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[CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik]

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Ross Brisendan
Héritier de la Gobelin Bank
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MessageSujet: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Mar 31 Jan 2017 - 17:56
Comment se rétablir des blessures du passé ? Comment s’affranchir des tracas du présent ? La réponse de la famille Brisendan avait toujours été la même : préparer, non pas la guerre, mais l’avenir. Elle avait traversé ainsi, debout au gaillard d’avant, les crises monétaires et les temps de terreur nationale. Et en cet an fatidique qui avait vu les scorpions de l’empoisonnement frapper jusqu’au coeur du pouvoir, elle persistait dans cette activité de fourmilière diligente, mécanique aurait-on pu dire pour les railler, qui avait toujours caractérisé leur capacité à rebondir.

Un couple ravagé par un décès impromptu : à quoi pensait l’ensemble de la Cour ? Aux enfants qui ne naîtraient pas – et sur lesquels chacun avait misé pour s’arroger titres et privilèges. C’étaient de ces enfants que la plupart portaient le deuil. Leurs futurs protégés, renvoyés dans les limbes. Mais il y avait d’autres enfants ; Ross Brisendan y songeait chaque fois qu’il mettait le pied hors du domaine pour arpenter les rues de la capitale, et qu’une nuée de petits mendiants environnait son véhicule. Ceux-là, personne ne les lui disputerait. Une armée en devenir, gâchée par le mépris d’aristocrates au nez trop fin. Ses parents eux-mêmes, avec lesquels il dirigeait l’agence principale de la capitale, négligeaient cette force vive laissée à l’abandon. Pourtant, avec un peu d’aide, Ross y voyait déjà les maillons industrieux de toute une chaîne de développement financier qui ne demandait qu’à se mettre en marche. Il suffirait d’un fou pour donner le premier coup de pied dans l’engrenage, et réveiller la machine encrassée, faire naître les premières étincelles...

Il avait rendez-vous ce jour-là auprès d’une grande dame qui pourrait beaucoup en ce sens. La solitude était bonne tant qu’on s’en tenait à la stratégie. Lorsqu’il s’agissait d’entrer dans l’arène et d’abattre ses cartes, Ross Brisendan aimait nettement mieux être bien entouré. La Ministre Duval avait répondu favorablement à sa demande d’audience ; le projet qu’il lui avait présenté rayonnait de bienfaisance et de désintéressement – ou presque. A bien lire entre les lignes, il ne fallait pas être grand clerc pour deviner quels intérêts un commercial avisé en retirerait, pour peu que l’investissement apporte les résultats escomptés. Mais il ne doutait pas que dame Mélusine sache démêler l’utile de l’agréable, et y trouver elle-même son compte. Pas un instant il ne comptait l’escroquer ; signer avec elle un pacte profitable aux deux partis, rien de plus.

C’est donc avec l’assurance d’une conscience claire et tranquille que le plus jeune des directeurs de la Gobelin Bank se fit annoncer dans l’antichambre du Ministère, précisément à l’heure fixée pour leur rendez-vous. Quoique vêtu dans le respect du deuil national qui frappait Ambrosia, il manifestait comme à l'ordinaire sa fantaisie naturelle par divers articles vestimentaires, fleur à la boutonnière, bordures moirées... et son visage exprimait toute l'intelligence passionnée, peu extravertie mais intérieurement intense, qu'il consacrait à ce noble projet. Lorsqu'il vit paraître la dame Duval, il la salua d'une révérence gracieuse et la gratifia d'un sourire de circonstances, attendant avec respect qu'elle prenne la parole la première.

C'était une époque d'incertitudes. Mieux valait sonder l'état d'esprit d'une personne puissante avant de se risquer à tout commentaire qui pourrait paraître déplacé.
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Mélusine Duval
Ministre de l'éducation et des pupilles
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Mer 1 Fév 2017 - 6:41
Cela faisait quelques heures que Mélusine était assise à son bureau, plongée dans les dossiers, remplissant avec soin des formulaires en y apposant sa signature et le cachet du Ministère. Elle releva la tête lorsque la pendule sonna. Au même moment, un employé entra et annonça que son rendez-vous était arrivé. La Ministre lui fit un signe de tête et rangea proprement ses dossiers dans un tiroir de son bureau et se mit instinctivement à ranger également chaque objet, stylos-plume, papiers, à sa place. Tout devait toujours être en ordre.

Elle se leva et fit quelques pas vers un grand miroir trônant sur le manteau de la cheminée. Son image reflétait ce qu'elle était devenue, une femme seule, sans attaches, ayant perdu tout ce qui comptait le plus dans sa vie et ne trouvant la paix intérieure qu'en travaillant. Elle était déterminée à continuer ce que son mari avait commencé, en se montrant juste envers chacun. Elle observa son visage et veilla à ce que son chignon soit en place sans qu'aucune mèche de cheveux ne retombe. Elle portait un chemisier ocre avec une jupe et une veste noire cintrée à la taille. Elle ajusta sa broche représentant l'emblème du M.E.P – Ministère de l'Education et des Pupilles- puis se décida à aller accueillir son rendez-vous.

