Le deal à ne pas rater :
Nike : 25% de réduction supplémentaire sur les articles soldés
Voir le deal

Daphnée Samabartel
Nationalité :
Raclusienne
Messages :
240
Date d'inscription :
05/02/2019
Daphnée Samabartel
Propriétaire d'un comptoir commercial
http://jwrenaissance.forumactif.com
le Lun 23 Mar 2020 - 23:37
L’annonce avait été faite. A partir de maintenant, il était difficile pour la jeune femme de faire machine arrière, de se défiler, au contraire. L’heure n’était plus aux doutes mais bien aux préparatifs. Les feuilles des arbres entamaient leur chute, dehors, amenant des fraîcheurs que Daphnée commençait à supporter bien que l’humidité ne faisait que rendre tout cela moins supportable que dans la ville où elle était née. Guettant par la fenêtre les premières conséquences de l’automne, elle soupira longuement. Doucement, l’Etoile du Nord s’était refermée sur elle-même, préférant éviter cette Cour qui commençait à prendre mesure de son rôle entre les murs du Palais, cette carte finement jouée par l’Impératrice. De Raclus, elle avait reçu nombreuses lettres, certaines familles la félicitant, d’autres insultant son nom pour cette traîtrise, allant jusqu’à évoquer une naissance trop basse pour être celle qui concilierait une paix entre Ambrosia et la Ligue. Ce n’était que le début de de tous ces chamboulements. Les Serpent qui vivaient au Palais n’étaient guère mieux, ne l’épargnant pas en sourire moqueurs ou compatissant. Oui, qui rêverait d’épouser un homme aussi âgé que l’était l’Oncle de sa Majesté ? Aucune des damoiselles ne semblaient l’envier, qu’importe son titre, d’autant plus que son ambition au trône, il l’avait abandonnée il y avait bien longtemps.

Pire encore, elle avait récemment appris que, dans les tréfonds de la Capitale, de nouveaux paris avaient vu le jour, jouant de cette malédiction dont elle semblait victime. Les plus cruels hommes cherchaient alors de deviner quand et de quelle manière pourrait s’éteindre le maître espion de la ville. C’était insultant et morbide, aux yeux de Daphnée qui essayait de ne pas y penser. Lilith lui avait assuré que sa robe serait confectionnée par les plus grands couturiers du Royaume aussi, c’était celle qui avait été judicieusement choisi qu’elle s’apprêtait à rencontrer. Jusqu’alors, préférant ses robes venues de Raclus, elle n’avait que peu cherché à adopter la mode Ambrosienne et pourtant, elle devrait prochainement s’efforcer de refaire l’entièreté de sa garde-robe si elle ne souhaitait pas sembler trop différente. Pour accueillir une connaisseuse en la matière, elle avait revêtu une robe vermillon faite de tulle et de soie, une large ceinture de cuir venant encercler sa taille de guêpe. Ses longs cheveux d’argent descendaient librement dans son dos, caressant ses reins de leurs pointes soignées dans une cascade ondulée. Elle avait choisi de ne mettre aucun bijou, se demandant si les essayages le lui permettraient, se rappelant à quel point un bijou pouvait gêner le ressenti global d'un vêtement s'il n'était pas en accord avec lui. Essaierait-elle seulement quelque chose ce jour ou bien cette rencontre ne serait-elle faite que de discussion ? Chaque couturier fonctionnait avec ses propres règles, cela, elle le savait. En tous cas, une règle avait été formulée : Nul ne devait connaître l’apparence de la robe avant l’heure afin que la surprise soit totale. Quant aux moyens, ils étaient presque infinis.

Quelques coups furent frappés contre le battant de la porte, la forçant à quitter ses rêveries et à revenir dans le moment présent. Une servante entra alors à son ordre, accompagnée par une jeune femme brune au teint bien opposé au sien. « Mademoiselle Samabartel, voici Cordelia Porter, la couturière de son Altesse impériale. » « Merci Amanda. Veuillez rester, je vous prie. » Dans un but de bien maintenir son entourage dans la confidence, on lui avait recommandé de garder le moins de monde à ses côtés pour une telle étape. Cependant, elle estimait que la couturière aurait certainement besoin d’un peu d’aide et dix doigts supplémentaires ne seraient guère de trop. Posant les topazes de ses yeux sur la dénommée couturière, elle lui adressa un sourire dans lequel la mélancolie de ses pensées était bien visible. « Je vous souhaite la bienvenue dans mes modestes appartements, Cordélia. Et d’avance, je vous remercie d’avoir accepté cette charge importante qui consistera à produire une robe parfaite et dans l’air du temps en Ambrosia. » Elle eut un léger mouvement de tête reconnaissant à l’égard de cette nouvelle venue. Des robes de mariée, elle en avait essayé grand nombre et le défi serait de taille car il s’agirait de faire différemment que les fois précédentes.


