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Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv]

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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Date d'inscription : 14/04/2016
MessageSujet: Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Jeu 3 Mai 2018 - 19:26
Nous étions le surlendemain de ce tête-à-tête dans le labyrinthe. Baptiste ne s’était pas montré avant la fin de la grêle et en rentrant, nous avions trouvé le pauvre homme à moitié assommé en train de venir, un œil au beurre noir, et un magnifique œuf de pigeon ou deux sur la tête. J’avais dû le porter à l’intérieur. La grêle avait été particulièrement violente. Les gens n’avaient pas besoin de ça… enfin bons, je les avais raccompagnés jusqu’aux appartements de Lilith et les avais laissés sur une révérence respectueuse avant de repartir de mon côté.

Bon, il fallait bien que ça arrive… en même temps entre l’air frais et les vêtements humides, j’avais attrapé une légère goutte au nez. Rien de bien transcendantal, certes, mais de quoi avoir légèrement la reniflette… je soupirais profondément. La personne qui m’inquiétait le plus, dans cette histoire, c’était davantage lilith. Oh, elle n’était pas d’une faible constitution, mais je n’étais pas un imbécile, je savais reconnaitre l’œil vitreux quand on était malade, j’en avais suffisamment vu comme ça. Je restais sans rien dire dans l’immédiat toutefois, alors qu’elle avait demandé à me voir pour régler une bonne fois pour toute cette histoire de mines d’or sur l’ile au large des côtes amethiennes. En effet, nous trouvions notre « revenu » légèrement trop bas et elle m’avait donc proposé d’en discuter ensemble ce matin, de bonne heure.

Et je n’étais pas stupide : elle était malade comme un chien. Oh, certes, son discours était cohérent, mais le reste partait légèrement vau-l’eau… elle était légèrement affaissée, tremblait, et elle avait le teint rougis…. Je la laissais terminer son exposition avant de finalement l’arrêter avec une question qui devait faire trembler par sa bêtise due au fait que la vision de son simple état rendait cette question stupide :

« Lilith, est-ce que tout va bien ? Parce que ça n’a pas l’air… »

Nous n’étions que nous, donc il n’y avait pas de risques, a priori, d’autant que nous étions dans son bureau. Seul Baptiste restait, comme à son habitude, avec cet air de désapprobation qu’il me réservait usuellement renforcé par son bandage sur la tête. Sauf qu’aujourd’hui, il n’était pas pour moi. Ou alors, il n’était pas complètement pour moi. Pas un pour rattraper l’autre… ils étaient tous les deux de grands malades…
Je restais silencieux un moment avant de lever et de m’approcher d’elle.

« Et ne me mens pas, tu sais très bien que j’ai un radar pour ça… »

Et j’avais une vue normale… en fait, même se montrer en public dans cet état serait contreproductif. Il valait mieux qu’elle se repose un peu, cette discussion n’avait absolument rien d’urgente. Après tout, que nous en parlions aujourd’hui ou dans une semaine, rien ne pressait, il suffisait que nous nous mettions d’accord librement et ouvertement.


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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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MessageSujet: Re: Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Sam 5 Mai 2018 - 14:39
La fièvre…je l’ai sentie arrivé le soir même, une fois posée, prête à aller au repos, elle m’a gagné petit à petit, agitée par un frisson qui m’a rendu les gestes lourds. La tête dans le coton et la sensation d’épuisement. Elle est restée malgré ma nuit sous les draps chauds et elle est devenue plus vivace à mesure des heures. Je devrais probablement me coucher et me reposer, raisonner mon esprit, mais je n’y parviens pas. Les dieux me punissent probablement pour le baiser que j’ai pu offrir à Everard, à moins qu’il ne s’agisse de ce que j’ai fais à mon propre frère. Une chose ou une autre, je prend cela comme une expiation, préférant affronter au quotidien que me reposer.

Est-ce que j’ai peur que ce soit pour mon manque de tenue avec le prieur ? Non, pas tout à fait. Je dirais certainement qu’il s’agit un peu de cela et que je me sens fautive encore, dans la nécessité d’expier. Je devrais aussi confier mon angoisse pour mon frère et mon manque total d’acceptation, voir de mon refus entier de faire un premier pas. Si mon oncle apprend mon état, il va se charger manu, militari de me forcer au repos !