Elle ouvrit la porte un observa un court instant celui qui se tenait debout à l'attendre. Le banquier la salua et elle lui adressa un sourire poli.

- Monsieur Brisendan, soyez le bienvenue. Je vous en prie, entrez donc.

Mélusine lui fit entrer et lui désigna la chaise en face de son bureau. La pièce était sobre, suffisamment éclairée par deux grandes fenêtres et impeccablement rangée. Il y avait un petit coin avec une cheminée, une grande pendule, un canapé et deux fauteuils et de l'autre côté de la pièce le bureau joliment sculpté en bois foncé. Des étagères remplies de livres et de dossiers se dressaient sur tout un pan de mur, tandis que sur les autres il y avait des tableaux représentant des enfants jouant ou des huiles de natures mortes.

La Ministre prit place à son bureau, en face du banquier. Elle se tenait droite sur sa chaise, les mains posées sur ses genoux. Mélusine avait étudié avec attention la lettre qu'elle avait reçu de Monsieur Brisendan quelques jours auparavant. Mais elle n'était pas dupe, il y avait forcément un intérêt derrière le geste que le banquier souhaitait faire. Ceci dit, elle n'allait certainement pas faire la fine bouche sur cette proposition qui concernait l'aide aux orphelins. Oui, cela allait faire un belle publicité pour la Gobelin Bank, même si la Ministre détestait cette manière de faire, l'argent qu'il verserait était important.

- Ainsi vous souhaitez financer l'éducation des jeunes orphelins d'Ambrosia ?

Autant entrer directement dans le vif du sujet...
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Ross Brisendan
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Mer 1 Fév 2017 - 17:25
En jetant un petit coup d’œil aux détails visuels de la scène où il entrait, Ross Brisendan se fit mentalement quelques réflexions. La pièce et son occupante lui évoquaient un bouquet de fleurs séchées, précieusement arrangées en une harmonie délicate aux teintes surannées, sur lesquelles le temps n’aurait désormais plus prise : la vie après la vie. Il s’apprêtait à multiplier, par habitude, les compliments de Cour, quand son illustre interlocutrice lui fit le plaisir de précipiter les choses ; de parler affaires, comme on disait chez lui.

« Vous n’êtes pas sans savoir que je mets un point d’honneur à m’impliquer personnellement, sous la forme d’appuis financiers sélectionnés avec soin, dans la bonne marche de notre cher Empire. C’est ma manière à moi, qui n’ai pas le talent ou la spécialisation d’un ministre, d’apporter mon modeste soutien à notre maîtresse à tous dans sa vaste mission. »

Chez un autre courtisan, ce terme aurait pu se parer d’une ironie déplacée. Mais l’amour que vouait le jeune banquier à son impératrice était aussi platonique que celui qu’il adressait à sa divinité de prédilection ; impossible d’avoir le moindre doute à ce sujet. Il tira un feuillet noirci d’écritures du porte-documents qu’il transportait avec lui, et le déposa sur le bureau de Mélusine Duval. « Avec votre permission… Je me suis permis d’établir un petit contrat de nos obligations à tous deux, si nous devions conclure ce pacte que je vous propose. Ainsi, nous réfléchirons plus concrètement. »

Il lui désigna plusieurs lignes importantes au fil du document : il tenait à quelques points en particulier, notamment des rapports réguliers sur l’emploi exact des fonds qu’il fournirait, et des conférences de presse chaque fois qu’il accomplirait une action, qu’il s’agisse de verser la somme convenue ou de l’augmenter selon un besoin quelconque, catastrophe inattendue, nouveau bâtiment à construire…

Il fixait également un maximum à ses contributions, maximum raisonnable cela dit, puisqu’il équivalait à la somme requise pour loger une dizaine de familles chaque mois. Il apprécierait de connaître les noms et le devenir des enfants dont il se constituerait ainsi parrain. Leur choix, en revanche, était laissé à la discrétion de leur illustre protectrice. Enfin, il émettait le souhait qu’ils soient introduits à la vénération de Timan, sans obligation de culte pour autant ; mais qu’ils comprennent bien tout ce qu’ils devaient à sa philosophie.

« Nos jeunes esprits excessivement romantiques, ennemis du profit et qui dissipent leur santé aux quatre vices, gâchent des talents intellectuels et artistiques qui pourraient être utiles à tous. Je serais heureux d’enrayer ce morbide phénomène, dans la mesure de mes capacités », affirma-t-il en s’adossant au fauteuil qui lui était dévolu, pour laisser la Dame Duval parcourir le document à sa guise, et suggérer des modifications si tel était son désir. Après tout, s’il venait en personne, c’était pour négocier.
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Jeu 2 Fév 2017 - 4:11
Mélusine observait d'un air impassible le banquier qui se tenait assis devant elle. Il avait l'air sûr de lui et semblait connaître déjà les ficelles du métier malgré le jeune âge qu'il devait certainement avoir. Elle lui fit un petit sourire entendu.