A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée Fc3xBB3
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Mar 24 Mar 2020 - 17:59
A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

Automne 439,
Troisième étages

Une robe de mariée. Deux robes de mariées.  J’avais senti mon cœur louper un battement, puis un deuxième alors que je regardais les nombreux tissus dont je disposais, lançant un regard vers la servante qui m’attendait, je ne savais quoi lui dire. On ne refusait pas une commande, surtout pour une justification aussi sentimentale que la mienne. Je prenais une respiration, lui indiquait d’un geste de la main de m’attendre dehors. Deux robes de mariées. J’aurais pu jurer soudainement, envoyer tout ce qui se trouvait sur mon bureau au loin, mais je n’en faisais rien, me contentant de récupérer l’ensemble de mon matériel nécessaire dans une lenteur presque maladive. Carnet de croquis, échantillons de tissus, exemple en illustration, tout y passait, absolument tout, il ne me fallait rien oublier, sans quoi je risquais à la fois de me faire perdre du temps, mais aussi de lui en faire perdre et autant être sincère ni l’une ni l’autre n’avions de précieuse minute à envoyer balader. C’est finalement les bras particulièrement chargés que j’avais fini par sortir de ma petite chambre, rejoignant celle qui m’attendait sagement.  Je l’avais remercié dans ce sourire de façade que j’avais l’habitude de désormais offrir. Mon cœur s’était mis à battre de cette étrange manière, alors que je ne m’imaginais aucunement me glisser dans le rôle de la femme enjouée de préparer un mariage, allait-il le falloir pourtant. Naïvement, je m’autorisais à croire que je n’aurais cas me laisser porter par l’engouement de la marié qui devait déjà voir fourmiller dans son esprit une multitude d’envies, de besoins, d’idées.

Je n’étais pas sans savoir l’étrange rumeur tournant autour de cette femme que je ne connaissais que de vue, à peine, mes collègues couturières m’avaient dit que je perdrais inutilement du temps puisque le mariage n’aurait sans doute pas lieu. Je n’avais pas nécessairement saisi l’humour de la situation, trouvant ça plutôt atrocement triste. Le bruit de mes chaussures légèrement surélevées raisonner dans les couloirs alors que je m’avançais au même rythme de la domestique, sans lui toucher le moindre mot. J’étais nerveuse et le mouvement de mes doigts sur ma mallette et sur le tissu de mes jupons devait sans doute me trahir. Était-elle exigeante, allait-elle vouloir quelque chose de complexe, allait-elle au contraire vouloir rester dans ses habitudes vestimentaires que je ne maîtrisais pas nécessairement. La longue de ma jupe brune traîne sur le sol m’obligeant à la relever légèrement. Ma taille est ceinturée par une ceinture dans la même teinte alors que mon chemisier est bouffant et réalisé par mes soins, un énorme nœud brun vient orner l’ensemble juste au-dessus de ma poitrine. Ma chevelure est remontée, bouclée dans un chignon à l’arrière et un léger couvre-chef. Ma taille est fine, trop sans doute, mais je n’y prends plus garde, l’ensemble est renforcé par le corset que je porte sous mon vêtement et que j’aime serrer jusqu’à avoir la sensation de manquer d’air. Fort heureusement pour elle, je ne suis pas encore certainement de le lui imposer.
Nous arrivons jusqu’à la porte et je patiente sagement, le temps de me faire annoncer d’entrée et de m’incliner convenablement en prenant garde de ne rien faire tomber. Je ne peux cacher ma surprise de voir la petite main rester, ce que je me garde bien de garder, m’approchant simplement pour prendre place là où m’indique.

- «  Mademoiselle Samabartel, c’est moi qui vous remercie de m’octroyer un peu de votre temps. Ne puis-je qu’être honorée de cette demande, j’espère être à la hauteur de vos attentes et de votre imagination » soufflais-je en avisant du coin de l’œil celle qui s’est installée dans un coin « Bien, je vais déjà prendre des notes sur vos attentes si vous le voulez bien, il est essentiel pour moi de vous connaître un peu afin de réaliser le plus justement une robe à votre hauteur et votre valeur. »

Je lui offre un sourire éparpille un peu sur l’espace à la fois mes croquis, une feuille vierge, les exemples de tissus, les exemples de tenues envisageables. Pour débuter, il est essentiel que je sache ce qu’elle aime et ce qu’elle n’aime, peut-être qu’en lui en proposer de me parler d’elle, cela serait plus simple. J’hésite un peu, avant de prendre une légère inspiration et de me lancer.

