots lui firent chaud au cœur. Sa sœur les lui avait déjà glissé, autrement, faisant d’elle sa demoiselle d’honneur dans ses Noces à venir. N’était-ce pas une preuve de confiance assez grande ? Elle ne saurait la trahir. Jamais. Même si la Ligue le lui demandait. « J’ignore si une personne telle que moi saurait trouver place dans les prières, votre Altesse… Ou alors, demandez aux Dieu et à la grande Déesse de se montrer indulgent et clément dans ces Noces à venir… » Ce n’était pas sa vie qui dépendait du bon vouloir des Dieux, mais bien celle de son fiancé. Par six fois elle avait été libérée de ses engagements, en quoi celle-ci saurait être différente ?

Que lisez-vous ? Daphnée sentit ses joues s’empourprer sous cette curiosité qu’elle n’espérait pas. Passionnée de littérature romanesque et aventureuse, elle aurait pu lui établir un résumé de l’ouvrage suffisamment détaillé pour occuper le Prince une bonne partie de cette journée et ce fut en se contenant qu’elle répondit. « Sur les ailes d’Acier. C’est un roman écrit par un Raclusien, l’un des rares récits d’aventure de mon île natale. Un homme tente de venger la mort de son frère et pour poursuivre ses assaillant, il décide de construire une nouvelle machine qui ressemble à un oiseau géant, entièrement mécanique. Depuis celui-ci, il admire le monde tout entier, survolant les Terres et les Mers… » Et oui, elle pouvait aller plus loin encore, les yeux s’étant posés sur la couverture de l’ouvrage. S’arrêtant net, elle releva le nez pour mieux rougir de plus belle. « Veuillez m’excuser, j’ai tendance à me perdre dans mes pensées quand il s’agit de voyages et de mondes éloignés… Ces fictions m’emmènent par-delà tout ce que je connais et me permettent de découvrir de nouveau rivages par la pensée… Il ne me reste plus que quelques chapitres. Si vous le souhaitez, je pourrais vous le confier une fois ma lecture terminée ? » Rien ne lui ferait plus plaisir, en réalité…


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Nicolas de Choiseul
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le Dim 27 Sep 2020 - 21:17
« Je vous promets de prier avec ferveur pour vous deux, » avait répondu Nicolas avant qu'ils ne discutent du livre.

Et quel livre ! Un Raclusien parlant d'oiseau mécanique volant, voilà qui était intéressant. Les savants ambrosiens s'étaient penchés sur la question par le passé, sans trouver de solution pour réaliser ce vieux rêve humain. Le dirigeable était le nec plus ultra et le seul moyen de voler par-delà terres et mers ; pourtant un Raclusien pensait que les oiseaux mécaniques n'avaient pas dit leur dernier mot ? Soit ! Rien que pour ça, l'ouvrage promettait d'être captivant. Ajoutez à cela cette croustillante affaire de vengeance ...
Il fallait l'admettre, Nicolas profitait de son uniforme pour la dernière fois, et ce goût d'aventure le rappelait aux missions qu'il ne remplirait plus. Une profonde mélancolie le prit. Il comprenait son devoir et sa mission, mais laisser derrière lui sa vie passée était si difficile ... Bientôt, lui aussi n'aurait plus que cette fiction pour caresser de nouveaux rivages de ses pensées.

« Ce serait ... un immense plaisir, ma Dame, » accepta-t-il enfin avec une pointe d'émotion. « Je n'ai guère eu le plaisir d'être au contact de la Ligue pendant mon service. Enfin, peut-être est-ce mieux ainsi ? » Il laissa échapper un rire amusé en venant s'asseoir à distance respectable de la belle. « Il y a tant d'histoires fascinantes qui circulent sur elle et ses peuples, dans le rang ! Je me suis toujours demandé si je serais déçu ou fasciné si je m'y rendais. Peut-être qu'un premier contact littéraire ... Ca m'en dirait bien plus, je suis sûr, que les cours reçus de mes précepteurs, tirés d'ouvrages poussiéreux. »

Il était honnête. Il avait voulu partir voir le monde et faire sa propre vie, et il n'avait vraiment réussi à faire ni l'un, ni l'autre. Il avait au moins vu de près comme de haut les terres et mers ambrosiennes, chose que tout membre de la Famille impériale, pensait-il, devrait faire au moins une fois dans sa vie.

