AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
RSS
RSS


 :: L'histoire Ambrosienne :: Bas niveau de la cité :: Porte du Nord :: Marché de bouche

Sourires et petits pains (Everard Zullheimer)

avatar
Shade Fairley
Boulangère / tueuse à gage
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Royaume d'Eskr
Messages : 24
Date d'inscription : 28/05/2018
MessageSujet: Sourires et petits pains (Everard Zullheimer) Mar 5 Juin 2018 - 19:36
Quelle pagaille…je vous jure. Je regarde d’un œil neutre les différentes personnes passant devant mon étale pour réclamer de la nourriture pour nourrir leur famille qui meurt de faim. La dernière tempête à fait pas mal de dégât et les plus infortunés de la population se retrouve au bord de la crise. La cité n’est pas loin de connaitre une crise de grande famine comme il n’y en a jamais eu avant. Et moi en bonne citoyenne que je suis, j’ai mis à profit ma petite boulangerie pour une distribution de nourriture pour ceux qui en ont le plus besoin.

« Merci Demoiselle que la Mère vous protège. »

« De même pour vous. Soyez forte. »

Je souris de mon plus beau sourire angélique. C’est ça…a d’autre. C’est d’un spectacle pathétique. Tout ces gémissements, ces grandes plaintes, ces yeux larmoyants me donnent la nausée et m’ennuient  profondément. Après tout mon commerce à été épargné par cette foutue tempête pourquoi je devrais faire cet effort pitoyable ? Mais parce que je me dois de jouer les grandes bontés d’âme coûte que coûte.

Je n’ai pas créé ce masque d’innocence pour tout ruiné pour une histoire de charité qui m’agace profondément. Je sais prendre sur moi tout de même. Bien que voir tout cet argent s’envoler gratuitement me fend le cœur. Un sou et un sou. Et même si je gagne plus en plantant ma lame dans le cœur d’une pauvre âme qui en aurait blessé une autre, mon petit commerce de boulangerie me rapporte un minimum que je ne crache pas dessus.

Mais enfin je ne m’en fais pas vraiment pour mes économies, j’ai quelques prénoms à rayer sur ma liste qui vont me rapporter gros, très gros lorsque je vais offrir leur âme à   Syhn. Et je souris satisfaite à cette pensée me disant que plus vite je terminerais ce rôle de bonne âme pour la journée plus vite je pourrais me mettre en chasse dans l’esprit de m’en mettre plein les poches comme il a toujours été jusqu’à présent. Mais je rêvasse et on me le reproche sans grande méchanceté. Je rougis faussement gênée, offre un petit sourire, affichant une petite désolée et me remet sans plus tarder dans ma distribution dans la joie et la bonne humeur.

Il n’y a pas dire je cache parfaitement mon jeu, et ça me fait rire mais tellement rire de les voir tous complètement dupé devant mon grand jeu de comédienne que je manie à la perfection. Un masque plus que vraisemblable. Bien que j'avoue que la lassitude me gagne tout doucement, il faut dire que tout ces gens se ressemble et très vite mes journées tourne dans un cercle infernal qui ne bouge jamais et cette journée ne déroge pas à la règle et j'ose espérer qu'un événement improbable marque le coup ainsi que mon attention. Une autre tempête peut être... Noooon je plaisante bien sur !

Ou pas...
avatar
Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Amethien
Messages : 1339
Date d'inscription : 14/04/2016
MessageSujet: Re: Sourires et petits pains (Everard Zullheimer) Jeu 7 Juin 2018 - 12:18
Les dégâts ont été colossaux. La tempête était un avertissement sur les mœurs dissolus de la ville, c’était possible, mais moi… moi je voyais cela différemment. Selon moi, les dieux n’agissaient pas sans raison, et c’était à mon avis une raison bien faible que de croire que les dieux étaient en colère contre Ambrosia. En fait, il ne fallait pas voir cela comme une colère mais comme une punition. Et une punition pouvait se passer de colère. Après, si l’on me demandait mon avis, alors oui, c’était une question d’impiété. Mais bon, je n’étais pas le seul à avoir un avis sur le sujet et je n’étais clairement pas la voix dominante ! Donc je ne cherchais pas à imposer ma voix, privilégiant de montrer par l’exemple à l’idée de crier sur les toits. Aussi, depuis la tempête, il n’était pas rare que je sois dans les rues ou dans les différentes chapelles dédiées à notre Seigneur Ameth et Sa Lignée qui avaient été transformés en dormoir. Etant généralement de petites bâtisses solides, elles n’avaient pas subi les affres des destructions. Et donc les Serviteurs étaient tous là pour aider leur prochain.
Vivre de telle manière qu’en voyant vivre, une tierce personne ne puisse douter de notre Piété vis-à-vis de notre Seigneur !

