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Nicolas de Choiseul
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Date d'inscription :
25/05/2020
Nicolas de Choiseul
Prince héritier / Soldat de l'armée ambrosienne
le Ven 24 Juil 2020 - 2:56
Nicolas n'avait pas pris l'air depuis longtemps. Pour lui qui avait passé le plus clair de son temps à rechercher le grand air, même l'espace clos et trop confortable des jardins du Palais était déjà une libération. Dès qu'il avait senti la brise sur son visage et les rayons du soleil sur sa peau, il avait fermé les yeux. Une grande inspiration, yeux fermés, les bras tendus vers le ciel ; il remerciait intérieurement tous les dieux de lui avoir donné la force et les amis pour endurer cette épreuve et retrouver la liberté.
Était-ce vraiment la liberté ? Non. Il restait sous surveillance et tenu au col par la courte laisse métaphorique que son cher oncle Nemrod lui avait attaché. En songeant au collier, il portait la main à son cou, encore marqué, sous son col, par son infortunée tentative de suicide. Un regard derrière lui confirma la présence du courtisan distant, mais assez peu discret chargé de s'assurer de son calme et du respect des conditions qui lui avaient été posées.
Par espièglerie, il avait au moins enfilé son uniforme de repos, l'identifiant comme un lieutenant de l'armée ambrosienne plutôt que comme le Prince de Choiseul.

Qu'à cela ne tienne ! Il était heureux de pouvoir prendre l'air.
La présence de courtisans, seuls, en couples, mariés ou chaperonnés, ou en groupes, avait tendance à ruiner sa bonne humeur instantanément, ceci dit. Il n'avait jamais aimé la cour et la manière dont ses pique-assiettes translucides le dévisageaient avec un mélange de mépris et de jalousie. Ils le méprisaient parce qu'il traînait toujours sa réputation de bâtard ; ils le jalousaient parce qu'il restait un prince, et probablement, du moins officiellement, l'homme le plus proche de l'impératrice, un homme qui occupait un espace affectif que d'autres voudraient exploiter.
Ils auraient été bien vernis s'ils avaient su ce que Nicolas savait sur les dessous de la vie de sa sœur bien-aimée ! Il n'appréciait pas sa relation avec Zullheimer, mais, par amour et par devoir, il avait gardé le secret et n'exprimait pas d'hostilité. C'eut été, de toute façon, pour son plus grand malheur, compte tenu des circonstances ! Et puis, il n'était pas innocent en matière de relations défendues.

En parlant de relations ! Il avait aperçu, en se promenant plongé dans ses pensées, celle dont il avait appris les fiançailles avec son oncle récemment : Daphnée Samabartel. Il avait vu des portraits de fiançailles et en avait reçu une description. Il avait aussi eu vent de bien des rumeurs, mais les rumeurs étaient le loisir de la cour et elles étaient bien souvent fondées sur une surenchère malvenue ou sur des fantasmes. Il pouvait au moins confirmer, à cette distance, qu'elle était jeune et fort belle.
Il était presque peiné pour la jeune femme : si l'alliance maritale que cherchait sa famille n'était en rien une surprise, Nemrod L'Envers restant un porteur du sang de Mérimin, elle aurait sans doute préféré un homme plus jeune, qui aurait su s'enthousiasmer de leurs émois et l'accompagner à la découverte de leurs sens et d'un socle commun sur lequel fonder leur propre lignage. Personne n'aimait être forcé à quelqu'un de bien âgé. Nicolas ne doutait pas que son oncle saurait être un compagnon de qualité, mais saurait-elle le voir ainsi ?
Quoi qu'il en soit, les contrats étaient signés et les paroles données, et il ne restait que l'attente et les préparatifs. Bientôt, Mademoiselle Samabartel serait Madame L'Envers, et elle ferait partie de la Famille. En tant que femme de Nemrod, elle serait probablement plus proche de la belle-mère pour lui que de la tante. Sa tante ! En approchant, il réalisait sa jeunesse. Elle semblait avoir son âge ; et elle se révélait vraiment sublime. Son oncle était un veinard ! Mais pardonnez cet accès de testostérone très masculin ...

« Mademoiselle, » l'appréhenda-t-il comme il arrivait à une distance respectueuse. « Veuillez pardonner mon retard. Je tenais à vous féliciter pour vos fiançailles, et vous témoigner mon plaisir de vous savoir bientôt membre de ma famille. »

Il fit une courbette à son égard et porta sa main pour y poser un baiser aérien. En toute circonstance, il fallait savoir se montrer galant. Il s'agissait de restaurer son image et de soutenir celle de sa sœur, et, depuis son lointain point de vue, le chaperon veillait à ce qu'il ne soit ni trop méchant, ni trop charmeur.