Mais un détail piquait sa curiosité. Daphnée lui semblait bien confiante et heureuse, malgré des soupçons d'incertitude dans son regard ; et cela le ramenait aux bruits de couloirs. Pour une fois, il n'était pas le seul nom qu'il entendait flotter sur son passage, et cela le rendait curieux.

« Pardonnez-moi si je me montre trop curieux, mais ... Vous me semblez bien effrayée par la perspective de votre union. Y a-t-il quelque chose qui vous inquiète ? »



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Daphnée Samabartel
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le Lun 2 Nov 2020 - 0:20
Elle n’avait nul besoin de prière. Lui, oui. Nemrod avait pris le risque de vivre avec cette épée de Damoclès, menaçant un peu plus de s’écraser à chaque jour qui les rapprochait du mariage. Tous le savaient quand lui se disait suffisamment âgé pour voir la mort l’emporter, que cette raison soit fondée sur la volonté des Dieux ou non. Daphnée, elle, était terrorisée et savoir qu’au-delà de ses prières, d’autres adresseraient quelques mots aux Dieux, venait lui faire croire qu’une vie serait peut-être épargnée cette fois-ci. Elle voulait s’en persuader. Souriant timidement au Prince, elle ne releva pas ses mots, laissant la discussion dévier sur le roman qu’elle tenait fermement entre ses doigts diaphanes.

S’emportant dans le résumé de ce livre, elle finit par se confondre en excuse avant de proposer le prêt de son ouvrage dès lors qu’elle l’aurait achevé. Tout sourire, elle fut ravie d’entendre qu’il se montrait enchanté par cette proposition, qu’il était reconnaissant de cette occasion qu’il n’avait que manqué par le passé, tirant un léger rire à la jeune femme. « Je crois en effet que cela ne peut qu’être mieux, la Ligue est connue pour ses formations militaires plus que solides, hommes et femmes y participant sans exception… Enfin, presque… » En effet, ses classes, elle ne les avait pas faites. Et pour cause : son physique gracile ne permettait aucunement pour elle de se montrer performante sur le plan combatif. Son père avait su faire entendre cet argument afin de lui épargner davantage que quelques semaines à la dure et si beaucoup auraient pu jaser sur le sujet, tous reconnaissaient que sa délicatesse notoire était un obstacle pour les tâches militaires.

Il prit place à ses côtés, forçant Daphnée à quitter pour de bon son ouvrage, accordant toute son attention au frère de sa Majesté l’impératrice. Lui ne connaissait rien de la Ligue et le reconnaissait aisément, allant même jusqu’à se demander s’il apprécierait l’endroit ou le détesterait. Il souligna donc que connaître ces contrées par la littérature pouvait être un début dans tout ceci, autrement que par les ouvrages utilisés par les précepteurs. Elle sourit un peu plus. « Il serait peut-être intéressant pour vous de vous y intéresser, en effet… D’autant plus que je risque bien de faire partie de votre famille… Je serais plus que ravier d’échanger avec vous sur le sujet, que cela se base sur ce livre ou bien d’autres choses. » Peu s’intéressaient à elle, à ses origines. Tous la voyaient comme une marchandise que l’on offrait au maître espion pour le bien des alliances entre les différentes nations de ce monde. Nemrod lui-même n’avait que peu cherché à savoir à quoi elle pouvait être attachée dans sa propre culture, dans ses racines.

Attachée à cette discussion, elle ne vit pas réellement la suite venir. Cillant un instant, elle détourna le regard, ouvrant la bouche sans parvenir à sortir un mot. Il lui fallut quelques secondes pour se reprendre et replacer un sourire cordial sur ses lèvres, regardant pourtant toujours ses doigts qu’elle agitait sur la couverture du roman. « Je… Je ne suis pas sûre de ce que tout ceci implique. » Se laissant aller à un léger soupir, elle reprit de plus belle. « Avez-vous été si souffrant que vous n’auriez pu entendre les murmures qui se prononcent à me sujet et qui, s’ils sont aussi bien romancé que certaines œuvres, portent une certaine part de vérité ? » Son sourire se fit plus triste tandis qu’elle osait enfin se confronter au jugement de son regard. « Rares sont les femmes ayant été fiancées sept fois sans jamais se marier. » Y avait-il grand-chose à ajouter ? Qui ne craindrait pas ces ultimes fiançailles, dès lors ?


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