Le Deal du moment : -49%
4ème maillot Jordan x Paris Saint-Germain ...
Voir le deal
46

Daeron Azuran
Nationalité :
Amethienne
Messages :
88
Date d'inscription :
12/10/2017
Daeron Azuran
Protecteur de la Foi en Ameth
le Mer 11 Mar 2020 - 17:11
La dame en pourpre n’avait pas apporté que du malheur à Daeron Azuran, quoi que le terme malheur était trop lourd. Mais dans ses peines et sa nouvelle maladresse, il avait réussi à faire la connaissance d’une jeune femme, une de celle qui, hélas, avait perdu toute sa famille. Sans trop savoir pourquoi, Daeron s’était rapprochée de la jeune femme. Par envie d’aider son prochain avait-il d’abord pensé, parce qu’il était ainsi, parce que son cœur et son esprit s’étaient sentis gagner par une forte émotion à son encontre, sans qu’il ne le réalise encore. Daeron n’était point homme à femme, il n’était pas même fort doué pour séduire, mais il ne savait pas encore que son cœur s’était fait envahir d’un sentiment qu’il n’avait pas éprouvé depuis longtemps, et il ne savait pas un seul instant reconnaître les choses, tout ce qu’il savait en tous les cas, c’est qu’il faisait en sorte de retrouver celle qui se prénommait Cordélia Porter.

La jeune veuve était belle, il voyait ses sourires, il entendait ses paroles et il avait décidé, un peu comme cela, de l’aider à surmonter la perte de sa famille. Il comprenait, sans comprendre car il était Amethien et en Ameth seul compte la patrie, la famille passant en plan secondaire, il comprenait qu’il était ardu pour l’ambrosienne de se sentir bien. Non qu’il eusse deviner les réelles afflictions de son cœur, mais il savait que souvent, les gens en peine, cachaient habilement leur tristesse, par pudeur ou par honte, pour maintes raisons. Comme elle ne l’avait pas repoussé en lui faisant comprendre les choses, il s’évertuait à lui proposer des instants, pour se changer les idées. Et au fond, il était heureux de la retrouver et de passer quelques instants en sa compagnie.

Ce n’était pas aisé, en tant que Protecteur de la Foi, de pouvoir croiser des personnes qui n’aient pas d’inquiétude à son approche, il était un brûleur d’impie, Ambrosia le considérait comme un fanatique mais l’insulte passait sur lui comme une bise, il n’en faisait plus attention, sa Foi qui avait été ébranlé se consolidait un peu dans l’idée que rien ne pouvait entraver son but, pas même les potentiels obstacles que l’on pouvait mettre sur sa route. Il avait gardé sa maladresse, mais elle était moins omniprésente qu’auparavant, il était moins sur les nerfs par ailleurs, moins inquiet du coup…peut-être était-ce parce qu’il avait fait le point sur sa propre foi, ou bien parce qu’il était décidé à combattre celle-ci au lieu de se laisser abattre…

En tous les cas, il venait cherchait Cordélia aux portes d’une bâtisse, il l’avait convié à aller passer un peu de temps avec les orphelins de Melitele, un petit orphelinat dans le premier cercle qui avait subit des dégats mais avait été retapé grâce à un prestataire anonyme, l’endroit avait été en grande partie rénové et des fonds avaient été géré, pour une fois, un orphelinat était « sain ». un mercredi par mois Daeron s’y rendait pour passer du temps avec les gosses, il attendait donc Cordélia, paré de son vêtement habituel, une bure sans manche et ample sur un pantalon fin, qui lui donnait des airs d’homme du désert, ce qu’il était, Ameth étant désertique…il avait même une coiffe en turban pour se protéger du soleil, le gris bleu faisait ressortir ses pupilles azuréennes qui, en voyant la silhouette de la couturière s’éclaircirent.

Il avança sa main poliment pour serrer la sienne, poliment, les baises mains n’étaient pas le truc des prêtres après tout.

« Madame Porter, Bonjour ! Qu’Ameth vous protège. Merci d’être venue, les enfants vont être heureux. »




Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] 9cn74vy
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Mer 11 Mar 2020 - 19:30
Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

Automne 439,
Bas niveau de la cité,
Orphelinat

En retard, je ne l’étais jamais, sauf dernièrement. Mes hésitations constantes avaient eu raison de quelques rendez-vous, je restais néanmoins fidèle et ponctuelle dans mes affaires conscientes qu’elles étaient sans aucun doute, tout ce qu’il me restait. Vivre ou ne pas vivre. Je m’étais souvent posé la question, vivre ou ne pas vivre, pour la gloire, pour les sous, pour cette passion qui nous dévore où l’on peut voir passer la mort. Dans le fond, avais-je un peu cette sensation de mourir à petit feu, me parant dans le même art que mes aiguilles, une poupée presque en chiffon qui se cache derrière des sourires, des rires parfaitement simulés. Maintenant que je suis fasse à mon miroir, que je laisse mes doigts terminer de maquiller ce teint trop pâle pour être naturel et qui trahit mon manque de sommeil, maintenant que mes yeux sont agrandis par un trait léger et que mes cils sont bien trop fournis pour être d’origine, je me pince les lèvres. Une pâle copie de celle que j’étais, voilà ce que je suis devenue. Un sourire forcé, un chapeau de forme épinglé dans ma chevelure brune remontée en un chignon au ras de l’arrière de la nuque, je suis presque prête. Je remonte mes manches de ma chemise blanche, réajuste le nœud au niveau de mon cou, vérifie la fermeture de l’ensemble des boutons, laisse la pulpe de mes doigts effleurer la dentelle au-dessus de la poitrine. Je glisse le corset noir avant de le fermer sur le devant, serrant suffisamment pour affiner une taille qui n’en a sans doute pas besoin. Je respire encore, ce qui a tendance à me rassurer. La jupe brune, décorée de quelques broderies sombres vient glisser le long de mes jambes, jusqu’à s’immobiliser elle aussi à ma taille et mes bas sont mis tout comme les bottes avec un talon léger. Mes gants viennent cacher mes mains, la touche finale. Suis-je prête.

Dans un réflexe qui est bien plus récent qu’ancien, j’étire mes lèvres dans un sourire, je les pince, j’attrape un sac qui ne contient rien de particulier, hormis du matériel de couture qui ne me quitte pas, plus. J’enfile ma veste large et je disparais dans les couloirs. La marche est plus longue que je ne l’aurais pensée, j’essaie de me concentrer sur ce qui m’entoure, pour ne pas penser, je ne veux plus penser. Un soupir doit fuir ma bouche, alors que mes yeux ont cette tendance à se fixer sur le sol, avant de remonter sur les vêtements des personnes que je croise. Je me questionne encore sur la raison de mon acceptation, peut-être cette fascination d’être avec celui qui peut inspirer la peur ? Moi qui aspire secrètement à trouver soulagement dans une autre croyance, lui traquant ceux qu’ils nomment hérétiques. Peut-être aimerais-je qu’il voit cette partie de moi, peut-être… Je secoue lentement la tête, refusant de me perdre dans ce type d’analyse. Je sors de l’imposant mécanisme qui descend les étages pour me retrouver au plus bas, je sens mon cœur se crisper dans ma poitrine, si bien qu’elle m’oblige à déposer une main à travers le tissu. Je pourrais renoncer, rebrousser chemin, rentrer, m’enfermer dans ma petite chambre, mais je n’y fais rien, trop têtue. Comme un papillon de nuit attirée par une lumière, je vais me brûler les ailes.

J’ignore réellement où le lieu se trouve, j’ignore même du bien-fondé de cette idée. La vision des enfants a le don de me retourner l’âme à chaque fois que j’en côtoie, ne pouvant m’empêcher égoïstement de me questionner sur la survie de ceux-là et le décès des miens. Avais-je été si indigne pour mériter tel sort. Était-ce peut-être la continuité de ma sanction, celle qui devait créer s’appliquait à me détruire. À quoi continuer à aimer celle qui se drape dans ce que le peuple reproche aux hérétiques. Relevant les yeux, je découvre la silhouette lointaine que je reconnais plus ou moins, immédiatement, j’instaure cette représentation de moi-même. Ce masque inviolable. Des enfants, un orphelinat à quoi est-ce qu’il a bien pu penser ? Je tends une main en m’approchant vers lui, un sourire prenant possession de mes lèvres, sans doute trop large pour être sincère.

