Les Chroniques d'AmbrosiaConnexion

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Sujet: Chapitre 8 : Prise de fonctions Ven 9 Nov 2018 - 19:33
Quand le seigneur Raimond Deux-Cimes avait reçu l’information comme quoi son agresseuse allait faire amende honorable auprès de lui en lui servant de garde du corps, il avait espéré que c’était une vaste blague. Et il avait raison. Voilà ce que pensait mon majordome. Il trouvait l’idée ridicule. Aussi, il n’y avait pas prêté attention, jusqu’à ce qu’on l’informe qu’elle serait mise à disposition du jeune seigneur, il avait commencé à paniquer un peu et à tout organiser pour sa venue, notamment pour faire libérer la chambre de domestique à côté de celle du maitre, d’une part, puis ensuite, ça avait été la croix et la bannière pour réussir à lui trouver une livrée correcte. Hors de question qu’elle serve un deux-cimes avec l’uniforme des de Choiseul… oh le cauchemar…. Enfin, heureusement, tout avait été prêt avant qu’elle n’arrive. Je n’employais pas d’incompétents !

Ce fut lui qui l’accueillit, homme de haute stature et avec un certain charisme, qui lui fit pénétrer le domaine par l’entrée de service, bien sûr, pour ensuite la conduire vers une petite salle où l’attendait son nouvel uniforme.

« Je vous prie de vous changer rapidement. Le jeune seigneur n’apprécie ni les fainéants, ni les lambins. Je vous conseille de n’être ni l’un ni l’autre. »

Il la planta là pendant dix minutes montre en main avant d’entrer sans se gêner pour venir la chercher, fini ou pas fini, lui signifiant que toute récrimination devrait être faite au jeune seigneur en personne. Puis il lui dit de le suivre et ne l’attendit pas, remontant les couloirs jusqu’à arriver à un petit bureau, lui signifiant de toquer et d’attendre ici. Fort heureusement pour elle, je ne la fis pas attendre. Dès que j’entendis toquer, je lançais d’une voix forte.

« Entrez. »

Je ne levais pas les yeux de ma correspondance en cours de rédaction.

« Bonjour…. Comment suis-je supposé vous appeler ? Qu’importe. Je suppose que vous savez ce qui est attendu de vous ? Ou ai-je besoin d’apporter des précisions sur un pont en particulier ? »
Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions Mer 28 Nov 2018 - 11:10
Tu avais choisi de rester neutre. C’était un excellent moyen de voir si tu étais capable d’encaisser. Bien que tu n’en doutes pas, mais jamais tes nerfs n’avaient été mis à aussi rude épreuve. Servir un suffisant te déplaisait, c’était loin de ce que tu avais voulu pour ta propre vie, mais tu étais fautive et tu devais aussi payer le prix de ta faute. Qui plus est, tu pourrais montrer à ton père tes capacités. Tu avais tenté de te dire, plusieurs fois que tout cela n’était rien, que ce n’était pas cela qui allait changer qui tu étais, tu devais juste…encaisser et c’était ce qui était le plus compliqué. Tu acceptais les ordres des supérieurs que tu reconnaissais, mais le prince des Deux-cimes ne représentait rien pour toi. Si ce n’est un méprisable arrogant. Tu ne faisais un effort que pour ton père. Et ton impératrice. Uniquement. Tu te présentas dans ta tenue civile, car tu te doutais que venir en garde impériale aurait été de mauvais goût, enfin, c’est ce qu’on t’avait fait comprendre. L’homme qui te reçus avait un charisme qui ne t’effleura pas, le seul qui t’impressionnait était celui de Nemrod l’Envers. Les paroles te laissèrent de glace, sa mise en garde était stupide. Si tu étais ainsi, tu ne serais pas ici, ni même garde. Tu avais du mépris à le considérer, c’était plus fort que toi, mais tu ne montras rien. Imperturbable. Un merci seul et tu t’habillas rapidement. Tu finis largement avant son retour, et même si porter cette livrée te révulsait tu le fis. Pénétrant le bureau après avoir toqué, tu t’avança en saluant militairement. En espérant qu’il ne s’attende pas à plus, car ce plus, ne pouvait lui être destiné. Tu te tenais, main dans le dos, droite et fière.