Lorsqu'il sortit le contrat de son porte-document, Mélusine arqua légèrement un sourcil et se pencha au dessus de son bureau pour lire ce qu'il lui désignait. Ce Monsieur Brisendan avait déjà pris les devants pour tout mettre noir sur blanc, en bon calculateur qu'il était. Mélusine cachait toute émotion sur son visage, mais elle hochait légèrement la tête sans dire mot, de façon à bien comprendre chaque terme qu'il utilisait lorsqu'il présentait chaque point de son document.

A la fin de son exposé, Mélusine relisa attentivement chaque ligne qui lui posait soucis. Et il y en avait. Elle posa le document sur le bureau devant elle, et se tint droite sur sa chaise. Elle lui fit un sourire poli.

- Monsieur Brisendan, sachez tout d'abord que le Ministère est extrêmement touché par votre générosité et c'est tout à votre honneur de faire ce geste envers les orphelins.

Elle l'observa un instant tout en continuant à lui sourire poliment.

- En ce qui concerne les rapports réguliers sur les dépenses de vos fonds, comme je vous l'avais précisé dans ma lettre, nous avons un regard sur chaque frais engagé dans les orphelinats, et bien évidemment, chaque somme que vous reverserez sera utilisée pour le bien être des enfants. Nous vous enverrons ces rapports sans aucun problème.

Elle s'adossa à sa chaise. Pour ce qui était de la presse, Mélusine détestait cela. Mais pour le banquier c'était un coup de publicité dont il ne se passerait certainement pas. Elle réfléchit brièvement à une solution qui pouvait convenir aux deux parties.

- Pour ce qui est des conférences de presse... Elle marqua une petite pause. Je ne suis pas contre une remise publique, mais j'ai bien peur que de contacter la presse pour chaque action puisse attirer trop l'attention sur les orphelinats. Vous le savez, ils ne sont pas situés dans les meilleurs quartiers de la ville. Des personnes mal intentionnées pourraient trouver là une occasion de commettre une grave erreur. Je ne veux pas prendre le risque d'attirer les ennuis sur les enfants ainsi que les directeurs d'orphelinats, et par la même occasion sur vous.

La Ministre regarda fixement dans les yeux le jeune banquier. Ce qu'elle disait n'était pas insensé, et certains badauds pourraient trouver profit en volant les enfants et tous ceux qui s'en occupaient, et même aller jusqu'à la violence pour se procurer quelques pièces. Le fait de contacter la presse à chaque fois qu'une somme serait versée pourrait faire de nombreux jaloux, et le sort des orphelins, peu de gens s'en souciait tant qu'ils y trouvaient leur compte.

- Enfin, sachez que pour ce qui est de la religion, chaque enfant dispose déjà de cours sur les cultes. Je ne peux pas leur imposer de vénérer telle ou telle divinité, mais Timan est aussi expliqué aux enfants, tout comme Aernia, et même Ameth. Nous mettons un point d'honneur à ne pas mettre en avant une en particulier, les enfants se forgent eux-mêmes un esprit, un caractère, un destin.

Une petite lueur traversa l'esprit de la Ministre. Elle venait d'avoir une idée pour tester un peu le banquier, peut être même le déstabiliser.

- J'aurais une demande personnelle, Monsieur Brisendan. Une demande que vous allez peut être trouver surprenante, mais qui me tient très à cœur...
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Ross Brisendan
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Jeu 2 Fév 2017 - 14:35
Jusqu’à présent, la Ministre semblait favorable à son intervention. L’importance de la somme, le sourire gracieux dont il l’assortissait, peut-être les compliments dont il la couvrait, ou le peu de conditions et leur côté raisonnable… le tout convergeait pour présenter un tableau merveilleusement innocent et qui semblait ne présenter que des avantages.

Le tableau idyllique qui se dessinait, celui d’une foule de jeunes esprits sortant de ces établissements de charité emplis de confiance envers l’Impératrice et envers l’économie d’Ambrosia, le réjouissait d’avance ; il entrerait dans l’âge mûr à ce moment-là, ses rentes seraient assurées par les opérations financières savantes qu’il aurait menées dans l’intervalle, et ses agences auraient couvert les territoires d’Eskr, à la faveur de traités diplomatiques qu’il ferait tout pour appuyer.

Ce ne serait pas un mauvais moment pour se lancer dans la politique.

Mais ils n’en étaient pas là. Pour l’heure, il convenait d’abord de sauver du marasme et du désespoir tous ces pauvres enfants déshérités, menacés par les affres de l’épidémie et les séquelles de la malnutrition. Un poêle par salle de classe, une bonne paire de chaussettes pour chacun, un petit déjeuner solide dans chaque estomac : voilà où commençait l’instruction. Il voyait cependant qu’une chose faisait tiquer son interlocutrice, mais elle conservait suffisamment bien les secrets de sa pensée sous un voile d’impassibilité digne et patiente pour que même un fin renard comme le jeune Brisendan ne puisse les déchiffrer exactement.