- «  Monsieur Azuran, qu’il en vaille de même pour vous, je suppose. » fis-je en laissant mon regard vagabonder un instant sur son visage « Il aurait été bien mal venu de ma part de refuser votre proposition. Visiter des enfants ayant tout perdu, une belle preuve de bienveillance que voilà »

J’ai la sensation que ma gorge se tord alors que ma phrase se termine, je pourrais me noyer dans mon propre désarroi. Des enfants. Mon sourire ne se détache aucunement de mes lèvres alors que je récupère ma main pour la glisser au niveau de ma taille, tapotant du bout des doigts le sac que j’ai emporté avec moi. Je m’interroge sur ce que nous allons faire, n’ai-je pas pour habitude de me rendre dans ce genre d’endroit. J’ai tendance à rester dans cette colère lorsque je croise des bâtisses réparées aussi utiles soit-elle, alors que de mon ancienne demeure il ne reste que des ruines. Je réajuste un sourire, je relève légèrement le menton vers lui, laissant un instant mes prunelles détailler sa tenue, sans en faire le moindre commentaire pour autant.

- «  Je me suis permise de prendre du fils, des aiguilles et un peu de tissus » constatant que j’avise en même temps fortement sa tenue, je me sens un peu maladroite « Pas pour vous hein… Enfin, votre tenue est très bien je ne me permettrais de… Pas… » je ferme les yeux une fraction de seconde, prend une inspiration « C’est pour les enfants, si il y a besoin.»

Bien joué Cordé. Bien joué. Je me retiens de justesse de ne pas laisser mes doigts effleurer mon visage, alors que mes talons se détachent du sol pour se surélever légèrement puis retrouver le confort de l’ensemble. Qu’on passe à autre chose, un peu gênée, je détourne les yeux, secoue lentement la tête, puis réajuste.

- «  Nous y allons ? Vous venez souvent, je suppose ? » oui monsieur doit être trop bon, chasseur d’hérétique, écouteur des sollicitations d’enfants « Je me demande où vous trouvez tout ce temps pour les autres… » cette fois-ci c’est une pointe d’admiration qui a dû poindre dans ma voix, même si pour beaucoup il doit être plus proche du monstre, ce n’est pas nécessairement ce que je vois.

Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] UqWT1k8
Daeron Azuran
Nationalité :
Amethienne
Messages :
88
Date d'inscription :
12/10/2017
Daeron Azuran
Protecteur de la Foi en Ameth
le Jeu 12 Mar 2020 - 13:20
Daeron était un homme qui avait sa propre façon de pensée. Si la jeune femme avait perdu la chair de sa chair, il y avait des enfants qui n’avaient pas connu leur mère, ni aucun membre de leur famille, sa peine ne pouvait être apaisée, mais il pensait qu’elle pourrait offrir de ce qui la composait, à des enfants qui n’avaient rien de tout cela. Si Daeron avait fondé un foyer, il aurait adopté plusieurs enfants, mais il était célibataire et ne pouvait s’engager sur ce cheminement, il était trop absent, pour ce genre de chose.
Quand elle lui apparut, il posa sa main sur la sienne tout en la serrant, un geste de protection et de bienveillance qu’il reproduisait avec douceur, l’observant de ses yeux profonds. Il ne voyait pas sa peine, enfin, il déterminait que son cœur n’était pas disposé au bonheur, mais il voyait ce qu’elle montrait, un sourire, un air presque calme…

« J’aurais pu comprendre que cela ne vous convienne pas, beaucoup de gens ont des préjugés sur les orphelins comme sur le fait de venir offrir un peu de son temps. »

Beaucoup n’avait pas l’âme assez généreuse, ni l’envie, Cordélia était là et cela enchantait Daeron, son âme avait souffert mais elle était encore capable d’effort, c’était un fait. Il le pensa furtivement et remarqua qu’elle observait sa tenue. Elle devait y voir les reprises soignés de quelques accrochages involontaires qu’il avait lui-même fait, pas du travail d’artiste mais c’était convenable, enfin, il le pensait.

Il eut un sourire amusé ! Daeron ne fut pas fâché.

« Oh, je me doute que vous devez juger un instant les points que j’ai pu raccommodé, ce n’est pas aussi brillant que vous pourriez le faire, mais je me débrouille, non ? En tous les cas, c’est une bonne idée, peut-être que vous pourriez montrer quelques points aux jeunes, histoire qu’ils apprennent. »

Il pensa, surtout aux jeunes filles, mais ne le dit pas. Non qu’il soit vieux jeu, mais c’était plus de l’habitude, à Ameth tout le monde savait au moins faire un point simple ou en tous cas, il fallait savoir, rapiécer ses vêtements était une chose normale !

« Une fois par mois de sûr, parfois une à deux fois en plus. Tout dépend de ce que je peux faire. Quant aux temps…je m’occupe plus des autres que de moi, mes filleuls, les autres, je n’ai pas de compagne, ni d’enfant et j’aime peu rester à ne rien faire. Avec tout ce que je vois, parfois, j’ai besoin de veiller sur les autres. »

Il y eut de la sincérité troublée dans ses pupilles, les impies pouvaient laisser d’horribles choses en chemin, depuis l’histoire des enfants disparus et tristement retrouvés en des rituels impies effrayants, il avait besoin de se rapprocher d’autres choses, de la vie, du bonheur. Il la prévint toutefois.

« Quelques un de ces petits sont craintifs, ils étaient amis avec les enfants qui ont disparu il y a un an, et puis d’autres vivaient dans l’orphelinat qui…enfin, il ne faudra pas vous inquiéter si certain ne sont pas très sociables. »

Avec un geste, il la guida vers les escaliers menant vers la grande porte, il glissa ses mains en croix dans son dos et avança à sa hauteur, tirant sur la clochette, il fit teinter celle-ci et on entendit des hurlements de joie à l’intérieur, des courses et la voix de la surveillance. On ouvrit enfin et une grande dame au chignon serré leur ouvrit.

« Bien le bonjour Protecteur Azuran et Madame, par les Dieux, ils ne tiennent plus en place ! Je suis Edwige Stean. La surveillante ! »

Elle accueillit le couple avec légèreté et une ribambelle de gosse traversa le couloir, ils jouaient visiblement à chat perché et plusieurs sautèrent pour s’accrocher au bras de Daeron en hurlant « perché », il fit un effort pour les soulever d’ailleurs et manqua toutefois de tomber, il fit quelques pas sur le côté. Madame Stean rappela qu’on disait bonjour avant et un chœur de gosse hurla un bonjour avant de filer…

« Je vous laisse faire comme d’habitude, je dois aller m’occuper d’administratif ! »

Une gamine était restée et se tenait à la bure de Daeron, il l’attrapa et elle se mit à rire, quand il déposa un baiser sur sa joue, elle tripatouillait son doudou.

« Voici Madame Cordélia Porter, elle m’accompagne aujourd’hui. »
« Bonjour Madame. »
« Voici donc Lizbeth, ma plus grande amie. »
« Des fois il m’laisse lui coiffer ses ch’veux. » Confia l’enfant très sérieuse en reniflant.
« On va peut-être éviter aujourd’hui. » Souligna Daeron, soucieux de ne pas trop paraître ridicule…pour une fois.