« Mes hommages Monsieur Beauregard. Première classe l’Envers suffira. Nul besoin de me dire ce que je dois faire, à moins que vous n’ayez des exigences spécifique Monsieur. »

Vous n’auriez pas grand-chose à vous dire en tous les cas, cela pourrait passer facilement, cependant tu imagines facilement qu’il trouverait de quoi t’occuper pour le plaisir seul de te faire payer ton audace. Mais cela ne te dérange pas. En tous cas, tu t’installas rapidement devant la porte du bureau, immobile. Tu en avais pour le temps qu’il le faudrait…


Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions Dim 9 Déc 2018 - 8:11
Bon, voilà, j’allais me retrouver avec cette jeune femme qui ferait le pied de grue presque à mes côtés, à veiller sur mes pas et sur ma personne… je lui fis un sourire avant de finalement opiner du chef, juste, comme ça, bien tranquillement. Je restais sans rien dire avant de finalement replonger dans mes papiers. Je n’avais rien à faire en fait de sa manière de faire… je ne la regardais pas alors qu’elle finissait de se présenter.

« Oui, j’ai des exigences. Quoique vous ayez appris, je reste un prince, donc ici, au sein de mon domaine, il n’y a pas de monsieur. Ici, c’est « votre altesse »… on appelle ça le respect, Première  classe l’Enverse ! Je respecte votre grade, respectez ma lignée. Vous ferez le planton devant ma porte, entre la porte et moi. Et si la situation l’exige, vous dormirez au sol contre la porte. Pour le reste, vous êtes sensée connaitre votre travail. »

Froide politesse, je l’avais à peine regardée, à peine dévisagée. Elle portait ma livrée, ornée tant du raisin que des deux pics des deux cimes… un beau pied de nez, bien sûr, mais bon, c’étaient mes armes. Je n’en demandais pas plus… je lui parlais d’une voix détachée et indifférente. Au taravil, oui, voilà ! Je lui fis un sourire avant de finalement la regarder d’un air absent alors qu’elle prenait sa place, non pas à l’extérieur, mais à l’intérieur des lieux. Je trouvais cela préférable. Oh, bien sûr, il y aurait des idées peu agréables à faire montre si jamais elle se montrait pénible. Je restais silencieux un moment avant de finalement me dire qu’il allait bien falloir qu’elle s’adapte… je restais sans rien dire un moment avant de finalement lui lancer, sans la regarder.

« Puisque vous allez rester ici un moment, je suppose que vous savez vous battre un minimum ? Que je vous montrer comment on se sert d’une rapière. Vraiment s’en servir, plutôt que juste brandir sous le nez d’une personne dans le vague, n’importe comment. Au mieux vous ferez une partenaire potable, au pire vous prendre une raclée humiliante. Dans les deux cas vous serez enfin utile à quelque chose. »