Il dressa donc attentivement l’oreille à toutes ses réponses, en relevant les objections précises qu’elle pourrait formuler. Avec surprise, il nota que le fait de lui présenter des rapports ne la gênait pas, tandis que la publicité pour ses établissements éveillait chez elle quelques inquiétudes. Raisonnables, cela dit, mais étonnantes en regard de l’enthousiasme qu’il s’attendait à susciter par cette perspective de fêtes caritatives hautement médiatisées. Eh bien ! Tout le monde ne pouvait pas avoir les mêmes goûts. A constater la tenue de la Ministre, il aurait dû s’en douter dès le départ.

« Nous disposons d’un corps de sécurité trié sur le volet, formé par d’anciens membres de la garde impériale retraités. Si vous éprouvez les moindres craintes, nous pouvons vous allouer quelques-uns de ces gardes pour assurer la protection de nos fonds déposés chez vous, » proposa-t-il avant toute chose, en ajoutant à la main un paragraphe à cet effet en fin de contrat, en guise de post-scriptum, sous la petite clause finale qui stipulait combien de mois à l’avance il devait prévenir s’il se trouvait dans l’impossibilité de poursuivre ses contributions.

Ross Brisendan faisait preuve d’un charme quasi enfantin en s’emparant tout naturellement du matériel disposé sur le bureau pour écrire, qui retirait à ce geste toute la grossièreté qu’il aurait pu avoir de la part d’un être plus autoritaire. Il avait également la faculté, développée au fil des ans, d'écrire à volonté d'une main ou de l'autre, ainsi que de parler tout en écrivant :

« Ceci étant dit, je souhaite avant tout que cette transaction se déroule en accord avec votre sensibilité personnelle. Puisque nos esprits, quoique dissemblables, parviennent à une certaine harmonie sur tout le reste, dites-moi à quelle demande personnelle vous pensiez. Je suis persuadé que nous pouvons parvenir à un accord parfait. »
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Ven 3 Fév 2017 - 17:28
La Ministre observait avec attention chaque geste et dire de son interlocuteur. Il y avait trop de confiance en lui. Il lui semblait qu'il essayait de la manipuler en sa faveur. Mélusine détestait les personnes qui ne pensaient qu'à leurs profits. Et chez les nobles, nombreux étaient ceux qui essayaient de se faire remarquer par l'Impératrice. Certes, elle-même avait accompli des haut-faits pour se faire remarquer, mais elle avait travaillé dur pour cela, elle estimait qu'elle avait mérité sa place au sein du Ministère et qu'elle était aussi la mieux placée pour ce poste.

Tandis qu'il ajoutait un paragraphe au contrat, tout en prenant ses aises, Mélusine joignit ses mains et prit un ton calme.

- Je ne pense pas que cela soit nécessaire, Monsieur Brisendan. Que pensez-vous d'une remise publique ici, dans le grand salon du Ministère, nous pourrions faire une petite cérémonie au cours de laquelle vous pourriez prendre la parole devant les invités et les directeurs d'orphelinats. Bien entendu, le Ministère de l'Education s'occupera des invitations, peut-être aurions-nous même l'honneur de recevoir sa Majesté si elle y consent.

Le flatter, y aller doucement, dans le sens du poil, pour qu'il accepte de se débarrasser de l'idée de ne faire venir la presse que pour cette cérémonie et non lorsqu'il le désire, voilà l'idée de la Ministre. Il était rusé, et c'était aussi pour cela qu'il fallait s'en méfier. Peut être qu'il fallait être aux aguets d'un homme intelligent, mais il fallait également redouter une femme au pouvoir.

Mélusine reprit toujours sur un ton flegmatique.

- Je souhaiterais que vous puissiez prendre un peu de votre précieux temps pour m'accompagner à la visite des orphelinats, ainsi vous pourrez constater par vous-même et juger des améliorations à apporter. Bien évidement, nous irions dans les bas quartier sous bonne garde. Vous pourriez trouver également votre choix de parrainage.

Elle fixa le regard du jeune banquier à la recherche de quelques signes qui pouvait le troubler. Elle était certaine que ce monsieur n'avait jamais mis les pieds en de tels lieux. Il avait du naître avec une cuillère d'argent dans la bouche, et ne se doutait pas que Mélusine avait été par le passé une petite orpheline avec sa sœur.

Mélusine ne prévenait jamais les orphelinats de sa visite, car elle ne voulait pas que les directeurs et directrices fassent en sorte que tout soit parfait juste avant qu'elle n'arrive. Non, l'effet de surprise était le mieux, ainsi elle pouvait les prendre sur le vif et constater réellement ce qu'il s'y passait. Voir un banquier comme Monsieur Brisendan dans un orphelinat, entouré d'enfants pauvres qui allaient sûrement lui faire les poches, voilà une vision qui réjouissait la Ministre.
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Ross Brisendan
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Ven 3 Fév 2017 - 18:05
"Ce compromis me semble parfait. Naturellement, au moment de la cérémonie, je vous remettrai un bon officiel, non des brouettes de pièces d'or. Le transfert monétaire se règlera directement entre votre secrétariat et mon compte, sur remise de ce bon. J'en ai touché un mot à votre secrétaire en prenant rendez-vous, il m'a semblé que ce serait plus simple ainsi."