Spoiler:


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] 9cn74vy
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Jeu 12 Mar 2020 - 15:42
Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

- «   Je ne crois pas que ce soit mon cas » répondis-je naturellement avec cette légère hésitation. «  Les gens ont des préjugés sur beaucoup de choses…. »

Il était difficile désormais de définir ce que j’aimais ou ce que je n’aimais pas, difficile de définir lorsque je jouais où je ne jouais pas. Mes doigts s’étaient déposés un instant sur les siens, avant de quitter sa protection. Le contact était plus ou moins difficile et bien que je ne sache pas clairement la raison de ma présence ici et de mon acceptation, l’idée de penser à autre chose avait ce don de m’apporter un brin de soulagement. Mes lèvres avaient conservé ce sourire permanent qui ne semblait pas en mesure de se détacher de ma bouche, provoquant parfois cette légère crampe, cette sensation désagréable. Je ne pouvais m’empêcher de le trouver courageux, lui qui avait choisi –était-ce un choix ?- de suivre Ameth avec tout ce que cela implique. Une main prophétique, un chasseur, un tortionnaire ? L’idée me fit frissonner un instant, alors que mes deux prunelles ne pouvaient que suivre le moindre mouvement, s’attardant quelque peu sur sa tenue dont j’essayais d’identifier le créateur, ou tout du moins, la boutique d'où elle provenait. Ma maladresse habituelle me poussa à informer des quelques éléments que j’avais emportés, laissant ce sous-entendu qu’il s’agissait de reprendre ses propres vêtements. Mes joues s’étaient mises à chauffer de cette manière désagréable alors que mon visage s’était légèrement secoué dans une gêne palpable.

- «   C’est très bien… » affirmais-je forcément en déposant mon regard sur les différents points de raccommodage «  Bien que quelques améliorations pourraient… » je ferme les yeux, me pince les lèvres, je ne peux pas m’en empêcher définitivement «  C’est très bien » concluais-je «  Pourrais-je toujours vous donner quelques cours pour vous améliorer, à vous aussi. » tentais-je dans une taquinerie que je ne me connais plus nécessairement.

J’acquiesce simplement, me sentant sans aucun doute plus à l’aise dans un terrain conquis qu’en zone inconnue. Fallait-il le reconnaître, je ne m’étais jamais rendue dans un orphelinat, je n’y avais jamais fait le moindre don non plus, je ne saurais penser si il s’agissait d’égoïsme ou de méconnaissance volontairement aveugle. J’étais heureuse, j’avais mes enfants, je ne me souciais pas du reste. J’avais senti mon ventre se mouvoir un instant, se tortiller de cette manière désagréable alors qu’il évoquait une partie de son quotidien, sourire aux lèvres, j’opinais simplement. Sans mauvaise pensée, j’imaginais, volontiers puisqu’une traque pleine de préjugés, ou de moments de confession qu’un suivant d’Ameth jouant avec des enfants. Étais-je peut-être trop fermée moi aussi ? Pivotant légèrement en direction de la bâtisse, je me contentais d’ajouter dans ma spontanéité habituelle.

- «   Devriez-vous, vous méfier monsieur Azuran, pour pouvoir prendre parfaitement soin des autres, faut-il déjà savoir prendre soin de soi même. C’est une règle essentielle, j’en ai la profonde certitude.»

J’étais très bonne professeure, beaucoup moins bonne élève. Je pouvais pourtant affirmer que je n’avais jamais été aussi bonne et bienveillante qu’en étant heureuse et épanouie. Malgré les quelques difficultés financières, malgré les assiettes parfois pas aussi pleines qu’elles ne le devraient. J’étais épanouie et de ce fait, ouverte aux autres. Roulant simplement une épaule, je croisais les mains devant moi, au niveau de mon ventre. Mes prunelles se teintent d’un instant de tristesse, de réflexion, de compassion. Une triste affaire, aurais-je pu difficile passer à côté, je me souviens des recommandations que je faisais à mes enfants, toutes mères vigilantes auraient dû s’inquiéter, même si les rumeurs prétendaient que seuls les orphelins étaient concernés. Cette fois-ci, c’est ma main qui était venue se déposer sur son avant-bras, me voulant rassurante.

- «   Ne vous en faites pas, regardez, suis-je en votre compagnie sans m’effrayer. » venais-je de le taquiner vis-à-vis de la réputation des croyants de son genre, de la crainte qu’il pouvait apporter ? Possiblement «  Triste affaire » reprenais-je sérieusement en passant une main sur ma joue, laissant mes doigts remonter pour replacer une mèche de cheveux «  Dire que la vérité a pu éclater grâce à une confession… Je n’ose imaginer, comment on peut rester stoïque face à l’évocation de tel doute, cela doit être dévastateur de réaliser la cruauté des Hommes. » dans un murmure presque imperceptible, j’avais ajouté une pensée pour la femme du coupable «  Pauvre épouse… »

Ce n’était pas véritablement que je la comprenais d’avoir dissimulé ainsi des faits, mais pouvais-je entendre l’amour qu’elle éprouvait pour celui qui s’était lancé dans la réalisation d’atrocité. Néanmoins, garderais-je sans aucun doute cette pensée pour moi, consciente des impacts qu’elle pouvait entraîner. Un peu hésitante, j’avais fini par le suivre, patientant sagement que la porte s’ouvre, fermant les yeux un instant alors qu’un sentiment de nervosité s’empreignait de moi. N’étais-je pas la meilleure compagnie qu’il puisse exister pour des enfants en souffrance, y avait-il seulement réfléchi ? Sans oser lui demander, je portais mon regard sur sa silhouette et son visage, le scrutant. Me sentais-je insignifiante, ridicule petite à ses côtés, néanmoins m’appliquais-je à conserver à la fois mon sourire et ce dynamisme supposé.

- «  Madame Stean, le bonjour » fis-je simplement «  Prenez le temps, nous prenons le relais » affirmais-je sans vraiment me rendre compte de ce que pouvait appliquer mes paroles.

N’avais-je pas vraiment eu le temps de faire la conversation que le brouhaha de vie était venu me frapper de plein fouet. Les rires, les cris, le jeu, l’ensemble m’obligea à réaliser ce léger pas de recul, alors que quelques souvenirs d’un temps qui me semblait bien trop loin surgissaient dans mon esprit. Je m’étais pincé les lèvres, mordu l’intérieur de la joue avec une force qui me tira un léger couinement. Il était là, des enfants accrochés à ses bras, avec une surveillante les mains sur les hanches qui rappelle les règles de politesses. C’était à des années de ce que le peuple devait imaginer d’un représentant d’Ameth. Avisant sa presque chute, je m’étais surprise à rire spontanée, glissant immédiatement ma main devant ma bouche, comme honteuse de me moquer. Un vent léger de culpabilité avait tourbillonné dans mon ventre, vent que j’éloignais en offrant un sourire rassurant à celle qui s’éloignait.

- «   Monsieur Azuran est bien trop sérieux… » fis-je en m’abaissant légèrement pour être à la hauteur de la gamine «  Tu peux m’appeler Lilas si tu veux, c’est comme ça que me nomme mes ami(e)s. » je lui offre encore un sourire, relevant les yeux vers celui que j’imaginais avec des coiffures particulières, je m’étais mise à rire discrètement «  Ah oui ? Si tu veux, je dois avoir de quoi faire quelques flots en tissu… » ajoutais-je en jetant un œil vers celui qui était principalement concerné par la future œuvre.

- « Vraiment ?! » fit-elle avec des étoiles dans les yeux
- «  Vraiment, je suis certaine que cela lui irait parfaitement bien, n’est-ce pas ? »

Je l’avais détaillé en me redressant, alors que déjà la petite fille le contournait avec l’espoir, sans doute d’imaginer le rendu qu’elle pourrait obtenir. Cela m’amusait un peu, je devais bien l’admettre. Même si la culpabilité ne me quittait pas réellement, malgré les apparences, je n’étais pas vraiment à l’aise et une main nerveuse était venue frotter légèrement mon avant-bras alors que mes lèvres se pinçaient légèrement.

- «   C’est la première fois que je viens, peut-être pourrais-tu me faire visiter ? »
- « Pourquoi, t’aimes pas les enfants ? M’sieur Azuran, il vient nous voir lui, il est gentil. »

Ce fut un léger silence, alors que sa question provoquait davantage cette déstabilisation que je ressentais déjà. Mes doigts s’étaient faits un peu plus brusques, pinçant légèrement ma peau, alors que mon sourire avait dû se faire absent l’espace de quelques secondes. La franchise des enfants me surprenait encore et je me contentais simplement de répondre, sans trop savoir quoi dire.

- «   Est-il possible de ne pas aimer les enfants ? Non. C’est juste que je ne connaissais pas encore monsieur Azuran et qu’il ne pouvait de ce fait pas m’amener ici. »

La réponse n’eut pas l’air de la convaincre, elle fit cette petite moue, cherchant comme une confirmation dans le regard de celui avec qui elle semblait avoir noué une relation de confiance. Fort heureusement pour moi –sans doute moins pour lui-, elle revenait sur son idée première en nous invitant à la suivre, là où le brouhaha était le plus important.

