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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 1er étage

[CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard]

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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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Nationalité : Ambrosienne
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MessageSujet: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Lun 15 Mai 2017 - 23:54
Spoiler:
 


Le palais est plongé dans la pénombre, l’électricité si…moderne a sauté. Des plombs ou des fils qui se sont retrouvés malmenés, je n’en sais rien, assise à contempler le feu de la cheminée, j’essaye de penser au pays Eskrois. Un mois, ou presque, après la mort de Elrich, l’actuel roi vient de décéder, laissant la monarchie vacante pour son héritier, qui, hélas, fait ses années de pupille au sein de la capitale. L’annonce nous est parvenu avant le reste du monde et demain, les titres énormes s’afficheront sur l’Echos de Vapeur, indiquant la mort, et déjà, s’agite des esprits, on parle de mouvement de chose et d’autres. Et moi, spectatrice impuissante, je vais devoir contempler une vague grondante d’un bordel sans nom, couvant les revendications du trône, les demandes de régence et je crains, je l’avoue, que Lowell ne profite…

Le fera-t-il ? Je le crois.

Je reste pensive drapée d’un peignoir brodé, nue sous ma tenue, dissimulée par le tissu, je pense, caressant distraitement le sommet du crâne d’un chien énorme à mon flanc, ronflant comme il n’en peut plus.

--Votre grâce ?

La voix de Baptiste me sort de mes rêveries, il est là et je ne m’en souvenais plus, je lui souris.

--Votre grâce, vous êtes ailleurs. Si je puis me le permettre.
-Vous pouvez Baptiste, je suis loin, je réfléchis, je pense. Est-ce que les lumières reviendront bientôt ?
--Je n’en ai nulle idée, désirez-vous que je me renseigne ?
-Non…laissons faire, vous pouvez y aller.

D’une inclinaison parfaite, il s’éloigne et referme la porte. Le palais s’inquiète et s’agite de ce manque de lumière, certains effrayés parlent de possibilité d’intrusion, d’ombre menaçante ou offrent aux créatures déformées de la cabale, un droit de visite inquiétant de par cette simple pénombre. Et si on me tuait durant cette nuit ? J’en souris encore, Monsieur de Voisin est parfois excessif.

Ma tête retombe sur le dossier du sofa, allongée sur le canapé, j’observe les flammes dansantes de la cheminée, dessiner sous mes pupilles, des formes indécises, naissant de la buche et des braises, formant une cendre épaisse et grise. Pourquoi est-ce que je contemple cela comme si c’était vitale ? Je l’ignore, j’essaye de ne pas penser, de ne pas réfléchir, d’absoudre mon esprit à des dérives indécentes, je n’arrête pas de penser à quelque chose. Je n’arrête pas de vouloir quelque chose, ni de le désirer.

Je n’ai jamais su taire mes désirs, ou mes volontés, peut-être parce que je suis Impératrice, et éduquée dans la lignée d’avoir ce que je veux, je n’ai pas choisi eu d’amants, je n’ai eu qu’une amante, mais ainsi que j’ai voulu Hélène, je l’ai prise. Je l’ai aimé et désiré en demandant pardon à Aernia pour mes amours, en confessant mes péchés, mais la sincérité de mon cœur prouvait que je n’étais point livrée à Fyel, ainsi ai-je appris, la frontière imperceptible de ce pêché, l’excès Améthien et la volonté Ambrosienne de ne point dériver.

Tout est toujours une question de peu…De très peu.

Everard…tout n’est que succession d’instants gênants, de paraboles délicates, de regards évités et d’envie pourtant de sombrer dans sa pupille, de saisir encore ses lèvres comme deux morceaux de chairs pleines de vérité et de les embrasser sans y réfléchir. La madeleine ne cesse de revenir à mon esprit, chaque ardeur d’Elrich, les plus satisfaisantes n’étaient que les siennes, j’en suis persuadée et je sais que l’évidence viendra à moi, d’un simple toucher. De cette vérité, que je pense évidente, découle des choses, une colère d’avoir été trompé et de la tendresse pour l’avoir été. Je comprends tant de chose,qui me paraissaient obscures et plus j’y pense en cet instant, plus je sens s’effondrer quelque chose, ou plutôt, se batir quelque chose, au fond de moi.

Je n’ai jamais été une demoiselle prude, hésitante, je suis une femme assurée, qui sait ce qu’elle veut et ce  qu’elle désire, qui ne joue pas des cils, qui prends, avoue et partage, sans détour aucun, assurée de ses actes, n’offrant pas à Fyel la honte de ce qu’elle fait, mais savourant la vie qu’Aernia a donné…

Je ris seule, en pensant à cela, les cheveux lachés sur mes épaules et le corps frôle, je ris doucement, encore. Je secoue la tête à mes pensées idiotes et je finis par me redresser, caressant le chien une fois encore, ils m’observent.

-Venez.

Je me redresse et entraîne les chiens vers le lit, leur désignant la couche d’un geste tendre.

-Il vous faut rester ici, tous les deux, dormir et veiller, attendre. Avant l’aube je serais là, ou peut-être avant. Je viens de comprendre des choses, que votre maître savait bien avant moi. Je dois faire quelque chose. Soyez sages.

Ils me regardent de leurs airs impériaux et je souris en les observant avant de quitter la chambre et de glisser, dans le second étage. Une bougie sur son bougeoir en main, mes cheveux sont désormais regroupés sur le coté, tous ensembles, dans une natte, pour ne pas convier le feu à leur présence, traîne derrière, la chute de tissu du peignoir et je me glisse, dans l’ancienne chambre d’Elrich. Je me rapproche, je pourrais croire son fantôme présent, dans les ténèbres de l’endroit, il y a encore son odeur et je reste silencieuse un instat.

-Tu étais plus éclairé que nous tous parfois, je ne saurais l’expliquer. Je prends quelques fiertés à dire que je sais observer, mais tu le faisais mieux que moi, car toi, tu voyais les âmes.

A mes propres mots, je souris, baissant mon visage dans un soupir d’amusement triste, j’inspire et pousse un motif dans le mur, faisant souffler l’air glaciale d’un corridor dissimulé. Il est propre, et je reste un instant à regarder, avant de me glisser, protégeant la flamme mouvante je referme à mon arrière.
Dans les ténèbres de corridor, je descends, escaliers interminables, je respire quelques fois plus profondément qu’il ne le faudrait, agitée par une décision dans mon esprit, venant accomplir un dessin sas honte, les pas sont précis, prudents, j’avance et je suis les chemins. Parvenant enfin, où je le dois.

Un trompe l’œil me permet d’observer l’intérieur de la chambre, seul, il est ici, point de compagnie, seulement lui et je me glisse, l’action de l’ouverture, faisant vaciller un entrebâillement mince, je reste à l’embrasure quelques instants, silencieuse, protégeant la flamme qui éclaire mon visage, avant de me lancer.

Dans le lointain du palais, on entend l’agitation pour remettre les lumières, mais j’apprécie ce son qui vient témoigner des autres qui vivent alors que je me retrouve là. Ma main, rapidement l’empêche de parler, l’arrêtant dans ses paroles.