La vérité était qu'il trouvait ce monsieur fort sympathique, et ne verrait aucun inconvénient à échanger avec lui pour la concrétisation de ces opérations financières régulières. Bien au contraire. D'ailleurs, c'était leur métier à tous les deux. Le comptage de gros sous ne semblait guère être une activité de nature à réjouir la belle Mélusine ; Ross ne jugeait pas, il fallait de tout pour faire un monde. Il écouta avec complaisance la proposition qui lui était faite, et réfléchit rapidement, calculant le nombre de minutes écoulé depuis son arrivée. D'un hochement de tête, il signala que c'était jouable.

"Mon temps vous est tout dévoué pour l'heure qui s'ouvre devant nous. Malheureusement, ensuite il me faudra vous quitter et retourner à mes obligations. Je ne suis pas exactement maître de mes allées et venues."

Ross tira de sa poche un carnet à bordure dorée, qu'il ouvrit pour le montrer à la Ministre avec un petit sourire et un haussement de regard au plafond : les heures suivantes étaient effectivement marquées d'un petit cadre grisé portant la mention "Réunion avec Tante Astrid". Il s'agissait de la directrice des agences Nord, fort aigrie depuis que ses propres enfants avaient opté pour des voies tout sauf financières, et fort exigeante en retour envers le jeune homme qui devenait ainsi l'héritier de ses stratégies.

Sa santé n'allait pas fort depuis quelques temps, et elle tenait donc à réviser soigneusement avec lui, point par point, l'histoire de ses agences, les opérations et investissements en cours, les pronostics dressés pour l'avenir, et les habitudes de ses clients. Autant dire qu'il y en avait pour des mois. Il avait l'impression de rédiger sur la dictée de cette brave tante la biographie bien remplie d'une ancienne danseuse de music-hall, tant c'était laborieux. Il n'entra toutefois pas dans tous ces détails, et se contenta de se lever en laissant le contrat sur le bureau de celle qu'il considérait désormais comme son associée.

"Pensez-vous déplacer à terme une partie des enfants dans des quartiers plus riants ?" demanda-t-il en accompagnant la Dame Duval vers la sortie. "A moins que vous estimiez préférable pour leur équilibre de ne pas trop les éloigner de leurs quartiers d'origine ?"

Il essayait de ne pas donner l'impression d'un intérêt trop clinique, mais sa curiosité envers le fonctionnement mental de ses pairs à la Cour avait fréquemment ces airs froids et détachés, et il pouvait difficilement la dissimuler tout à fait. Il était donc naturel qu'il se penche de la même manière vers les déshérités : comme à travers une loupe ou un microscope. C'était dans cette humeur qu'il se passionnait le plus, ou du moins le plus sincèrement. Au reste, ses fréquentations y étaient habituées ; il convenait donc que cette charmante dame s'y fasse elle aussi, puisqu'ils allaient se croiser à la Cour pour ces petites cérémonies.

En arrivant à la sortie des appartements, il fit signe à un laquais qui faisait le pied de grue, et qui s'avança en redressant élégamment sa taille corsetée, enveloppée de broderies rutilantes, aux armes de la famille Brisendan.

"Rentrez m'attendre à mon bureau," lança-t-il, "je vais être escorté en compagnie de Madame la Ministre. Vos services ne sont plus requis."

L'homme fronça les sourcils un instant, puis se détourna avec la rigueur souple d'un automate danseur de ballet. Il désapprouvait visiblement, mais sans se permettre un mot à voix haute. Ross était donc parfaitement libre d'ignorer cette muette recommandation. Ce qu'il fit, résolument. Après tout, en compagnie d'un membre du gouvernement, que pouvait-il risquer ? Il se tourna joyeusement vers son illustre interlocutrice, et lui offrit son bras :

"Me voici tout à vous."
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Sam 4 Fév 2017 - 19:29
Le banquier semblait d'accord pour une remise de prix officielle sans passer par toutes les conférences de presse. Mélusine semblait étonné de la facilité à laquelle il céda, alors qu'il avait préparé tout son dossier comme si c'était lui qui décidait. Il avait néanmoins déjà pris l'initiative pour les transferts d'argent auprès du secrétariat.

Mélusine eut un air étonné lorsque le jeune banquier accepta d'aller visiter l'orphelinat, elle ne s'attendait pas non plus à ce qu'il accepte aussi facilement d'aller dans les bas quartiers. Et surtout encore moins dans l'heure qui suivait. La Ministre pensait plutôt à faire cette visite d'inspection un autre jour, mais soit, autant tout régler immédiatement. Elle se pencha pour voir ce que Monsieur Brisendan lui montrait dans son carnet. Cette Tante Astrid ne devait pas être un rendez-vous des plus galants, vu la tête qu'il faisait. Mélusine eu un petit sourire.

- En ce qui concerne notre contrat, je demanderais à Aÿmerik, mon Secrétaire, de tout remettre au clair en y ajoutant tout ce dont nous avons parlé. Je vous enverrai le double le plus rapidement possible.

Elle se leva à son tour et l'accompagna vers la sortie. En ce qui concernait de déplacer les orphelinats, cela n'allait pas du tout être une chose aisée.

- Comprenez cher Monsieur, que j'aurais vraiment aimé que les orphelinats soient dans un autre quartier, hors cela a un coût, et d'autre part, les habitants ne sont pas vraiment favorables à ce que des petits voyous, pour reprendre leurs mots, viennent vivre dans les quartiers plus riches. Mélusine grinça des dents. Avoir assez d'argent pour un nouveau logement était une chose, mais faire changer la mentalité des Ambrosiens en était une autre. Mais peut-être que les mentalités changeront avec le temps, qui sait ?

Arrivé dans le couloir, Mélusine s'excusa poliment. Elle devait aller chercher son manteau et prévenir son Secrétaire.

- Je suis à vous tout de suite, Monsieur Brisendan. Je vais chercher mes affaires, je fais au plus vite.

Mélusine se dirigea vers son secrétariat en prévenant Aÿmerik de les accompagner pour la visite, et s'il pouvait trouver rapidement un garde du Ministère pour les escorter également. C'est qu'il ne fallait pas qu'il y ait le moindre soucis sur place, surtout avec une personne importante comme Monsieur Brisendan. Elle alla ensuite chercher son manteau, en vérifiant bien qu'il y avait un objet dans sa poche intérieure, puis sorti du Ministère en toute hâte.

Le banquier attendait et il semblait de bonne humeur. Il fallait prendre un zeppelin pour sortir de l'île puis un fiacre jusqu'aux quartiers bas. Elle accepta son bras malgré qu'elle avait toujours du mal à toucher les gens. Mais cela pourrait sembler étrange comme comportement si Mélusine avait refusé. Elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule pour voir si son Secrétaire arrivait, puis se mit en route.
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Ross Brisendan
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Dim 5 Fév 2017 - 21:47
« Je fais pleinement confiance à votre secrétariat pour la rédaction de ce document. »

Confiance, était-ce le mot ? Il savait pertinemment qu’un document altéré pour lui imposer des conditions auxquelles il n’avait pas expressément consenti ne serait pas recevable, et que l’interaction ne ferait que s’en compliquer, s’en retarder… personne n’avait intérêt à cela. Sa mémoire était trop précise pour qu’on puisse lui faire accroire ce qu’il n’avait pas effectivement déclaré. Jusqu’à présent, elle ne lui avait encore jamais fait défaut, du moins pas dans le cadre du travail. Certains soirs, sous l’effort des fortes migraines de l’effort intellectuel soutenu avec acharnement au-delà des limites du corps, il lui arrivait d’oublier jusqu’au prénom de Miranda ; mais pas les chiffres décisifs sur lesquels il travaillait à ce moment-là. C’étaient deux plans de réalité, et il était deux hommes différents, l’un vampire des énergies de l’autre, pour pouvoir y faire face selon ses priorités.

Le banquier avait d’ailleurs véritablement confiance en ce fameux secrétaire, mais pour des raisons toutes personnelles. Depuis quelques années, il avait la tâche d’administrer le compte de monsieur de Rauchechoyr, inauguré par l’obtention d’un héritage au moment même où Ross avait commencé à administrer ses propres sections de la Gobelin Bank sans surveillance de ses illustres parents. Une coïncidence difficile à oublier ; il savait parfaitement que ses papiers seraient en sécurité entre les mains du secrétaire. L’esprit léger, il suivit donc la Ministre, ravi qu’on puisse se charger de cette formalité somme toute assez inutile à ses yeux, ou du moins un rien superflue, et qu’il soit ensuite libre de retourner à ses moutons. Une bonne chose de faite, comme on dit !

L’escorte qui les accompagnerait lors de leur escapade était pour l’instant au centre de ses préoccupations et de son intérêt. D’une part, il était toujours attentif à ce que les autres corps de garde mettaient en place pour la protection de leurs personnalités illustres, dans la mesure où il en était une également ; et il ne mettait de côté aucune inspiration dont il pourrait tirer un enseignement pour sa propre protection. D’autre part, eh bien ce serait toujours un beau spectacle et un bon moment à passer !

Il y occupa d’ailleurs son attente, touchant un mot ou deux avec le personnel qui faisait le pied de grue devant les bureaux tandis que Dame Duval rassemblait les affaires nécessaires et mettait la main sur monsieur de Rauchechoyr. Un personnel peu disert, accoutumé à préserver sa confidentialité face aux questionnements de personnes de haut rang sans toute fois les inconduire de manière discourtoise.