- «   Lilas elle a de quoi faire des flots en tissu ! » hurla-t-elle en pressant le pas vers le reste du groupe « Elle a même dit oui pour coiffer monsieur ! » ce n’était peut-être pas ce que j’avais dit exactement…. Peut-être pas, j’offrais un regard à la fois amusé et coupable vers mon interlocuteur principal.

Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] UqWT1k8
Daeron Azuran
Nationalité :
Amethienne
Messages :
88
Date d'inscription :
12/10/2017
Daeron Azuran
Protecteur de la Foi en Ameth
le Ven 13 Mar 2020 - 15:23
Le sourire bienveillant du protecteur ne quittait pas ses lèvres, il observait la jeune femme, comme il observait toujours les gens, ses pupilles profondément bleues étaient perçantes, quand on connaissait son métier, l’on pouvait penser qu’il s’agissait de la vue du Moine sur l’âme, mais c’était simplement sa façon d’observer. Comme elle devait le faire sur sa tenue. Elle était amethienne, typique en vérité, propre à son ordre, rien de bien glorieux rien de coûteux, rien que la vêture humble d’un homme de Foi, distribué par une boutique spécialisée qui se trouvait en Ambrosia et qui était seule et unique dans le genre. Une boutique toute proche du temple d’Ameth dans le quartier religieux.

« Je prendrais volontiers quelques leçons de perfectionnement, cela ne peut jamais faire de mal. »

Il n’était pas aussi doué qu’elle pouvait l’être et cela ne le dérangeait pas.

« Oh mais d’une certaine manière, m’occuper des autres permet de m’occuper de moi, j’enrichi mon âme et mon esprit. Toutefois, je suis d’accord, il ne faut pas s’oublier. »

Il aurait été regardé étrangement en Ameth pour de telle parole, l’individualisme, quel qu’il soit n’était pas une forme appréciable dans son pays. Mais il avait appris, en Ambrosia qu’il fallait aussi penser parfois à sa propre personne, cela ne signifiait pas être égoïste pour autant. Il la regarda du coin de l’œil, amusé, à sa taquinerie. Cela ne le dérangeait pas qu’on s’amuse de son statut, c’était changeant, d’habitude, on estimait qu’il était un fanatique obscurci, alors qu’il ne désirait qu’aider mais bon, peu de monde pouvait le comprendre.

Il hochait la tête, tout cela avait été une sombre affaire et il murmura.

« Les corrompus de l’Inommables poussent les hommes et les femmes à des choses horribles, ses serviteurs… » Il secoua la tête, parler des « élus », des corrompus et de leurs serviteurs, il n’en avait pas envie. Il préféra de ce fait se diriger à l’intérieur de la bâtisse et d’ainsi se faire accueillir par Madame Steam. Surveillante que Cordélia invita à partir assez rapidement…

Daeron se demanda si Cordélia se sentait, il n’aurait pas été vexé qu’elle dise non, mais il pensait, avec toute la sincérité du monde, qu’elle était en bonne place. Les enfants faisaient du bien, en tous cas Daeron le pensait, il aurait adoré avoir ses enfants, même si au fond, il pensait en adopter plus tard, s’il trouvait la bonne personne, un jour, peut-être…
Il se présenta comme un colosse chancelant ce qui fit rire Cordélia, il ne la toisa pas du tout du regard et assuma les choses, se rattrapant de justesse, et puis vint Lizbeth. L’enfant était une petite puce adorable, douce, sage, et qui pouvait entraîner Daeron dans de drôle de coiffure, mais cela faisait sourire l’enfant.

« Moi trop sérieux ? Oui ce n’est pas faux… » S’étonna-t-il d’abord avant de concéder. Elle riait encore et il sourit. Des flots ? il leva un sourcil, Cordélia s’associait donc, mais il secoua la tête amusée, bien. Si cela pouvait leur faire plaisir, il bougonnerait un peu, pour le principe ! Toutefois, il fut surpris par Liz et lui adressa un regard interloqué. Les enfants étaient durs, mais il voulu répondre, hors Cordélia le devança. Et la petite le regarda mais préféra penser à la coiffure.

Il se tourna vers son invité alors que l’enfant partait, quelques instants pour eux, il avait remarqué ses airs et inquiet il souffla.

« Vous avez un point commun avec Liz vous savez ? Vos proches ont été pris par les corrompus de l’Innommable. Je l’ai trouvé perdue…» Il fronça les sourcils en se raclant la gorge. Pour lui, la tempête avait été le fruit de longue préparation il pensait sincèrement que les meurtres d’enfant –et de femme-, les rituels qui avaient été pratiqué, tous les détails « noirs » de l’avant tempête avait été en vérité des préparations pour faire venir le malheur en la nuit du Renouveau. La Tempète était selon lui, le résultat des meurtres et autres, Ameth avait pu la chasser, mais pas sans perte, hélas…il se racla la gorge. « Pardon, je suis un peu idiot. Je…il vaudrait mieux me faire ces flots ! Non ? »

Ainsi donc Daeron l’entraina, à moins que ce ne soit les enfants qui ne le fassent en revenant, tout unu groupe de petites filles qui regardèrent Cordélia avec émerveillement…


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] 9cn74vy
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Ven 13 Mar 2020 - 19:07
Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

Un instant, j’avais dû paraître hésitante avant de m’engouffrer à sa suite, je n’étais pas certaine du bien-fondé de cette idée, de cette activité. Pour autant, devais-je bien concéder que la présente des petites têtes blondes avait quelques choses d’agréables. La surveillante s’était éclipsée et si je n’avais pas eu l’impression de l’encourager à s’éloigner, en y réfléchissant, avais-je bien peut-être été un peu brève, mon anxiété, sans aucun doute. La petite fille présente semblait apprécier le représentant d’Ameth. Les enfants avaient cette insouciance particulière, presque touchante. Les murmures d’Azuran me restaient en tête et je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qu’il avait voulu dire. Pensait-il que tout le monde pouvait être les serviteurs de l’innommable ? Pourrais-je moi-même le devenir ? A cette simple pensée, je secouais légèrement la tête avant de me concentrer une nouvelle fois sur le moment présent et cette surveillance qui s’éloigne. J’avais pu échanger brièvement avec la jeune fille, celle-ci semblant parfaitement emballée à l’idée de coiffer ce brave homme qui se trouvait à mes côtés. Avais-je peut-être un brin de culpabilité à le mettre dans ce type de situation, même si je l’admettais volontiers cela avait tendance à m’amuser. Ainsi donc, ne s’offusqua-t-il pas que je le qualifie de trop sérieux, sans doute avait-il l’habitude.

Je devais cependant l’admettre, Azuran était loin de l’idée que je me faisais des suiveurs d’Ameth et cela me fascinait, j’imaginais ce type de croyant froid, distant, terre à terre, sévère sans doute, voir sans cœur… Ne fallait-il pas en avoir pour ainsi traquer, torturer, voir abattre. Là, lorsque je laissais mes prunelles effleurer sa silhouette, lorsque je le revoyais plier sous le poids d’enfants riants, je ne voyais rien de tout ça, je ne pourrais presque même pas imaginer qu’à côté de ça, il soit capable de tout l’inverse. Un peu malmenés par la conversation, mes quelques doutes avaient fini par se retrouver distancés par la joie de Liz qui nous devançait en hurlant qu’elle allait pouvoir réaliser une coiffure avec de nombreux flots. C’était sans compter sur mon guide du jour, qui sans s’en douter venait de m’achever et de me renvoyer directement dans mes doutes profonds. M’étais-je très certainement immobiliser sans même le vouloir, le détaillant d’un regard plus triste que je ne l’aurais voulu. Je n’avais pas imaginé que l’innommable soit responsable de ma douleur et de ma perte, j’avais retourné mes doutes contre ma croyance. Le faisais-je encore d’ailleurs. Néanmoins, je m’étais retrouvée là, immobile, ne sachant comment réagir face à ce que j’espérais être une maladresse. Mon sourire de protection s’était fait un instant plus fébrile, plus difficile.

