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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 2nd étage

[Clos]Un diner presque parfait

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: [Clos]Un diner presque parfait Sam 4 Fév 2017 - 0:28
Je m’attendais à devoir sans doute avoir une explication avec Son Altesse Impériale. Seulement je dois avouer que je ne m’attendais pas à recevoir dans l’après-midi ce petit mot très concis m’informant que « Son Altesse Impériale Lilith de Choiseul Première du nom invitait le Premier Serviteur d’Ameth en Ambrosia Everard Zullheimer à partager le souper en privé à huit heures précises. » Invité à partager le souper. Avait-elle oublié que je jeunais ? Ou n’en avait-elle rein à cirer ? Sans doute un peu des deux. La collaboration avait mal démarré dès le matin même, si je n’avais pas été viré de la chapelle comme un malpropre, peut-être aurait-il été différent… mais elle avait commencé fort en me mettant de bâtons, non, des poutres dans les roues. Et bien soit, nous allions en parler. J’avais deux heures devant moi avant le souper et je décidais d’aller me rafraichir, puis de prier avant de me rendre chez l’impératrice, où j’avais été « convié », bien que je n’aie pas vraiment le loisir de faire ce que je désirerai, c’est à dire lui poser un lapin. Elle m’avait fait sortir e la chapelle manu militari et je eu ferai amener jusqu’à elle de la même manière sans doute… oh oui, elle en était bien capable.

Enfin vo, je prenais une bassine d’eau et me purifiais les mains et les lèvres avec avant de passer dans la cuve qui me servait de baignoire. Je frottais vigoureusement afin d’enlever toute trace de la journée que je venais de passer puis je me séchais et enfin j’ordonnais un peu ma légère barbe pour faire propre. Peut-être devrais-je passer chez le barbier un jour ou l’autre pour la rafraichir. Je le contacterai histoire voir ce qu’il me faudrait faire. Je me vêtais d’une bure informe et m’agenouillais dans mon boudoir pour commencer à prier. Ayant bloqué le passage secret, j’étais tranquille sans doute et je pouvais recommencer à prier en toute tranquillité, devant la statuette de bois d’un cheval noir chevauché par un corbeau ailes déployées… oui, une modeste statue de notre culte quand on ne pouvait pas avoir de statue plus grande. Je priais, je passais beaucoup de temps à prier et à penser, un peu à tout, à Elrich, à ce que Nemar Wyross pourrait bien ordonner. J’avais des idées, j’avais des intuitions, et rien ne me plaisaient vu le déroulement de la journée… je fis par me relever avec une légère douleur au genou et je sélectionnais une tenue. Puisqu’elle semblait m’interdire le jeune et la veille du deuil, alors je supposais qu’une tenue de deuil était inappropriée. Alors soit. Pas de blanc.

Je prenais une bure noire identique à celle que je portais toute la journée mais avec des couleurs inversées. Ah oui, petite modification, le blanc, sur cette tenue, était remplacée par l’argent, du fil d’argent qui formaient le cheval et le corbeau. Je souris et regardais la tenue. Parfait, bien ajustée, elle serait une provocation. Et au lieu de ceinture, il s’agirait d’une bande de tissu qui tombaient devant lui, d’un violet sombre, couleur mystique. Puis je me décidais à y aller, l’heure allait être passée j’allais être en retard. Tant mieux ! Je me rendais donc à l’étage des appartement impériaux et devant le garde à l’entrée je signalais que j’avais été convié par l’impératrice. Un des deux hommes entra, discuta avec quelqu’un à l’intérieur, et ressortis en me faisant signe d’entrée. Je passais la porte pour me retrouver face à un vieil homme qui me regardais d’un œil sévère.

« Vous êtes en retard ! »

Je grondais en silence alors que je me retenais de lui rétorquer que si j’étai en retard, lui, il était malpoli et iconoclaste. Il aurait dû baiser la chevalière de mon annulaire droit. Gravée des symboles de notre foi. La seul foi véritable… enfin bref. Il se dirigea vers une autre pièce où attendait Son altesse et je posais un genou à terre et baissais la tête main sur le cœur et bâton allongé sur le sol à côté de moi.

« Votre Altesse, merci de votre généreuse invitation… »

Beaucoup de sarcasme dans ces paroles, le sentait-elle ? Je rajoutais.

« J’ai été surpris de recevoir votre invitation, dans la mesure où Votre Altesse ne désire plus que je deuil comme il sied. J’ai craint d’avoir fâché Sa Majesté d’une manière ou d’une autre… »

Je n’avais pas relevé la tête, je n’avais pas cessé ma génuflexion.


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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Sam 4 Fév 2017 - 13:54
Hugo de Voisin est un homme tout à fait…parfait si on le considère pour ce qu’il est. Un noble vieillissant, planqué à une bonne place, nullement mauvais mais pas pour autant grandiose avec le temps. Un être qui s’il ne se laisse pas submergé par son confort et un peu de flemme, peut s’avérer plus que bon. C’est pour cela qu’il fut premier ministre de mon père et à défaut de trouver mieux, le mien.
Je ne dirais pas d’Hugo qu’il est inintéressant, je dirais plutôt qu’il est…nullement désagréable quand il ne laisse pas croire le contraire. Hélas, en vieillissant, il prend les attributs des vieux dignitaires. L’habitude de la nourriture lui rappelle sans cesse que l’heure du dîner est l’heure du dîner, pour autant, il garde une certaine ligne, force d’une constitution à son avantage. S’il fut beau, au point d’être un fantasme de mes jeunes années, aujourd’hui, je ne puis manquer que ce n’est plus le cas. Il reste beau, mais il me parait inintéressant. Le manque de modernisme le frappe et je chéris le jour où je trouverais mieux.

Mieux…voilà un terme délicat, j’avais eu vent d’esprit plus moderne, de créature plus enthousiaste, mais chacune avait une erreur. Une trop énorme pour remplacer un homme encore bon mais vieillissant et succombant dans ses travers d’ancien.

Cela doit faire la troisième fois qu’il vérifie sa montre.

-Il est en retard. Nous devrions commencer sans lui.
-Non.
-Majesté j’ai des remèdes à prendre avec mon repas.
-Et bien manger du pain.
-Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de convier le Prieur à la tablée, il jeun, même si vous lui avez demandé de ne pas le faire.
-Qu’est-ce qui vous dérange Hugo ? Lachais-je en tombant mon regard dans le sien, la pupille fixe et féline, qui aurait fait flancher n’importe quelle créature à me dire le fond de sa pensée.
-Je n’ai jamais trop apprécier les fanatiques. Tenez je vous parie 3 roue d’or qu’il va porter une bure infâme et nous parler d’Ameth et ses commandements trente fois, au moins.
-Et bien pari tenu mon ami, vous devez donc rester pour compter.