- « Oserais-je vous faire l’affront de vous questionner un peu à votre sujet ? J’aime connaître les femmes pour qui je travaille, nous avons toutes et tous des goûts individuels et particuliers, nous n’apprécions pas les mêmes tissus, les mêmes formes, les mêmes couleurs. Votre mariage va être unique est tous les regards vont être porté sur votre beauté, il est essentiel de la sublimer à votre valeur » je lui offre un nouveau sourire « Alors, si nous commencions par parler un peu de vous afin de vous rendre la plus belle de tout Ambrosia le jour J. » enchainais-je en m’appuyant sur le dossier de ma chaise, plume en main pour gribouiller les informations que j’allais percevoir « Je ne veux pas que savoir les éléments concernant votre tenue, je veux vous connaître un tant soit peu et surtout, votre vision de votre mariage, comment vous l’imaginez, comment vous le percevez. Souhaiteriez-vous des clins d’œil avec la tenue de votre futur mari ? »

A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée UqWT1k8
Daphnée Samabartel
Nationalité :
Raclusienne
Messages :
240
Date d'inscription :
05/02/2019
Daphnée Samabartel
Propriétaire d'un comptoir commercial
http://jwrenaissance.forumactif.com
le Mar 31 Mar 2020 - 1:39
La mélancolie se lisait sur ses traits. Il fallait être aveuglé et dépourvu d’émotions pour ne pas comprendre que la perspective de ce mariage ne l’enchantait guère. Et pourtant, forcée dans ses obligations, elle s’attelait à bien des préparatifs. Certaines de ses requêtes ne sauraient être acceptées, elle en avait conscience tout comme l’intendance du Palais soulevait quelques traditions bien obligatoires dans le déroulé de la cérémonie ou dans les objets mis à dispositions. Aussi, après quelques questions profondément gênantes qui remettaient en cause son honneur, il avait été convenu qu’elle doive porter une robe d’un blanc immaculé. Daphnée était loin de s’en offusquer, étant habituée autant que sachant que le blanc irait parfaitement à son teint autant qu’à ses longs cheveux d’argent. Pour le reste, on lui avait laissé carte blanche et c’était peut-être le souci.

La jeune couturière se sentait honorée de ce travail qu’on lui offrait et ne tarda pas à préciser qu’elle donnerait le meilleur d’elle-même et de son talent pour que la satisfaction de la future mariée soit totale. Dégainant un petit carnet, elle lui indiqua qu’en premier lieu, elle souhaitait recueillir toutes les attentes de la blonde pour cette robe. Haussant ses sourcils parfaits, elle hocha la tête, invitant la brune à s’asseoir dans un petit fauteuil face au sien. Peu à peu, la couturière sortit du matériel, des tissus, des croquis… Bon nombre de choses qui pouvaient être utiles pour jouer sur l’inspiration de la jeune femme afin de l’aider dans ses choix, de l’orienter. Daphnée se perdit dans ses pensées autant que dans la contemplation de toutes ces choses qui se trouvaient sur la table. Son cœur n’était pas en fête quand elle songeait à son fiancé. Et pourquoi devait-elle faire mille manières d’une célébration que les Dieux annuleraient en un claquement de doigts ? C’était ridicule.

Forte de ses idées, elle fut arrachée à celles-ci par quelques paroles de la jeune femme qui se trouvait face à elle. Ses vêtements marquaient cette personnalité qui était la sienne et Daphnée aimait ce qu’elle dégageait. Était-ce un affront que de vouloir connaître l’autre ? La jeune Samabartel ne le considérait nullement ainsi aussi, elle n’en fut pas le moins du monde gênée. Tous les regards vont être portés sur votre beauté. Le seraient-ils réellement ? Ou bien regarderaient-ils plutôt l’homme qui se tiendrait à ses côtés dans l’attente de le voir tomber raide mort ? Baissant les yeux, Daphnée réalisait peu à peu qu’elle se posait bon nombre de questions et qu’aucune d’elle ne se prononçait en faveur de ces noces. Poussant un premier soupir, elle s’apprêta à répondre quand Cordélia reprit de plus belle.