Seul le mouvement de mes yeux alternant entre les traits de son visage, la fillette s’éloignant et mon hésitation à repartir devait être perceptible, alors que je n’étais toujours pas parvenue à répondre. Ce ne fut que son raclement de gorge qui me ramena à la réalité. Idiot, il l’était sans aucun doute et je ne pus que le souligner de cette manière si naturelle que je n’en fus que davantage gênée.

- « En effet » murmurais-je avec la sensation que ma gorge se nouait douloureusement. Mes doigts s’étaient enroulés autour de la lanière de mon sac, un brin plus nerveusement alors que je prenais une légère inspiration pour reprendre la marche en direction de ce qui devait être la grande salle d’activité « Allons, réaliser votre coiffure, je ne voudrais pas voir Lizbeth déçue. »

Etais-je sans doute sur l’instant l’unique chose qui m’empêchait de rebrousser chemin, sa phrase m’avait ébranlée si bien que je n’osais plus offrir le moindre regard par crainte de ne pas parvenir à maintenir ce masque de joie que j’avais appris à utiliser. Ma famille n’aurait pas voulu qu’on évoque une veuve en perdition, éprouvée par le chagrin… Pour eux, je ne devais pas me dévoiler, pour moi aussi un peu, sans doute, par pudeur, par crainte d’être jugée. Et puis finalement ce fut cette simple phrase, murmurée et rapidement interrompue par l’arrivée de la troupe d’enfants dans notre direction.

- « Je ne suis pas certaine que l’innommable soit responsable de tout, comment pouvez-vous en avoir la certitude ? » je m’étais pincée les lèvres « Vous m’avez amené ici à cause de mon point supposé commun avec ces enf.. »

Ce fut une petite troupe piétinant sur place qui avait fini par nous encercler, attendant avec plus ou moins d’impatience le résultat de ma promesse, la réalisation de fameux flots. Je n’avais pas pu m’empêcher d’aviser un instant le protecteur de la foi d’Ameth, peut-être un peu confuse, peut-être une nouvelle fois gênée par ce sentiment étrange qui m’envahissait. Cette fois-ci, pas de sourire, je n’avais pas réussi à faire semblant, à absorber ce petit pique en plein cœur qu’il avait provoqué sans doute involontairement et je me laissais entraîner par Lizbeth jusqu’à un banc un peu plus loin, alors que pleine d’entrain, elle s’impatientait avec un peu plus de vivacité. Les autres attendaient plus ou moins sagement, mais mon regard s’immobilisa sur une silhouette un peu plus jeune, un petit garçon beaucoup plus en retrait qui observait l’ensemble avec cette inquiétude dans le regard.

- « Bien, je vous montre ! » affirmais-je « Et mh… » j’étais hésitante, cherchais à trouver mes marques « Nous allons faire un concours ! Vous aimez les concours ?! »

Ce fut un silence et je craignais d’avoir fait une énième maladresse, mais ce fut une multitude de regards qui s’écarquillait alors que je sortais de mon sac les quelques chutes de tissus qui me restaient, ainsi que les aiguilles et le fil. Le calme avant la tempête, ne puis-je m’empêcher de penser alors qu’on sentait largement sur les visages l’engouement et l’excitation qui prenait naissance. L’excitation pour de simples chutes de tissu, cela me faisait de la peine.

- «  Bien, je vous donne à tous et toutes, des tissus et du fil, je ne vous indique rien, vous pouvez faire un décor comme vous voulez… »
- « Et le gagnant il remporte quoi ? Il y a toujours des prix pour un concours ! » rétorqua un gamin du groupe, je lui offris un sourire
- « En effet » fis-je avec une forme de douceur « Monsieur Azuran et moi-même lui réaliserons une chemise à la couleur de son choix. Bon si monsieur la réalise tout seul, je ne garantie pas le résultat, mais je vous promets de le surveiller ! »

En réalité, au moment où j’avais proposé le concours, je m’étais déjà promis de réaliser un vêtement pour chacun d’entre eux, parce que la souffrance entraînait la souffrance et que je ne pouvais m’empêcher de me sentir, peut-être… je ne sais pas. C’était ainsi, c’était tout et je ne parvenais pas à comprendre pourquoi j’en ressentais ce besoin. Personne n’avait aidé ma famille, je ne voulais pas que d’autres ressentent le mal qui me rongeait. En tout cas la réaction ne s’était pas fait attendre et le petit groupe s’était rapidement emparé de l’ensemble des tissus, du fil et des aiguilles et je n’avais pas pu m’empêcher une réaction purement maternelle :

- « Tu-tu-tu-, vous ne vous éloignez pas avec les aiguilles, je veux vous voir sous mes yeux et on fait doucement ! »

Cela me surprit moi-même, j’avais senti mon cœur se serrer, j’avais pris une légère inspiration alors que chacun se bousculait un peu pour prétendre faire la meilleure réalisation. Une compétition, n’était-ce peut-être pas la meilleure idée. J’avais regardé celui qui m’avait accompagné profitant d’un instant d’isolement –pas si isolé que ça-.

- « Je me suis un peu emportée… Je... Je ne suis pas très à l'aise.... avec l'évocation de l'accident.... » difficile de savoir si je lui présentais mes excuses pour ma question, ou vis-à-vis de cette idée qui ne me semblait plus autant lumineuse

- « Tu m’aides ? » fit une petite voix bien connue de mon interlocuteur. Lizbeth, lui tendait l’aiguille et avait visiblement des difficultés à passer le fil dans le chas de l’aiguille.

De mon côté, je me contentais un sourire, le laissant gérer cette situation, quelque chose m’intriguait sur le garçon plus loin. Je lui faisais signe d’approcher, mais il ne bougeait pas, m’avisant avec cette étrange colère au fond des yeux. Je retentais mon petit signe, sans succès. J’aurais pu me résigner et abandonner, mais non. Fouillant à l’intérieur de mon sac miracle – ou plutôt particulièrement mal rangé, contenant tout et n’importe quoi-. J’en sortais un petit morceau de tissu survivant. Humidifiant un fil du bout des lèvres je le passais dans l’aiguille, avant de m’atteler à la tâche, tout en lançant régulièrement des regards vers le gamin.

- « Vous le connaissez ? » questionnais-je sans détacher mon regard de mon occupation, certaine qu’il comprendrait de quoi je voulais parler, j’avais murmuré, espérant que Lizbeth soit suffisamment concentrée sur sa tâche.

Il m’avait bien parlé des enfants plus méfiants, mais lui, cela me semblait être plus que ça. Après quelques minutes de couture, j’avais finalement réussi à terminer. Ce n’était ni un ruban ni un flot cette fois, cela ressemblait plus à plusieurs à nœud papillon avec plein petits rouages cousus sur le motif clair. J’avais même pris un petit temps pour couper la forme plus précisément avec un petit ciseau. De là, je lui refaisais signe de venir, sans succès. Je glissais alors mes mains dans mon dos, mélangeant, pour laisser devant moi deux mains fermées en sa direction. Si j’étais convaincue d’une chose, c’est que les enfants étaient curieux par nature. Après quelques instants, cela n’avait pas loupé, il était juste devant nous, le regard rivé sur les paumes de mains fermées vers le plafond.

- « Celle-là » fit-il de cette manière bougonne, presque agressive
- « Tu es sur ? » questionnais-je dans un large sourire
- « Oui. » grogna-t-il

J’offrais un regard vers celui qui m’avait amenée ici avant d’ouvrir la paume de main, dévoilant le motif qui ne sembla lui tirer aucune émotion. J’étais déçue et même si je n’eus ni merci, ni sourire, il récupéra le motif pour le regarder de plus près, sans trop s’éloigner cette fois.