-Non…je vous en prie, s’il vous plait, ne dites rien. Pas un mot, pas un souffle, rien. C’est une requête, la seule que je vous ferais peut-être ce soir, à moins qu’elle ne soit une introduction pour des milliers d’autres, s’il vous plait.

Je souris, déposant la bougie près d’autres, je m’avance, laissant le corridor ouvert, sans m’en soucier plus que cela. Je m’avance, doucement, d’un pas prudent, avant un autre.

Il fait nuit, mais la chambre est éclairée par les lueurs vacillantes des bougies, reflétant sur mon corps les danses de leur force, offrant un envoutant ballet sur mes courbes et les cheveux rassemblaient mollement dans une natte lâche, explosent le contraste avec ma peau claire.

J’inspire et me rapproche, l’air me donne force, à mesure que je m’approche, je souhaite qu’il me regarde et ne perde pas ma vue, ne puisse s’en réchapper, je parviens à sa hauteur et je souris. Je le regarde et mes doigts viennent empêcher ses lèvres de parler.

-Je vous en prie, Everard…. Ma main délicatement, vient repousser son corps sur le bord du lit à son arrière. Le rebord du tissus glisse sur l’ouverture du décolleté, ne dévoilant pas ma poitrine entièrement, mais laissant comprendre les rondeurs d’un galbe. J’aimerais vous dire que j’ai honte, mais je n’y arrive pas vraiment. Je sais, je sens, je comprends. Des nuits dont je calcule l’existence trop parfaitement, des choses qui s’éclairent à mon esprit. Et au lieu d’être en colère,  me voilà désireuse. Laissez-moi…je vous en prie, comprendre un peu plus.

J’inspire et je viens me glisser sur lui, une jambe après l’autre, peut-être me repoussera-t-il, mais je ne peux pas rester sans rien faire. Alors, je me glisse sur lui, visage proche et je ne me rapproche pourtant pas.

-Avons-nous l’âge de ne pas comprendre ? Est-ce si mal ? Je voudrais vous dire oui, mais je n’y croirais pas. Faisons de long discours, faites, et plus vous parlerez et plus je détournerais vos pensées, sans honte, sans honte est-ce le pire ? Je voudrais gager milles fois vos soupirs, je rêve de les entendre sans la contrainte de la dissimulation, accordé moi cela et si vous voulez avoir honte, après encore, alors je vous écouterais.

Ma bouche va à l’encontre de la sienne, pour prendre un baiser, sans crainte cette fois, et ce baiser s’il est pris, me saisira du plus profond des entrailles, comme un vague ravageant tout et bouleversant ma vie si propre, si rangée, si strict, sans permission, sans autorisation.

Ainsi l'Empire embrase le Protectorat.[/color]


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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Mar 16 Mai 2017 - 1:50
Pas de lumières ce soir, alors seule la cheminée illumine ma chambre. Je n’étais pas encore couché. Je suis à genou, à côté du lit, mains posés sur mon girons, paumes vers le haut, et je reste ainsi à méditer. Pas à prier, non, car là, il ne s’agissait pas d’aller vers les Dieux pour leur monter mes remerciements, ou juste savourer Leur Présence. Là je prenais un moment, le soir, après la prière, pour moi, juste pour moi, rien que pour moi. Un moment o* je me retrouvais délicieusement seul pour faire le point, pour me regarder dans un miroir et déterminer à la lumière d’une nouvelle journée finie si je pouvais toujours me regarder dans un miroir ou pas. Parfois, c’était aussi le moment où je pensais plus à mon frère, à sa mort, à sa vie, à ses actes, qu’ils soient manqués ou pas. Et involontairement, quand cela se passait ainsi, j’en arrivais, comme ce soir, à nous comparer, comme quand nous étions enfants. Et à chaque fois que j’en arrivais là, mon constat ne me plaisait pas. Parce que je voyais en moi tout ce qui manquait pour lui ressembler davantage. Sa compassion. Son écoute. Sa pureté de cœur, de jugement. Son innocence. Mon frère avait des défauts. Et de sacrés, d’ailleurs… mais tous les défauts qu’il pouvait avoir ne faisaient que renforcer, à mes yeux, les qualités que je voulais voir en moi mais dont, de nous deux, lui seul était pourvu. Une image s’imposait en général dans mon esprit alors, celle d’une pièce, une simple pièce, un peu comme ces médailles commémoratives. Vous aviez deux faces. Toujours. Mon frère disait que nous étions les deux faces d’une même pièce car nous étions aussi indissociables que complémentaire. Moi je me disais qu’au final, nous étions une médaille. Il incarnait la face dorée à l’or fin, en relief, illustration parfaite de la valeur de cette médaille, et moi j’étais le verso, cette face lisse, sans aspérité ni beauté où était juste gravée la date. Triste n’est-ce pas ? Et c’était là où je ressentais ce vide en moi, cette impression de ne pas être entier, de ne pas être complet, de ne pas me sentir bien parce qu’il n’était pas là. Que le Seigneur Ameth me pardonne, mais il me manquait tant. Un guide, un pasteur, un berger, un éclaireur. Mon frère avait été fardeau dans certains domaines, je le comprenais, mais il était mon modèle dans tant d’autres. Et de ne plus le savoir là… j’en aurai pleuré de rage devant cette trahison, devant cet abandon, devant son départ qui, s’il n’était pas de son fait, lui était quand même reproché, d’une certaine manière… j’avais alors envie souvent de l’insulter, de l’enguirlander, de le haïr…
Une douloureuse tristesse.

Et comme si cela ne suffisait pas, à cause de mon frère, c’était l’impératrice qui lui succédait souvent, dans mon « moi intérieur », comme si les deux étaient indissociables, eux aussi… d’une certaine manière, oui, ils l’étaient… mariés, amant, amour spirituel et intellectuel sans l’ombre d’un doute. Déjà de son vivant j’avais, sans mentir, flirté avec mes vœux de vérité, sentis sa peau, sa chair contre la mienne, et qu’Elrich m’y ai poussé ou que l’impératrice, sans le savoir, m’ait attiré à elle, le résultat était le même, j’avais dégusté quelque chose qui ne m’étais pas destiné. Aujourd’hui encore je le regrettais, je m’en voulais. Comment aurait-il pu en être autrement. Après tâtonnement je l’avais découverte quand elle se laissait aller avec mon frère, ou le pensait-elle. J’étais alors devenu l’enfant que son frère encourage à monter sur un tabouret pour gouter, le matin, la tarte préparée par sa mère pour le repas de midi… fautif, coupable, sans aucune circonstance atténuante. Et le gout de ses chairs était resté, la caresse de ses lèvres, la douce palpitation de son cœur après l’effort contre le mien… ressentir le plaisir de la communion avec un être du sexe opposé comme jamais ou pas loin… croquer chaque opportunité qui se présentait, chaque plaisir coupable, chaque péché mignon, comme tant de friandises, comme si je me gavais en attendant que ce délice me soit retiré car il ne m’était, après tout, pas destiné… un frisson me parcourut. J’avais l’impression de sentir de nouveau ses doigts frais sur ma peau brulante, redessiner le contour de ma marque au fer rouge, de sentir la bise délicate de l’automne quand ses lèvres revenaient toucher mes lèvres… et je me reperdais. Parce qu’à chaque fois j’avais l’impression de perdre quelque chose… comme si je perdais un peu de ce qui me liait à Ameth au travers de mes vœux… je ne mentais pas, mais je n’avais pas l’impression d’être honnête, ni envers elle, ni envers Lui.