Je parle à Everard dans le bureau, sous le regard désapprobateur de Baptiste qui sait parfaitement mon état. Le médicament que j’ai pris au petit déjeuner n’a fait aucun effet et plus je m’obstine, plus cela se sent. Le costume masculin que je porte est trop léger et je me sens frigorifiée, mes cheveux tressés me tirent, et me voilà à me forcer et à continuer parce que je veux expier, parce que je ne veux pas baisser les bras, parce que je suis une trop forte tête aussi.

Pourtant, je crois que je ne trompe pas l’homme en face de moi. Non, en fait je le sais tout à fait, alors que j’ai ma veste fermée et un manque cruel de mon aisance habituelle. J’ai froid, au plus profond de mes os et envie de dormir, ma lutte est inégale. Je veux lui répondre, mais ma bouche s’ouvre pour ne rien dire, se referme et je le regarde se rapprocher, avant de fermer les yeux et de secouer négativement la tête.

-ça va…ce n’est rien, juste un peu de…fatigue. Je lui mens tout à fait, mais je ne veux pas l’inquiéter et encore moins qu’il ne vienne toucher mon front ou essayer de le faire, je chasserais probablement sa main, sans force, s’il vient à le faire. On peut continuer ?

Je veux juste continuer, ma main passe mollement sur mon visage et je tente de lui sourire, il faudrait que je me relève pour lui prouver que tout va pour le mieux, mais je n’en ai pas la force, mes jambes sont cotonneuses et mon esprit engourdis.


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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Ven 11 Mai 2018 - 10:40
Elle s’obstinait à faire son devoir au péril de sa propre santé, pire, ; elle le savait parfaitement. Et qu’y pouvais-je ? Je n’étais pas un imbécile, je savais très bien que si jamais elle acceptait de renoncer à cette discussion aujourd’hui, elle ferait venir quelqu’un d’autre pour en discuter… elle ne se rendait pas compte, qu’à l’heure actuelle, elle n’était bonne à rien… parce que cette discussion, elle devrait l’avoir à nouveau avec moi une fois guérie. En somme, l’impératrice faisait perdre son temps à son interlocuteur… et ça elle ne le voyait même, pas… je soupirais devant son, état… qu’elle ne me dise pas qu’elle allait bien… je la regardais profondément dans les yeux, sans la lâcher, attendant son aveu, parce que oui, de sa part, ce serait un véritable aveu… et s’il fallait, pour qu’elle aille se coucher et se soigner, que je lui dise pourquoi ça n’allait pas, son état actuel, alors je le ferai, même si ça ne lui plairait pas ! Mais c’était nécessaire, parce que je ne voyais pas d’autre moyen de faire les choses…

« Juste un peu de fatigue ? Prends-moi pour un jambon… »

Je me détournais et je regardais Baptiste. Lui aussi avait trinqué, mais il était au moins assez lucide pour que je comprenne que pour une fois, ; il était de mon avis, alors je ne perdais pas plus de temps en formalité. La réunion était terminée. Je lançais au majordome plus dévoué à l’impératrice qu’à sa propre vie, je ne savais pas s’il avait une famille, mais s’il en avait une je la plaignais un peu… car elle devait être fortement négligée par lui… enfin bon, je n’étais pas là pour le juger d’une manière ou d’une autre. Lilith ne pouvait pas avoir meilleur appui, je le savais, aussi, c’était normal que je m’adresse à lui pour ce genre de choses.

« Moi j’abandonne la réunion, Baptiste, vous êtes lucide… comment pouvez-vous la laisser agir dans cet état ? »

Mais je ne me faisais aucunement d’illusions sur le sujet. Il l’était bien mal placé pour ordonner quoique ce soit la concernant. Il était à son service, certes, mais cela signifiait lui obéir même si ça ne lui plaisait pas… d’ailleurs elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle était revenue ^plusieurs fois sur le même point et que nous avions tourné en rond un moment je posais mes mains de part et d’autre de sa tête, sur ses épaules, et je lançais à la femme que j’aimais malgré moi, ou plutôt, j’ordonnais à celle-ci.

« Tu viens, tu vas aller te coucher et si jamais je te retrouve debout avant demain, je te jure que je te rosse. Et Baptiste aussi tant qu’à faire pour ne pas avoir fait son travail en te gardant en convalescence. Ce n’est pas une journée d’arrêt qui va te tuer… continuer à bosser, par contre, ça pourrait. »

Bon, elle n’était sans doute pas assez malade pour mourir de surmenage, mais ça ne lui ferait aucun bien, et ça, c’était une certitude absolue ! Je restais un moment sans rien dire avant de la saisir par le bras, faisant peu de cas de lui forcer la main. Et je me tournais vers Baptiste le regard noir.