- «  Tu ne veux pas participer au concours ? » questionnais-je en n’ayant que pour unique réponse un roulement d’épaule « Tu ne veux pas… faire partie du jury alors ? » cette fois-ci je remarquais un haussement de sourcil curieux « Bien, si tu parviens à faire rire monsieur Azuran avec une blague de ton choix, tu deviendras notre jury privilégier et d’exception » affirmais-je en espérant avoir un peu d’aide cette fois…

Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] UqWT1k8
Daeron Azuran
Nationalité :
Amethienne
Messages :
88
Date d'inscription :
12/10/2017
Daeron Azuran
Protecteur de la Foi en Ameth
le Dim 22 Mar 2020 - 23:53
La situation échappa quelque peu à Daeron, et il ne sut pas trop comment, les choses purent ainsi filer entre ses mains. Oui, l’Innomable et ses sbires étaient responsables à ses yeux des morts, de la tempête et des choses terribles qui avaient eu lieu, beaucoup de gens était mort et la souffrance avait bercé la capitale de sa présence. Il réalisa pourtant qu’il l’avait blessé, sans forcément comprendre, peut-être ne supportait-elle pas de se trouver comparer à d’autres, la peine plongeait les gens dans un besoin de solitude. Une sorte de barrière nécessaire, qui protégeait le cœur du chagrin des autres pour s’épanouir dans le sien, car personne ne pouvait comprendre, une sorte de repli, nécessaire…inévitable.

Il s’en voulu quelque peu, mais il ne pouvait parler librement, c’était bien la première fois de sa vie qu’il se retrouvait un peu perplexe, voir perdu, d’engager des conversations de foi. Lui, qui avait l’aisance d’habitude, se retrouvait quelque peu … perdu. Il ne voulait point la chagriner et il avait eu l’espoir de lui faire comprendre que seuls les corrompus, les « Dieux noirs » étaient coupables, qu’ils avaient eu la force de faire tomber sur la capitale leurs ombres anxiogènes.

Il aurait aimé répondre mais les gosses eurent raison de leur potentielle conversation et Daeron laissa les enfants loin de tout cela. Il ne voulait pas rompre leur joie et encore moins qu’ils entendent quoi que ce soit, alors, il se laissa emporter…
Daeron n’était point un homme qui se laissait gagner le cœur aisément, disons qu’il n’était pas adroit avec les femmes, il n’avait connu qu’une seule dame sérieuse et chère à son cœur. Oh, ils n’avaient rien construit ensemble, les chemins s’étaient divergés, mais elle était sa meilleure amie et il était parrain de ses enfants. Aujourd’hui, il était bien incapable de comprendre qu’il cherchait à l’aider, agité par des choses naissantes qui faisaient aussi battre le cœur d’un Amethien. Enfin…

Il se sentait un rien coupable de l’avoir chagriné, un rien fautif mais il ne pouvait point dissimuler ses convictions, il était Homme d’Ameth, il savait. Ou tout du moins, pensait savoir, la nuance était ici, il avait sa Foi pour force de conviction. Il était un peu perdu pour l’instant, préférant se donner aux enfants emballés par l’idée du concours. Il fut dépassé par l’effervescence, un rien balloté, à droite, à gauche, répondant aux attentes, ses yeux se déposant parfois sur Cordélia qui lui inspirait l’envie du’n sourire qu’il ne savait pas contrôler, avant de retrouver les visages rayonnant des gosses. Il allait être ridicule, mais il s’en foutait, tant qu’il pouvait égayer un instant de leur temps et de leur vie. Que demander de plus ?

« Non, mais, c’est ma faute je… »

Oui, ce n’était guère brillant…
Tant bien que mal, porté par les gosses et l’activité, Daeron porta ses pupilles sur le gamin qui se tenait en retrait.

« Antoine…il se méfie des inconnus, il craint les adultes. Son père était violent. »

Daeron n’en dit pas plus, le petit n’aimait pas qu’on parle de son histoire et il refusait de le voir devenir écarlate et rentrer dans une colère noire. Il avait été élevé par un homme brutal, violent, un homme qui était mort en le laissant orphelin, sa seule famille avait été un des enfants qui…avait été retrouvé sacrifié.
Voir Cordélia tenter d’apprivoiser le gamin le fit sourire, elle avait quelque chose qui lui donnait envie de sourire, il espérait réellement pouvoir se rattraper, ou faire en sorte de transformer tout cela en quelque chose de mieux, même s’il ne savait absolument pas comment s’y prendre. Elle réussit à intéresser le gosse et quand il se rapprocha pour lui raconter sa blague. Ils échangèrent un regard sérieux, ce qui pouvait paraître comique quand on savait que Daeron se faisait tripoter les cheveux par deux gamines, bien décidée à lui faire une coiffure digne de ce nom.

« Comment appeles-t-on un chien magique ? »
« Hum…je ne sais pas… »
« Un magichien. »

Ce ne fut pas tant la blague qui fit sourire Daeron, mais l’air sérieux du gamin quand il l’a dit. Il ne put s’empêcher de sourire, ce qui donna à ses traits un foutu charme. Daeron vit le gamin dévisagé Cordélia et décrétait qu’il allait s’mettre là bas en désignant une place plus loin, Daeron se releva, libéré des gamines qui avaient envie d’aller aux toilettes et qui filèrent alors. Il ne devait pas avoir l’air si sérieux.

« Antoine est le plus difficile, il se méfie des adultes. Mais c’est un bon gosse, il a juste besoin qu’on lui apprenne à ravoir confiance. Je crois que vous êtes la seule adulte qu’il n’a pas tenté de repousser en lui flanquant un coup de pied dans le tibia. Moi, d’habitude, il me demande juste pourquoi…pourquoi ce qu’il s’est passé. »

L'amethien eut un faible sourire, il se sentait cruellement stupide pour l'instant et ne sut que dire de plus.


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] 9cn74vy
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Lun 23 Mar 2020 - 9:54
Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

Antoine donc. Je répétais quelques fois le prénom mentalement en avisant le gamin, jetant par instant de brefs regards en direction de celui qui m’avait amenée ici. Je me sentais coupable, coupable de réagir de la sorte, de me fermer, de l’éloigner, de ne pas supporter ne serait-ce l’évocation de l’accident. J’étais rongée par la certitude que j’aurais dû me trouver là-bas, rongée par cette idée fixe que j’avais tout donnée dans ma foi et que celle-ci n’avait trouvée qu’en retour, que la cruelle idée de tout me reprendre, de me priver de ce que j’avais pu obtenir de plus précieux : ma famille. Le regard perdu sur la silhouette du gamin, son nom parfaitement à l’esprit, je sentais mon cœur se serrer encore et encore, jusqu’à presque m’offrir la sensation de manquer d’air ou qu’il allait se stopper de battre, comme ça d’un coup. Portant une main à ma poitrine, froissant légèrement le tissu s’y trouvant sous la pulpe de mes doigts, je me refuse d’abandonner. Je m’applique à conserver ce sourire de façade, cette pseudo envie d’être là, de continuer à apprécier le contact social. Je ne suis plus certaine de me mentir pour autant, je crois que ce moment n’est pas si désagréable, malgré la conversation, malgré cette souffrance chez ces gosses. Un soupir vient fuir mes lèvres, que je pince par réflexe, avant de m’essayer à mon expérience.

Mon fils, aussi étrange que cela avait pu questionner son père était le plus réservé des trois enfants. Timide, introverti, il n’était pas un grand bavard. J’avais appris avec lui, pour lui, à communiquer différemment, le jeu était une bonne façon de faire tomber les barrières, de montrer main blanche. Offrant un sourire, jetant quelques regards en direction du gamin, je camouflais ma création dans une main, mélangée l’ensemble dans mon dos, avant de tendre les deux bras, paumes fermées en direction. Il y a toujours cet instant d’hésitation, de réserve, mais un enfant conserve toujours une partie de son insouciance. Antoine avait fini par s’approcher, à ma plus grande surprise et mes yeux avaient dû se mettre à briller de cette étincelle de satisfaction. J’avais toujours eu ce besoin de protection, je l’avais découvert dans un premier temps avec ma famille, mon mari, puis mes enfants, depuis je pensais qu’il m’avait quittée, qu’il avait disparu avec mon âme et mes sentiments, emporté par ce vent de tristesse me rongeant. Surprise de constater qu’il n’en était finalement rien.