Et pire que tout. Ce dernier baiser entre nous. J’avais l’impression d’avoir trahi et spolié mon frère. Malgré sa mort. Jamais je n’avais cherché cela auprès de son épouse sciemment. Et quand bien même. Il avait toujours fallu me pousser pour que les choses fassent durant la vie de mon frère, durant son mariage. C’était une des conditions que j’avais fixé très clairement. Il avait dû venir me demander de faire cet acte à sa place à chaque fois, et jamais je n’étais allé le faire de mon propre chef. Pas de mensonge en plus de ce qui me déplaisait… oui, me déplaisait et me plaisait en même temps. Le plaisir coupable incarné ! Un plaisir qui se résumait au final, à un temps de culpabilité au bas mot cent fois plus grand que le temps de plaisir… rien de bien équilibré en somme… et beaucoup de regrets. J’aurai dû refuser dès le début, le laisser se démerder avec, le laisser se débrouiller comme un grand garçon, et attendre que tout cela lui passe… mais non, j’avais craqué, j’avais cédé aux idées de mon frère… et plus j’y repensais avec le recul, plus je me disais que notre oncle aurait bien été capable de la lui souffler. Vieillard retors… il nous enterrerait tous sans doute tant il était rusé… un excellent joueur de Royauté…

Tout cela remontait d’habitude, avant de s’estomper au fur et à mesure où je faisais le vide. Mais pas aujourd’hui, comme si ce soir, c’était différent. Rien pourtant ne permettait de différencier ce jour des milliers que j’avais vécu et que je vivrais encore ! Mon calme, ma sérénité, mon nirvana, volait en éclat alors, en général, et je devais alors produire des efforts de tous les diables pour que puisse reprendre ma concentration et finir ma méditation sur des éléments plus neutres, triant la journée dans son positif, son négatif, dans ce que je faisais pour appliquer les préceptes que j’avais appris avec foi et plaisir. Belle journée. Mes sermons avaient été clairs, et le reste de la journée avait été lié à beaucoup de correspondance en retard à régler, notamment pour un sommet qui se déroulerait à la fin de la semaine. Je devrais, pour une fois, me joindre aux autres hauts prêtres et prêtresses pour une discussion acharnée afin de savoir si enfin, Ameth serait là pour l’audience du choix. Chaque année cette discussion se tenait, et chaque année tout se passerait comme l’année précédente : les serviteurs d’Ameth auraient un non propre et un rendez-vous ^pour en discuter l’année suivante… perte de temps.

Encore une digression… la concentration était difficile aujourd’hui... autant laisser tomber !  Je soupirais et me relevais péniblement. Combien de temps avais-je passé dans cette position ? J’approchais un cierge – oui, je n’avais plus de bougies alors j’utilisais des cierges – de l’armoire. J’aurai déjà dû être couché depuis des heures… j’avais encore une journée difficile à venir, et je ne me voyais pas faire nuit blanche, comme tous ces fringants jeunes gens qui s’amusaient ville… mais s’amusaient-ils vraiment ? Faute d’avoir sommeil, j’errais dans mes appartements, allant voir un peu à la fenêtre. Aucune lumière dans la ville non plus. La panne était généralisée… comme quoi, il n’y avait que les bougies qui étaient valables. Je regardais un peu alentour… jamais Ambrosia n’avait dû voir un pareil ciel étoilé, le Berger était là, sa Dame à ses côtés… on voyait la couronne de Neiman comme si elle ornait Séléné d’une tiare parfaite… je percevais même le cheval noir… comme c’était magnifique… j’en avais des frissons. Et voir ainsi l’astre sélénien plein, lumineux comme jamais… elle avait ravi toute la lumière du palais pour se l’approprier un moment… je restais ainsi, songeur, avant de me dire qu’il était définitivement trop tard. J’étais un homme raisonnable, aller me coucher devait être la meilleure chose à faire…

Mais je trouvais mille et un prétexte pour m’empêcher d’aller dormir. J’avais soif et faim, d’un coup, alors je me rendais dans mon petit salon où il y avait toujours quelques petits fruits secs dans une coupe et une carafe d’un délicieux vin de noix de chez moi. Je m’asseyais dans un fauteuil, les yeux dans le vide, en savourant une coupe, toujours habillé de ma bure de la journée… et sentant que je commençais, enfin, à dodeliner de la tête, je me levais afin de me rendre dans mon lit, me dévêtant au passage sur le valet de bois, où je pliais et rangeais bien soigneusement mes affaires, comme à mon habitude. Difficile de faire plus ordonné que moi. J’aimais l’ordre, la discipline. Et trop de choses étaient actuellement différentes, dans ma vie, dans mon quotidien, pour que je m’y sente complètement à l’aise. Pas assez de routine ? Peut-être... je n’aimais pas l’imprévu. C’était un trop grand chamboulement. C’était pareil, cette histoire, là, avec la mort du roi Lamwin, on risquait de se retrouver avec une guerre civile sur les bras entre les duchés d’Eskr… tant de travail à venir… ça allait être infernal. Il fallait que je dorme maintenant que je sentais que j’allais bientôt y réussir.

J’écartais les draps. Il ne s’agissait pas de draps confortables comme les courtisans les aimais. Ils étaient de facture simple, unis, et l’absence de motif allait de pair avec l’absence de décoration ou la simplicité des meubles. Une simple table de nuit efficace et sans fioritures, un lit au cadre de bois minimisé. Et on pouvait très bien voir s’il y avait plus de lumière, la place de bois sous le dernier matelas, très fin, pour assurer une bonne dureté et une bonne droitesse du dos. Je m’installais bien confortablement et prenait mon chapelet pour les dernières prières avant de sommeil. Les espoirs pour demain. Et je fermais les yeux. Pour prier. Mais ma position assise, révélant mon torse musculeux, ne prêtais pas à confusion ; je ne dormais pas encore.

