Les Chroniques d'AmbrosiaConnexion

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Sujet: D’intrigue et de complot, Mordon aura votre peau [Prince Deux-cîmes] Dim 17 Fév 2019 - 11:57
Inquiétudes| « L’été venait de sonner son heure, l’heure chaude, l’après midi étouffante, elle avait la sensation de mourir peu à peu sous l’extravagance des rayons diurnes. Chaud ? Il faisait chaud, clémence béni après des températures si désagréables. Sur le domaine du chevalier de Mordon, encore une fois, il faisait pourtant bon vivre ou séjourner. Il avait fallu choisir : les intriguants conservateurs ou bien, le frère de sa majesté. Elle s’était engagée…le chevalier de Mordon n’était point un imbécile, encore moins un de ces freluquets plein de billevesées qui paradaient comme un paon. Il était courtisan, noble ambrosien et fervent conservateur de la lignée des Deux-Cîmes. Le temps avait offert à Méréïphaïne l’occasion de se rapprocher, d’infiltrer, de prendre part…elle était charmante, charmeuse, manipulatrice mais flatteuse et les comploteurs lui permettaient de passer de cercle en cercle.

L’on racontait même que sa place allait être offerte à une autre, que la dame de compagnie était moins dans les papiers de l’Impératrice, mais elle avait joué de cela, s’éloignant de sa majesté pour pouvoir s’engouffrer dans le monde de Mordon et de ses associés. Il lui était peu compliqué de comprendre certaine chose, quelques mois depuis l’hiver avait suffis à éclairer son esprit. Le prince Deux-cîmes n’étaient qu’une figure de proue, une image qui devait être rétablis, mais il n’était que porté par des épaules larges qui veillaient à agir pour lui, sans pour autant l’informer. Il ne savait pas. Et même si la dame d’Argosme ne savait pas tout, elle soupçonnait que des choses avaient été faites…son inquiétude grandissait pour Monsieur Beauregard, ce qui la surprenait elle-même…

En vérité, il était agaçant, mais possédé d’étrange vertu qui le rendait appréciable, voir agréable. Si elle n’avait franchi aucune barrière indécente, elle s’était rapprochée au grès des rencontres sans pouvoir se permettre trop d’intimité ou plutôt de familiarité. Ils s’entendaient et ils pouvaient arriver que quelques notes de musiques filent entre eux., c’était rare et seul lui initiait la chose. Elle ignorait dès lors à quel point leur entente pouvait être agréable…

Le chevalier avait organisé son anniversaire sur son domaine, deux jours agréables qui terminaient bientôt, mais la dame d’Argosme était inquiète et cela se voyait sur son visage. Elle pensait et repensait, loin du tumulte de la soirée, à des choses entendues. Dans un sens, cela la désolait de croire qu’il pouvait être au courant, elle lui concédait un peu plus de grandeur, dans un autre, elle se souciait des retombées que cela pouvait engendrer sur lui. Dans tous les cas, elle ignorait une grande partie des choses…elle savait que des choses se tramaient, que les conspirateurs agissaient pour restaurer l’ancienne lignée. Elle avait entendu parler vaguement de de Voisin, mais il y avait encore trop de secret. Ainsi donc, elle se tenait à l’écart, sous la coupole d’une tonnelle de lierre, observant l’océan. Dans sa robe champagne, sous son ombrelle de dentelle, elle détaillait la mer ambrosienne, silencieuse, et fut surprise, un instant, par un bruit, quelques mots qui la firent se retourner.

Son visage sourit en voyant Raimond parvenir jusqu’à elle… »




Sujet: Re: D’intrigue et de complot, Mordon aura votre peau [Prince Deux-cîmes] Lun 4 Mar 2019 - 10:55

Bon sang ne saurait mentir. Voilà ce que disait ce proverbe des plus fameux. Selon moi il se vérifiait généralement. Parce que quand nous avions du mauvais sang, nous allions nous le faire tirer chez le médecin, tout simplement… mais au delà de ça, ce que je voulais dire par là, c’était que je ne pouvais que juger Méréïphaïne d’Argosme autrement qu’à l’aune de ses ancêtres. Et ça n’avait rien de prometteur, ni de flatteur pour elle. Des pirates et des traîtres. Rien de plus. Autant se dire qu’en effet, il y avait de quoi se poser des questions sur de potentielles nouvelles traitrises. Quant à al piraterie, son frère n’en était-il pas un bon exemple ? Membre de la cour et du cercle rapproché de l’impératrice en titre – faute de l’être en sang – elle était un atout fort intéressant, il fallait le reconnaitre. Je doutais de parvenir à la manipuler, toutefois, jouer le jeu de la personne agréable n’était pas trop dur. A vraie dire, elle m’inspirait, non pas une forme de sympathie, mais disons qu’elle était d’une compagnie plutôt agréable. Disons que son ascendance lui mettait un lourd handicap.
Nouveau point noir, elle était, selon les rumeurs, en bonne passe pour la disgrâce. Mais elle n’avait apparemment pas la présence d’esprit, donc, de retourner au sein de la ligue, chose évidente. Personne n’aimerait être dans les papiers d’une pestiférée, au sens métaphorique. Et j’avouais volontiers que je laissais à d’autres le soin de tâter le terrain, ne m’y intéressant que peu.

Enfin, tout cela n’avait aucune importance. Je devais être accueilli chez un ami pour la soirée, une soirée d’anniversaire en réalité, qui était donnée en l’honneur d’une personne qui, sans m’être chère, m’était assez proche pour que je puisse le qualifier de proche. Un vassal dont la famille n’avait jamais faibli, même au cœur de la tourmente, d’où le fait qu’ils ne soient que simples chevaliers, de nos jours ! Enfin bref, c’était en grande pompe et ne dissimulant nullement mon blason légitime que je me présentais là-bas. Ainsi, quand j’arrivais ce fut en grandes pompes avec, comme unique signe distinctif, ces deux monts ornant ma poitrine que j’abordais fièrement. Et contrairement à d’autres endroits, ici, on me connaissait suffisamment pour avoir qu’il fallait s’incliner. Oh, on ne se s’inclinait pas devant moi comme à la cour, toutefois, une inclinaison du buste, a minima, était de bon ton….
Toutefois, il fallait reconnaitre une chose, Ils savaient comment organiser de bons jours. Bons jours auxquels je n’avais pas participé, privilégiant le fait d’être là le jour du point d’orgue, tout simplement.

La chaleur était écrasante, trouvais-je… mais bon, je ne savais pas quoi m’attendre d’autre. Je ne pouvais que l’endurer, et profiter d’un de ces vins frais et fruités typiques d’ici qui, s’ils ne valaient pas un Don, valaient néanmoins quelque attention légère. Puis, je me réfugiais sous une tonnelle de lierre. Tonnelle de lierre où je retrouvais Méréïphaïne d’Argosme. Je souriais, mis sincère, mi emphasé. Mais quand elle me répondit, elle me semblait soucieuse. Je m’approchais, eus une légère inclinaison de la tête, comme un salut, avant de finalement lui demander, sur un ton doux, mais qui montrait que je m’étonnais de voir cet air soucieux qui ne lui ressemblait pas, malgré le sourire.

« Auriez-vous l’âme chagrine ou soucieuse, madame ? »

Certes, un peu direct, mais bon, j’avouais que la chaleur faisait en sorte d’émousser ma patience, et plus encore, d’émousser mon envie de rester… et puis bon… il y avait quelque chose de singulier à fréquenter l’ennemi, il fallait le reconnaitre, mais bon, garder ses ennemis proches de soi… vous compreniez, non ?


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