Tripotant entre ses doigts ma création, me dévisageant de ce regard mélangeant, révolte, curiosité, satisfaction et amertume, j’ai la crainte qu’il me file entre les doigts, que ce progrès n’aboutisse alors rien. Je ne peux m’empêcher de faire cette étrange proposition, essayé simplement de le garder un peu avec nous. Nouveau jeu, nouveau défi, j’implique le représentant d’Ameth cette fois, consciente qu’il a plus de chance d’y parvenir. Une blague donc. Si l’idée m’avait paru complètement stupide à peine prononcé, j’en fus davantage surprise de le voir s’essayer. Un magichien donc. Mes prunelles étaient passées de l’un à l’autre, un sourire plus sincère que sur les autres alors que tous deux se dévisageaient avec ce sérieux au fond des yeux, cette certitude, et je m’étais mise à rire, une main devant les lèvres pour essayer d’étouffer l’ensemble. Je n’avais été guère la seule à trouver la situation amusante, non, avais-je parfaitement pu voir le petit sourire de monsieur Azuran sur ses lèvres. Antoine avait disparu, s’installant dans un coin plus proche cependant et j’avais eu instinctivement ce besoin de le rejoindre, sans y parvenir ou plutôt interrompu par les mouvements des jeunes filles réalisant la coiffure à mon compagnon de visite.

Immobile, j’avais eu ce pincement au cœur, ce besoin de fuir cet instant de tranquillité, je ne voulais pas évoquer la situation passée, rongée par le sentiment d’avoir mal agi. Mon regard avait longé la silhouette de mon interlocuteur, jusqu’à s’arrêter sur sa chevelure et les multiples éléments s’y trouvant. Même si la discussion ne s’y prêtait pas, c’est un nouveau sourire un brin gentiment moqueur qui s’était installé sur ma bouche, me mordillant l’intérieur de la joue pour ne pas rire, notamment au vu du sérieux de la conversation.

- « Pardon… Ce n’est pas drôle… C’est juste que… » je relève les yeux vers ses cheveux, un instant furtif, puis détourne le regard « C’est très séreux comme conversation j’en conviens, mais… » je me pince les lèvres, le pauvre cela doit tirer affreusement sur ses mèches « Vous êtes ravissante… » finis-je par lâcher en m’autorisant un petit rire.

Rapidement, mes doigts viennent se placer devant ma bouche, simplement pour étouffer ce que je m’interdis la plupart du temps. Comment moi pourrais-je m’amuser, alors que la chair de ma chair n’est plus là, alors que je n’ai pas su les protéger. Je toussote, tâche de me contenir, de me reprendre. Je ne suis plus certaine de jouer la comédie par moment et ce sentiment est étrange, aussi dérangeant, que plaisir. Je glisse une main dans ma chevelure, replaçant des mèches, alors que mes doigts se perdent à l’arrière de ma nuque, massant l’ensemble un peu nerveusement.

- « Peut-être que la question qu’il pose… » fis-je avec lenteur avisant le gamin « Ce n’est pas pourquoi il est arrivé ce qu’il est arrivé, mais… » je ne sais pas vraiment comment le formuler, c’est à la fois désagréable et désarmant de le prononcer « Derrière ce pourquoi, c’est souvent… Le besoin de comprendre notre responsabilité dans tout ça. » je me pince les lèvres puis ajoute « Un enfant est égoïste par nature, mais ce n’est pas péjoratif. » soufflais-je lentement « Ma fille » je sens mon cœur se serrer si fort, si bien que je ne me sens pas capable de poursuivre cette phrase, préférant la détourner « C’est juste qu’au début, même vous j’en suis certaine, on n’a pas le sentiment d’appartenir à un ensemble, c’est centré sur notre petite personne, ça évolue au fil des âges… » mon fils avait évolué plus vite que ma fille à ce niveau « Et puis un jour on devient adulte et pour la plupart, nous ne sommes plus le centre du monde, bien que je vous le concède volontiers, pour certains cela n’a jamais changé » je secoue lentement la tête, un fin sourire sur les lèvres « Alors, lui, ne verra pas un dieu comme responsable, ne trouvera pas du réconfort dans un autre dieu non plus… Il doit simplement se demander ce qu’il a mal fait, ce qu’il n’a pas fait pour que tout ça soit arrivé.. »

Parlais-je seulement véritablement encore de l’enfant, alors qu’en prononçant les mots j’avais la terrible sensation de revivre mes propres maux. Je n’étais plus petite fille, je n’étais plus égoïste, ou bien l’étais-je encore ? Sans doute, car je réalisais seulement à cet instant précis que je n’étais pas la seule à avoir perdue beaucoup, l’unique à souffrir. Sans doute pas pour les mêmes raisons, mais la douleur était là quand même, ailleurs et pas uniquement à l’intérieur même de mon cœur. Je n’ai pas pu m’empêcher de prendre une inspiration maladroite, alors que cette fois, mes doigts s’enfonçaient dans le tissu recouvrant mes cuisses. Mon regard se portait aussi loin qu’il le pouvait de mon interlocuteur, effleurant la silhouette des enfants tous concentrés sur la tâche à accomplir, s’arrêtant sur celle d’Antoine, un infime instant avant de reprendre, plus légèrement, comme pour oublier cette conversation lourde de sens.

- « J’ai de bons tibias » affirmais-je « Je lui rapporterais de quoi s’exprimer, parfois, il y a d’autres manières que les mots pour faire ressortir ce qui nous ronge à l’intérieur. »

Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] UqWT1k8
Daeron Azuran
Nationalité :
Amethienne
Messages :
88
Date d'inscription :
12/10/2017
Daeron Azuran
Protecteur de la Foi en Ameth
le Lun 23 Mar 2020 - 16:41
Le visage de Daeron était obtsinément sérieux, il en jouait un peu, se sachant parfaitement ridicule, mais cela ne le dérangeait pas. Daeron était un fanatique, certes, mais il savait s’amuser, ce n’était pas incompatible. Et puis, cela l’amusait, à elle, ce qui lui donnait envie d’en profiter, dans un sens. Il la regardait, en train de se foutre de lui, et le sourire en coin, il gardait son sourire sage, pour ne pas trop rire. Dans un léger mouvement de tête, histoire d faire onduler sa chevelure, il souffla.

« Je sais. »

Toutefois la conversation fut plus sérieuse, il ne se souvenait pas beaucoup de ses premières années d’enfance, enfin, pas en dehors du groupe en tous les cas. En Ameth, on apprenait vite à agir pour tous, au-delà de soit, et cela était facile, mais il savait que ce n’était aps partout identique. Daeron était probablement un rien inapte sur le sujet, même s’il adorait les gosses, il ne connaissait pas leur psyché et savait seulement être présent, comme il le pouvait.

« Oh il sait, j’ai essayé de lui expliquer, ce n’est pas sa faute, ce n’est pas parce qu’il n’a pas fait. Les Dieux veillent sur nous, mais ils ne peuvent forcer nos destinés, Ameth nous guide, il ne nous oblige pas. Il veille sur le destin des hommes, conçu pour vaincre celui qui s’est nécrosé. Il y a des hommes qui se sont joint à la servitude du mal, ils ont tué, perpétrer d’horrible sacrifice sur des femmes, des enfants, et j’en suis certain, dans le but seul de faire venir cette terrible tempête. Sans crier gare, le mal s’est abattu, et la Foi seule à permis d’aider Ameth à se battre. Nous avons fait ce que nous avons peu, croyants et pieux, ensembles, cela aurait pu être pire, hélas…nous avons tous été touché, alors oui vous avez raison, il est encore jeune, il ne sait pas, un jour sa Foi s’éveillera et il saisira. »

Tout était toujours une question de foi, surtout chez un Amethien et un Protecteur de la Foi. Les enfants n’étaient jamais des créatures considérées comme « hérétiques » ils étaient innocences, c’était la vérité. En tous cas, Daeron ne savait pas tout à fait parler à ce petit, il essayait mais bon…
Il l’observait, convaincu qu’elle était à sa place ici, parce que ses enfants avaient besoin d’adulte qui s’intéressent à eux comme elle avait besoin de penser à d’autres choses. Daeron retrouva les deux enfants qui vinrent terminer leur ouvrage et il laissa faire.