Un grincement se fit entendre dans le silence de ma chambre. Le bruit du passage secret était trahi par ma volonté. La porte dissimulée grinçait toujours… personne ne pourrait me surprendre, surtout que je n’avais pas un sommeil très lourd, au contraire ! instinctivement, je posais ma main sur mon bâton, au bord du lit, avant même de rouvrir les yeux, lâchant mon chapelet, du même coup. Je m’apprêtais à faire une semonce quand j’entendis la voix et vis le visage. Lilith. Que faisait-elle ici ? Je me relâchais un peu, lâchant mon arme pour la regarder, alors qu’elle parlait, mise en valeur par les chandelles, dont les flammes plus ou moins vaillantes, plus ou moins vacillantes, teintaient son visage laiteux de couleurs plus chaudes. J’avais envie de m’éloigner, alors que déjà, certaines pensées m’assaillaient… et plus les secondes s’égrenaient, plus je comprenais pourquoi elle venait ici et je me taisais, la laissant me repousser sur le lit, la laissant s’installer face à moi, ses jambes de part et d’autres des miennes… non… c’était tout sauf une bonne idée. Nous le savions tous les deux… mais ses lèvres carmines vinrent toucher les miennes… et j’eus envie de céder. Complètement entièrement. Ce ne fut qu’à moitié et tandis que j’y répondais presque malgré moi, je saisissais ses épaules, faisant davantage glisser sa tenue de soie, révélant la voluptuosité de sa courbe, en voulant la repousser un peu, mettant fin à cette bouffée d’oxygène.

« Non. Surtout… Surtout… surtout ne pas… ce n’est pas une bonne idée…. Lilith… »

Mais j’en avais envie… je le savais, je voulais le repousser… mais comme si je commençais à lâcher prise, doucement, ma main vint caresser son épaule délicieusement dénudée, remontant sur sa joue, glissant vers sa nuque, l’attirant à moi pour un baiser plein d’envie, comme si c’était par ses lippes et elles seules que passaient sa survie… j’en frissonnais… mon autre main glissait doucement autour de sa taille pour l’approcher davantage de moi alors que le baiser durait.

« Vous… vous devriez retourner… dans… votre… chambre… c’est… »

L’idée me frappa comme un coup de tisonnier brûlant alors qu’elle me venait. Oui, je savais ce que c’était J’étai stout aussi désireux qu’elle, mais j’en étais meurtri… Elrich… j’avais envie de hurler car j’avais l’impression de le trahir tant et bien que j’en avais honte. Je la repoussais, pus sèchement, bien que mon intention ne soit pas de la brusquer…

« Nous nous comprenons très bien… mais… nous ne devons pas… ce serait mal… très mal… et… et… »

Et je cédais, moi aussi, voulant tout cela moi aussi…. La désirant tant et si bien que je ne finis pas ma phrase. Incapable. J’étais incapable de lui dire stop… j’étais incapable de me dire stop. Et si j’en éprouvais de la culpabilité, l’envie, le désir de la chair, réussit à refouler cette idée. Réfléchir aux conséquences plus tard. Pas exactement mon habitude. Sa faute ? Ma faute. Je n’étais pas assez fort. J’étais même très faible…

Je la saisissais de nouveau et dévorais ses lèvres d’un baiser plus que vorace.

Le Protectorat avant embrasé l’Empire.
Et nous seuls pouvions mettre fin à l’incendie.

Aucun de nous ne le voulait.


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Mar 16 Mai 2017 - 14:44
La porte grince, le son résonne, elle couine dans la nuit, dans un son pourtant presque abstrait à mes oreilles, autre chose tambourine, frappant sans ménagement ma cage thoracique. Ce n’est pas de la peur, ni de l’appréhension mais de l’adrénaline, je veux, je fais, et je pourrais me perdre. Qu’Aernia veille sur mes actes, ils sont agités par un désir sincère, d’une seule créature, d’une seule autre personne et dans l’agitation de cet instant, je dévoue mes prières à la créatrice de toutes choses, lui avouant que je le désire et que j’en ai envie, que je ne voudrais pas être ailleurs…et que je ne sais comment comprendre vraiment tout ça.
La porte grince et je reste, à la lueur de la bougie quelques instants à le regarder, ainsi dévêtu, ainsi imposant, ainsi charismatique. De sa stature, je pourrais frissonner, je savoure pourtant une émotion ardente au fond de mes entrailles, nul homme ne me parait si dominer le monde et c’est affreux, je le dis, je le pense, jamais je n’ai vu cela chez mon défunt époux et c’est pourtant bien tout ce que je n’ai jamais eu : un être de force, de présence et de prestance aussi masculine que celle qui se trouve en face de moi, en cet instant.

Dans mes mots soufflés, je trouve une force, ma main sur son torse effleure ce signe sur son poitrail, cette marque amethienne qui me regarde comme si j’allais enfreindre milles lois de leur descendant divin. Qu’importe. Il ne dit rien, je fais, je le repousse, je me laisse porter, chaque jambe autours des siennes, le bassin épousant le sien, je me sens étrangement légère. Mon cœur bat toujours trop vite, l’adrénaline. J’ose, je fais, je désire…

Mes mains glissées à sa nuque effleurent la naissance de ses cheveux, jouent à s’y fondre, mais alors que mes lèvres empressées prennent les siennes, il me repousse, à peine, assez, le tissu découvre la chair, avoue,révèle, montre et je me sens impudique sans crainte. Pourquoi l’être ? Dans des ténèbres ses mains ont connue, pourquoi ne point laisser maintenant, ses yeux s’y plaire ?

Je voudrais voir ces pupilles sévères me regarder plus nue que l’univers à sa conception, cet homme si sérieux, si sage, parfois sévère comme bienveillant, cette créature fanatique…je veux la dépareiller tout en sachant ce qu’elle est. Savoir qu’il porte bure et pourtant la lui retirer. Je n’ai jamais su discerner combien Everard est un homme, un homme comme je les désire, puissant et indétrônable ou presque. Un personnage dont j’ai omis l’existence mais qui pourtant aurait du se poser dans mon regard dès le début.
Pourquoi ne pas l’avoir vu ? Pourquoi voir un autre que mon époux ? Je me le suis permis avant, avec Hélène mais après…il n’y avait aucune raison…

J’ai oublié les autres, je les ai occulté, on connait mon gout pour l’infidélité mais voilà…aujourd’hui je le vois.

Eloignée, je le regarde, la bouche entrouverte, le souffle profond, le picotement de sa barbe reste autours de mes lèvres dans une sensation fantôme. Il ne veut pas,essaye de lutter, mais sa main à l’inverse, glisse sur ma chair et je ferme les yeux, un frisson terrible envahit l’esprit, le corps, et dans l’élan de mon corps attiré par la nuque, mes mains viennent saisir son visage en coupole et répondre à son baiser, avec envie, le corps se pressant au sien, pour m’y lover sans honte, sans crainte, simplement agitée par une évidence d’envie et de désir.

Pourquoi me repousser ? Je ne parviens pas à m’éloigner, je ne veux pas, je soupire, repoussée, plus brusquement qu’il ne le faudrait. Je suis incapable de parler, ou de prononcer quelques mots, je le regarde hésiter mais je sais…je sais. J’ai cédé avant lui, en venant ici j’avais cédé, décidé, et je sais que c’est son tour. Avoir honte ? Plus tard, penser, culpabiliser, je lui laisserais le choix d’accentuer, réponse pour réponse ma bouche s’irradie de la sienne, nous en sommes à l’embrasement.