« Annulez ses entretiens et réunions de la journée, et allez vous reposer… si vous ne pouvez pas l’aider en la retenant alors vous n’êtes d’aucune utilité, je vais prendre du temps pour m’occuper mieux d’elle que vous. »

Oui, c’était clairement un reproche, mais qui me l’aurait fait remarquer ? C’était mérité… je lui fis un sourire néanmoins pour calmer le jeu avant de prendre Lilith dans mes bras, la soulever du sol, et portée comme une princesse je l’emmenais au travers de ses appartements jusqu’à sa chambre où je m’employais à la mettre en tenue pour se recoucher. Parce que oui, j’étais sérieux, j’allais la coucher. Sauf que j’avais une meilleure idée au dernier moment. Je la laissais dans sa chambre et lui faisais couler un bain bien chaud. On disait que de laisser le bain refroidir avec soi dedans ça pouvait servir à faire chuter les mauvaises fièvres. Une fois que le bain commençait à couler, je retournais dans la chambre.

« Je n’ai aucun scrupule à te donner des ordres. Il y a un bain qui t’attend. Et tu n’en sors pas avant que l’eau soit tiède, voire froide. »


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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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MessageSujet: Re: Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Hier à 23:00
Je ne me sens pas d’attaque d’affronter Everard qui me désapprouve, peu importe, je suis là, et je sais parfaitement que je m’engage sur un terrain glissant, mon esprit est lourd, trop, et je tente pourtant de faire front, par entêtement, ou simplement parce que je n’accepte pas la faiblesse, l’un ou l’autre, même les deux, je suis même certaine que je puisse reconnaître quoi que ce soit dans l’état actuel des choses. Les dieux me punissent tout simplement et je suis tout à fait disposer à l’accepter. C’est tout. Je l’entends s’imposer, et ça me fait mal, au fond de moi. Mal parce qu’il ne devrait pas, ce n’est pas que l’ami, à moins que ce ne soit que moi qui ait envie de cela. Non, je…

Ma tête tourne, il me soulève, je tente de protester avec mollesse sans vraiment en avoir la foi, l’impression de bouillir de l’intérieur, sans parler de cette chute vertigineuse en moi-même, je ferme les yeux et me recroqueville un peu.

-Les dieux me punissent… Marmonais-je faiblement, incapable d’offrir plus de soutient à mes propos, son odeur me frappe et je me supplie en moi-même de ne pas m’y raccrocher. Cette odeur de parfum, cette fragrance de presque rien et l’odeur de sa peau…

Il m’emmène dans ma chambre, j’ai abdiqué depuis un petit moment je crois, incapable de protester, je n’ai pas envie de lui obéir, ni même de lutter pour ne pas le faire, je suis trop lasse, et frigorifiée, les membres tremblants, pourtant une voix faible vient tomber de mes lèvres.

-Everard… Tentais-je de le rappeler à l’ordre, parvenant à peine à l’empêcher de m’aider à me déshabiller avant d’attraper ses mains. Everard. Ferme mais épuisée, j’attrape ses mains, je ne veux pas m’énerver, ni même avoir l’air ingrate, mais…Tu dépasses un peu les limites. A prendre les choses en main, et à commander, mais je ne vais pas le repousser, ni même avouer que son inquiétude, sa façon de faire, cette attitude de ne pas même chercher à me raisonner ou agir ne me va pas…pourquoi a-t-il fallu qu’il soit si….lui ?

-J’aime que tu prennes les choses en main, mais tu vas un peu trop loin… C’est tout, je frissonne et vient lâcher ses mains, vacillant un instant sous la montée brusque d’une bouffée de chaleur, je me rattrape à lui, les jambes dans du coton et la sensation écrasante du monde sur mes épaules, je laisse mon front brûlant tomber sur son torse, j’ai besoin de son aide, j’abdique volontiers, tenant le tissu de sa bure entre mes doigts. J’ai tellement froid…

Baptiste ne va probablement pas s’empêcher d’appeler le médecin impériale, je marmone au Prieur de m’aider à défaire le corsage, et je marche lentement vers la salle d’eau, ne quittant mes habits qu’une fois à l’intérieur pour trouver la chaleur brûlante du bain…


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MessageSujet: Re: Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv]

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