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Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard]

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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Mar 27 Juin 2017 - 17:31
La neige s’est mise à tomber, par la fenêtre face à moi, j’aperçois dans la nuit, les minuscules flocons qui glissent devant la vitre, apparaissant au grès de la lueur de l’électricité. Il fait chaud ici, le feu de l’âtre est vif, trop peut-être, la porte est entrouverte. Un tablier de cuir autours de mes hanches, par-dessus un pantalon et une chemise blanche ample, le bras mécanique sur la table d’opération remue ses doigts selon l’endroit où j’appuie avec mon tournis. Les automates sont mes amours, parfois, je travaille sur eux, parfois, je fais d’autre chose.

Mais je reviens souvent sur mes premiers amours. Le corps de métal se tient droit au centre de la pièce, un bras en moins, il est peut-être deux heures du matin, voir trois. Je n’ai pas réussi à m’endormir et ce n’est pas faute d’Everard d’avoir tout fait pour m’y encourager.
En y repensant, cela m’arrache un sourire, une pensée s’envole, et je secoue la tête. Nous amorçons l’hiver et ma couche est de plus en plus chaude, Baptiste veille sur notre secret et je suis en train de me demander où tout cela finira par nous mener.

Avoir parfaitement conscience que nous ne sommes que des amants je l’ai bien à l’esprit, avoir de plus en plus souvent envie de me retrouver dans ces moments d’intimité, et de les provoquer, ça devient déraisonnable. Un mot qui se glisse, un effleurement, un passage secret qui devient bouillant dans notre empressement, je ne sais pas ce qui va finir par arriver. Le Protectorat n’a envoyé encore aucun prétendant et j’ignore ce qu’il va faire, je commence à me poser des questions et cela me déplait. Parce que j’ai envie que Everard…

Il est inutile de terminer cette phrase. Tout cela cessera dans trois mois. Au printemps il faudra que ce soit terminé, plus j’y pense, plus je n’en ai plus le désir, mais plus facile ce sera. Je n’en ai pas parlé avec Everard, car je ne suis pas certaine de parvenir à dire stop, mais j’y pense. J’aimerais qu’on en discute, mais nous ne terminons jamais les amorces de cette discussion.

Quoi qu’il en soit, dans mon atelier, la porte entrouverte, je suis seule, à travailler, Everard dans mon lit, j’espère que l’un de nous deux pourra dormir. Un des chiens est resté avec lui, l’autre est avec moi. Je ne suis pas aussi apprêtée comme à mon habitude, les cheveux tiennent grâce à quelques peignes savamment installés, tenant la masse noire sans que j’ai besoin de me soucier du dérangement qu’il pourrait représenter

Je repose mes outils et redresse les différentes lentilles grossissantes des lunettes que j’ai sur les yeux, le grincement de la porte m’intrigue, et vu l’apparition première de Balor, je souris. Cela ne peut-être qu’un Amethien de ma connaissance.
Quand il passe le palier entre le bureau et l’atelier, une sorte de large couloir sans issu est remplie de chose et d’autre, notamment une de mes poupées d’enfance qui m’a inspiré les automates. Quand Everard passe, elle « parle » et balance un « maman » un peu bouffé. La poupée est mourrante, j’ai beau l’arrangé, elle finira par ne plus marcher.

-Je suis désolé, je n’arrivais pas à dormir…

Soufflais-je…

Trop de chose en tête, trop de pensée, d'agacement, je n'y peux absolument rien, c'est tout ce qui arrive qui appuie à mon esprit...


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Mar 22 Aoû 2017 - 23:03
La nuit était froide, pas dans la chambre, mais au dehors. En effet, la neige avait commencé à étaler de son linceul blanc les sols, épargnant les terres les plus proches du pilier central, sans doute. J’étais seul dans le lit impérial quand je me levais. Je regardais le réveil mécanique, il était déjà presque quatre heures. Je devrais bientôt regagner mes propres quartiers afin de procéder à mes prières matinales et mes ablutions. Quotidiennes. Cela se passerait très bien ! Personne ne se doutait de rien. Je ne pouvais pas m’empêcher de soupirer à la fois de plaisir et de honte face à ma propre duplicité ! Mais c’était bien ! Je restais un moment dans le lit seul en sentant une masse se caler par-dessus les draps contre moi… oh mais qui voilà ! C’était nul autre que Balor ! Oh la sale bête ! Je lui ordonnais de redescendre, ce qu’il fit de mauvaise grâce avant de se faufiler dans le passage secret. Je me levais moi aussi, pour aller voir un peu la neige tomber à la fenêtre, me propulsant des années en arrière. Oui, je me laissais aller à songer un peu car je devinais où elle se trouvait. Son laboratoire, ou son atelier, selon les endroits à l’intérieur de la pièce.

J’avais des réminiscences de la première fois que j’avais vu de la neige. Je courais sur mes dix-neuf ans. Et je voyais tomber, peu à peu, les flocons. J’avais beaucoup entendu parler de cela par les enfants… la neige , mais j’avais du mal à visualiser ça, même dans le nord du Protectorat d’Ameth. Il n’y avait comme linceul blanc que le blanc du sable dans certains coins mal irrigués du pays… mais bon, je ne pouvais pas m’empêcher, alors, d’être curieux. Et j’avais senti un flocon sur ma main. Quelle sensation étrange… je n’avais jamais eu que les pluies chaudes de la saison humide, par chez moi… ça avait été une expérience qui ne m’avait pas déplu, mais je n’avais tiré aucun plaisir à cela ! J’avais retiré ma main, l’avais fourrée dans ma manche et avait juste regardé au travers de la fenêtre le manteau blanc épouser les formes du paysage… quelle douceur… je restais encore aujourd’hui, malgré les ans, toujours aussi fasciné par les neiges qui se déversaient du ciel. Mais le plus beau n’avait pas été la tombée de la neige, mais ces grandes tempêtes qui forçaient les gens à rester chez soi… c’était tellement incroyable vu des plus hautes fenêtres du palais !

Me tirant de mes songes d’un instant, j’empruntais le même sentir qu’un certain chien à peu près bien dressé. Oui, un chien bien dressé ne montait pas sur le lit de sa maitresse, même quand il y avait l’amant de celle-ci dedans ! Enfin bref, je n’allais pas continuer à foudroyer le chien qui s’arrêtait à intervalle régulier comme pour m’attendre ! Oui, oui, je venais, inutile de continuer à m’attendre de la sorte, comme si j’allais me perdre… je grommelais pour moi-même alors que je continuais à suivre jusqu’à pousser la porte pour entrer dans l’atelier, débouchant sur ce que j’appelais le musée des horreurs… ou plutôt, on aurait dit un cabinet des curiosités mécaniques. Je passais l’entrée et notamment cette fichue poupée qui disait maman d’une voix un peu lugubre, et qui me filait froid dans le dos….

« Ne sois pas désolée, tu ne me dois rien, si tu veux aller travailler en pleine nuit, eh bien libre à toi… Balor est venu sur le lit pour me tenir chaud… »

Je souris et je m’approchais pour lui demander.

« Sur quoi travailles-tu ? »

C’était plus pour entamer la conversation que pour vraiment m’intéresser à son travail, non pas que cela ne m’intéresser pas, mais bon, j’avais parfois un peu de mal avec… en parlant je venais glisser mes bras autour de sa taille et l’embrasser dans le cou avec douceur... 


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Mer 30 Aoû 2017 - 22:27
Je ferme les yeux, enjoignant ma main sur la sienne alors que je sens son corps dans le creux de mon dos. Si mon oncle savait ce qui se passait là, maintenant, il veillerait à me rappeler que je n’ai pas le droit, d’éprouver ce que j’éprouve. Suis-je en train de perdre la tête ou de simplement aller trop loin dans l’autorisation ? Je crois que la seconde phrase est la plus juste, je vais trop loin, je me laisse trop emporter, ce n’est pas bon, je le sais, je vais y remédier, rapidement.

-j’essaye de voir si je peux améliorer certaines petites choses sur des rouages d’automates. Rien de bien intéressant, mon plus gros projet est sur le tableau noir.

Je tourne le regard vers le tableau qui se tient sur un mur. Dessus, les dessins de la craie montre un appareil sans chevaux, les croquis d’un moteur et autre pourraient faire comprendre que je cherche une nouvelle énergie pour des moteurs performants, je me suis un peu intéressée à l’or noir, mais il n’est pas assez important et je ne sais pas, ça ne me plait pas…

-J’ai trop de chose en tête, ça n’avance pas.

Je pousse un soupir et me tourne vers lui, déposant un baiser sur ses lèvres, je préfère quitter ses bras, sans pour autant montrer clairement que je le fais par volonté, je me détache tout simplement de lui, enlevant le semi-casque de lunette grossissante d’une main, l’autre a pris la sienne et je l’entraine vers un des fauteuils.

-Il faut que l’on parle.

Je souris, il peut s’assoir, ou pas, je n’ai pas envie de mentir à Everard, mais comme Elrich le savait, je suis incapable de me livrer réellement et si on me laisse faire, je vous laisse des mensonges. Nullement mauvais, seulement ils voilent généralement les natures de mes véritables sentiments.

-Je pense que nous devrions arrêter après le bal, de nous voir aussi intimement. Une rumeur commençait à courir sur le fait que j’annoncerais un candidat le soir du bal, je n’en avais rien évoqué avec lui, cela…ne le concernait pas en tant qu’amant, c’était une chose, un fait, nous distancions tout ce qui concernait le monde de notre relation. qu’est-ce que tu en penses ?

Toujours à tout prendre si rationnellement…j’aurais aimé dire que je n’en avais pas envie,au fond, je voulais qu’il soit ce qu’il était, pragmatique, concis. Je sais qu’il n’y a pour lui pas de sentiment profond, en tous cas, je le crois, il suffit juste qu’il me le rappelle par son attitude et quelques mots et tout irait pour le mieux, je saurais tout à fait être rationnelle, la raison plutôt que le cœur.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Mer 30 Aoû 2017 - 23:04
Je regardais rapidement un regard rapidement son tableau noir, ça m’avait l’air bien compliqué et je n’y comprenais goutte, le seigneur Ameth seul savait ce que ce pouvait être cette machine infernale qu’elle voulait inventer. Mais soyons bien d’accord sur un point bien précis :  Nous savions, elle comme moi, que c’était parce qu’elle ne dormait pas qu’elle travaillait, et pas que parce qu’elle travaillait qu’elle ne dormait pas. Cela peut vous sembler un peu emberlificoté, mais c’était très simple : si elle ne dormait pas, et donc qu’elle était venue travailler, c’était parce qu’il y avait déjà quelque chose qui la travaillait. Cela signifiait juste que je devrais sans doute l’écouter, et échanger avec elle, de manière complètement informelle sur le sujet. Je verrais bien ce que cela vaudrait, mais je ne savais pas pourquoi, je sentais que ça ne serait pas forcément une question plaisante…

« Je me doute bien… »

Oui, enfin bon, c’était l’évidence que ça la tracassait, et je continuais à penser que la discussion allait être peu agréable quand elle se détacha de moi. On ne me la fait pas, je la connaissais assez bien pour savoir qu’elle avait voulu se dégager volontairement ; Mais j’en prenais peu ombrage, à quoi bon ? Il y avait un temps pour tout. Et le temps n’était clairement pas aux câlins… et si elle voulait parler, eh bien parlons un peu !

« Parlons donc ! »

Je m’asseyais sur le fauteuil, bien que je ne m’y installe pas, je restais assis droit comme un « i », attendant de voir de quel sujet elle voulait parler, même si je devais avouer que j’avais une petite idée. Il était question sans doute de cette rumeur sur le moment où elle choisirait son prétendant… je ne savais pas trop quoi en penser… cela me semblait un peu précipité… je lui souris et attendis d’entendre ce qu’elle avait à dire. J’avais mon hypothèse été j’étais curieux de savoir ce qu’elle pouvait avoir à dire à cela… et je fus à la fois ravi et un peu déçu d’avoir raison… mais puisqu’elle me donnait son avis, j’allais le lui donner, aussi honnêtement que possible.

« J’en pense… j’en pense des choses diverses… d’un côté je pense que c’est en effet le mieux à faire. Si nous ne parvenons pas à nous arrêter, cela pourrait devenir dommageable… donc je pense que sur un plan complètement pragmatique, c’est une bonne idée, même si à titre personnel je le regretterai. Mais nous sommes des adultes non ? »

J’avais tenté de garder un ton assez sobre et monocorde. De plus, je me disais très clairement une chose :  y mettre fin signerait la fin de mon dilemme, de mon cas de conscience. Mais je n’avais pas envie d’arrêter… et d’ailleurs, suivant mes vœux, je le lui dis, peut-être un peu abruptement, peut-être, mais bon, d’un autre côté, il n’y avait pas mille et une manière de présenter les choses…

« Mais je ne le veux pas. »

Enfin bon, autant se raisonner.

« Mais bon, nous ne faisons, ni toi, ni moi, ce que nous voulons. Nous avons eu une parenthèse où nous étions libres, cela ne pouvait durer et nous le savions dès le départ. Non ? Ou espérais-tu que je me déclare prétendant pour pouvoir continuer ?


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Mar 5 Sep 2017 - 13:25
-Pourquoi ne le veux-tu pas ?

Je ne devrais même pas demander, en fait, je devrais me contenter d’acquiescer et de trouver toute la justesse qu’il faut dans ses paroles. Il faut croire que pour une créature peu affectueuse, incapable de montrer trop de tendresse, j’ai envie d’en chercher, de quelques mots ou d’une évidence qui me suffirait. Je ne devrais pas faire ça, je vais me faire mal, très mal, et c’est d’une stupidité sans nom !

Ni moi, ni Everard ne pourrions-nous assujettir à des choses communes de romance, nous pensions respectivement d’abord à L’Empire pour moi, à Ameth pour lui et le pire, c’est que cela me poussait à voir en lui, une réponse à celle que j’étais. Comme si je ne pouvais avoir un comparse qui m’aime moi, qui me fasse passer en second, pour ne pas me sentir traîtresse de ne pas privilégier l’autre.

C’est stupide. Pourtant je lui pose la question, sans me l’interdire. Tout cela n’amènerait à rien de bon, rien du tout, je le sais parfaitement, puisque ma conscience est totalement saine de cette réalité. Je le regarde, éloignée de lui, debout, le corps tourné vers lui. Il me décroche un sourire.

-Nous n’avons jamais mélanger les choses du public à notre intimité, ce n’est pas maintenant que je vais commencer. Je ne te demande rien, que tu te déclares ou que tu ne le fasses pas, cela n’a rien à voir entre Lilith et Everard. C’est le rôle du prieur et de son pays.

Je ne veux pas paraître méchante, mais j’ai cette tendance à rejeter plus que je ne le veux les choses que j’accepte. Voulais-je qu’il se déclare prétendant ? Je l’ignorais en fait, oui, non peut-être…la seule chose que je sais, c’est que j’ai de plus en plus de mal à ne pas me laisser emporter par des sentiments de faiblesse, que l’on qualifie certainement d’amoureux pour les plus niaiseux, pour moi, ils sont, en vérité, des obstructions à mon devoir. Même s’ils ne viennent pas déranger celui-ci.

-Penses-tu que j’ai envie que tu te déclares ?

Je me connais et je suis sur l’excellente voie du « c’est terminé, je n’éprouve plus rien désormais, il suffit. » J’avais été si froide avec Hélène, comme si cela ne m’affectait pas. Je pourrais l’être encore, mais ce n’est que du pragmatisme….je crois.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Mer 6 Sep 2017 - 15:28
Il s’agissait de faire une énorme différence entre ce que je voulais faire et ce qu’il fallait faire ! Au même titre qu’elle, je n’étais pas toujours libre de mes choix, et j’avais connu, grâce à elle – inutile de poser un nous si ça ne construisait rien pour la suite – et à ce qui nous avait rapproché, elle comme moi, cette liberté prise en douce ! Mais ç’avait été une réelle liberté. Liberté de s’étreindre, de céder à la passion. Mais maintenant, je devais penser à autre chose ! Pourquoi je ne voulais pas ? Cette question était à la fois simple et complexe, tellement que j’hésitais à répondre à cette question… mais de langue de bois. Pas ici, pas dans ce genre conversation.

« Parce que même si nous ne devrions pas passer ces moments ensemble, je les aime et je les apprécie beaucoup, car je l’ai choisi, comme toi, et que ça fait du bien de choisir ! »

Je lui fis un sourire un peu gêné par cette légère confession, mais c’était l’évidence, non ? Je restais un peu silencieux par la suite. J’ai dit ce que je devais, ce que je voulais. Pas ce qu’il fallait, par contre ! Il n’y avait qu’une bonne réponse quant à dire ce qu’il fallait. Ç’aurait été non ! Ni plus, ni moins ! J’avais dit ce que je devais dire, ce que je voulais dire. Voilà. Libre à elle de le prendre comme elle le voulait ! Je ne pouvais pas faire mieux, même si elle n’aurait sans doute pas apprécié que je ne parle pas franchement ! J’aurai bien aimé continuer, mais la discussion… la discussion était une rupture ! C’était l’évidence même ! Je soupirais un peu avant de finalement entendre ce que je prenais, malgré son sourire, comme une forme de remontrance, ne pas mélanger l’intime et le politique. Nous nous étions fermement opposés au mélange, même si cela réduisait les discussions possibles ! C’était très physique entre nous, entre autres à cause de cela ! J’y avais fait très attention, comme elle. Quant à sa question… quant à sa question elle était essentielle. Essentiellement pénible.

« Je ne sais pas si c’est ce que tu veux, et pour le coup, que tu le veuilles ou non, que je le veuille ou non, cela n’a aucune importance. Mais je pense que quoique tu dises, tu aimerais que ça continue, mais tu te vois forcée d’y mettre un frein, voire un terme, car tes devoirs t’obligent à autre chose, tout simplement. Aussi, je ne vais pas lutter, ni supplier, ni espérer. Considère donc que nous nous arrêtons là. Sans malaise ni complications. Après tout, nous savions dès le début que nous arriverions là à un moment ou à un autre. »

Je n’étais pas en train de pester, je n’étais pas non plus avec une voix triste. Je n’étais pas forcé d’aimer ça, mais je n’étais pas non pour continuer s’il fallait s’arrêter là. Je ne forcerai rien, et elle non plus, n’est-ce pas ! Je lui souris et je restai un moment silencieux, j’avais été ferme dans ma voix, je n’avais pas tremblé. Et pourtant je n’aimais pas cela. Mais le devoir passait avant la passion, et nous en étions tous les deux cruellement conscients. Elle pouvait considérer cela comme réglé, même de mauvaise grâce.

« Y a-t-il autre chose dont tu souhaiterais me parler. »

Inutile d’insister. Froid et sans âme ? Pas du tout, mais conscient des réalités.


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Mer 6 Sep 2017 - 22:50
Plus il parle, plus je sais. Nous nous ressemblons, une vie d’entrave et de responsabilité, pour nos croyances respectives et pour nos mondes. Qu’il aime ces moments me décrochent un sourire, doux, bienveillant, plus aimant qu’il ne serait convenable d’en avoir un. Je suis heureuse d’entendre ces mots, heureuse de les sentir venir vers moi, dans toute la neutralité qu’il ait. Nous ne pouvons-nous répandre en larme, nous ne sommes pas ainsi, nous ne le serons jamais. D’autres auraient certainement sacrifié tout, le monde, leur mère, je ne sais quoi, pour des idées farfelues, préférant s’octroyer que se sacrifier, la quête de sa propre réalisation n’est que pour les égoïstes….

Peut-être que si j’avais été autre, ‘jaurais hurlé, demander qu’il se batte, chercher à ce qu’il le fasse, mais au contraire, mon cœur et mon corps el remercient sans un mot, chaque parole est une évidence. J’aurais pu attendre encore un peu, juste assez, mais cela aurait été trop. Rien ne dépendait de nous, tout dépendait du monde. Et le monde voulait autre chose que cela.

J’ai envie de le détester je l’avoue, de rendre tout cela si facile, de dire ces mots là, ils sont parfaits, ils me viennent en écho dans le cœur, comment aurais-je pu croire trouver en lui, une telle correspondance. Le monde est parfois cruel, mais les Dieux nous ont offert un peu de temps, il est temps de ne pas en abuser.
Je ne dis rien, sujette à ce silence, je le regarde, les yeux attachés à sa personne, je n’ai pas envie de me dégager de ce regard, de ces lèvres, de ce visage austère. S’il sourit, je suis foutu, mais il ne le fera pas. Qui a envie de sourire ?

Moi ?

Oh mes lèvres s’esquissent car elles sont aimantes et reconnaissantes. Elles traduisent mon cœur et mon esprit. Comment puis-je montrer une attitude fermée et austère alors que tout ce qu’il dit est simple et évident ? ça fait mal pourtant, brisant au fond les remparts du rejet des tendresses. Un adieu, plus qu’un au revoir.

Je me rapproche de lui, d’un geste, d’un mouvement, d’une douceur, ma main vient le chercher, l’invitant à se dresser, je caresse son corps du mien, proche, j’invite sa main au creux de mes reins, et les miennes se glissent à ses épaules.

-Cela a fait du bien, de te choisir.

J’insiste sur le fait de l’avoir choisi, il comprend. Même pour un temps si court, même pour quelques mois à peine, même pour quelques instants trop fugace. Mon corps, mon âme, mon cœur, tout s’était laissé emporter par une fièvre de liberté, prise, octroyée, obtenue, sous les cuirs transpirants. Pas de vraie promesse, juste une effrayante réalité, cela arriverait et cela arrive.

Ma bouche vient se poser sur la sienne, un dernier baisant, c’est tout ce qu’il faut et mes bras e repousse, me détache, mon front brûle et ce n’est pas contre le sien que je pourrais me rafraîchir. Mon corps parait souffrir à l’idée de se séparer du sien, je ne dis rien, perdue dans quelque chose, si je me cède, à l’envie, au désir, au besoin, je sais que je me ferais mal, je m’écorcherais.

Sauf que je sais qu’il est trop tard et que je suis déjà écorchée, au fond, je suis heureuse qu’il ne le comprenne pas…


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | La nuit est faite pour dormir, mais parfois l'Insomnie en décide autrement [Everard] Sam 9 Sep 2017 - 13:37
Nous savions très bien tous les deux de ce qu’il convenait de faire ! C’était une évidence même, à mes yeux. Nous devions arrêter, nous allions arrêter, et nous en avions pris la décision, et nous étions tous les deux des personnes d’Etat, des personnes de pouvoir, qui avions, certes pu profiter d’une accalmie, mais qui, surtout, devions nous rappeler à nous devoir, et reprendre nos rôles respectifs. Il était dans l’apanages des personnes de pouvoir que de devoir faire passer l’intérêt commun avant le sien. De grands pouvoirs impliquaient de grandes responsabilités, qui, elles-mêmes, demandaient des sacrifices. Le sacrifice ici était notre propre épanouissement…

Elle sourit et me fit sourire, mais je n’étais pas sûr d’être ravi pour la suite. Je l’étais en repensant aux moments passés… je restais coi un moment en hésitant sur ce que je devais faire, ou sur ce que je devais dire… j’aurai bien proposé une dernière fois, mais elle comme moi, nous aurions alors su que notre détermination ne valait pas un pet de lapin ! Alors il fallait tenir. Il fallait se dire qu’il était nécessaire de ne plus rien tenter, de s’éviter sans doute. Mais oui, elle avait raison : cela faisait du bien de s’être choisi. Et je pense que plus simplement, il y avait une réponse parfaitement adéquate à celle-ci…

« Cela m’a fait du bien à moi aussi de choisir, pas de choisir pour les autres. Mais de choisir pour moi. »

Puis un baiser… un simple baiser, tendre, affectueux, un baiser d’adieux, et un baiser de remerciement… un baiser à regret où je venais doucement lui saisir le visage, avec toute cette tendresse, pour prolonger le baiser jusqu’à en manquer de souffle… nous ne pouvions pas… et cela me déchirait un peu, d’une certaine manière dont je ne voulais pas parler… je lui fis un sourire avant de me relever et de la serrer dans mes bras un dernier instant. Je luis susurrais alors un merci, puis je m’écartais et me dirigeais vers la sortie.

« Puis-je te demander de faire verrouiller le passage secret de ma chambre de l’extérieur ? Je préfère éliminer toute tentation… »

Enfin, une fois qu’elle eut acquiescer – ou refusé – je sortais de son laboratoire. A regret. Mais assez déterminé. Je retournais dans mes appartements, je me préparais en conséquences, puis je me rendais dans la chapelle, je m’agenouillais, allais même jusqu’à poser mon front par terre en guise de salutation, et je me mettais à prier. Le meilleur moyen de ne pas céderait encore de reprendre les bonnes vieilles habitudes monacales.



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