Les corps se trouvent subitement, je me souviens de nuit, à moitié endormie, surprise par des élans fougueux, partageant sans le savoir, des instants de fièvre rapide, me laissant toujours pourtant sans contrôle, me limitant à être saisie, réalisant trop tard, abdiquant trop tôt, ce soir, ce n’est pas le contrôle que je désire, loin de là, mais je veux prendre en même temps, saisir, offrir, ne plus être seule dans la sarabande de la chaire, je ne veux plus être prise au dépourvue et assoiffée d’une pulsion brûlante, l’insatiable se saisit de moi.

Les corps chutent, sur le matelas ferme, et de ce mouvement déjà pressé s’intensifie les gestes, précipitation ou avidité, appellent à la combustion des chairs. Point de temps, de douceur, de langueur, pourquoi faire ? Ce n’est pas ce qui est désirée au fond, ce n’est pas ce qui est cherchée, ce n’est pas ce qui nous va. Car au dessus des couvertures, il faut s’en rendre à l’évidence, Everard et moi n’avons eu que des gouts incertains de tout, du potentiel, des possibilités, et il est temps de cesser ses choses. L’Empire a des besoins impériaux, qui le rendent déraisonnable et sous cet étendard de vérité, je le confie sans détour, je ne demande rien de plus, que l’assouvissement, vif, entier, brusque, même rapide s’il le faut, sans fioriture, sans rajout, d’une pulsion étouffée, maîtrisée, trop contrôlée, il y a désormais fuite.

Les corps s’assouvissent, précipitation ou besoin de prendre dans l’absolu, besoin de satisfaire, ils se dévorent, sans pensée, ou réflexion, guidés par des instincts sans frein, l’un vient à l’autre. Au fond de mon être, je ressens une plénitude de plaisir, empressée, demandée, suppliée, gémissement électrique qui fusent hors de mes lèvres, j’en perds toutes notions de contrôle, et dans ce palais calme, il n’est nulle doute qu’au lointain, à l’oreille tendu, on soupçonnera un couple en plein ébat en ignorant de qui il s’agit.

Mais nous, nous le savons, l’empressement donne aux cuirs l’humidité de l’effort, les chairs résonnent à la communion des ardeurs, les gestes se pressent, se demandent plus vifs, et mon propre corps, dans un mouvement se tord, il reste sur moi, tenu par un de mes bras, le peignoir de soie, chutant à moitié sur le sol, il reste sur lui, tout ce qu’il portait encore et l’être retombe délicatement sous l’effort, brutal et possessif, sur son torse. Je glisse sur le coté et le silence règne, un instant.

Satisfaisant ? Quel mot pourrait le dire en vérité, car il n’y en a pas. Je sais, maintenant, en a-t-il conscience ? Je sais…et je ne veux rien en dire, le corps sur le lit, une main sur le ventre, une erreur est commise, j’y pense peu pourtant et je sens encore sa présence dans mes entrailles, je souris, mordant le bas de mes lèvres, fermant les yeux. Les joues pourprées par la rosée de l’effort, il n’y a pas de honte, pas de peur, l’envie….de recommencer.

L’autre main perdue sur le matelas, je me tiens à sa gauche et je crains sa réaction maintenant, parlera-t-il ? J’ouvre le regard pour observer le plafond et consciente de ce silence, nullement désagréable, au contraire, pas pour moi. Mais lui ? Un mouvement me permet de glisser mon corps sur le coté, près de lui et je reste silencieuse, alors que la tête appuyée sur ma main, mon coude sur le matelas, je l’observe. Je n’ai envers lui point de sentiment de tendresse amoureuse, comme j’en ai connu, je voudrais ... je l’ignore.


-Puis-je rester ou me détestez vous ?

J’ai besoin de le savoir car moi, je ne me déteste pas. Et c’est terrible…

L’Empire et le Protectorat embrasés,
Il siège des braises ardentes,
Un geste seul suffirait à les ranimés
Sans que la chose ne soit au fond troublante….


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Mar 16 Mai 2017 - 21:24
Oui. Non. Difficile à dire. Je ne savais même pas ce que je voulais. Est-ce que je voulais céder à ses avances ? Je n’étais pas sûr de le vouloir. Est-ce que je devais la repousser ? Je n’étais pas sûr de le pouvoir. Vouloir et pouvoir étaient deux choses qui semblaient bien vouloir m’échapper aujourd’hui… ça me posait problème ? Oui, évidemment ! Celui de ne pas être capable de garder le contrôle comme je le voulais… cela m’ennuyait profondément… et d’un autre côté… d’un autre côté… d’un autre côté, il y avait un soulagement. Puisque je perdais le contrôle sur la situation, ce n’était pas une vraie faute si je cédais, si ? Si, bien sûr que si ! Je devais lutter, lutter, mais je ne le voulais pas vraiment… je me retrouvais à devoir choisir entre le moralement inacceptable et le physiquement inévitable… car oui, je savais que ce n’était pas bien, je savais que c’était mal, alors que nos corps se serraient, et que peu à peu elle se révélait, que peu à peu, nous cédions à une passion dont je n’avais qu’un vague souvenir et dont elle ignorait tout ! Cette passion j’y avais déjà cédé par le passé, parfois avec tendresse, parfois avec brusquerie, parfois avec hésitation, parfois avec fougue. A chaque fois j’avais brisé toute digue de la morale. A chaque fois je m’en étais senti coupable. Au point d’avoir hésité à en parler à mon oncle. Mais j’avais renoncé. Il m’avait convaincu d’y renoncer. Et de recommencer. Encore. Encore. Et encore. Depuis les débuts de leur mariage, une à deux fois par trimestre… c’était beaucoup ! Trop, même comme je lui disais si souvent, à chaque fois, même. Les regrets seraient toujours là. Alors pourquoi est-ce que je continuais à hésiter, au juste ? Difficile à dire ? Peut-être un relent de peur vis-à-vis de comment je me sentirais après ? Evidemment !

Mais peu à peu, entre ses lèvres et sa peau contre la mienne, peu à peu les derniers moments de doutes, les dernières hésitations ! Elle avait balayé toutes mes digues comme une rivière en crue après une mousson. Je lui souris un peu faiblement, savourant sa peau sous mes lippes, puis, descendant peu à peu, goutant à sa peau, goutant à elle, me laissant envahir avec l’impression de me faire happer par quelque chose qui se trouvait en moi et que je réfrénais autant que faire ce peu jusque-là ! C’était fini. Je me laissais aller au plaisir, sentir, comme avant, son corps contre le mien, son bassin soudé au mien pour une seule et même cause commune : le plaisir ! Et tout le reste devenait secondaire, elle seule devenait absolu, et notre envie commune devait le seul horizon. Et quand cet horizon fut atteint, il en restait plus rien, il ne restait plus que deux corps, fatigué par la chevauchée fantastique, comme l’image de cette chasse sauvage, survolant les terres au simple bruit de la cavalcade de la proie, du chasseur, des chocs des corps qui allaient à la rencontre l’un de l’autre dans cette délicieuse valse de chair qui laissait pantelant, ravi, et terriblement conscient, quand les corps se réunissaient et retombait, une fois le péché commis, la trahison, consommée… et les chairs enchevêtrées qui continuaient de communier, de jouer à la marée, flux, reflux, monter, descendre, pour mieux nous effondrer quand nous eûmes fini, en sueur, haletants, comblés, mais… mais moi, je me sentais mal à l’aise…

… et là, elle posait sa question. La détestais-je ? Difficile à dire en fait. J’hésitais en alternant entre un sourire et une profonde déception envers moi-même… elle n’aurait pas dû venir, je n’aurai pas dû céder, et nous n’aurions jamais dû en arriver là. C’était une grossière erreur, et pas la seule de la soirée, même si je ne m’en étais pas exactement rendu compte… je lui souris, plus gêné qu’autre chose.

