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 :: L'histoire Ambrosienne :: 3ème niveau de la cité :: Quartier des inventeurs

[CLOS]Sous les grimaces des nuits noires. [Marlyn]

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Amélia Clark
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MessageSujet: [CLOS]Sous les grimaces des nuits noires. [Marlyn] Mar 30 Mai 2017 - 11:37
Les ténèbres sont mes complices, elles m’avalent dans la nuit, m’entrainent dans le silence des rues, elles me dissimulent, j’aime leur présence complice, j’aime leur noirceur. Je pourrais rester des heures ainsi, dissimulée sous une cape, à suivre les passages les plus secrets de la capitale pour parvenir enfin, au cœur suintant d’ombre, j’entends les bruits indistincts des cliquetis de métal que font les tuyaux ancestraux.

Parfois quand la nuit est aussi noire, quand le monde s’éteint autant, quand la lune elle-même n’a pas envie d’éclairer la terre, j’ai l’impression d’entendre grincer les mécaniques haletantes de la cité d’Ambrosia. Alors que des chevaux hennissent au lointain et que des femmes hurlent ou pleurent, le vent fait chanter les rues de son haleine sinistre. Il court dans les ruelles une odeur putride et plus je m’enfonce dans les bassesses de cette orgueilleuse citée, se faisant maîtresse du monde, ordonnatrice des règles du jeu de tous, je reconnais son ombre vulgaire qui suinte de la lumière.

Je ne suis pas les entrailles les plus horribles de ce monde mais je compte y aller, il y a des chants que j’aimerais psalmodier, des litanies que je voudrais souffler, des prières que je voudrais donner et ce n’est pas aux temples des imposteurs que je pourrais apaiser mon âme.
Alors j’ai quitté une de mes boutiques, prétextant rentrer à pieds, en ayant feint une colère sur mes employés, me laissant ainsi le loisir de me retrouver seule. Personne ne souhaiterait m’avoir à son flanc en de telle circonstances et le visage caché me voilà partie.

Le contour d’une ruelle me fait presser le pas, silencieuse sous les apparats simples d’une robe noire et d’une cape d’étoffe lourde, je me glisse, mais une ombre malsaine se pose sur le devant de mon chemin, me faisant cesser mon pas, il n’y a l’habitude point de voleur ou de brigand si proche des temples et dans ce quartier généralement moins encore, pourtant quand il ouvre sa bouche, je ne scille pas et j’attends.

De son numéro classique, je retiens la vomissure de sa petitesse, de l’argent, sur moi ? Je n’en ai pas une roue, pas ce soir, la roue est un symbole des imposteurs, nous ne l’emportons pas devant le culte des nôtres, le danger va-t-il monter d’un cran ?  Je n’en sais rien, mais l’affable s’approche…


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Marlyn S. Wordsmith
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MessageSujet: Re: [CLOS]Sous les grimaces des nuits noires. [Marlyn] Mar 30 Mai 2017 - 12:55
« Va te faire foutre, connard ! Jamais, tu m’entends ? Et toi, arrête ton cirque, tu vas nous faire arrêter ! »

Trois hommes, donc ? Tout proches soudain, comme s’ils étaient emportés dans une course folle. D'où pouvait venir cette voix qui se répercutait sur les façades aveugles ? Trois bandits de grand chemin au moins ? Et furieux, à entendre celui qui parlait… Une première ombre surgit en se jetant du toit voisin, et atterrit sur un pauvre bougre – il avait l’arme à la main et s’y écrase dans un cri sourd. Le bandit furieux roule à terre et se relève sur un coude, tandis que sa victime prend la fuite sans demander son reste en comprimant sa blessure, certaine d’avoir affaire à plus forte partie.

Marlyn avait essayé d’ôter le masque de Gray.

Qu’est-ce qu’il lui prenait, à celui-là, depuis quelques temps ? Il se plaignait sans arrêt d’être fatigué, à bout de forces, il faisait même des malaises de temps en temps ; et pourtant il se débattait comme un renard étranglé par un piège. Son masque, rien que ça. Et sur l’arête d’un mur. Il ne se rendait pas compte des conséquences !

« Jamais, » marmonna encore Gray entre ses dents en se relevant pour réaliser qu’une femme se tenait en face de lui. Allons bon, avait-il par mégarde aplati son mari ? Il convenait sans doute de se faire pardonner. Quoiqu’elle avait plutôt l’air d’une veuve. Veuve joyeuse ? songea Gray avec un sourire équivoque. On respecte les veuves, ordonna Marlyn qui avait décidément du mal à aller dormir ce soir.

« Vous allez bien ? J’espère que je ne vous ai pas bousculée. Dans la précipitation, je n’ai pas vraiment… Où sommes-nous ? »

D’un regard à la ronde, Gray s’étonne : il n’est jamais venu dans ce quartier. Tout est si sombre ici, tout a l’air si morne, si triste… Il a bien envie de donner une fête pour relever cette ambiance qui dépérit, mais ils ne sont que deux. Lui accorderait-elle cette danse ? Il en doute, instinctivement. Et puis, à cette heure, impossible de dire si elle est blonde. C’est un trop grand risque pour qu’il s’y expose. Même Gray a ses limites. Au lieu de cette indécente proposition, il tend alors son bras tel un grand seigneur :

« Permettez-moi de vous escorter en lieu sûr. Qui sait ce que vous pourriez croiser de pire que moi dans les environs ! »

Il sait de quoi il parle. Il est lui-même pire que lui. Et puis, il a des amis louches... Pas celui dont il quitte à l'instant la compagnie, d'autres plus obscurs, plus masqués. Il a dû se passer quelque chose, parce que trois d'entre eux ont déjà disparu. L'un mort, paraît-il ; l'autre arrêté, dit-on ; le troisième - il ne se fait pas de soucis. C'est simplement une ombre qui est rentrée dans son mur, comme ça lui arrive souvent. Oui, ils pourraient le croiser, ou d'autres. Des meutes de loups sans nom, ça lui va aussi, on ne va pas toujours cogner sur des potes. Il ne va pas dire qu’il le souhaite, tout de même ; ça ferait peur à la pauvre dame ; mais le fait est qu’il n’y a rien de tel pour se distraire de pensées incohérentes qu’une bonne bagarre au bout des poings, et rien de tel qu’une femme pour être le prétexte d’une bagarre.


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Amélia Clark
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MessageSujet: Re: [CLOS]Sous les grimaces des nuits noires. [Marlyn] Dim 4 Juin 2017 - 22:48
Mais qui est cet énergumène masqué ? Un envoyé des élus ? Pourquoi faire ? Je ne crains pas les rues sordides…peut-être est-ce par la main de Om et Sehket qu’il est ainsi apparut. Je l’observe, silencieuse, la capuche dissimulant mon visage, les serviteurs des élus ne se révèlent pas, sans masque, ils n’existent pas. Nous nous sommes toujours protégés ainsi et nous nous protègerons longtemps encore de la sorte, car sous l’oppression des injustes, nous sommes en danger.
Les Amethiens ne brûlent jamais que des innocents et quand l’un de nous est capturé, nous ne lâchons rien.

Je souris à cette créature masquée, trois hommes en moins et une solitude de rues tristes. Il parle mais change de sujet, il semble être apparut comme un diable, sautant, gesticulant, se plaisant et je me content de sourire, avant de répondre.

-A quelques rues de lieux plus vivant…

Bien plus vivant, gorgeant d’esprits inventifs et agités, faisant des bims, des bams, des boums toute la journée durant, alors qu’ils cherchent, inventent, créent, et rafistolent. Il découvre et je l’observe, il parait s’éveiller au monde sordide des lieux. Je ne puis me révéler ou me condamner avec l’étrange, présage de mes visages élus dont je suis la servante, il est fort probable que le destin me tend la main. Jamais de ma vie je n’ai été arrêté sur les chemins des serviteurs, je dois y voir un signe.

-Pire que vous ? Vous semblez pourtant bien gentilhomme Monsieur, à moins que vous n’avez renversé ces créatures que par distraction…

Soufflais-je en glissant mon bras. Il me coute de me cacher et de ne point être hostile, mais je ne saurais faire autrement. Et dans les ténèbres fragiles de cette rue triste, voilà qu’une silhouette masquée et une autre encapuchonnées se donnent le bras, avec la plus commune des aisances.

-J’aime les traits métalliques de votre visage…

Soufflais-je en détaillant le masque, à demi-mot, nullement pour lui plaire, mais par intérêt. Il arrive de croiser de tout en la capitale et de ce tout découle beaucoup de chose, des frasques étranges aux comportements les plus fantasques mais je dois avouer que c’est la première fois que je crise un homme aux traits de métal…


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Marlyn S. Wordsmith
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MessageSujet: Re: [CLOS]Sous les grimaces des nuits noires. [Marlyn] Dim 2 Juil 2017 - 23:39
"Vous ne vous trompez pas," sourit Gray d'un air fin et mystérieux. "Vous ne croiserez pas plus illustre gentillhomme que moi ce soir, ni aucun autre soir, d'ailleurs."

Sa courbette alambiquée empruntait aux simagrées des valets de comédie, et au panache des réels matamores désargentés ; il fréquentait les deux, lors de ses errances nocturnes. L'idée de s'être recréé gentilhomme de métal, après la sévérité de sa déchéance, lui qui s'était toujours cru pauvre et n'aurait pas cru pouvoir tomber plus bas, était d'une séduction vénéneuse. C'était tout sauf un mensonge, quoique ça ne soit pas vraiment la vérité. Il s'était bâti une éthique, bricolé un domaine, rafistolé un orgueil. Il n'avait rien à envier aux braves gens des étages supérieurs, et s'estimait d'ailleurs largement plus heureux.

Cette dame ne s'y trompait pas ; il allait donc se comporter envers elle comme un vrai gentilhomme, c'est à dire... Allons bon, l'escorter certes, mais ensuite ? Perplexe, l'homme masqué se contenta de lui indiquer les ténèbres afin qu'elle le conduise, et de l'accompagner en réglant son pas sur le sien, attentif à toute menace envisageable, curieux des créatures qui les attaqueraient peut-être ici. Son esprit fantasque errait dans l'océan des possibles et y affrontait des krakens invraisemblables, en brandissant des étendards capturés sur place.

"Si vous voulez me remercier de mes bons et loyaux services, n'hésitez pas à m'associer à vos... divertissements nocturnes."

Gray étouffa un rire inconvenant derrière sa main ; il avait confusément conscience de s'exprimer davantage comme un adolescent à peine arrivé à la Cour du fond de sa campagne, que comme un homme de son âge. Et ça ne le dérangeait guère. La gène n'était pas une émotion pratiquée par cette partie de sa personnalité. Il était beaucoup trop amusé par leur conversation actuelle pour renoncer à son rôle de sauveur masqué sous prétexte de respecter il ne savait trop quelles convenances, ce qui se manifesta dans sa tirade suivante :

"J'aime aussi les traits métalliques de votre visage, mais je ne suis pas sûr que ce soit un compliment à faire à une dame comme il faut. En fait, je ne sais même pas si vous êtes une dame comme il faut. Eclairez-moi..."

Il aurait voulu qu'elle se vexe pour de bon, qu'elle lui colle une gifle et disparaisse en frappant le pavé du talon, faute qu'avoir une porte à claquer. Ou bien qu'elle le trouve fantastique et qu'elle l'entraîne dans ses folles aventures. Ou bien qu'elle soit contaminée par sa folie douce et se mette à rivaliser d'élucubrations avec lui ; il se serait fait un malin plaisir de lui prouver la supériorité acquise au cours d'un long entraînement. Il n'était toujours pas armé, c'était peut-être la seule chose qui le tracassait de manière récurrente. Déjà, un gentilhomme aurait été armé. Et ensuite... plus les secondes passaient, et plus ça lui semblait nécessaire.

Il repéra enfin quelque chose qui pouvait lui servir d'arme de substitution. Un tonneau brisé, qu'un commerçant peu scrupuleux avait abandonné dans l'allée pour s'en débarrasser, lui offrit un bouclier, le couvercle entouré d'un cercle de métal, et une épée, une planche désolidarisée du flanc éventré du tonneau. Il s'en empara en lâchant sa nouvelle conquête, et les brandit avec un cri de victoire. La bataille n'aurait peut-être pas lieu, mais elle était déjà gagnée d'avance.


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Amélia Clark
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MessageSujet: Re: [CLOS]Sous les grimaces des nuits noires. [Marlyn] Ven 14 Juil 2017 - 9:50
La cité Ambrosienne regorge de créature étrange, pour le style ils se pavanent, ou paraissent en d’autres cas ils sont vraiment fous et c’est dans le malheur de ces grandes villes, que l’on reconnait la folie la plus simple. Le personnage est métallisé, dissimulant les traits de son visage en partie, rien qui ne le rende en vérité méconnaissable et je pense garder ces traits en mémoire. Non que je puisse le retrouver un jour, en vérité, je ne cotoie que peu le bas peuple et je saurais qui il est, s’il était d’un titre intéressant : grand, dignitaire ou personnalité qui intéresse mon petit monde. En soit, il n’en est rien. Ainsi j’ignore bien qui il est. Et je ne vais point me risquer à quoi que ce soit, pour autant j’ai la sensation de ne pas être sortie d’affaire.
Il me faudra une arme à feu de femme pour ces soirs où je m’engouffre dans les ténèbres.

-J’ai su reconnaître en vous tous les atours d’un messire de bon cortège. Soufflais-je pour le garder dans ma poche. J’ignore qui il est, mais il me parait instable et je déprécie grandement les risques que je pourrais encourir. Hélas, mes divertissements nocturnes doivent être bien moins palpitant que les vôtres. Que pensiez-vous faire ?

Nul question de l’amener dans mes ténèbres, je ne risquerais point mon anonymat comme je n’encouragerais en rien d’effleurer la question. Il reste un inconnu illustre que je ne recroiserais certainement plus jamais et sous cette vérité de bonne augure, je ne suis rien de plus qu’une inconnue qui le restera.

La suite de ses paroles me fait hausser un sourcil, j’aurais été dans un public appréciable, j’aurais été cinglante mais en l’instant, me refusant à m’avouer ou à me révéler, je me contente de tourner mon regard et de hausser un sourcil. Sous ses frasques qui continuent je l’observe et je finis par me reculer d’un pas.

-Je suis une dame comme il faut, mais j’espère que vous ne vous armez pas contre moi.

Bien entendu je me glace d’inquiétude et je ne relève pas un bras devant mon visage, mais ce cri et ses mots ne m’encouragent pas…et s’il venait à m’attaquer, il n’y aurait personne pour le savoir dans cette rue. Il est probable que je devrais me défendre. Alors j’essaye de sourire, sans pour autant en avoir envie.



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