Voilà, il est coincé. Pourquoi insister d’avoir Hugo ? Un diner à trois évitera des rumeurs, je n’ai pas envie d’en supporter d’avantage. Que Hugo n’apprécie pas le Protectorat, je m’en contrefous, il a l’habilité de faire fî de son opinion pour faire les choses aux mieux, il avait par tout temps fait preuve de diplomatie. Et il savait encore parfaitement le faire.

Dans le salon pour le dîner, la table est dressée, une simple table rectangulaire, nullement rallongée en longueur, à un bout, je me trouve, une chemise émaculée ressort un jabot sur une longue veste noire brodée, longue, ainsi qu’un pantalon serré, des chaussures ferrés aux pieds, les boucles ondulantes de mes cheveux coiffés mais lâchés sur mes épaules, je pousse un soupir. Il est en retard, effectivement.

A mon cœur je porte une broche du Protectorat, offerte par Elrich comme cadeau de fiançaille, elle n’est pas d’un métal précieux, mais d’une composition simple, à son image. Personne ne peut la voir, elle est cachée par le jabot et les boutons de la longue veste.  

Saisissant le boitier de mes bâtons de tabac, j’agite la boite pour en considérer le contenu, levant la tête aux toussotements de de Voisin.

-Vos poumons Hugo ?
-Hélas ma chère Impératrice, Hélas…

Je sais très bien qu’il ne supporte tout simplement pas l’odeur du tabac, je laisse donc la boite tranquille,relevant la tête à l’entrée d’un des gardes. Quelques mots échangés, Baptiste se charge de le faire entrer non sans une réprimande.

Me redressant de la table, Hugo prenant un peu de retard à cause d’un mal de dos éternel, je reste un instant surprise de la démarche de Everard, surprise mais…comment dire…je reconnais le sarcasme et je devine qu’il m’en veut, de toutes façons, il ne se gêne pas pour me le faire quand même comprendre.

- Prieur Zullheimer. Nous n’étions pas en privé, don pas de petit prénom. Je le salue en posant mon poing sur mon coeur, baissant la tête, attendant qu'il présente sa bague pour un baiser pieux, comme le demande les respects dû à un haut membre des cultes.Mes ordres vont avec les mesures de sécurité prises, je suis navrée que vous l’ayez mal compris. Vous pouvez vous relever.

En vérité, je suis inquiète mais jene le dirais pas. Je le regarde dans sa bure et puisqu’il veut ainsi jouer, je tends ma main pour qu’il l’embrasse, avançant mon geste gracile, dans cette tenue, coupant toute vue de chair indiscrète du cou jusqu’au pied, ne ressort que mes yeux. Et ma taille que je ne puis cacher car la veste est cintrée à la perfection.

-Vous connaissez Monsieur de Voisin bien entendu.
--Prieur Zullheimeur…-Il a attendu qu’il se soit redressé pour aller baiser l’anneau à sa main droite, frappant de son poing son cœur. –Qu’Il soit ainsi loué. –Lâche-t-il pieusement. Le voilà qu’il veut tant et si bien gagner son pari qu’il force les choses…bien. Je m’en fiche un peu. –passons à table j’ai des remèdes à prendre.

Nous laissant face à face, je me tiens droite, le regard dans celui d’Everard durant un instant, isolée subitement dans ses yeux, je ne bouge pas, certain pourrait entendre la lueur d’un défi « allez-y reprochez-moi encore si vous le souhaitez » d’autres…y lirez ce que je ne sais pas encore définir.
Par une porte un automate rentre, tenant dans ses mains un plat élégant, une soupière ventrue, à sa suite, un autre tenant la louche, ils servent d’abord Hugo qui a passé sa serviette.

-Majesté ? Prieur ? Cela va être froid. Majesté ?

Je détourne le regard pour aller prendre mon siège, silencieuse mais arborant un sourire.

-Qu’est-ce donc ?
-De la soupe de lentille, le plat préféré d’Elrich. Cela ne vous convient pas ? ça avec un morceau de lard et un morceau de pain.

Vu sa tête, non. Oui, je forçais Everard à ne pas jeuner pour d’évidente raison, mais je ne le conviais pas à un dîner gargantuesque. Il était de coutume de manger la veille de l'inhumation  d’un Ambrosien, son plat préféré, une vieille coutume, ancestrale, que peu respectait encore parce que c’était nullement une obligation théologique, juste un fait comme un autre. Elrich était ambrosien d'adoption après tout!


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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Sam 4 Fév 2017 - 16:26
Oui, j’exagérais ! Et alors ? Qui saurait me le reprocher ? Je ne faisais rien de mal ! Même ma tenue aurait pu passer comme correcte, étant donnée la dominante noire qui convenait à la notion du deuil en Ambrosia. Et la génuflexion n’était pas nécessaire non plus mais pas interdite, c’était une marque de déférence, bien sûr, au même titre que le point posé sur le sol. Une manière de saluer bien plus martiale que je ne le devrai et bien plus appuyé. De sorte que le sarcasme de la situation était d’une sainte évidence mais impossible à reprocher. Exactement le but recherché. Une fois le signe de me relever reçu je restais un moment encore. Après tout, je pouvais me relever et non pas devais… puis-je me relevais et elle fit preuve de piété comme il se devait… mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle réponde à mon sarcasme par son exagération, voulant baiser ma chevalière. Alors soit. Je levais le bras pour qu’elle le fasse, mais pas suffisamment pour qu’elle ne se baisse pas plus que de raison. Logique, non ? Après tout, il ne s’agissait là que d’une réponse logique à sa propre « vengeance ».

Je ne regardais qu’un court instant le visage de l’impératrice, mais fis comme si je ne l’avais pas vu. Je me détournais pour regarder le premier ministre qui fit les salutations d’usages, tant le poing sur le cœur que le pieu baiser sur la chevalière. J’opinais du chef et répondis par la formule usuelle (« Puissiez-vous être prêt »). Voilà qui suffisait pour les mondanités, elles avaient été appréciées à leur juste valeur et bien employées. Mais bon, il fallait passer à la suite. Le repas. Alors que je ne devais pas manger… j’avais déjà fait entorse ce matin, plus ou moins contraint et forcé. Et j’allais devoir recommencer, aussi, je m’asseyais là où elle me l‘indiquait, après elle bien sûr, à sa gauche, la place habituelle d’Elrich. Et normal que son bras droit soit à sa droite… je fis un signe de tête au ministre amusé par sa réaction.