« Je suppose que ça ne me dérange pas que tu restes. Au point où nous en sommes. On a fait une énorme bêtise… et je ne t’en veux pas, c’est à moi que j’en veux, d’avoir cédé. Je n’aurai pas dû. »

Même si j’avais une certitude, celle qu’Elrich avait assurément dit que j’avais bien fait, je n’aimais pas l’idée de ce qui venait de se passer. Oh, j’avais aimé. Mais je n’aimais pas la situation… et sans aller jusqu’à dire que j’avais beaucoup de mal avec l’idée d’impériale galipette, après tout, ça je connaissais bien. L’idée de faire lesdites galipettes avec la veuve de mon frère avait un côté un peu… glauque ! Oui ! Voilà ! C’était glauque ! C’était malsain ! j’en eu un frisson.

« Je ne vous déteste pas… je me déteste… »

Oui, c’était vrai. Une confidence sur l’oreiller. En l’état je me détestais bien plus que je la détestais… j’hésitais profondément entre l’idée de la faire dégager de mon lit à la garder à mes côtés un peu, comme pour essayer de me servir d’elle pour me sentir moins coupable… j’aurai bien volontiers prié, mais pas avec elle à côté de moi… je me tournais sur le côté pour la regarder, nue, sur mon lit, dont les draps seraient à changer… d’un coup je me sentais presque sale. J’avais besoin d’une douche… alors je soupirais.

« Tu… »

Oui, définitivement, le tutoiement était étrange, mais il était de circonstance.

« Tu ne crains pas que ton absence ne passe pas inaperçu ? »

Une manière discrète de lui conseiller de retourner à son appartement ? Si… évidemment… mais peut-être pas clair…


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Mar 16 Mai 2017 - 22:23
Me déteste-t-il ? Voilà une étrange question. J’aurais aimé qu’il me déteste, un peu, pour pouvoir lui dire que moi aussi, j’éprouve cela, mais il n’en ait rien. Rien de cela, je me sens bien, allongée sur ce lit, contre lui, le monde extérieur loin de nous, loin de moi. Moi qui n’ait toujours que trop conscience de son existence, me voilà à m’octroyer le droit de m’en foutre un peu, juste un peu.
Mais face à toutes mes forces et mes humeurs, mon orgueil et mes certitudes, moi, Lilith de Choiseul, Impératrice, dirigeante, n’offrant jamais à quiconque un droit plus qu’un autre, me retenant de tout, même de vivre librement, il vient s’intensifier sur mes pommettes, un rougissement. Moi qui ignorait ce genre de chose, un rougissement me vient. Il n’y a qu’un être que je tutoie en ce monde, c’est Hélène, qu’un être qui le fait c’est elle et le voilà à user de cela, sans retenue aucune, et je souris.

D’un sourire profondément satisfait et le regard mouvant, suivant le mouvement de ses lèvres à chaque mot prononcé, je souris. Cela me plait-il ? Je dirais que oui. Cela me dérange ? Non. Désirais-je faire de même ? Oui. Avais-je tutoyé Elrich ? Non, jamais. Pas une seule fois de nos vies, cela n’est jamais apparu comme une évidence, jamais je n’en ai eu le besoin. Nous n’étions pas cela, nous étions des amis, nous sommes aimés, mais pas cela.

Je laisse le silence, il me plait, j’ai envie d’entendre le feu crépiter, son souffle, entendre les mouvements, les gestes que nous faisons, que se détache de la quiétude, distinctement, chaque syllabe, de chacun de nos mots.

-Elle serait arrivée tôt ou tard, cela couvait, dès l’instant où l’odeur du savon est devenue une madeleine de Proust.

Il doit comprendre que je sais, que j’ai compris, avec habileté, je ne franchis pas la barrière du tu. Mais je réalise qu’il ne doit pas savoir de quoi e parle et ça me donne envie de rire. Je mords ma lèvre pour empêcher cela passant plutôt une main sur mon visage, je me sens trop vieille pour ce genre de chose, minauderais-je ? Ce n’est pas dans ma nature.

Au lieu de cela, pourtant, ma main retombe, les yeux perdus sur cette marque, je reste à l’effleurer du bout du doigt, plus fascinante pour moi que tout le reste, je ne dis rien, je ne sais pas quoi dire. Je le comprends peut-être en vérité, mais je me sens incapable de m’en vouloir. Alors sans réponse, je reste à son flanc, relevant le regard à ce nouveau tu et cette phrase qui me fait sourire et rire.

-Si tu as envie que je m’en aille tu peux le dire Everard. Je ne m’en fâcherais pas. J’aimerais vraiment avouer que je me déteste aussi mais j’en suis incapable.

Une inspiration par le nez, je me redresse, délicatement, les jambes trouvent le rebord du lit et d’un mouvement, je détache cette natte désormais à moitié défaite, mes doigts en crochets, je repousse les mèches noires, il ne voit que mon dos,et ce n’est qu’au bout de quelques instants que mon visage se retourne, je l’observe par-dessus mon épaule.

Je ne parle pas, pas encore, les prunelles azurées semblent figées sur lui, je pourrais parler, mais je n’ai pas envie. A la place, dans un mouvement félin, ma main trouve le matelas, mon corps suit le mouvement, je me glisse, je reviens, et je m’installe sur lui, pas tout à fait proche, appuyée sur mes mains de chaque coté de son visage, je reste ainsi à l’observer.

-J’ai envie de t’embrasser encore, de prendre le temps, de te laisser le temps…laisses-moi jusqu’à l’aube…je pourrais te convaincre, qu’au fond le mal que nous voyons dans tout cela a une part d’évidence. Je baisse mon visage, je m’arrête. Je ne te demandes pas d’abdiquer à mes idées, loin de là, la liberté des choix est nôtre, j’ai malheureusement fait le mien et il ne t’aidera pas à dire non.