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U.C.
Daphnée Samabartel
Nationalité :
Raclusienne
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05/02/2019
Daphnée Samabartel
Propriétaire d'un comptoir commercial
http://jwrenaissance.forumactif.com
le Dim 2 Aoû 2020 - 17:57
Les regards avaient changé. Depuis l’annonce publique de ses fiançailles avec l’Oncle de son Altesse Impériale, elle avait perçu cette différence dans les yeux de ses pairs. On la craignait autant qu’on apprenait à la respecter. Là où elle passait, si les murmures s’étaient toujours tus, vite ranimés par sa présence quand elle fut passée, les regards se baissaient désormais, fuyant l’autorité qui pourrait être la sienne. Pourtant, Daphnée n’avait nullement changé de comportement, bien au contraire. Semblable à elle-même, elle avait su réaliser à quel point il lui était de plus en plus compliqué d’obtenir une conversation à cœur ouvert avec les autres courtisans. Que craignaient-ils ? Qu’elle ne les tue d’un regard trop amical, ou bien qu’elle ne soit devenue l’âme damnée de son fiancée, capable de tous les trahir pour mieux colporter leurs paroles aux oreilles de celui qui tirait les ficelles dans l’ombre ? Mais, comme Raimond avait su le faire remarquer, Daphnée rayonnait et l’ombre l’effrayait. Il était devenu commun pour elle de rejoindre Nemrod dans ce bureau secret, se trouvant au milieu d’un dédale de couloirs sombres dans lesquels elle avait appris à évoluer. Parfois, son cœur battait plus fort à la simple idée aventureuse de changer d’itinéraire, de partir à l’aventure dans ces lieux pour mieux savoir où tous ces couloirs débouchaient. Mais la peur de plonger trop profondément et de se perdre la guettait et elle n’avait jamais osé. En revanche, elle apprenait à connaître celui qui était son fiancé, dans des conversations parfois plus fournies que d’autres. Au moins, il prenait le temps de lui accorder le sien.

Mais Daphnée demeurait drapée de solitude. Était-ce là le fardeau des puissants que d’être seuls ? Lilith le lui avait déjà fait entendre, mais elle avait refusé d’y croire, se persuadant qu’elle serait capable d’éviter une telle fatalité car n’étant pas née dans leur famille. Comme elle s’était trompée… Seule, donc, un unique page pour compagnie quelques mètres derrière elle, elle se promenait dans les jardins de la demeure impériale. A Virindrige, rares étaient les végétaux qui pouvaient se faire une place dans le froid. Seules quelques petites fleurs blanches et des grands pins pouvaient se vanter d’une telle résistance et c’était bien là les rares choses qu’elle avait su voir, aussi, les nuances vives de bon nombre des fleurs présentes en ces lieux l’intriguaient et pouvaient la pousser à admirer les plantes des heures durant. Rose, orange ou jaune, toutes ces fleurs arrivaient au terme de leur floraison, les températures plus clémentes de l’automne emportant avec elles les derniers pétales et leur beauté, ne laissant dans les jardins que celles égarées et en recherche de compagnie.

Un petit ouvrage à la main, elle avait su lire de nombreuses pages, à l’ombre d’un arbre au feuillage épais, préservant sa peau claire de ce temps encore trop ensoleillé. La douceur des températures automnales l’avait forcé à s’habiller un peu plus chaudement que ce à quoi elle avait su être habituée depuis son arrivée. Bientôt, elle le savait, elle prendrait plaisir à afficher les fourrures familiales à la Cour pour mieux en faire la promotion. Cependant, pour l’heure, elle portait un chemisier à la boutonnière brodée et travaillée, blanc, soigneusement coincé au niveau de sa taille par une jupe d’un bleu nuit qui s’évasait grâce au jupon qu’elle portait. La ceinture du vêtement était décorée par quelques éléments fabriqués en cuivre et rappelant à qui se penchaient dessus quelques éléments marins. Ses longs cheveux blonds ondulés descendaient en une cascade parfaite, s’écrasant dans la courbe de ses reins.

Daphnée était partie pour s’en retourner à ses appartements après un long moment passé en ces lieux quand elle constata qu’un jeune homme aussi charmant qu’élégant s’avancer vers elle. Fronçant doucement ses sourcils, elle sut intérieurement qu’il ne lui était nullement inconnu bien que n’ayant eu l’opportunité de le croiser depuis son retour à Ambrosia. Qui ? Qui pouvait-il être ? Venait-il vers elle ? A cette seconde interrogation, elle eut rapidement une réponse quand l’homme la salua d’un « mademoiselle » qui tendait à attirer toute son attention. Son retard ? Elle n’avait nul rendez-vous de prévu aussi, les mots de cet homme la déstabilisèrent, bien qu’elle tâchait de dissimuler tout ceci derrière un sourire contrôlé. Puis, poursuivant dans son élan qui semblait réellement enthousiaste, il la félicita pour les fiançailles qu’elle avait su obtenir. Pour autant, ça ne lui permit pas réellement de lever le doute sur l’identité de ce charmant jeune homme. Jusqu’à ce que… Membre de ma famille. Cillant un instant tandis qu’il se pliait dans une courbette respectable en portant sa main à ses lèvres, elle finit par écarquiller les yeux, réalisant à qui elle avait à faire. Sa mine ornait quelques tableaux du château, rappelant son ascendance royale – quoique contestée. Et surtout, elle avait su l’apercevoir, bien des années auparavant, lors de son pupillat. Reprenant contenance en même temps que sa main, elle finit par s’incliner dans une révérence merveilleusement réalisée, trahissant la grâce dont elle était capable. « Votre Altesse… Je vous remercie de cette sympathie que vous formulez à mon égard et espère ne pas vous décevoir à l’avenir, quand je ferais en effet partie des rangs de votre famille. » Elle se redressa, lui adressant un léger sourire, joignant ses mains sur son livre devant elle. Elle le dévisagea malgré elle. C’était étrange de le voir après autant de temps passé à la Cour sans aucun signe de vie de sa part… Ne lui avait-on pas dit qu’il était… ? « Je me réjouis de voir que vous vous portez mieux, Prince Nicolas. Mes prières ont toujours su porter votre rétablissement auprès des Dieux depuis le jour où l’on m’a informée de votre mal être. Votre sœur doit être plus qu’heureuse de pouvoir vous retrouver. »


Tata L'Envers [Daphnée] Fc3xBB3
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