Mais le son de la voix ou les mimiques du visage comptaient autant aux yeux de Ross que les informations qu’il aurait pu glaner. C’était sa petite sortie de la journée, et il n’aurait sans doute pas le temps d’en faire d’autres ; au soir, les yeux brûlés par les tableaux et les graphiques, il n’aurait qu’une envie : se jeter dans les bras de Morphée. Il n'osait pas trouver cette occasion de détente trop agréable, cependant. Il ne s'autorisait pas ce genre de fantaisies, beaucoup plus dangereuses que les dépenses en matière de garde-robe. Le retour à l'efficacité froide ne devait pas le faire trop souffrir, sans quoi il y perdrait en performance.

« Vous avez fait vite, j’espère que vous ne vous êtes pas pressée pour moi. Nous n’allons passer là-bas que quelques minutes, une demi-heure au plus, j'imagine... » se rassura-t-il en emboîtant le pas à la Ministre, avant de se tourner vers son secrétaire pour le saluer d’un signe de tête, entre manifestation de sympathie et salut de Cour :

« Bonjour, monsieur de Rauchechoyr. Le projet dont nous parlions hypothétiquement semble être en passe de se concrétiser ! J'espère que les dispositions prévues pour nos transactions ne vous donneront pas trop de travail supplémentaire. »

Il se retint de lui demander, comme lorsque ce dernier le croisait dans le cadre de leurs rencontres hors du Ministère, comment allait la petite famille. Cela n’aurait pas été correct dans le contexte actuel.
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Aÿmĕrik G. de Rauchechoyr
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MessageSujet: Re: [CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik] Mar 7 Fév 2017 - 5:42
La journée azurée de l’espoir à fondre ses obligations plus vite qu’il ne le pouvait réellement, un homme de belle prestance et au port aristocratique embarqua dans une navette dirigeable reliant le quartier du Ministère de l’Education. Devenue une routine, la fier silhouette de ce fonctionnaire semblait opérer dans un mode de fonctionnement automatique, ne quittant les yeux de son éphéméride rassemblant ses dossiers du jour que pour annoté son agenda pour en établir le traitement.

Rien de très important ne s’annonçait pour une journée, qui finirait très vraisemblablement par s’enliser dans l’ennui de la répétition de tâches dont les particularités peinaient à se montrer distinctement dans le commun d’un secrétaire. Heureusement, le vicomte ne voyait dans son poste de haut-fonctionnaire au sein du ministère que la garantit d’offrir tous les opportunités possibles à ses enfants, balayant tout velléité à s’aventurer sur des chemins, certes plus glorieux, mais beaucoup plus incertain à soutenir ses responsabilités parentales.

Levant un visage inexpressif bien que donnant une touche de couleur à cette enveloppe humaine un peu tristounette, Aÿmĕrik jeta un regard mélancolique sur ce qui l’attendait. Il avait sans nul doute la certitude de rendre la société ambrosienne plus proche d’une utopique vision humaniste qui avait construit son adolescence. Mais il avait également vu le revers de cette façade idéalisée, les négociations de nobles et dignitaires pour se partager le gâteau du pouvoir, et même parfois certain Grand franchissait la ligne pour leur profit personnel. Avec le temps, blasé et n’ayant pas la vocation d’un DonQuichotte, il opéra un juste équilibre à investir les réseaux relationnels des arcanes du pouvoir pour les projets de ses employeurs tout en n’oubliant pas d’assurer l’avenir de sa descendance.

Quand le grand hall d’accueil s’ouvrit sur le modeste serviteur de l’empire, il accorda ses habituelles salutations maquillées de ce qui voulait être un sourire, du moins les plus optimistes avaient choisi d’en faire la vérité. Puis, s’en déborder d’une chaleur humaine, le vicomte de Bosset appela son assistant, pompeusement intitulé sous-secrétaire. Gentille et pas farouche, le regard énamouré et souligné d’une expiration sonore de sa faillite à attirer l’attention d’un supérieur encore plongé dans les souvenirs d’une défunte épouse, à jamais remplacée.

Un froncement de sourcil apparu sous la lecture d’un des rendez-vous de Mme Duval, seule femme dont il admirait le dévouement dans l’œuvre d’un mari également disparu. Un profond respect et une volonté de protéger également le souvenir du seul homme dont il n’avait jamais pu prouver la fausseté de son engagement. Il fallait cependant s’imaginer que l’humble aristocrate ambrosien ne s’était enrôlé dans la même profession de foi en cette quête à l’éducation pour tous. Né dans les privilèges, si modeste qu’ils aient été, cela suffisait pour en affirmer l’importance pour obtenir une vie agréable.

Lisant le dossier préparatoire qui ferait l’objet de la plus importante réunion de la journée…
Brisendan… Gobelin’s Bank… oui, ça y est, il remettait le personnage, qui à première vue s’affichait comme burlesque et désinvolte, pour mieux cacher un esprit rotor comme la majorité des affairistes. Sa famille ayant toujours eu un pied dans le monde de la finance sans pour autant en endosser l’apanage du statut.