Mais cela il le sait déjà hélas, et je voudrais parler, dire le nom d’Elrich me parait inconcevable, entre nous, là, maintenant, mais il faudra, alors je le ferais, ou pas, je n’en sais rien tout dépendra de ses mouvements désormais.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Mar 16 Mai 2017 - 23:58
Le silence aidait à réfléchir, et il aide à se morfondre accessoirement, aussi… donc bon, peut-être ne pas chercher trop loin. Il valait mieux en fait ne pas réfléchir, car quelle que soit la réflexion qui se présenterait, elle serait fort mauvaise ! bien mal à propos, et culpabilisante au possible… sans doute devrais-je faire pénitence cette nuit au lieu de dormir… sans doute… je soupirais profondément, hésitant quant à la suite… j’avais la certitude que j’étais le seul à être aussi mal après si peu. Regardant la jeune femme qui détachait ses cheveux pour être sans doute plus à l’aise. Puis je la regardais se réinstaller contre moi… deux amants coupables d’une situation qui n’aurait jamais dû être… je le savais, et elle aussi… mais je semblais être le seul à avoir du remord… mais bon, tout le monde ne pouvait pas avoir la même impression… chacun ressentait et voyait les choses de différentes manières.

« Ce n’est pas parce que nous avons cédé qu’il fallait forcément en arriver là… »

On sentait mon regret ? Evidemment ! Mais bon, je devais faire un effort sans doute. Je devais prendre sur moi et taire cela dans la mesure où, au final, cela ne changerait rien, et quitte à parler, autant se montrer constructif. J’aurai préféré qu’elle parte. C’était évident, mais si elle partait je me retrouverai seul à ressasser encore, encore, et encore ! Il fallait que fasse en sorte de ne pas me retrouver ainsi, comme je le disais… je restais silencieux, ne l’invitant donc ni à rester, ni à partir… je resterai presque amorphe, la laissant caresser du doigt la brulure qui ornait et ornerait définitivement mon torse. La preuve que j’avais été dans le premier monastère de platine. Important. Une élite, la preuve physique inaltérable que j’étais issu de ce prestigieux établissement ! mais petit à petit, je frissonnais. C’était agréable, et les chairs meurtris à jamais était légèrement plus réceptives aux différents contacts qu’on pouvait lui imposer… qu’ils soient volontaires ou pas d’ailleurs.

Finalement, comme pour tout recommencer, elle revint se jucher sur moi, et je plongeais mon regard dans le sien, sincère, livré à ma culpabilité et à ma honte autant qu’à mon envie de recommencer, et elle pouvait s’en assurer avec un autre détail. Forcément. Je la regardais sans rien dire, attendant comme un verdict de sa part. oh, pas comme si elle me paralysait, mais juste comme si j’étais de l’expectative de la suite, de la conséquence de la situation… toutefois, une fois qu’elle eut fini de parler, je lui saisissais les épaules et d’un solide mouvement de bras et de reins, je faisais pivoter la scène la faisant choir sous moi pour lui rétorquer, m’abandonnant à l’instinct et la pulsion, oubliant la raison.

« Et si tu obtiens ce que tu veux… qu’est-ce qu’il se passera après ? Quelles conséquences ? C’est ça la vraie question ! Si avant l’aurore tu me convaincs, qu’est-ce qui va se passer ensuite ? Ce sera recommencer encore, et encore, chaque nuit ? »

Je n’étais pas sûr que ce soit quelque chose de bien penser. Dieux me pardonnent mais il n’y avait qu’une seule manière de dire les choses.

« Une connerie… c’est bien tout ce que c’est… tu as besoin de réconfort peut-être, à cause de ce qui se passe, de ce qui t’entoure, à cause des jours qui s’approchent… mais on est en train de faire une connerie… »

Je me penchais et je déposais avec douceur mes lèvre sur les siennes, trop envie… je l’embrassais avec beaucoup de douceur avant de finalement conclure mes propos par ma seule proposition. Un peu comme un ultimatum.

« Cette nuit et plus rien d’autre. Jamais. »

Mes mains se crispèrent légèrement alors que je l’enlaçais, l’embrassant plus fougueusement, alors que nous communiions une deuxième fois…


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Mer 17 Mai 2017 - 8:01
A mes yeux, il y a quelque chose de très solennelle dans l’instant, peut-être pas pour lui, certainement pas pour lui, mais pour moi, il y a ce silence entre deux corps, seulement interrompu par les souffles, les mouvements, le tissu que l’on…bouge sous un geste, la tonalité d’un frottement, comme une esquisse interdite et suave, qui nous tient unis dans cet instant inévitable.
L’Amethien et l’Ambrosienne. Il se sent coupable, il regrette, une phrase le met en évidence et moi, terrible cupide de la chair, je ne réprouve pas ce que j’ai fais. Peu m’importe sa nation, peu m’importe nos nations, elles ne sont pas en jeu, je comprends qu’il y a la belle sœur et le beau frère unis dans une nuit trop proche peut-être de celle où ils parlaient et pleuraient la mort d’un frère et d’un neveu, d’un mari et d’un fils.

Mais en vérité, ai-je le temps de pleurer réellement ? Bientôt ils viendront donner de leur présence pour me dire qu’ils veulent m’épouser et un mois n’aura pas été suffisant, alors ce que nous avons fait, je l’ai accepté, je lui laisse volontiers regretter.

-Mais où allions nous arriver ? Incapables de rester dans une même pièce, rongés par l’envie d’aller au-delà, jour après jours, jusqu’à quoi ? Que tu parviennes à convaincre votre oncle de quitter ton rôle en Ambrosia ? Peut-être que j’exagère, pardonnes-moi, mais cette tension n’aurait pas pu simplement finir par s’étouffer. Je ne le pense pas.

Non car j’ai éveillé mon regard sur lui, bien entendu, j’aurais combattu mais je sais pertinemment alors que rien n’aurait jamais plus était. Nous aurions pris la fuite l’un de l’autre, peut-être est-ce mieux selo lui, moi je ne le crois pas. Et sous cette façon de penser j’en suis là. Ce n’est pas qu’un caprice, bien qu’il y en ait les atours, c’est plutôt une impulsion, voilà une chose que je n’ai jamais eue, ou alors avec Hélène et ce genre de chose ne me convient pas, du moins, en suis-je persuadée car je ne peux sortir du cadre de mon rang. Pas d’un millimètre en tous les cas.

Revenues à lui, voilà qu’il en parle bien de cette impulsivité, sans le dire, mais je comprends. Et je le regarde d’un sourire aux lèvres, chutée sous sa personne, grésille en moi des sensations avides, de nouveau, comme des besoins insatiables, qui je sais, ne demande que lui. Renversée sur le matelas e hausse les épaules, il est plus vieux que moi et j’aime cela, il a une maturité différente, une réelle maturité qui me plait et qui, ma foi, me mets en demande…

POurtant je ne réponds pas, je me contente de glisser ma main entre nous pour effleurer le bas de son ventre et le provoquer du regard. Moi, du réconfort ? J’aurais pu aller voir Hélène, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée de dire cela à Amethien, je ne voudrais pas qu’il perde cette vigueur renouvelée, au contraire. Bien au contraire.

