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 :: L'histoire Ambrosienne :: 3ème niveau de la cité

[Clos]Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs.

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MessageSujet: Re: [Clos]Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs. Lun 10 Avr 2017 - 20:22
Il écouta religieusement les paroles, acquiesça bêtement, comme si le discourt étant d'une trop grande subtilité ne pouvait véritablement le saisir. Ce que ces 21 années lui avaient apprises, et cela pouvait effectivement sembler bien maigre, était que cette lumière pouvait aussi vous bruler au dixième degrés. Ligoté à une chaise avec des espoirs plein la tête. Devait-on vraiment s'attarder sur la flamme quand l'obscurité recelait des trésors. Il s'accommodait plus facilement des tords et des faiblesses telle une lame de fond qui poussait un navire sans qu'on ne pu vraiment y faire grand chose. Cette vision paraissait, à ses yeux du moins, tout aussi fascinante qu'attachante. Choisissait-on vraiment de cultiver l'un plutôt que l'autre en toute conscience ? Kostia s'accommodait bien mieux des liaisons intimes que ces deux facettes entretenaient.

- Vous sentez-vous vraiment offensée ? J'ai pourtant pris soin de m'ajuster à vos façons. Des consanguins, figurez-vous que nous en manquons pas non plus chez les esclavagistes, si cela peut vous apaiser. Vos compatriotes n'ont apparemment pas un grand sens de l'humour.

Kostia ne serait pas même aller à révéler son lignage si cela avait pu lui faire échapper à la potence. Sitôt qu'à donner un nom, on le reprenait, on passait pour humble, sitôt qu'à oublier le sien, on passait pour un rustre qui se croyait hors d'atteinte. Chercher l'éclat pour sa personne, n'était-ce pas là même une façon de souhaiter son intérêt personnel avant celui des autres ? Mais rien ne semblait plus normal et digne d'enthousiasme, sauf dans son cas bien entendu. Se répandre en excuse pour cette raillerie, c'était accorder du crédit à une chose que la demoiselle trouvait apparemment déjà pesante. Il était parfois bon de mettre tout de bordel de coté pour profiter d'être un humain avant une Duchesse.

- Je prends note, je tairai toutes les questions sur votre personne. Je préfère garder une image dont je peux plus facilement me moquer de toute façon. Voyez comme je me montre accommodant pour me faire pardonner. Suis-je sur la bonne voie, professeur ?

C'était une belle illustration de l'utopie Ambrosienne que de rassembler les nations sous les traits de quelques jeunes gens, faussement anonyme dans une foule bruyante. Pourtant, les conflits n'étaient pas si loin comme l'inquiétude qui berçait chacun à sa manière. Des changements étaient inévitables, qu'on aille au devant ou non, rien n'était immuable pas même le plus effronté des hommes. Vivre c'était grandir avant de ce flétrir. Le chemin était plus ou moins long, les rides, elles, marquaient l'évolution intérieure des êtres vivants sur leurs visages.

- Les Eskrois et les hommes n'ont pas le monopole. Je pourrais ajouter hélas, mais je m'abstiendrais. Je suis toujours mauvais juge pour ces choses là.

Peut-être ne l'était-il pas vraiment. Des camps de soldats il en avait bien côtoyé un durant quelques années. Ce n'était pas une période dont il gardait un souvenir fameux, pourtant bien des images restaient gravées dans sa mémoire. Beaucoup trop de jours solitaires dans une cellule obscure le contenant à peine avaient rythmé des semaines plus communes, pourtant suivies d'explosions virulentes. Là bas non plus, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il avait été apprécié des autorités en place, ou de la majorité de ces compagnons. Son plus grand tord avait sans doute été de se voir gratifier d'un faux privilège, par la seule personne dont il aurait mieux valu n'attirer jamais le regard d'acier. Cela avait eu un impact non négligeable sur sa hargne de l'époque et sa vision du monde. Une flamme qui vous brulait au dixième degrés provocant le besoin néfaste d'annihiler cet ennemi tout proche.

- Ne vous alarmez pas, vous avez un professeur et un esclavagiste comme soutient. Je suis certainement un lâche, mais je suis sur que Monsieur de Malterre ne laissera personne s'en prendre à votre personne. Si vous y tenez, pressons donc le pas tout de même.
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MessageSujet: Re: [Clos]Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs. Mar 11 Avr 2017 - 18:15
Utopie ambrosienne? Qu'il fallait être naïf pour voir dans cet empire une utopie! Interdire aux peuples de choisir leur propre destinée en les menaçant d'un arsenal militaire avancé dans le cas d'une guerre déclarée, concentrer dans une nation les progrès technologiques et scientifiques, soumettre les autres par d'insidieux traités... Le peuple endormi croyait dur comme fer dans la bonté d'une Impératrice qui leur paraissait sensible à leur cause tout en oubliant qu'elle perpétuait de vieux privilèges sans que l'avenir n'annonce de remise en question du système de castes établi.

"Ambrosien oui, même si j'ai vécu un certain nombre d'années dans la ligue raclusienne. Ce pays m'a toujours fasciné par la diversité et la richesse de ses cités, quoique je déplore l'esclavage sur lequel repose sa vie politique. Je connais peu de chose à Eskr, vous serez bien aimable de combler mes lacunes, Madame."

Son sourire amical était sincère, malgré l'amertume de son coeur et la fausseté de son discours. La jeune femme en savait sans doute elle-même quelque chose: le comédien puise dans son coeur les émotions authentiques à projeter au-delà du masque arboré sur scène, il est hypocrite et vrai tout à la fois. Pour briller dans un tel métier, il fallait plus qu'une cervelle d'oiseau: endormir la méfiance de ses interlocuteurs sous ce titre tout en excitant leur désir d'en apprendre davantage prouvait bien qu'elle semblait apprécier ces sortes de double-jeu.

"Un amethien? Ciel, le spectacle du bûcher n'a-t-il pas suffi à combler votre journée et à vous faire passer l'envie de côtoyer ces austères personnages?!
Trop tenté par l'offense facile qu'il pouvait faire à la seule nation non représentée dans leur trio, il prit une mine grave et un ton sentencieux.
"Mon enfant, n'évoquez donc point ce sein que je ne saurais voir..."
Tartufe. De beaux tartufes que ces moines qui sous prétexte de prophétie développaient leur armée et s'étaient emparés de la place la plus proche du trône... Il continua son petit jeu, grisé par sa propre effronterie.
"Quant à vous jeune homme, vous confesserez vos péchés et ferez pénitence pour l'insulte adressée à Madame."

Il éclata de rire, puis chassa cette idée d'une main aérienne, tandis que la jeune femme l'entraînait de l'autre vers des rafraîchissements qui noierait le souvenir de l'exécution, du moins l'espérait-il pour lui-même.

"Peu importe le sexe ou la nation, mon nouvel "élève" a raison. Tout le monde change les choses, à son niveau et à sa manière. Certains miracles s'accomplissent loin des livres d'histoire et de la lumière. La foule et l'anonyme oeuvrent aussi bien, quoique de façon plus subtile, que les dirigeants dans l'écriture du livre du monde."

Leurs pas s'égrenaient au fil de leur conversation, et insensiblement ils approchaient du lieu fixé. Onésime remarqua une brasserie, où se pressait une clientèle bigarrée à cette heure décente _ce sont pourtant les hommes qui par leurs actes font que les minutes sont indécentes ou non. Quelques dames et messieurs dégustaient des verres en papotant et rien ne semblait devoir menacer leur nouvelle connaissance. La menace surgit pourtant souvent là où on s'y attend le moins...

"Etait-ce l'établissement que vous aviez repéré, Madame? Ne craignez rien, je vous défendrai au péril de nos bière si quelqu'un s'en prend à vous."
Plaisanter est parfois le meilleur moyen de rassurer en chassant le spectre de l'angoisse invisible d'une drôlerie.
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Emily de Brez
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MessageSujet: Re: [Clos]Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs. Mer 26 Avr 2017 - 12:38
«Je vous aimes bien messieurs ! » Est l’exclamation sincère du cœur de Emily. Ils ne sont en rien déplaisant, l’un comme l’autre,la jeunesse leur confère une sorte de teinte spécifique qui atténue les mauvais traits. «Je vous défendrais l’un comme l’autre, cela règle la question. Je vous le dis, je n’ai pas besoin de chevalier servent, au contraire, mais des connaissances amicales ne sont pas de refus. Messire Professeur, Damoiseau Esclavagiste. » Théatrale, la voilà à la révérence, les lâchant, pour ensuite avancer dans la maisonnée de la bière.

La donzelle s’avance dans l’endroit, ôtant son couvre chef et ses gants fins, pour trouver un siège sur une banquette dans le fond. Assise dos au mur, visage à la porte, elle sourit. La demoiselle s’amuse, loin des odeurs de bûcher, Ambrosia est un endroit plaisant, elle y est libre, et la crainte que cela ne change ne doit pas étouffer son cœur. Vivre dans la peur n’est pas possible, ce n’est pas vivre.

« J’y repense, vous connaissez bien les Amethien Monsieur de Malterre ? Vous en faites une bonne imitation, je ne les qualifierais pourtant pas d’austère, j’en suis navrée. Les gens droits et dans leur conviction ne sont pas austères, ils sont simplement moins expensifs que nous le sommes tous les trois par exemple et ce sont des gens braves, quand j’ai eu besoin d’asile, ils m’ont ouvert leur porte. »

Emily sourit, elle veut ainsi rectifier cela, même s’ils s’amusent, elle est de choix qu’il faut de tout pour faire un monde, mais son cœur ne peut se laisser trop emporter. Elle éprouve de la reconnaissance pour le monastère Améthien et cela est ainsi. Nul doute qu’il ne faut pas trop se moquer d’eux devant sa personne, mais là, rien n’est méchant.

On vient prendre leur commande e tla jeune femme, le menton dans la paume de sa main et le coude sur la table, elle regarde la salle. « Ainsi que faites-vous Messieurs dans votre vie ? Ne voyez en ma question aucune question maladive, mais il faut bien parler un peu. Nous ne faisons que cela depuis le début certes, mais un peu plus profondément de nous ne fera point de mal. »




"C'est fou comme c'est une chose pratique le mariage.
On passe de fille de pécore à future duchesse de Brez"
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MessageSujet: Re: [Clos]Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs. Mer 26 Avr 2017 - 20:09
Tout système était une utopie, et plus ils se prétendaient bons, plus il fallait s'en méfier. Voila sans doute pourquoi, la politique ne l'intéressait pas vraiment. Trop d'espoirs dans certains cœurs, trop d'égocentrisme dans d'autres, de quel coté il se placer lui même, Kosita n'en avait pas une idée précise. Il s'agissait toujours d'imposer une vision, qu'elle soit personnelle ou taillé dans la masse. Quant à la mise en œuvre… Cela donnait la migraine rien que d'y penser. Pas de finalité, un grand brouillard, et des galères qui avançaient tant bien que mal sur une mer déchainée pour ne pas sombrer. Cela amusait peut-être les dieux, tout simplement, de voir leurs créatures gesticuler ainsi.

L'esclavage était un pratiquement une coutume, elle était inscrite partout, fissurant les lignes des livres d'histoires et de comptes. Pouvait-on seulement y être indifférent ? Sans doute, tant que cela demeurait dans les mirages d'un ailleurs, et encore. Loin des yeux, loin du cœur… Kostia avait pu observer les marchandages depuis sa plus tendre enfance. C'était somme toute courant, même à Thémis avec les freins qu'imposait la Haute-Chair sur ce genre de commerce peu glorieux. Étrangement, il voyait mal ce concept disparaitre totalement de la surface du globe. Il subsisterait, sous d'autres formes. Le jeune homme était un exemple frappant de ce que pouvait être l'asservissement familial. Ce n'était pas ce qu'il souhaitait pour l'avenir, mais enfin, les connards ne savaient pas se contenter de rester dans leurs coins, apparemment.  

L'heure était pourtant plus à la plaisanterie qu'au débat sur ce sujet épineux, alors même qu'il se faisait appeler esclavagiste sans ressentir de véritable honte. Et bien oui, il appartenait à cette race là, et comme toute race elle ne définissait qu'une infime partie de ce qu'était un être de chair et de sang. Si pêché il y avait là, une confession n'était qu'un leurre pour ne pas affronter ses vérités. Kostia prit cependant une mine exagérément grave, comme si le poids de miles impiétés l'écrasait.

- J'ai déjà excusé mon langage et confessé ma lâcheté, plus, ce serait m'immoler.

Changer, ce n'était pas toujours pour le meilleur, rarement à vrai dire, sauf pour des choses auxquelles personne n'accordait une grande importance. L'évolution était permanente et il était de meilleur augure de s'éloigner du chemin parfois. On pouvait trouver des défauts à ceux d'en haut, à ceux d'en bas également, et parfois même des similaires. Monsieur de Malterre parlait bien, mais sa subtilité avait aussi des failles. Pour un Ambrosien, de l'homme du monde dont il avait l'allure et le phrasé, ses propos n'étaient pas totalement acquis à la cause qu'on lui aurait prêté d'emblée. Kostia fixa son interlocuteur une longue seconde, haussant vaguement un sourcil, camouflant pourtant un fin sourire qui ne demandait qu'à sortir à l'écoute de ce qu'il prit clairement comme une pique dissimulé. Non, il ne relèverait pas, il s'en fichait bien en bon esclavagiste idiot et il se concentra sur les paroles de la jeune femme.

- Madame la consanguine fait honneur à ses preux ancêtres. Soyons donc amis, je profiterais de votre corps pour m'en servir de bouclier quand l'occasion se présentera, cela va de soi.

A sa suite, il entra dans l'établissement, sans grand étonnement bien fréquenté en ces heures ensoleillés. Pas de grabuge en vue, il y avait longtemps sans doute qu'il n'avait pas mis les pieds dans un lieu où on servait à boire dans des verres propres et sans voisins braillards prêt à en découdre pour un mot qui ne leur revenait pas. Kostia se laissa tomber sur une chaise qui trainait face à la banquette. La politesse aurait voulu qu'il se découvre, tant pis pour madame, dont il n'était pas un fidèle amant.

- Les gens droits et dans leurs convictions font bien ce qu'ils veulent du moment qu'ils ne nous polluent pas l'air avec par la même occasion. Et là, on ne peut pas dire que l'air était pur.

Ce qu'il reprochait à ces gens là ne concernait ni leurs fermes et leurs villages mais la propension odieuse de certains à vouloir régenter la vie des autres, à travers une religion dans ce cas présent. Ils pouvaient vivre dans des monastères en paix, après tout chacun avait le droit à sa croyance, même au fanatisme si ça leur faisait plaisir. Avaient-ils pour autant le droit de juger des pauvres âmes ? Les prêtes et les prêtresses n'étaient que des mortels, pas plus divin à ses yeux que quiconque, seulement plus fous ou plus ambitieux, peut-être. Les dieux seuls pouvaient s'octroyer le droit de faire un monde honorable, ou non d'ailleurs. Pas besoin de pantins, s'en était presque ridicule.  

- Vous le savez déjà, j'exploite des pauvres gens pour de l'argent, plaisanta-t-il. Je suis persuadé que votre vie est bien plus passionnante que mon œuvre au grand complet. C'est surtout… Je ne voudrais pas choquer vos oreilles sous peine que mon professeur ne vienne tirer les miennes.

Il n'avait pas vraiment grand chose à raconter sur sa vie de toute façon. Kostia attendait que le couperet vienne lui trancher la tête. Une semaine ? Peut-être deux ? Combien de temps pouvait-il repousser l'échéance avant d'entrer au palais pour officialiser la demande, ou plutôt l'ordre, de Séraphine Van Pelt. Finalement, s'encombrer d'un tuteur n'était pas le premier de ses soucis.
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MessageSujet: Re: [Clos]Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs. Jeu 27 Avr 2017 - 23:26
Vivre dans la peur n’est pas possible, ce n’est pas vivre.
Etait-il donc mort? Peur d'être démasqué, peur d'être retrouvé, peur d'être la cible prochaine de l'assassin ayant déjà sévi chez les Brisendan... la peur tapissait les parois de son crâne, infusait de soupçons la moindre de ses pensées, colorait sa conduite de méfiance, s'imprimait dans ses rêves, le poursuivant jusqu'au lointain pays du sommeil.
Etait-il donc mort?

Cette peur lui permettait de survivre: ressentir de la crainte, c'est toujours ressentir quelque chose. Les cadavres ont-ils le bonheur d'une émotion? Sans cette défiance naturelle, il eût répondu spontanément à ses interlocuteurs. S'installant avec lenteur sur une chaise installée près du côté droit de la table, il soupesait leurs mots, leurs gestes, leurs regards, orfèvre de l'information effacé un instant de la scène quand la comédienne et son comparse y brillaient pleinement. Tiens, une pépite. "Soyons donc amis, je profiterais de votre corps pour m'en servir de bouclier quand l'occasion se présentera, cela va de soi." Aveu déguisé d'une possible attirance? Oh, une autre pépite! "...quand j’ai eu besoin d’asile, ils m’ont ouvert leur porte." La lèvre frémissante, il réprima un sourire. Avait-elle fui avant ou après son mariage? Le prince rebelle lui avait-il donné sa bénédiction quant à sa venue au sein de l'empire? "Mais oui, ma chère petite femme, allez donc vous amuser à Ambrosia, buvez des bières pendant que j'élaborerai mes stratégies, trinquez à ma santé surtout." Impossible. Elle était là pour nouer des alliances... Avait-elle fui avant? Les Amethiens l'avaient-ils placée volontairement dans les bras de Lowell? Charmant joyau, saurai-je te tailler, révélant tes secrets au moins pour moi-même? L'information se monnaye aussi bien que les esclaves...

"Pardonnez-moi, Madame, je suis navré d'avoir raillé un peuple qui fit preuve de bonté envers vous."
Se montrer avenant et généreux afin d'endormir toute méfiance avant de porter le coup fatal: n'était-ce pas une tactique digne d'un amethien? Des pollueurs, en effet, ayant ensemencé des fumées de la Guerre Perdue la voûte raclusienne. Qu'ils soient maudits! Des gens droits dans leur conviction?! Leurs conviction consistaient à minorer l'importance des autres dieux tout en imposant leur rigueur morale: en poursuivant ce but, ils devenaient dès lors des ennemis pour son amour coupable et sa foi envers Roya. Sans scrupules, il se servirait d'eux pour cultiver l'amitié du rossignol.

Le dénommé Kostia, partageant ses réticences quant à d'imprudents bavardages, taisait les détails de son histoire. Allons donc, il aurait dû le féliciter en tant que précepteur ès bonnes manières alors que la discrétion du damoiseau l'embêtait lui-même! Soit, il ne pourrait éternellement éviter les feux de la rampe...