Elle servirait de mannequin d’entrainement. Je doutais qu’elle soit plus utile que cela. Il allait vraiment falloir que je commence à réfléchior à une personne pouvant m’aider à rester au meilleur niveau en vue des Jeux. Il était hors de question que je perde faute d’entraânement !
Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions Mar 22 Jan 2019 - 6:41
Tu inclinas la tête, en signe de respect, tu avais des preuves à faire, comme ne pas sortir de tes gonds, comme paraître imperturbable et c'est ce que tu allais t'employer à faire, qu'importe le mépris grandement affiché de cet homme, ce sois-disant prince...il n'avait rien de la grandeur généreuse de ce titre, en tous cas, pas dans ton esprit rigoureux. Tu ne connais pas le monde, alors forcément, tu t'imagines...tu t'imagines qu'un Prince est un homme plein de grandeur et de respect envers ses semblables, pas un être méprisant et dédaigneux, car c'est bien tout ce qu'il te montre et quand bien même, il te montrerait autre chose,tu es catégorique. Ah Constance, tu as encore beaucoup de chose à apprendre!Beaucoup de chose à vivre aussi, ta jeunesse et ton inexpérience te composent encore beaucoup trop. Il en faisait peut-être un peu trop à votre goût d'ailleurs, mais vous aviez la faculté, étrangement, de parvenir à laisser couler les paroles sans intérêt, ou en tous cas, essayer. Vous étiez impulsive au sujet de Choiseul, ainsi donc, tant qu'il ne l'abordait pas...Mise en place, vous alliez rester là comme il se devait, dans une pause militaire, et sans même sourciller. Faire la fierté de votre père était la seule importance en finalité et cela arriverait. Quand il vous parla de nouveau, vous le regardâtes, sans mot dire. Vous étiez militaire, vous ne pratiquiez pas l'art de la rapière des courtisans, et des hommes de cours, l'épée que vous aviez brandit sous son nez n'était pas un joli fleuret, il paraissait l'oublier mais vous hochâtes la tête.

 « Je n'ai jamais pratiqué d'entraînement de rapière, mais j'apprends vite. Je manie l'épée de soldat, mais j'ai bien conscience que la chose est différente. S'il vous sied de me faire participer à votre entraînement, alors je suis votre homme, Prince. »

C'est tout ce que tu peux dire, n'est-ce pas ? Tu seras mauvaise, il va s'agacer et s'énerver. Mais tu n'y mettrais pas de mauvaise volonté, ta carrière militaire t'aiderait grandement à ne pas être trop mauvaise, le calcule de la position et des apuis, il pourrait se sentir plus virils en te maîtrisant, ce qui devrait lui convenir aussi. Tu ne doutes pas qu'il en est quelques sortes besoin. Oui, tu es mauvaise langue, mais tu n'es pas certaine d'avoir totalement tord à ce sujet...tu attends donc qu'il te convie à bouger pour aller t'entraîner. Ta souplesse compenserait probablement son expérience, tu ne sais pas, tu envisages ou tu y réfléchis en tous cas. Et c'est en emboitant son pas, comme si tu étais son ombre, que tu t'avances jusqu'à sa salle d'entraînement, sans un mot. La livrée te gènerait, car tu n'es pas habituée aux mouvements avec elle, et c'est avec une rigueur impeccable que tu prends armes et que tu te mets en place. Tu n'es pas tout à fait ignorante des choses, dans le domaine, tu as pu observé des duels, rares, mais tu en as observé et si tu peux parer quelques coups simples, les passes compliqueraient vont t'être fatales. Même si les épées sont d'entraînement.


Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions Ven 15 Fév 2019 - 7:49
Je ne dis rien quand elle parlait. Je ne disais rien quand elle mentionnait le fait qu’elle n’avait jamais manié de rapière. Enfin, au moins avait-elle sans doute eu une formation paramilitaire, et donc, au mieux, elle avait déjà une formation plus que correcte dans le maniement des armes. Je restais silencieux un instant en attendant de voir comment elle allait objecter… je ne m’attendais certes pas à ce qu’elle accepte mais c’était une bonne chose que de l’entendre accepter. Cela me détendrait et cela me permettrait de solder mes comptes. Toutefois, le prince, ce fut ce qui m’étonna le plus. Que pouvait-elle bien avoir derrière la tête ? Chercherait-elle à me flatter ? Possible. Toujours est-il que je tachais de dissimuler ce genre de sentiments pour ne faire que répondre d’une voix calme et détaché », comme si elle n’avait rien fait d’extraordinaire, comme si c’était normal.