« Allons, sire de Voisin, ne faites pas cette tête ! Ce serait bien dommage de ne pas accepter le repas du mort, n’est-ce pas ? Après tout, vous ne souhaitez pas faire insulte à votre hôte. »

J’avais appuyé volontairement le mot « insulte » pour bien signifier à la souveraine la manière dont je prenais tout cela, comme une insulte et je ne la regardais toujours pas, préférant m’adresser au premier ministre. Peut-être le mettais-je mal à l’aise ? Je n’en avais rien à faire. Dans tous les cas, je repris la parole, toujours dressé à la même personne, qui ne répondit d’ailleurs pas, un rien blanc, comprenant que je faisais volontairement en sorte de ne pas parler à notre hôte ou de lui griller de priorité dans la conversation, comme cela l’exigerait. Aussi monologuais-je de sujets badins pendant plusieurs minutes avant de finalement regarder enfin l’impératrice pour parler.

« Alors, Altesse, à quelle plaisanterie douteuse dois-je encore faire face depuis ce matin ? Le repas préféré de mon frère, sous mes yeux, voilà qui est fort aimable de votre part… et presque aussi bienvenu que votre invitation… tombant tellement à propos… »

Je regardais le plat alors, mais ne me servis pas. Je ne souperai pas ce soir, ou mieux, je ferai en sorte qu’elle sache si je mangeais, qu’elle entende clairement que j’avais soupé après être venu ici et non pas à ce moment-là… une ultime insulte en cas de besoin.

« Je crains par contre que vous ayez omis de prendre en compte le temps de recevoir les ordres de ma hiérarchie dans votre calcul pour cette… tradition… l’inhumation n’a pas lieu demain je crois… enfin, je pense que j’en saurais quelque chose… »

Tradition fort déplacée, trouvais-je dans mes circonstances… et devant son erreur… je lui lançais alors d’un ton badin le coup d’éclat, la grande vengeance que j’avais ourdi toute la journée et qui était en train de se réaliser. Tout simplement…

« D’ailleurs, en parlant de cela, j’ai fait prévenir les prêtres de Barod, Mirai, et Sarkemos concernant la dépouille de mon frère… et ils ont décidés que désormais, et jusqu’aux obsèques, nul ne pourra plus voir le corps ni l’approcher jusqu’aux obsèques, c’est leur décision, et ni vous ni moi n’y pouvons rien… »

En somme si je ne pouvais pas veiller le corps à la guise, personne ne le pourrait. Tout simplement. J’avais passé mon après-midi à m’occuper de cela, et si je ne m’abusais pas, le corps était en train d’être déplacé… les prêtres de la trinité de la mort étaient étranges, déroutant. Et je ne connaissais aucun garde impérial qui oserait leur refuser le passage avec le corps. Ils en seraient peut-être même soulagés. J’avais dû faire jouer certains leviers et passer par des voies que les profanes n’avaient pas à connaitre, par des accords plus ou moins secrets au sein des cultes…

« J’ose espérer que vous comprendrez que j’agis pour le bien de son âme et m’excuserez d’avoir agi sans vous en parler auparavant, mais le temps pressait et vous êtes très occupée… à recevoir vos amies au lieu de prier et veiller par exemple… »

Sourire froid. Le pavé était lancé…


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Sam 4 Fév 2017 - 19:17
Le dîner s’annonce de bonne augure avec une ambiance fort agréable, nul doute ! Dans l’excès tous deux sous le regard de Hugo, il m’oblige à me baisser pour embrasser sa chevalière, jamais ni l’un, ni l’autre, n’avons eu ce genre de comportement, il baisse à peine la tête et de ce fait je ne marque pas autant ma piété à son encontre. Une sorte d’accord verbale non explicite mais que nous avons fait, sans nous en rendre compte.
Ma bouche se dépose sur l’anneau donc, non sans que ma main, délicatement, ne vienne saisir la sienne et ne la remonte un peu. Mes yeux baissés dans cet acte pénitent surjoué, Ameth me le pardonnera au vue de l’initiation des jeux de guerre de son disciple…

Dans cet instant, mon regard se relève sur lui, éclairés par une lueur électrique qui permet de discerner la nuit, mais qui n’est pas le genre. La pupille parait briller, d’une leur oscillante, verte et bleue, poser sur lui comme une promesse de réponse à toutes ses attaques.

Lui se détourne et je délaisse sa main, puisqu’il m’ignore je ne ferais guère cas de cela, assise, silencieuse, je regarde les hommes avec un faible sourire aux lèvres, je me glisse dans ce rôle de l’imperturbable que je conçois d’avoir depuis toujours et puisqu’il parle au ministre.

Hugo hoche la tête, se gratte le front, vérifie l’heure à sa montre gousset et s’éponge un peu.

-Oui oui, bien entendu.

Je le connais fort bien, il cherche un argument pour s’en aller, se fichant de son pari, l’ambiance devient lourde et mes yeux sur Elrich n’ont pas bougé. Il parle et je soupire, glissant la cuillère dans la soupe, sans pour autant manger, juste je glisse l’ustensile.
Jusqu’à le coup bas ultime du Sieur Prieur.

-Voilà une sage décision que vous avez pris. Je vous en remercie.

Je souriais, alors qu’au fond, je lui aurais volontiers planté la cuillère dans l’œil et fait ressortir celui-ci pour le lui faire bouffer. Mais étant bien loin de l’état d’esprit d’une psychopathe je fais ce que j’ai toujours fait. Ne rien laisser paraître. Je regrette nos confidences nocturnes de la nuit dernière en cet instant. Je regrette que l’on ne se soit pas trompé de jumeau. Ma faute semble-t-il en voulant veiller sur lui en le faisant sortir de la chapelle.

-Les courtisans risquaient d’abimer son corps dans leur simagrée, et cela ne peut faire aucun mal, ni à vous, ni à moi, de le faire veiller par les prêtres dédiés, nous éviterons ainsi d’autres nuits comme la dernière.

De Voisin me regarde, le regarde, et mange sa soupe sans dire un mot alors que je pose ma main sur celle d’Everard.

-Merci.

Je suis bonne à ce jeu et j’ai l’air vraiment soulagée. Mais il me paierait cela. La suite lancée, je le regarde.

-Nous avons tous des occupations et des visiteurs hélas, qui pensent pouvoir nous consoler. Ils s’ajoutent à des obligations d’apparence mais bon. Tout le monde n’a pas le temps d’aller aux cuisines pour dire quelques douceurs à une ministre.

Lui lançais-je, de Voisin veut parler et un regard, un seul l’arrete, il se renfrogne et mange sa soupe. Il n’était pourtant pas mauvais son regard, j’ai simplement souris. Ah, il me connait trop bien ce vieil homme. Je retire ma main et inspire.

-Effectivement le dîner du mort ne devrait pas être ce soir, hors, je voulais le faire, même si vous jeunez, parce que demain ne sera pas possible. J’ai une requête à vous faire, et c’est un peu délicat de vous demander cela après vous avoir chassé de la chapelle aujourd’hui. Mais les raisons ne visées pas à vous blesser, et j’en ferais confession à vos oreilles après le repas.

De Voisin s’arrête.

-Majesté je…
-Mangez vos lentilles je vous prie. Lâchais-je abruptement. J’aimerais suivre le chemin de la veuve, en l’honneur d’Elrich, et si je ne me trompes pas, je dois me confesser ce soir avec le plus haut Prieur, faire vœux de silence de la fin de cette confession jusqu’à la Marche mortuaire. Mais si je fais cela, je vous met dans l’obligation de vous tenir à ma proximité en tant que garant de mon vœux auprès d’Ameth. Je ne suis pas une de ses disciples, je comprendrais votre refus.

Je comprendrais qu’il veuille m’interdire comme j’ai interdit. Au final, cela ne me dérange pas, je l’ai probablement blessé et il me le rend bien, je ne suis pas assez sotte pour ne pas comprendre que cet homme souffre et qu’il se venge sur moi. Je ne peux m’en offusquer, probablement qu’il estime cela comme un juste retour des choses, j’aurais cru un homme dévoué à son église moins revanchard mais cela reste un mortel.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Dim 5 Fév 2017 - 14:55
Bon, alors voilà quelque chose de simple, le repas ne pourrait pas bien se passer ! Elle avait foutu en l’air le repas. Qui est-ce que cela aurait étonné ? Si elle m’avait laissé rester dans la chapelle tout aurait été plus simple. Elle avait enterré toute idée de coopération avec ce coup bas. Alors pourquoi me serais-je retenu ? pourquoi aurai-je fait le moindre effort pour elle ? Non, il n’y avait aucune raison. Oh, je ne risquerai pas un incident diplomatique, mais pour le reste, je me doutais que je pourrais faire plein de bonnes choses. Plein de délicieux coups bas Elle n’avait pas gagné mon inimité, mais mon absence de toute coopération…

La réaction de l’impératrice me surprit mais ne m’abusa pas. Je savais que cela là. Même si elle se mettait à sourire, bien que je trouvasse cela étonnant. Au fond, elle était comme moi, elle jouait un rôle ! Je lui fis un petit signe de tête comme si j’acceptais ses remerciements, comme si c’était normal. Comme si telle avait été ma visée depuis le début. Oh, certes, c’était rentré en ligne de compte, mais aussi la dégradation naturelle du corps – seuls les prêtres de la trinité de la mort connaissaient des moyens de préserver un corps un peu plus longtemps - et l’idée de nous remettre à égalité venait avec. Ele n’était pas le centre du monde, juste une raison supplémentaire pour accélérer les processus !

« Je vous en prie, c’était la meilleure chose à faire je pense. »

Je jetais un regard au premier ministre, Monsieur de Voisin était dans ses petits souliers, ne sachant pas où se mettre… je lui souris avec un signe de tête qui pour moi évoquait la compassion. Le pauvre, il était pris entre deux feux et il ne pouvait rien faire pour faire cesser cette situation. Il ne pouvait plus qu’attendre que l’orage passe, ou attendre une accalmie pour sortir une excuse et battre en retraite… et pire encore, il priait pour ne pas être pris à partie ! Je ne comptais pas le faire. Il ne méritait pas ça !

Je souris, amusé. Elle en savait aussi log sur mes fréquentations que moi sur les siennes. Je comprenais ce qu’elle voulait dire par là… si on commençait à s’attaquer aux informations personnelles, ça pouvait partir dans les deux sens. Mais en fait, pour être honnête, je possédais un avantage, moi je n’étais pas resté seul une minute avec madame Duval. Moi je n’avais pas besoin de me justifier. Mai sitôt la mort du prince consort, mon frère, elle recevait sa putain dans ses appartements. Oh, mes informateurs affirmaient qu’elle n’avait passé que quelques instants seules dans les appartements impériaux. Quelques instants de trop. Moi je n’avais aucun passif avec madame Duval qui laissaient planer les doutes. J’hésitais à le relever… puis je le faisais.

« Contrairement à vous, malheureusement, ce que je fais de mon temps et avec qui je le passe, ne regarde pas grand monde… peut être devriez-vous – s’il vous grée d’accepter un conseil de ma part – effectuer un tri de certaines fréquentations qui peuvent vous placer dans une posture plus que fâcheuse face à des puissances étrangères… Oh, je me doute qu’il n’y a rien eu de fâcheux, et je serai le premier à démentir toute rumeur en la matière, Majesté, soyez en sure ! Quant à vos raisons de cet acte inexcusable que de me priver de la veille… je réserverai donc mon jugement pour après vos explications »

Je ne pouvais pas dire mieux, reconnaissez-le ! Je restais donc silencieux alors que je voyais monsieur De Voisin tenter de s’éclipser et se retrouver à se faire remonter les bretelles comme un enfant. Il ne rétorqua rien, mais je le connaissais tout de même assez pour savoir qu’il n’oublierait rien, et certainement pas une insulte comme ça… oh, il ne le ferait pas payer à l’impératrice, mais sans doute à moi, faute de mieux… il n’était pas n’importe qui après tout. Oh, il était sans doute de bon conseil, mais pas que… cet homme, tout le monde le savait, était et restait dangereux… et le contrarier n’était pas conseillé malgré ses manières plus que douces affables…

Mais Lilith de Choiseul me ramena vite à elle avec les paroles suivantes… je cessais de sourire. Et me concentrait. Le chemin de la veuve… oui, cela semblait approprié pour un mort aussi important... comme c’était bizarre d’entendre dire qu’elle aimerait suivre le chemin de la veuve. A ma connaissance, en fait, c’était juste les coutumes des autres pays qui rendait cette démarche facultative. Le chemin de la veuve était obligatoire au sein du Protectorat d’Ameth… de même il n’était pas rare que toutes les femmes de la famille suivent le chemin de la veuve pour accompagner celle-ci… mais ici, ce n’était pas le protectorat !

Je restais donc soucieux à réfléchir aux applications et aux implications de sa demande… dans l’absolu, il n’y avait rien qui ne l’empêchait. Mais ce serait un vrai chemin de la veuve, et pas juste une parodie comme j’en avais vu. Ce serait un vrai chemin de la veuve, à l’Amethienne. Je continuais à réfléchir aux implications, à tant de choses… il y avait trop à réfléchir. Beaucoup trop. Mais…

« Soit. »

Je vis le premier ministre se redresser pour espérer en placer une et je l’interrompais cette fois.

« Premier ministre De Voisin. Je conçois aisément que vous vous sentiez mal à l’aise en ce moment, mais essayez de comprendre s’il vous plait que votre présence soit nécessaire pour éviter toute polémique… aussi, même si vous souffrez de cela, je vous prie de bien vouloir vous montrer généreux avec nous et rester au moins jusqu’à la fin du repas. »

Il ne s’attendait sans doute pas à une telle franchise avant de balbutier quelques mots puis finir par un faible « d’accord » avant de se replonger dans son assiette de soupe aux lentilles.

« J’accepterai de vous confesser, et de vous guider sur le chemin de la veuve, mais ce sera un véritable chemin de la veuve, pas une de ces parodies que l’on voit ici… vous vous en doutiez de cela, n’est-ce pas ? Et, sans vouloir vous offenser, même si vous n’aviez pas pensé à cela, nous aurions suggéré, voir peut-être même exigé que la foi de mon frère soit respectée ! »

Je restais silencieux à nouveau réfléchissant aux différentes modus operandi que j’allais devoir préparer et proposer. Je devais aller faire chercher dans mes appartements le nœud de silence que j’avais toujours en stock, ainsi que mon étole pour la confession… peut être aussi le ruban des serments ? Oui, cela me semblait être une bonne idée… et je devrais demain matin aller faire quérir les rares servantes d’Ameth présentes en Ambrosia… une sacrée dose de travail, voilà ce qui m’attendait, ne laissant que peu de temps au recueillement.

« Mais le vœu est absolu et ne souffrira aucun écart... est-ce que cela n’est pas à l’encontre de vos devoirs ? »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Dim 5 Fév 2017 - 15:39
Prenant une grande inspiration, j’ai demandé ce que je voulais. Il est bien rare qu’un Impérial face la coutume qui n’est pas de sa religion j’avais suivi la religion du Protectorat au mariage moins strictement qu’il ne l’aurait fallu, proposer de moi-même de suivre le Chemin de la Veuve, et de le faire dans les plus stricts détails, ne vise pas qu’à honorer la mémoire d’Elrich. Il y a de cela….il y a aussi la volonté de faire plus avec la perte de notre enfant, cette mort me fait autant souffrir que celle du père et si je n’ai montré qu’à Everard les choses, je n’arrive pas vraiment à m’en détacher.

Selon Aernia il faut offrir sa peine pour s’en détacher, je l’offrirais dans cette marche, qui, en plus, apaiserait les relations diplomatiques avec le Protectorat. Il n’y a pas de doute que je pourrais avoir avec Everard un lien bien agréable ou intime. Pour la simple raison que ce sera ainsi, je le sens et cela me chagrine, ma faute. Elrich aurait compris mais Elrich n’est plus, il ne reste qu’Everard. Avec qui je porterais aussi mon masque.

-Cela n’en souffrira pas, Monsieur de Voisin sait parfaitement parler, ainsi que chacun de mes ministres. Je ne pensais pas passer la journée de demain en quelconque compagnie, et à moins que les ennemis ne décident d’attaquer, je ne vois pas ce qui briserait mon silence.

Je n’ai pas faim, je n’ai pas envie de me disputer, mais il m’énerve. Je ne sais pas pourquoi. Je dois contenir absolument toute ma personne, peut-être que ses conseils sur les tris à faire n’était que de trop. Les rumeurs disant que je ne suis pas mécontente de mon veuvages sont les premières à traîner après tout, il faut que les mauvaises langues assouvissent leur besoin de siffler.
De Voisin assagit mais nullement désireux de se meler de tout cela, écoute, mange, se fait petit mais présent.

-Le seul fait de vous demander de faire ce chemin va déplaire. Les gens parleront. Vous vous en rendez-compte ? Alors, au fond avec qui je traîne pour cinq minutes. –Que je souris, que j’ai l’air ailleurs, quoi que je fasse…tout est sujet aux regards. –Mais je prends note de votre conseil. –Pour autant je n’en ai pas besoin, je sais ces choses. Il m’agace, et je trépigne peu à peu. Mais je sais que mon caractère blessé doit se taire. – Je sais que les esprits les plus avisés peuvent choisir de comprendre ou de présumer. Les gens présument beaucoup, malheureusement, que j’ai pu voir Mademoiselle de Valene ou Monsieur Brisendan qu’importe. Je vous remercie de penser à défendre mon honneur en tous les cas.

Monsieur de Voisin a presque terminé, je le regarde, je n’ai pas touché à mon assiette, je n’ai vraiment pas faim et seulement l’envie de fumer, pour calmer mes nerfs, je ne plie pas une seule seconde de mon apparence et je finis par maigrement me restaurer, sans plus de parole profonde, de vague mots échangés de bienséance et Monsieur de Voisin choisissant de meuble ce silence.

Il parle de quelques réactions Raclusiennes ramenés par ses ouailles, comme quoi certain ont envoyé leurs prétendants déjà et devant mon air de plus en plus sévère, il lâche une liste de dix noms, simples nobles en quête de grandeur, grands Dignitaires et autres qui sont déjà à la cour. La fin du repas sonnant, il s’excusant relevant qu’il me doit deux roues d’or et s’en va, me laissant seule avec Everard, je prends un cigarillo et lui montre, s’il veut se servir, à moins qu’il ne me dise que c’est innaproprié ou qu’il n’aimerait pas que je fume.

-Je voudrais confesser de la faiblesse en premier point Prieur.

Je laisse retomber le masque, de la fatigue vient se poser sur mes traits.

-Vous n’êtes pas mon confesseur habituel…vous n’avez pas l’habitude c’est vrai. je soupire. La faiblesse n’est pas vraiment un péché, mais je le considère comme tel de part mon rang. C’est compliqué mais il est prieur il comprendra.J’ai empeché un homme de veiller son frère par crainte. La chapelle est une ombre dans ce palais et je n’ai pas eu confiance en mes gardes, soucieuse qu’il ne soit pas affaiblis et qu’il ne soit cible des dangers qui pourraient y roder encore, j’ai pris le choix de l’en faire sortir. De grès ou de force. De la faiblesse, pure et simple agitée par un corps sujet à une étrange humeur. Humeur de grossesse qui m’a quitté, voilà de toutes façons un mois que j’étais peu centrée comme à mon habitude…aujourd’hui, je ne suis mal équilibrée, si j’avais des rouages comme un automate, ce serait plus aisée pour me réparer. Une femme bien ordinaire, faisant fî des exigences de protocoles, de mœurs, de respect et tout le reste. De la faiblesse. Il est rare que cela m’arrive, la dernière fois, c’était à la mort de mon père.

Le ton lourd est secoué par la sincérité de se livrer, il m’énerve…je m’attends à une réponse abrupt de sa part et il aurait raison. Mais cela m’énerve tout de même.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Dim 5 Fév 2017 - 18:57
La situation n’était pas agréable et pourtant, peut-être qu’avec un peu plus de diplomatie nous pourrions y arriver. Au final, le chemin de la veuve avait été une bonne idée, et peut être que cela pourrait être la base d’une nouvelle entente… tu parles. Ça ne promettait pas grand-chose. Je souris néanmoins même si j’étais déjà dans les préparatifs mentaux du chemin de la veuve… ce serait une épreuve bien sûr. Pour elle comme pour moi. C’était peut-être une base sur laquelle construire. Il fallait voir le bon côté des choses : elle allait lui donner une explication. Et j’en avais marre d’attendre, aussi espérais-je que le repas ne s’éterniserait pas. En tout cas elle parla avec justesse au sujet. Par contre elle pouvait se brosser pour avoir de la solitude. Elle passerait la journée à prier avec les Servantes d’Ameth. Il devrait y en avoir trois dont une novice, une jeune femme qui ne ferait pas de pupillat à cause de sa basse extraction. Elle devait avoir seize ans et envisageais déjà d’entrer au gynécée d’Ameth si on le lui offrait. Un ordre religieux très strict, le plus strict sans doute, qui vouait sa vie à la Lignée. C’était parmi le gynécée d’Ameth que le représentant de la Lignée trouvait la génitrice de la prochaine génération. Elle serait bien entourée pour prier à loisir en silence. Pas un seul mot jusqu’aux obsèques. D’autant que puisqu’elle disait que le seul risque serait une attaque, et bien avec trois servantes d’Ameth saurait protéger l’impératrice. Tout serait parfait comme ça…

« Faire le chemin est un rituel noble et plein de sens… personne ne trouverait ça étrange que vous désiriez complaire à votre patrie maritale ! Ce serait normal, logique. Alors ne vous en faites pas pour cela. Je pense que si le Protectorat se fend d’un cadeau diplomatique au titre du soutien de la veuve cela passerait crème… de plus, je doute que les autres cultes voient le moindre défaut, et un petit mot lors des cérémonies hebdomadaires devraient faire l’affaire si chacun y met du sien. Il n’y aura aucun problème ! »

Je souris, sur de moi, avant de finalement laisser le vieux ministre se porter sur un peu de discussion moins gênante, plus neutre et je lui fis la conversation avec un enthousiasme renouvelé, n’abordant pas à un seul instant le culte si particulier d’Ameth. Il s’agissait d’un culte austère bien souvent, mais que peu de gens savaient apprécier, appelant parfois la religion du protectorat une secte. Quelle horreur. Alors si on abordait pas le sujet, je me montrais enjoué et plein d’entrain comme si la situation n’avait pas été plus tendue… je savais faire largement abstraction quand je le voulais et cela me permit de passer une bonne fin de repas tout en lui permettant de se sentir plus à l’aise jusqu’à ce que finalement il déclare devoir deux roues à l’impératrice et finisse par se retirer bien poliment. La soirée changea de ton.

Avec la fin du repas, la partie plus ardue commença, la confession. Et même si elle proposa un cigarillo, je préférais m’abstenir et récitais une prière silencieuse. J’eus à peine le temps qu’elle commença à parler… commençant à se confesser. J’eus un claquement de langue un peu dépité par le manque de formalisme… o ne badinait pas avec la foi… mais je soufflais un grand coup pour y aller. Tant pis, pas de formalisme. Même si ça me déchirait les entrailles de ne pas faire les choses comme il faut et je fermais les yeux alors que je priais, demandant à Ameth de lui accorder son pardon non pour son péché mais son blasphème en demandant justement à Ameth de me laisser assumer l’entièreté de cette faute. Je promettais en retour de faire pénitence et ensuite seulement je me reconcentrais sur les paroles qu’elle disait. Et j’obtenais une explication… je me sentais un peu mal. Elle avait fait cela en pensant à moi… et je ne pouvais pas lui en vouloir, ou plutôt je ne pouvais plus lui en vouloir à cause de ça… puis, quand elle finit, je pris la parole.

« La faiblesse n’est pas un péché ma fille. Ni une faute. Aernia a créé l’humain faible pour qu’il sache compter sur les autres, elle l’a créé pour qu’il soit comme un engrenage dans une immense horloge, chacun à sa place et chacun est faible, chacun à ses faiblesses. Il ne s’agit pas de les masquer. Mais de les accepter. Personne ne peut être parfait, et personne ne peut s’élever sans accepter sa faiblesse. Reconnaitre sa faiblesse et savoir être faible, là sont les qualités d’une personne sage. Et avisée… »

Je souris et me levais avant de m’approcher ‘elle et doucement je postais ma main dans la direction de son front et la pulpe de mes doigts touchèrent sa peau.

« Il n’y a pas de mal à pardonner ou absoudre, il n’y a pas de faute. Il n’y a pas eu de péché. Tout le monde à ses faiblesses… et je prie le seigneur Ameth de bien vouloir faire descendre la grâce sur vous. »

Je lui souris et retirais mes doigts en lui faisant signe de se lever pour venir avec moi et je m’éloignais de la table pour finalement m’agenouiller, le dos droit, face à la fenêtre qui ne montrait que les lumières de la ville.

« Venez à côté de moi mon enfant. Y a-t-il quelque chose d’autre que vous désiriez confesser ? Je suis à votre écoute malgré le manque de matériel… je ne m’y attendais pas alors je suis un peu démuni. Mais tant qu’il y a le cœur et la foi. Alors il y a tout ce dont nous avons besoin. Quels péchés pouvez-vous et devez-vous confesser pour vous présenter pure et noble à l’orée du chemin demain matin ? »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Dim 5 Fév 2017 - 21:57
Mes mots découlent de mes lèvres, alors qu’assise sur le fauteuil, j’ai retiré le masque des convenances. La fumée glissant hors de mes lèvres, dans une danse volubile et suave, venant entourer mon visage d’une aura changeante. La pupille perce ce nuage tangible, pour parler, avouer, poser son regard sur Everard et le fixer, sans lui fournir de répit. Mes confesseurs savent que je n’ai pas la patience, mais Aernia est moins marquée des protocoles, mais mes amis savent plus encore, que même à la confession, je déteste me révéler, alors je fais, droit au but, frustrée de ne pouvoir garder ma pudeur mais devant nos dieux, je ne suis qu’une âme comme une autre, et je reconnais mes défauts.

Je parle au confesseur, je ne veux pas que l’homme me fasse des remarques, ainsi je préfère le sceau du prieur et de la confession. Je me protège d’une autre façon et Elrich se serait arracher les cheveux encore une fois. D’un sourire pudique, je le regarde s’approcher, retenant mon souffle et fermant mes pupilles sous son geste, faible instant, il est apaisant en tant que Prieur, bien moins dans son autre vie.
Redressée, je fais glisser la cendre du cigarillo, il s’éteindra sans se consumer, si je ne tire pas dessus et passant une langue sur mes lèvres, je suis Everard, droite, fière mais pas insultante. Comme de coutume, je me place devant mon confesseur, à genoux, éloignée de quelques centimètres.

Face à face, je le regarde avant de baisser mon visage et de joindre mes mains devant mon ventre, presque de sa taille, je respire lentement, le visage ensevelit par les ondulations lourdes d’une chevelure omniprésente.

-Je confesse mon goût pour la chair, loin de moi la luxure, je suis fille d’Aernia, je conçois le plaisir comme une chose crée et donner par ma déesse. Jamais je n’ai trompé mon mari, ni en pensée, ni en désir. Mais j’ai été délaissé durant presque deux mois, depuis le jour où je suis tombée enceinte probablement. Je ne sais plus. Je confesse de ne pas avoir pu tenir mes envies et d’avoir satisfait seule mon corps. Je le regarde. Seulement avec l’ardeur de mes mains et en pensant à lui.

Aux nuits où il a été…tellement…où j’ai cru être accordé parfaitement à son corps, de rares nuits, plus ardentes que les autres, de rare nuit plus délicieuse que je ne pourrais le penser. J’ai un sourire gêné et un peu…non totalement gêné.

-J’ignore si Ameth accepte cela, Aernia conçoit le désir, elle l’a crée ainsi que le plaisir et la jouissance. Mais je confesse cela, sans peur, sans crainte de son jugement. Je confesse mon orgueil, toujours très mal placé, et de mon agacement continuel à l’égard de mon mari et de son frère, ne pouvant comprendre l’exact tenure de leurs liens et m’y pliant pourtant comme mes confesseurs me l’ont toujours conseillé. Mais ne pouvant nier ma peut-être jalousie ou possessivité, je n’en sais rien.

Je m’arrête, inspirant lentement en repoussant enfin mes cheveux.

-Je ne suis pas parfaite, mais je sais mes faiblesses, elles se ressemblent énormément, hélas…que puis-je vous dire de plus confesseur ? Oui, j’ai une gourmandise ténue pour le chocolat et la gelée de lavande.

Je ne suis pas un monstre, je n’ai pas grand-chose à confesser, si ce n’est ces choses là.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Lun 6 Fév 2017 - 0:27
Comprenez-moi bien, je distingue très bien mes fonctions privées et publiques, ainsi, lorsque je suis en train de confesser quelqu’un, je ne fais pas intervenir tout passif me concernant. Le confesseur n’était pas une personne avec des pensées propres, sauf à titre de conseil bien sûr ! En tant que confesseur, je ne pouvais pas me permettre d’émettre une pensée vraiment personnelle, juste une réponse conduite par la morale et les voies d’Ameth. Rien de plus, rien de moins. Aussi, quoiqu’elle dise en ce moment, c’étaient des mots pour le confesseur et non pour le prieur. Je n’avais rien à dire là-dessus, et plus encore, je devrais tout oublier à la fin de la séance de confession. C’était la promesse de silence qui liait à jamais une âme… je ne pouvais me dédire de cette promesse sauf en cas de force majeure et accord de la hiérarchie. Tout simplement ! et ce n’était pas près d’arriver, car si je demandais le droit de me dédire sans motif plus que valable, je pouvais être déchu de ma position très largement. Avec douceur, alors qu’elle était face à moi je venais poser mes mains à plat de part et d’autre des siennes. Ce n’était pas vraiment moi qui faisait ce geste, c’était un geste logique dans la confession Amethienne. Le confesseur prenait ainsi sous l’aile protectrice d’Ameth le confessant. Enfin, je l’écoutais parler…

Elle aborda le péché de chair. Et le confesseur l’écouta sans mot dire, quand l’homme comprenait à quel point elle avait adoré certaines nuits… et tiqua sur une question conne de date… ainsi… ainsi ce pouvait être moi le père l’enfant qui aurait dû naitre ? Voilà qui me gênait… et me mettait en colère. Toutefois je ne pouvais le montrer alors je fermais les yeux, comme pour prier, et ainsi dissimuler cela… voilà qui était préférable… elle parlait de ce que j’appellerai un manque d’affection passionnée. Ses plaisirs en solitaires, quant à eux, ne me gênaient pas plus que cela, même si certains prieurs, dans leurs écrits sur le dogme, appelaient cela céder à la facilité, au même titre que la masturbation masculine d’ailleurs. Et ne pas savoir tenir et se tenir par contre était parfois mal vu…

Deuxième gros péché, l’orgueil… de la jalousie même pouvait-on dire… encore une fois, cela glissa sur ma conscience comme de l’eau sur les plumes d’un canard… cela ne me concernait pas, cela concernait le confesseur… l’orgueil était déjà plus gênant… je ne disais toujours rien, j’attendais qu’elle ait fini de parler… mais elle semblait encore en avoir à dire, parlant de sa faillibilité comme tout être humain… quant aux pêchers mignons de gourmandises… il ne convenait même pas d’en parler…

« Mon enfant, Ameth dans sa grande sagacité ne nie en rien les préceptes de sa mère. Le plaisir de la chair a été rendu bon pour que chacun y trouve son compte… mais c’est aussi une tentation. Fyel a perverti le désir en luxure, et la limite est parfois ténu. Les dogmes n’interdisent en rien toute forme de plaisir solitaire. Ce qu’ils réprouvent, c’est la facilité que l’on peut avoir à y céder, la difficulté à savoir se tenir, s’en empêcher en attendant le prochain moment de plaisir charnel plein et entier… mais rien dans ce que vous me dite n’est condamnable. Toutefois, si vous le désirez, pour votre confiance, nous ferons acte de repentance ce soir à la fin de la confession… »

Oui, tout simplement. Le confesseur n’éprouvait rien, et l’homme au fond luttait pour l’y encourager tout en y arrivant pas. Devoir faire ultérieurement abstraction de tout cela ne serait que trop difficile…

« L’orgueil est plus grave, mon enfant, c’est le péché de l’innommable… beaucoup pensent à la destruction, mais il faut détruire pour vivre, qu’une vie s’éteigne pour qu’une autre naisse… sa destruction n’est pas mauvaise, mais l’orgueil dont il accompagne cela est la pire des horreurs. La Mère d’Ameth a créé ce lien, qui sommes-nous pour le juger ou pour le jalouser ? Il y a des choses maitrisables et des choses non maitrisables… ce serait comme parier aux dés avec Pohn que de jalouser quelque chose, d’envier quelque chose, que vous ne comprenez pas… »

Je serais doucement les mains dans les miennes en concluant, penchant la tête jusqu’à ce que mon front s’appuie contre le sien.

« L’homme est faillible et rempli de faiblesse mais les dieux dans leurs grandes bontés acceptent les repentance sincères, Ameth le premier. Il ne vous absout pas car avant même d’entendant votre confession il vous avais déjà pardonné… puissiez-vous marcher pure et noble en ce jour et les jours à venir. Maintenant si vous êtes prête, récitons l’acte de repentance... »

J’inspirais et commençais à réciter phrase par phrase, lui laissant le temps de répéter entre temps.

« Seigneur Ameth, Grande Mère conceptrice, doux Metil, mes actes vous ont déçu. Dès ce jour et jusqu’à la fin, je me montrerai toujours plus digne, de jour en jour, dans votre pardon et dans vos pas, car vous êtes infiniment bons, et sages. »

C’était court mais il n’y avait pas besoin de plus. Pour conclure, je me contentais de lui baiser paternellement le front. Je me relevais et allais tremper une des serviettes propres dans l’eau de la carafe, faute de mieux, et je le rapportais pour laver ses paupières et ses lèvres. Voilà le geste qui concluait tout, alors que je prononçais la phrase :

« Soyez en paix. Vous pouvez vous relever, Majesté. »

La cérémonie était terminée, je me relevais et m’étirais avant de m’approcher de la fenêtre davantage et de m’y accouder, regardant dehors.

« Comment vous sentez-vous ? »



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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]Un diner presque parfait Lun 6 Fév 2017 - 9:43
Parvenais-je à différencier le confesseur du beau frère ? Nul doute que oui, mais au fond, tout en sachant autant qu’il connait bien des choses de moi. Elrich lui parlait de tout et qu’il sache mes penchants pour la chair me parait évident, pour autant, révéler la faute, être sujet aux désirs habituels, rajoutés à ceux de la femme enceinte. Il est de nature d’avoir envie pour beaucoup de monde, la mienne aurait pu se définir insatiable, mes envies sont. Nous étions discordant sur cela et quand une femme de nature désireuse comme moi, épouse un homme qui n’y voit que le besoin reproductif et encore, il y a une dissonance, qui pourrait désharmoniser, mais qui, avec toute la volonté du monde trouver une sorte d’accord silencieux, obligatoire à confesser.

-Je le désire confesseur.

Soufflais-je.
Je préfère initier mon cheminement comme il le faut, et non comme cela m’arrange, chose qui peut être facile avec moi. Après tout, j’ai un caractère des plus…dominant si je ne me contrôle pas.
Le rappel à l’Innommable, mais ses paroles m’apaisent, mes mains se resserrent à l’étreinte des siennes et je n’ai pas envie de rompre ce contact simple.
Le geste du front impose un léger mouvement du mien pour rentrer à son contact, les lèvres haussés d’un sourire simple, mais la proximité, même religieuse agite en moi ce que je prends pour le manque d’Elrich. J’aimerais l’enlacer mais je ne le fais, comprenant que je me rattache à l’image, peut-être que ses lèvres pieuses me troublent plus que je ne veux l’admettre et je me tiens pour ne pas déraper.

J’ignore en vérité si je veux le prendre pour Elrich ou si tout au contraire, je réalise maintenant combien ils ont été différent. A peine, juste à peine…

Troublée étrangement, le ventre tordu, je me rassure quand il s’éloigne, injuriant tout de même la tentation de Fyel, qui doit être seul responsable, il a été nommé, probablement cela l’a attiré. Je ferme les yeux et inspire, répétant doucement la repentance, mais recevant le baiser dans un soupir. Il est rassurant ce baiser, et je ne lui donne pas plus que la forme qu’il prend mais en ouvrant le regard et le voyant, je … je ne sais pas !

Il s’éloigne et je souffle, silencieusement, je préfère quand il est Everard et quand il m’énerve, cette piété, toute fanatique pour certain, est mon quotidien depuis 4 ans environ, la revoir là…ma main en croche repousse mes cheveux et je m’assois sur mes talons un instant avant de réaliser qu’il revient vers moi.
Sans me redresser, restant agenouillés, mon corps se tends et mon visage dressés vers lui, regard fermé, lui laisse laver pieusement paupière et lèvres.

Je me redresse, seule, habilement, à sa question, je ne sais pourquoi je lâche un…

-Troublée. Alors je passe mes mains sur mes jambes pour détendre le tissu du pantalon légèrement remonté, je me redresse et me tourne vers lui. Je veux dire, je n’ai pas l’habitude de me confesser auprès d’un confesseur Amethien. Je souris, espérant que passe cette fausse excuse. Que dois-je faire maintenant ? Est-ce que vous revoilà Prieur Everard ? Demandais-je, la voix plus chaleureuse que nécessaire. Oui…vous revoilà. Mon confesseur m’a confié que mon péché principal était l’orgueil, je rajoute la fierté, ils vont de pair. Je voudrais vous présentez mes excuses pour vous avoir empêché de rester dans la chapelle.

En disant cela, je me suis rapprochée de lui pour saisir ses mains et les garder dans les miennes. Nous sommes de même hauteur, pourtant mes talons ne sont pas aiguisés,

-Ne me faites pas dire une nouvelle fois pourquoi j’ai fais cela, je vous en prie.

Je reste là à tenir ses mains, dans un sourire triste mais confiant.


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