« Je ne suis pas très pédagogue je le crains, vous savez drôlement mieux les occuper que je n’ai jamais su le faire, ils sont tellement appliqués…d’habitude je me fais engueuler parce que j’ai eu la bonne idée de proposer un cache cache et qu’on fait beaucoup trop de bruit. »

Confia-t-il en faisant une grimace coupable à la jeune femme.


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] 9cn74vy
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Lun 23 Mar 2020 - 19:17
Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

À son léger mouvement de tête, j’aurais pu me mettre à rire davantage, avais-je bien évidemment tenté de gonfler les joues pour retenir cet amusement que je ne simulais d’aucune façon. Un instant, j’eus la sensation que plus rien n’existait autour de nous, ni passé, ni présent, ni avenir, ni enfants. Il n’y avait que cet homme que je ne connaissais que bien trop peu, s’appliquant à réaliser un léger mouvement de tête pour faire onduler sa chevelure parfaitement décorée. Il avait cette manière de se comporter, sérieux et espiègle à la fois, cette façon de s’exprimer toujours si posée. Pinçant mes lèvres, je me contentais de revenir sur l’ensemble de la conversation, soudainement beaucoup plus sérieuse. Croisant mes mains sur mes jambes, j’évoquais à la fois ce qui me semblait logique pour cet enfant : sa culpabilité, son incapacité à submerger l’épreuve, ses doutes, la sensation de ne pas avoir été où il aurait dû, de ne pas avoir été suffisamment fort. Tout en énumérant l’ensemble, j’avais senti mon cœur battre terriblement fort, presque à s’en décrocher à l’intérieur de mon corps. C’était douloureux, désagréable, alors j’avais la sensation de retracer mes propres sentiments. Je n’étais pourtant plus une enfant, plus une jeune fille insouciante non plus. Je conservais cette colère qui m’animait de nouveau, face à ce dieu qui m’avait abandonnée, créatrice de tout, ou destructrice de tout. Pourquoi donner pour tout reprendre ?! Sans même m’en apercevoir, j’avais froissé les plis de ma jupe sous la pression de mes doigts, dont les articulations avaient fini par blanchir. Aernia. Je la détestais.

Puis il m’avait répondu avec cette certitude dans ses mots, cette facilité à trouver des phrases, cette croyance inébranlable. Une nouvelle fois, j’avais fait silence me surprenant à me concentrer sur le mouvement de ses lèvres, libératrice de convictions bien trop profondes pour que je puisse à ce moment précis les partager. Pourtant, j’aurais pu l’écouter des heures durant avec cet espoir d’un jour être en mesure de ressentir une nouvelle fois cette passion qui semblait l’animer, cette reconnaissance qu’il avait pour son dieu. La mienne, je ne la regardais plus, je ne la priais plus et me rendre aux offices en fin de semaine pour conserver les apparences devenait presque un supplice. En avais-je un peu honte, tout en étant incapable de lutter contre mes sentiments, contre mes doutes, mes incertitudes. Et puis, son explication prit fin et mon regard devait hurler ce besoin de l’écouter encore, alors que mes prunelles remontaient jusqu’aux siennes, longeant ses pommettes, son nez, avant d’aviser ce regard si bleu. Immobile, silencieuse, je n’avais trouvé aucun mot à prononcer sur cet instant. Ses yeux complétant simplement sa manière de s’exprimer et cette bulle qui m’avait offert un instant seulement.
J’avais entrouvert les lèvres, prête à prolonger cette discussion, prête oui, à l’écouter encore durant des heures, avec l’espoir de le voir encore aimer autant son dieu, partager ce plaisir que je n’éprouve plus et puis… Les enfants reviennent en riant, grimpant sur le banc pour venir tirer ses cheveux en arrière pour reprendre leur art, comme si il était une poupée, une docile poupée.

- «  Personne n’est parfait avec un enfant, on apprend avec eux » soufflais-je dans un aveu désarmant « Bien les enfants » reprenais-je plus fortement en me redressant  « Venez par-là, venez me montre vos œuvres d’art » ajoutais-je en replaçant ce sourire de façade

Une nouvelle fois, mon regard s’était porté sur la silhouette masculine, un instant, je m’étais immobilisée dans mes mouvements, alors que j’avais une nouvelle fois cette fascination pour ce regard si bleu. Prenant une légère inspiration, je me reconcentrais sur la petite troupe bruyante qui était déjà face à moi. Cela chahutait, se bousculait devant moi, tentait de piquer la création de l’un et de l’autre, rien de très surprenant avec des enfants. Chacun voulait démontrer l’ensemble en premier avec ce regard pétillant si intense.

- «  On se calme… Je vais vous expliquer comment cela va se dérouler » fis-je en jetant un regard vers mon accompagnateur « Vous allez avoir un jury d’exception » poursuivais-je avec ce regard pétillant de malice en sa direction qui laissait entrevoir la suite, ma taquinerie « Mademoiselle Azuran ici présente » fis-je rapidement d’un geste de la main en direction du représentant d’Ameth « Sera notre premier jury »
- « Oooooh mais c’est un garçon » « c’est un monsieur pas une demoiselle » « tu dis n’importe quoi ! » fis-je un ensemble outré, amusé, interloqué
- « Ah bon ? » fis-je surprise en pivotant vers sa direction « Ah oui, peut-être, cela doit-être la coiffure » continuais-je en tournant mes doigts autour de ma tête « Votre premier jury donc, le suivant sera… » j’avise et montre Antoine « Antoine ! C’est notre jury d’exception d’aujourd’hui » petit silence alors que les enfants l’observent les yeux grands ouverts et la bouche ouverte « Et moi-même donc. Vous allez vous présenter chacun votre tour… Montrer votre réalisation et expliquer ce que vous avez voulu faire, à la fin le jury va délibérer et sortir trois gagnants. Allez, on fait une file et on passe chacun notre tour et s’il y a une dispute, attention… On arrête tout ! »

J’ai levé un doigt en faisant cette affirmation, avant de venir m’installer juste à côté de Daeron, sans plus aucune distance, ou tout du moins, beaucoup plus faible. Derrière nous, les non-participantes s’appliquaient sagement à la réalisation, avant sans doute, naturellement de venir s’occuper de ma propre chevelure, non sans demander l’autorisation –non pas à moi, mais à lui, étrangement-, j’avais néanmoins opiné dans un léger mouvement de tête. Antoine était un peu plus loin, silencieux, s’il avait toujours ce visage fermé, presque révolté, il s’était approché de quelques pas pour observer, les bras croisés sur son torse, le pied triturant le sol nerveusement. Un bon début, c’est ce que je voulais penser. Les premiers enfants s’étaient évidemment bousculés pour arriver devant nous, chaque flot avec son lot d’anecdote, d’hésitation, son argumentation dans le choix des couleurs de la forme. Les aiguilles étaient rendues au fur à mesure. La petite troupe applaudissait à chaque fois vivement, en riant le plus souvent. Antoine lui n’avait pas tiré encore un sourire, ce qui portait ce petit pincement à mon cœur, peut-être m’étais-je trompé. Mes cheveux se tiraient en tous sens, étaient-ils sans doute plus longs que ceux de mon accompagnateur..

- «  Rapprochez-vous » ordonna la petite fille en me poussant légèrement contre son épaule « Ouiii, regarde !! » fit-elle pleine de vie « Je peux partager tes cheveux avec lui ! »

Et une longue flopée de mèches de mes mèches s’étaient retrouvées sur la tête du représentant d’Ameth. Ce qui ne semblait toujours pas convenir aux deux gamines qui cherchaient, semble-t-il avait bien dans l’idée de partager l’ensemble des tignasses ou tout du moins de faire une coiffure commune. J’avais offert ce large sourire à celui qui n’était plus de si mauvaise compagnie. Tâchant de ne pas trop bouger, ne pouvant néanmoins retenir quelques grimaces, j’encourager les derniers participants à se présenter. Une fois l’ensemble fini je tapotais d’une main maladroite la cuisse du servant d’Ameth pour l’inviter à prendre la parole, afin de donner ses quelques points, l’ensemble semblait néanmoins complexe, puisque nos cheveux étaient semble-t-il entremêlé, les mouvements et notre différence de taille s’annonçait quelque peu… amusants.  

Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


Sortie à l'Améthienne ! [Cordélia] UqWT1k8
Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum