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A ma soeur (SOLO)

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Invité
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MessageSujet: A ma soeur (SOLO) Dim 26 Mar 2017 - 20:57


Chère Alexandra,

Voila à peine six jours, pas même une semaine mais j'ai déjà le sentiment qu'une ombre tombe et me cloue au sol. Tu le sais déjà, je suppose. Ne m'as-tu pas faite, toi ? Non cette femme que tu t'obstines encore à appeler mère alors que j'ai abandonné depuis trop longtemps. C'est un mot qui me répugne désormais. Je me sens toujours plus esclave que fils. Le sang dans nos veines n'est-il pas un poison d'une lenteur infini qui nous séquestre tous les cinq ? Même si nos ainées refusent de voir, elles ne se dressent face à l'avenir, indifférentes aux désirs de leurs coeurs, que pour un maigre silence de sa part.

Pourquoi es-tu si sage et moi si idiot ? Tu l'as répété sans relâche, je me torture en attendant après toi. Je n'ai jamais vraiment souhaité sortir la tête de l'eau, plus j'y pense, plus elle inonde mes poumons avec une tendresse désarmante. Je préférerais me faire battre jusqu'aux portes de la mort, je saurais me soigner. Pas de ton absence, pas de ton rire. Tu riras justement quand tu liras mon aveux. Cette tapisserie rose qui orne tes murs et que je trouve pourtant si hideuse me manque elle aussi. Je la vois dans mes songes sans pouvoir jamais caresser sa texture granuleuse, sans pouvoir respirer ce parfum de vieux livre qui s'y est imprégné avec le temps.

Ambrosia est devant, gargantuesque et écrasante. Nous arriverons bientôt, trop tôt, ou peut-être est-ce l'inverse ? Je ferme les yeux et je t'imagine, plus solitaire encore que moi et je me rends compte de cet océan qui nous sépare. je souhaiterais accélérer le temps, le tordre, le disloquer jusqu'à ce qu'enfin il se saigne de cette essence qui me ramènera vers toi. Si je ne peux me sauver, ce n'est pas si important, je n'ai jamais brillé que par mes erreurs. Je te jure, que chaque coup, que chaque punition ne m'a jamais blessé autant que la perspective de te voir t'évaporer en mon absence.

Je te demande pardon d'être à la place qui devrait être la tienne, d'avoir volé le souffle lumineux de ta vie. Tu ne veux pas que j'en parle, comme si ce n'était rien de plus qu'une rature sur un brouillon. Il n'en est rien, pas même si tu m'ordonnes de me taire à ce propos. Je ne peux plus. A présent que je m'éloigne, je le sens renaitre, ce sentiment d'impuissance et d'affliction qui commande mes actes. Nastia avait raison, je dois être plus nocif que la ciguë. Je t'entraine, cela à commencé il y a si longtemps, dès lors que tu as osé me regarder et m'offrir ton affection. La tempête peut venir, elle te délivrera seulement de ta propre indulgence à mon égard.

Ne me pardonne pas de n'être qu'un sombre imbécile, berné par des sirènes mensongères, entravé par la peur de perdre cette liberté illusoire. Je ne le mérite pas, je ne l'ai même jamais mérité de ce que mes souvenirs en garde. Si ma propre femme avait survécus jusque ici, sans doute l'aurais-je fatalement tué moi-même en m'acharnant à lui ôter toute raison. Je peux tolérer ton jugement, il est le seul qui m'importe. Alors, dis moi seulement que je soulage ton âme en m'éloignant ainsi, j'en oublierais la distance et me réformerais à ce juste châtiment.

Sans espoir mais avec tout mon amour,
ton frère

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