« Je ne vous force pas à honorer ce titre légitime. Parce que si je ne conçois pas une allégeance indue, je respect toutefois les serments d’allégeance. Toutefois, si vous tenez à vous adresser à moi de cette manière, le terme est « Votre altesse », comme à tout prince de sang. Voire « Sérénissime altesse », ou « Votre Majesté », comme il se devrait en toute légitimité. Je vous prierai donc de vous adresser à moi comme il le faut. »

Je prenais le temps de finir ce que je faisais avant de me lever et de me diriger vers la salle d’entrainement. Une simple pièce au sol recouvert d’un beau parquet, avec, au mur, des masques de protections, des tenues de protection, et des lames de différentes tailles. Je la laissais choisir la sienne parmi les mouchetées et je prenais ma propre rapière d’entrainement. Je vérifiais que l’équilibre était bon et je lançais un masque grillagé à la garde avant de m’en prendre un. J’allais épargner mon visage bien sur…  Puis je retirais ma veste, restant dans une chemise encore bien convenable, puis, je m’échauffais les bras, un à un, avant de prendre une garde en septime, pour commencer, histoire de voir jusqu’où elle s’y connaissait. Une garde en septime imposait qu’elle revoit sa position de base, pour lutter et je commençais par lui concéder le premier assaut. Pas la touche, mais la liberté de lancer un premier assaut. Les coups étaient simples, efficaces, et avaient une certaine rigueur militaire. Mon adversaire ne manquait pas de souplesse physique, mais de souplesse d’esprit. Mais c’était normal. Un soldat ne se battait pas seul, et n’était pas formaté pour se battre seul. On se battait avec ses collègues à côté, imposant donc certains schémas plus que d’autres. Décidant de continuer à la tester, je la laissais faire ce qu’elle pouvait, pour la jauger, attendant que ce soit mon tour d’être jaugé pour lui rendre la pareille, me révélant volontairement, moins bon que ce qu’elle pouvait imaginer. Stratagème simple et efficace.

« Pas mal, très militaire comme manière d’utiliser votre arme, mais c’est normal, je suppose…. Toutefois, il vous manque quelque chose d’essentiel à tout bon bretteur… »

Je laissais ma phrase en suspend pour lui laisser une belle ouverture pour qu’elle s’y engouffre et là j’enchainais un peu sur ce qui était ma botte fétiche. Juste pour le plaisir. Elle attaquait. Je parais en septime, ripostais pour qu’elle part en quarte. J’enveloppais sa quarte et lui infligeant un tapotement du plait de la lame émoussée sur le bras. Je franchissais la distance qui nous séparais, effectuais une prise de fer en changeant de main au passage, la désarmant de ce fait avant de plaquer la pointe de ma lame sur sa gorge.

« Le panache. »

Je la gardais comme ça, à ma merci, pendant un moment, avant de finalement exercer une légère pression de ma lame, comme réplique à une ancienne blessure de mon égo, avant de reculer et de la libérer et de saluer en escrimeur. Enfin, je retirais mon masque, dégageant ma chevelure avant de prendre le casque sous le bras.

« Vous n’êtes pas mauvaises, sans doute excellente pour une garde, mais pas une bretteuse. Différentes techniques, différentes manières. Différents poids aussi, je pense, pour les armes… Je suppose que n’importe où ailleurs vous auriez eu un couteau ou une dague et que vous auriez pu me percer les flancs sans efforts avant la fin de cette petite botte. »

Oui, je faisais un petit compliment après mon esbroufe. Quoi de plus normal.


Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions Ven 15 Fév 2019 - 8:43
Tu le regardais redire encore une fois sur la façon de l’appeler, déjà, une forme d’agacement te guettait mais tu le muselais, à dire vrai, c’était cette façon pédante qu’il avait de parler qui t’agaçait le plus, mais soit. Tu aurais dû laisser l’assassin faire son ouvrage, c’était une bonne leçon, au final, que de te retrouver là et de faire face à cela. Apprendre plus sur les visages et les personnes qui existaient dans le royaume de vapeur. Tu te mis cela dans un coin de la tête et tu te contentas de hocher la tête, histoire de faire comprendre que c’était compris. Cependant, tu ne l’appellerais jamais sa sérénissime altesse, il pouvait toujours y compter mais le préciser était aussi utile que d’engager une conversation. Tu étais fermée à son encontre car il te faisait comprendre largement que ce que tu pouvais dire ne l’effleurait guère plus. Tu le suivis plutôt à la salle parquetée. Tu observas les armes et choisis celle qui te paraissait la plus appropriée sans réellement rien y comprendre. Tu ne pratiquais pas les duels, tu œuvrais de façon militaire, maniant l’épée lourde et les armes à feu, mais ça, ce n’était pas ton truc. Enfin, si ça lui faisait plaisir de te ridiculiser, car tu te doutais bien que c’était bien de cela qu’il s’agissait.
Tu rattrapas le masque d’un geste, et l’enfila. Tu te positionnas, mais tu n’étais pas à l’aise, cela ne t’empêcha pas d’analyser son comportement à lui pour essayer de l’apprivoiser, l’envisager. Il n’était pas évident pour toi de jouer dans sa cour, puisque tu n’avais pas cette formation là. au contraire. Tu te fis dominer sans cérémonie, mais cela ne te dérangea pas dans la mesure que tu offris tout de même ta plus grande rigueur. Il t’analysa, et tu ne dis mot encore une fois. Tu continuas la lutte jusqu’à ce qu’il te touche. Et quand il te balança sa réplique, tu laissas la lame sur ta gorge, un étrange sourire aux lèvres. Pour ne pas lui laisser l’opportunité de la blessure, tu appuyas toi-même ta peau non sans souffler.

« Tout comme il vous manque quelque chose d’essentiel votre altesse… »

Tu laissas la phrase en suspens. Tu n’allais pas la terminer, tu lui répondais aussi pour lui faire comprendre que s’il voulait une appellation, il l’aurait, mais guère plus de ta part. si cela lui faisait plaisir de porter un titre qu’il n’honorait que par un comportement « de droit » soit. Mais oui, il lui manquait quelque chose pour être réellement une altesse, mais tu n’as pas la bassesse de penser à ses terres, c’était quelque chose dans son comportement. Il avait la volonté de se faire nommer ainsi car c’était un « acquis » mais ça ne suffisait pas. Tu ne t’attendais pas au compliment qui suivit et tu le regardas sans prendre peine de trouver quelque chose à dire. Tes sourcils froncés, ton air fermé, tu ne savais que répondre.

« Merci. »

Dis-tu sans certitude, fixant le blond qui avait l’air si à l’aise, toujours pédant pour toi ceci dit.

« Nous continuons ? »

Tu n’étais pas du genre à papoter inlassablement et tu préférais te battre que tout autre chose, autant que cela continue. Tu n’étais pas infatigable mais tu tiendrais sûrement plus sur la durée que lui. Question d’endurance que tu avais excellente, ainsi donc tu attendis pour recommencer, tu t’améliorerais en apprenant physiquement, cela pourrait être un point positif…le seule qui pourrait naître de tout cela.


Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions Lun 4 Mar 2019 - 10:54
Il était normal de débriefer après une passe, non ? Je lui donnais des conseils, lui faisaient des remarques, mais si elle voulait s’abaisser à ce genre de remarques mesquines. Je fis la moue, mais comme si cela ne me semblait pas assez drôle pour que cela soit mentionné plutôt que parce que cela me vexait… non que cela me vexât, mais il y eut un fragment de colère, juste un fragment, infime, qui disparut aussi sec. Enfin bon, cela ne m’empêchait pas d’essayer de me montrer, sinon courtois, au moins réaliste. Oui, c’était une soldate. Et en tant que soldate, elle devait sans doute être bien meilleure avec les armes appropriées ; et apparemment, que je sois capable de reconnaitre ses mérites la laissa… un peu surprise, elle semblait ne pas savoir comment réagir. Ne pouvait-elle pas prendre les compliments tout simplement ? Ou avoir la décence de rosir sous l’honneur que je lui faisais ? Cela aurait été la moindre des choses. Un peu de politesse que diable. Ce n’était pas trop demandé !

Enfin bref. Recommencer me semblait-elle à la fois une bonne idée et en même temps complètement superflus dans la mesure où nous savions sans ambages qui, en escrimes pure, était le meilleur sans forcer ! Alors bon… je lui souris et je restais interdit avant de me dire que nous pourrions corser les choses, peut être… cela pouvait s’avérer particulièrement intéressant… même si cela risquait d’abimer un peu mon amour propre. Je regardais un peu le râtelier impeccable et prenais de petites armes. A la eskroise cela pourrait rendre les choses intéressantes et les équilibrer, peut-être ?

« Un instant. »

Je prenais sur un des meubles deux mains-gauches et je lui en tendais un, en prenant un. Voilà ; les choses allaient se compliquer pour moi. Ce n’était que récemment que j’avais commencé à travailler. Cela bouleversait beaucoup l’art du combat à la rapière, dans la mesure où on ne pouvait plus s’affronter de profil : avec deux armes, il était bien plus commode de s’affronter davantage de face. Cela compliquait les choses, rendant les défenses bien plus perméables, et c’était là où le main-gauche intervenait. Le main-gauche était une lame courte, de la taille due dague, mais qui disposait, le long de la lame, d’une encoche. Oui, le main-gauche servait de brise-lame. On prenait le fil de l’épée adverse dans cette encoche, une bonne torsion du poignet, et l’adversaire perdait plusieurs pouces, voire plusieurs paumes, d’allonge…

« Vous sentez-vous mieux armée pour faire face ? »

Oui, la question était réelle mais si elle me répondait que oui, alors je commençais à combattre, jaugeant sa réaction avec une arme dans chaque main, pour voir comment elle fonctionnerait, histoire de la jauger de nouveau. Dans cette configuration, ma botte ne servirait à rien… mais bon, ce n’était pas grave. Et sincèrement, là, les choses ne me semblaient plus si désagréables…


Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions Mer 20 Mar 2019 - 11:03

Tu observes les nouvelles armes, les lèvres plissaient, en train de jauger et apprécier leurs tenues en main. Tu n’avais pas envie d’apprécier cet échange, par principe, mais il convenait. Si tant est que l’on pouvait apprécier un homme tel que lui. il te paraissait hostile, par principe, un mauvais départ en vérité, qui donnait mauvaise impression et promettait que tu n’en ferais qu’à ta tête. Sans trop de parole tu te mis en parade, prête à le défier. Ainsi, tu enduras le combat en face à face, agréablement surprise de pouvoir te mesurer à lui d’une façon différente. Ton maniement de l’arme élogieuse n’est toujours pas au beau fixe, mais tu innoves dans de nouvelles idées. Au fond, tu tiens le combat plus longtemps, coriace en vérité, tu lui mènes la vie un peu plus dur qu’à peine, jusqu’à parvenir à une certaine égalité. Le dernier mouvement fait en sorte que l’un comme l’autre, vous vous menaciez. Un geste et tu le tues, un geste et il te tue. Tes pupilles le dévisagent, tu es essoufflée, mais tu as beaucoup mis dans ce combat. Silencieuse, tu n’es pas la première à capituler, non, il y a un moment de latence avant que tu ne ravises tes gestes.

« Je me sens plus à l’aise ainsi en tous les cas. »

Tu supposes cependant qu’il a raté quelques opportunités, tu les as vu, tu les sais, et lui ? En tous les cas tu te recules d’un pas et tu saisis un linge pour essuyer ton front plutôt qu’avec la manche de ta livrée. Tu inspires, retrouves ton souffle et décide de lui demander.

« Mais avez-vous été clément en laissant passer deux opportunités ? Je sais quand je me suis mise à mal, j’ai mal calculer la finalité de mon geste. »

Tu préférais le dire plutôt que ce soit évoquée comme un reproche, toujours méfiante vis-à-vis de cet homme. Tu n’estimais toujours pas cet homme, point de raison à cela mais tu estimais cet échange avec plus de plaisir, c’était un fait.


Sujet: Re: Chapitre 8 : Prise de fonctions 
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