Après un début de matinée sans véritable révolution de son déroulement, il vint l’heure du fatidique lancement du dossier de l’orphelinat, l’une des priorités pour Mme la Ministre, tout comme pour l’impératrice qui pourrait bien adopter l’un de ses orphelins.
Un sourire s’esquissa sur le visage d’Aÿmĕrik à la tête que certains puissants arboraient sous l’annonce de se voir un jour confier sous l’autorité d’un orphelin. Et oui, il y avait quelques traces taquines qui persistaient dans la morne et taciturne personnalité du secrétaire.

Au passage du banquier, une ébauche de salutation conservant l’embryon de sourire apparu un peu plus tôt sur son visage signifiait clairement que les deux hommes n’allaient pas feindre une première rencontre. En affaire depuis déjà quelques temps, il aurait été vint et ridicule de jouer cette farce, toutefois ils n’avaient pas non plus besoin d’exposer une trop grande concomitance.

Laissant les discussions et l’investigation ministérielle à sa patronne à découvrir la véritable nature du personnage, il savait qu’elle ne risquait rien avec ce businessman avide d’affirmer une autre facette à la face du monde. Il prit soin de préparer sa petite sacoche, prédisant qu’elle testerait ce curieux serviteur de Timan par une petite expédition sur les lieux concernés par toutes ses négociations bassement matérielles.

Anticipant ce déplacement, il passa un appel téléphonique au service de la garde du ministère en sollicitant les services d’un garde du corps pour Mme la Ministre. Il s’empressa de préciser l’unicité de cet accompagnateur, sachant combien un bataillon de militaire la ceinturant conduirait à une rebuffade qui pourrait vite monter en volume sonore.

Étrangement, le débat n’en fut pas vraiment un, tant il avait œuvré en coulisse pour que les deux parties y trouvent satisfactions et ententes. Autant dire que la brièveté des marchandages ne fut pas une surprise pour le vicomte, alors lorsque sa patronne l'interpella pour le suivre dans une visite sauvage et imprévue, il ne mit guère longtemps.
Seul son possible retard à son retour chez lui éveilla un bref moment d’incertitude et d’inquiétude.

<<- Oui… Tout de suite Mme la Ministre, j’ai déjà pris les dispositions pour le service de protection et je vais charger mon assistante de prévenir chez moi de mon possible retard… ->>

Après s’être assuré que l’information soit transmise à sa maisonnée via son assistante, il enfila son trench-coat anthracite et son haut-de-forme assorti, tout en glissant sa sacoche sous le bras après y avoir adjoint l’un des exemplaires du contrat Brisendan que ce dernier lui avait fait parvenir. Et quoi qu’ignorant les additifs ajoutés par Mélusine, il percevait comme prudent d’avoir un support à d’autres modifications générées par cette visite impromptue à l’orphelinat.

C’est alors qu’il contempla un spectacle des plus distrayants sur le peu de naturel à accepter le bras d’un homme dont la délicieuse Mélusine Duval ne pouvait cacher l’absence d’enthousiasme à subir un tel rapprochement.

Mais, dans l’instant où il allait montré un signe d’ironie sarcastique, le banquier s’affligea d’une salutation conventionnelle et lança une évocation à leurs échanges sur les modalités des transferts bancaires avec la Caisse des Dépôts du Trésor Impérial, banque de l’Empire. Tout en scrutant la porte de la garde Impériale pour confier la charge de sécuriser la petite balade, Mr de Rauchechoyr répondit sur un ton glacial, comme un rappel d’une discrétion attendue sur leur business.

<<- J’ai bien évidemment avertis le ministère des finances afin d'obtenir l’allocation d’un compte récipiendaire de vos donations afin d’être utilisé dans le cadre définit par le contrat qui y sera adjoint.
Les fonds déposés à la C.D.T.I. sont exonérés des taxes et impositions ordinairement prélever sur les placements financiers étant donné qu'ils concernent des fonds gouvernementaux… ->>

Le lieutenant chargé de la protection de Mme la Ministre ne tarda pas à offrir une chorégraphie parfaite d’une installation discrète et très rapide des gardes-du-corps au sein d’une navette dirigeable spéciale.
Par un bref signe de la main, le secrétaire invita l’officier militaire à prendre les consignes de sa mission. Indiquant que seule la ministre et son honorable invité devait se voir assigné un garde-du-corps. Puis, afin de vérifier si les dispositions prises correspondaient à celle désirées, il se rapprocha de Mélusine et l’informa du dispositif de protection mise en place.

Devenu invisible, il monta dans la navette via la seconde porte avec le reste de l’escouade de protection tout en gardant un œil sur sa patronne qui n’aurait qu’à faire un signe de la main pour l’interpeller.
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[CLOS]A circonstances lugubres, visées lumineuses. [Mélusine - Aÿmerik]

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