Ainsi fut une nouvelle fois, et d’autre jusqu’à une dernière, sans parler, sans rien dire, plus tendre, pour éviter de parler, de celle qui vous prennent quand les corps fatigués se juchent l’un contre l’autre, et se câlinent, quand un baiser entame le mouvement, suivit par un autre, mais alors que les soupirs s’enflent, et que le regard prends conscience du retour de l’électricité, un hoquet saisit mes lèvres, moi qui était si délicieusement déconcentrée sur le monde.

-L’aube…c’est l’aube.

Sa bouche dans mon cou je frissonne et pourtant, je me redresse, saisissant au sol le peignoir, je le renfile, soulevant mes cheveux, je dois fuir. Non de lui…je m’avance vers le passage secret resté entrouvert et je m’arrête pourtant, une main sur le mur, je le regarde.

-Au fait, et pourquoi pas ? Peut-être pas chaque nuit, peut-être pas pour toujours, mais pourquoi pas ? Je ne te demande pas l’Amour, en fait je ne te demande rien…je ne veux pas de réconfort, je ne cherche pas à prendre quelque chose que tu ne veux pas vraiment me donner. N’as-tu jamais eu d’amante ? Je sais que tu ne peux répondre non à cette question. Penses-y, je ne te demande pas un arrangement, je ne te demande pas de satisfaire des besoins. J’ai envie de ça, avec toi, ce n’est pas la première fois que nous le faisons, mais c’est la première fois que nous le partageons vraiment. Non, laisses-moi finir s’il te plait.

L’arrêtais-je.

-Peut-être que nous trouverons une amitié après, une complicité, tout cessera dans un an tout au plus, nous n’avons pas d’Amour l’un pour l’autre, et nous le savons, du désir des envies, pourquoi rendre cela honteux ? Pour Elrich ?Mais il le savait avant nous. Tu ne le vois pas ? Il savait qu’il n’était pas fait pour ce monde et ce rôle, il savait que si j’avais enfreins mes règles de fidélités, je t’aurais vu avant. Alors, écoutes penses-y, ne me réponds rien maintenant parce que je vais m’enfuir dans les couloirs. Nous devions assister ensembles à une réunion cette après-midi et recevoir des délégations diverses, nous nous verrons là. C’est toi qui représente Ameth autours de la table. Ton oncle n’accepterait pas que tu délègues, autours de cette table, je serais Lilith l’impératrice, je te l’assure. Pas celle de cette nuit.

Et je m’en vais, rapidement, je ne sais si je l’ai convaincu mais nous verrons, je me faufille rapidement dans les couloirs et je cours, sans perdre une seconde, il me faut rentrer avant que l’aube ne se soit trop échappée, je me faufille et découvre les chiens dans la chambre d’Elrich…

-Vous avez attendu ici toute la nuit, mais…
-Ils couinaient votre majesté, je craignais…

Un sursaut me prends.

-Baptiste ?
-Votre grâce…
-Mais…vous…je…
-Dois-je faire préparer la salle de bain majesté ?-Je le regarde effarée.- Puis-je me permettre quelques mots votre grâce ?-Je hoche la tête. –Je vous ai surpris de la même manière il y a quelques années avec Mademoiselle de Valene et je savais, quelques jours avant, que vous iriez la voir. Puissiez-vous estimer, que je m’en doutais et que par dévotion à votre grâce et bien, je serais une nouvelle fois, le messager silencieux de vos affaires.Ainsi que je l’ai toujours été et que je le serais toujours. Pour l’Empire votre grâce.

Je retiens un rire et cache mon visage dans ma main un instant avant de le regarder.

-Et vous avez, il me semble, une allergie à votre cou qui forme comme un hématome. Je sortirais un col haut des chemises de jabot.

Et il se détourne pour aller ouvrir la porte….me laissant sans voix, un peu honteuse cette fois, je pose ma main sur mon cou et file vers ma chambre, avant de pouffer un peu et de lui offrir un regard complice. Ah Baptiste…


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Ainsi l'Empire embrase le Protectorat. [Everard] Jeu 18 Mai 2017 - 19:40
Elle avait raison. Ameth me pardonne, mais elle avait raison. Nous n’aurions pas pu continuer comme avant cela… ça aurait été fort compliqué. Nous n’aurions pas pu continuer à nous éviter, à ne pas nous parler. Au-delà du côté personnel, au niveau public, pire encore, au niveau politique, ce n’était pas viable, nous avions besoin de parler, nous avions besoin de discuter, de s’arranger, de se mettre d’accord, d’échanger. Et plus que cela, il y avait le décès d’Elrich et l’engagement que nous avions pris à vis de cela. Dans la chapelle et donc devant les dieux. Oui, ça commençait à faire beaucoup de bonnes raisons d’agir, même si l’acte en soi n’était pas une bonne idée. Je persistais et signais à ce sujet. Nous étions en train de faire une véritable connerie, même si je n’aimais pas le mot à cause de sa vulgarité, il était le seul que je connaissais à s’adapter vraiment à la situation, à correspondre exactement à la situation. Nous faisions bien plus qu’une bêtise, après tout !
Elle avait raison.

« Non, tu as raison, ça n’aurait pas pu continuer… »

Mais cela n’excusait, hélas, rien ! Et ce, même si nos pulsions nous poussaient l’un vers l’autre. Et nous nous laissâmes aller. Une nouvelle fois. Encore une autre. Combien de fois cette nuit ? Je ne le dirais jamais. Pas assez. Trop aussi, à bien y penser… mais bon, au moins quand le soleil se mit à poindre à l’horizon, entrant dans la chambre sans volets, dévoilant qu’il était l’heure de se lever, je la regardais. Nous n’avions pas dormi. Ni elle, ni moi. Nous étions rassasiés. Contents ? Hum… joker. Elle commençait à s’en aller mais s’interrompit pour parler, comme des mots d’au revoir pour ce moment… j’écoutais en fronçant les sourcils, je n’aimais pas ce qu’elle disait, sur la fin… surtout sur cette histoire de de pas la première fois… avait-elle compris ? Peut-être… j’allais le lui demander quand elle me dit de la laisser continuer. Alors je la laissais continuer. Je me contentais alors de lui lancer sur un ton un rien hésitant.

« Je… j’y serais… »

Oui, j’y serais… je ne pouvais pas me permettre de manquer cette réunion. Tout simplement ! Pour des questions politiques. Je lui souris et ne disais rien ! Il n’y avait rien à dire, il n’y avait rien à faire. Si, il y avait une chose à faire. Prier. Prier pour comprendre. Prier pour que tout se passe bien. Et, tout spécialement, prier pour faire le bon choix. Mais rien n’était gagné. Je prenais mes affaires et allait me coucher. Note : penser à faire changer les draps. Son altesse l’impératrice m’avait forcé à les user plus vite que prévu. Je demanderai à mon valet de s’occuper de cela. Pour ma part, j’allais me délacer dans une eau bien froide. J’avais besoin de me fouetter les sangs, de me mettre en route pour une bonne journée. Et rien de tel qu’une eau glaciale pour cela. Ensuite, direction mon boudoir avec ordre de ne pas me déranger pendant deux à trois heures. Oui, j’avais besoin de ça !


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