Aujourd’hui, je me mêlais aux distributions de vivres et de fournitures que nous avions récoltés auprès de personnes plus fortunées ou achetées avec nos propres roues. C’était aussi un moyen de garder le contact avec la population. Et de montrer que chacun comptait. Les dégâts étaient si importants qu’à chaque fois j’en étais horrifié. Mais il fallait bien réussir à aider le plus grand nombre ! Je souris à la jeune femme qui portait son enfant en demandant de quoi le garder au chaud et lui donnais une couverture en la bénissant au nom du Seigneur Ameth et de Sa Lignée. Voilà, j’avais fini pour cette chapelle. Je regardais un peu comment cela se passait. Il y avait une boulangerie, là, qui semblait avoir une queue énorme et je voyais une jeune femme distribuer des miches de pain aux démunis. Je souris. La solidarité était une belle chose, et c’était dans les moments difficiles qu’on la remarquait vraiment. C’était Beau. Et c’était Noble.

Je me dirigeais vers ladite boulangerie où la jeune femme semblait un peu débordée. Je m’infiltrais vers le comptoir, ne cherchant pas à couper la queue, mais glissant aux cotés de celle qui distribuait, alors pour lui proposer, bien aimablement mon aide.

« Bonjour mon enfant. Puisse le Seigneur Ameth vous obéir pour votre générosité. Puis-je vous aider pour cette distribution ? »

Je ne pouvais pas la forcer, bien sûr, je ne pouvais que lui proposer mon aide et rien ni personne ne pourrait la forcer à accepter, même si… même si ma position rendait la chose délicate, je le savais bien. Mais cela ne comptait pas. Je comptais bien aider ceux qui en avaient besoin comme je le pouvais et pendant le temps que je pouvais, surtout. Car c’était ça le nœud du problème. Mon emploi du temps était infernal.



avatar
Shade Fairley
Boulangère / tueuse à gage
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Royaume d'Eskr
Messages : 24
Date d'inscription : 28/05/2018
MessageSujet: Re: Sourires et petits pains (Everard Zullheimer) Sam 9 Juin 2018 - 22:34
Les crèves la faim se font nombreux devant ma boutique et moi je commence à être vite débordée. Ce n’est pas vrai…je ne suis pas la seule boulangerie du coin ? A ce train là c’est dans les stocks de réserve que je vais devoir fournir… et je soupire presque à cette pensée, alors que je donne de nouveau une miche à un vieillard édentés. Je passe ma main sur mon front un peu en sueur et commençant réellement à avoir mal à la tête avec toutes ces plaintes pitoyables qui s’entrechoquent en même temps et font un affreux écho dans mon crane. O grand Innommable … par pitié tue les ! Qu’ils se taisent !

Je regarde la queue qui me donne l’impression de s’agrandir et c’est là que mon attention capte un homme à la tenue austère qui se détache du troupeau pour venir se glisser à mes cotés derrière le comptoir pour venir s’adresser directement à moi. Je dois surement le regarder avec une tête de poisson alors qu’il me propose son aide dans la distribution des vivres. Si au début je suis surprise c’est l’amusement qui me gagne voir une hilarité que je prends soin de camoufler par jolie sourire sur mes lèvres avant de m’incliner légèrement.

« Oh…Votre Éminence…c’est…c’est un honneur ! »

Non mais…pincez moi ! Un cul béni d’Ameth en personne ! Et pas n’importe quel cul s’il vous plait…c’est celui de son premier serviteur dans la cité.

L’ironie de la situation me fait jubiler. Juste le simple fait qu’il m’adresse la parole ignorant totalement les pratiques auxquelles je m’abandonne réellement. « Votre générosité », laisse-moi rire. Tu ne dirais pas ça de-moi si tu savais toute la vérité mon pauvre. Mais la situation m’amuse beaucoup et puis maintenant j’ai trouvé ma distraction de la journée. Je bafouille, prend un air gêné me force presque à rougir, évitant soigneusement son regard par peur d’éclater de rire si je le croise.

« Mais…Eminence…je…je n’oserais pas vous demander cela. Vous avez surement plus important à faire. »

Oh oui je me fais désirer, surtout qu’il m’a l’air d’étouffer de bon sentiment celui-là que je ne peux m’empêcher de titiller la corde sensible de sa bonté. Parce que cela m’amuse et me réconforte dans cette journée médiocre et ennuyeuse au possible. Je balaye la queue du regard et vient reporter son attention sur le premier serviteur de personne avec un petit sourire timide.

« Il est vrai que je suis un peu débordée…et que l’aide que vous me proposez est généreuse. Je serais mal polie de la refuser… »

Bah quoi ? Si en plus je peux en plus faire bosser ce cul béni d’Ameth à ma boutique, c’est le Saint Graal pour moi. Cette situation est délectable et me promet un très agréable et amusant moment. Je lui offre mon plus charmant sourire de reconnaissance.

« Je m’appelle Shade. Shade Fairley. »

Autant qu’il sache le prénom de celle qui va se moquer de lui pendant tout le temps qu’il compte faire sa bonne action ridicule.

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Sourires et petits pains (Everard Zullheimer)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Chroniques d'Ambrosia :: L'histoire Ambrosienne :: Bas niveau de la cité :: Porte du Nord :: Marché de bouche-
Sauter vers:  
Il était une fois AmbrosiaNos Partenaires

Retrouver nous surDes mêmes auteurs