"Vous risquez d'être déçue: votre professeur se fait lui-même tirer les oreilles de temps en temps en sa qualité de pupille." Un sourire amusé tandis qu'un pan de voile défait s'échoua à terre. Si seulement elle savait quels liens l'unissaient au mari de sa belle-soeur! Tout cela était follement divertissant.
"J'y songe: nous sommes musiciens tous deux. Vous plairait-il de monter un petit récital pour voix et violoncelle lorsque vous aurez fini vos représentations du Don Giovanni? Je pourrais vous présenter quelques connaissances..."
Un farouche rossignol, cela s'apprivoise. Une petite friandise, proposée d'un air innocent, une simple expérience. Il s'agissait toutefois de ne pas oublier l'autre oiseau qui, sous des airs de médiocrité, couvait le secret de ses oeufs remplis d'énigmes... Allons, il aurait suffisamment de gourmandises pour eux deux.
"Monsieur Kostia sera naturellement le bienvenu. Je ne saurais promettre qu'il trouve des investisseurs pour un trafic typiquement raclusien, mais je m'arrangerai pour que la soirée soit inoubliable..." Que de mystères dans cet ourlet flottant sur ses lèvres! S'il parvenait à organiser avec l'aide précieuse de son tuteur une réception aussi folle que leur récente escapade insulaire, nul doute qu'ils seraient dès le lendemain dans les journaux. L'oeil pétillant, le sourire malicieux, il n'attendait qu'une approbation afin d'élaborer le futur évènement.
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Emily de Brez
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MessageSujet: Re: [Clos]Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs. Mer 17 Mai 2017 - 21:54

Le regard d’Emily passe de l’un à l’autre, observant chaque protagoniste et chacune de leur réponse, en souriant en coin. Elle a cette expression de demoiselle incapable de cesser de parler, inapte à se taire et elle regarde d’abord ce Kostia chapeauté pour lui offrir une œillade amusée de gamine, toute espiègle voir trop, puis à Onésime. Les deux jeunes gens sont amusants et frais, ils parlent, et elle sourit. «Vous imaginez si en vérité j’étais convertie à Ameth ? Tous les deux vous seriez bon pour le bûcher ! » Elle les désigne successivement du doigt, le regard plissé, les lèvres pincées avant de se mettre à rayonner d’un sourire et de rire magnifiquement. «Allons bon, on ne connait pas les histoires des autres Monsieur de Malterre, ne soyez pas fâchés de vos amusements. » Une grande claque amicale dans le dos, elle observe Kostia et lui fait un clin d’œil. «Qui a dit que je ne vous planterais pas avant un couteau dans le dos ? »

De ces instants amusés, en tous cas pour la demoiselle fort amusée, les bières sont servies elle remercie et donne les roues mais elle ne touche pas encore à sa pinte, préférant, plutôt, entendre la suite des propos avant d’écarquiller les yeux. «Don Giovanni ? Mais…com… » Elle saisit Onésime par les épaules. «Vous avez des infos sur le rôle ? Je l’ai ? » un hoquet de surprise et son bras balaye les verre, en renversant un sur la table, dévalant un flot de bière sur Kostia et Onésime. «Oh par tous les Dieux…je suis désolé ! »

Heureuse de la nouvelle, mais surprise de l’avoir ratée, la demoiselle est partagée entre l’excitation, la joie et essuyer ses messieurs. Elle se redresse et s’en va prestement attraper un torchon pour éponger ces monsieur, en s’excusant. «Oh me voilà navrée, pardon, encore vous ça va ! Mais vous ! » Sa main sur l’entrejambe, elle appuie un peu fort pour un messire. «Comment…monsieur savez-vous ? Oh je suis…désolé. Oui, jouer, ensembles, pourquoi pas ! » Elle s’arrête, essouffler et inspire. Regardant les jeunes gens. «Vous allez m’en vouloir si je me mets à rire ? Il y a de quoi se moquer de moi-même, là et vous avez l’air un peu bête, je reste désolé, c’est vrai et… »

Elle soupire.




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