Sa vision de ce mariage. Un second soupir lui échappa tandis qu’elle quittait le petit fauteuil, se détournant un instant de l’autre femme pour mieux laisser son regard vagabonder sur les croquis. « Si vous souhaitez mieux me connaître pour préparer cette robe unique… Vous devez avant tout savoir que ce ne sera pas ma première robe de mariée. » N’avait-elle pas été informée à ce sujet, d’ailleurs ? Ou bien n’osait-elle pas aborder la chose avec Daphnée ? Prenant une longue inspiration, elle poursuivit. « Six autres robes furent créées pour moi par le passé bien qu’aucune n’ait servi pour une quelconque cérémonie. » Triste réalité. Effleurant du bout de ses doigt l’étoffe délicate qu’avait pu amener la brune, elle pinça doucement les lèvres. « Par ailleurs… Je m’excuse à l’avance si, d’aventure, votre travail devait demeurer dans une armoire. Les Dieux semblent vouloir me jouer des tours et j’ai quelque peu du mal à suivre le destin qu’ils souhaitent m’offrir. » Son regard appuyait ses excuses quand elle le reposa sur l’autre femme. Déglutissant avec difficulté, elle finit par soupirer à nouveau.

« J’aimerais pouvoir vous décrire une cérémonie joyeuse et vivante, le bonheur que je serais susceptible de ressentir à ces instants mais… Je crains que nous n’y arrivions jamais. Et quand bien même la Noce devait être célébrée, l’homme que j’épouse semble n’avoir que très peu de choses en commun avec moi. Nous sommes deux mondes qui s’entrechoquent sans forcément se comprendre. Alors, si vous me demandez comment je vois ce mariage, je vous dirais qu’il sera très certainement protocolaire, dénué de tout sentiment… Et certainement victime de quelques moqueries. » Elle n’aimait pas s’exprimer ainsi, d’autant plus qu’elle s’évertuait à tout pour que les choses se passent au mieux. Mais elle semblait avoir l’occasion de parler, de vider son esprit, aussi, elle ne saurait s’en priver.

Dans un doux sourire triste, elle reprit place dans le fauteuil, s’y tenant droite. « Si vous avez connaissance de la tenue de mon fiancé, je vous autorise à insérer quelques hommages à la sienne dans la mienne afin de nous montrer unis au moins par ce biais. Quant à moi… Je suis une jeune femme de Raclus, venue du grand Nord de ce continent, dans les Îles. Virindrige est appelée la cité des glaces car la neige y est présente bien souvent. J’ai grandi dans des terres gelées et le froid est l’élément qui me représentera toujours. Pour les tissus… Ma famille est réputée dans le commerce de fourrures. Cependant, je doute que le mariage n’ait lieu en hiver, son Altesse Impériale m’ayant déjà précisé que cela risquait d’être compliqué d’organiser un mariage en si peu de temps et les Ambrosiens semblent ne pas apprécier le froid autant que moi. Sinon, je n’ai nulle requête particulière si ce n’est que cette robe doit être d’un blanc immaculé. » Elle pensait bien avoir tout dit. Elle en avait beaucoup dit, déjà, répondant aux questions de Cordélia autant qu’elle le pouvait. Soupirant à nouveau, elle porta son regard sur la jeune femme avant de sourire. « J’imagine que ce n’est guère une chose commune pour vous de vous retrouver dans une telle situation. »


A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée Fc3xBB3
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Jeu 2 Avr 2020 - 23:25
A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

Assise, un sourire fin sur les lèvres que je m’appliquais à maintenir je détaillais cette femme qui se trouvait face à moi. D’elle, je ne connaissais pas grand-chose hormis les multitudes de rumeurs qui pouvaient circuler entre les murs du palais. L’annonce de son mariage avait connu quelques mots susurrer lors de grandes conversations des petites mains, ou des personnes plus importantes. Croisant les jambes, m’appliquant à conserver mes feuilles de notes, prête à notifier la moindre information, je n’avais pu que légèrement écarquiller les yeux par la brutalité de la première révélation. Révélation qui n’en était pas une, néanmoins, me contentais-je d’opine, hochant la tête de haut en bas dans un léger ‘mh,mh’ presque indélicat alors que je songeais déjà à la suite de mes questions. Six robes donc, je noter le chiffre, faisant des petits tirets sur tout ce que cela signifiait, six robes, si croquis, si style différent sans donc que je ne devrais pas ni imiter, ni effleurer, ni m’approcher. J’avais lâché un bref soupir, sans jamais avoir dans l’idée d’être indélicate, me redressant légèrement pour m’enfoncer dans le siège, je réalisais soudainement que la tâche ne serait pas aisée. Non pas parce qu’elle avait déjà connu moult préparatifs de mariage, mais parce qu’elle ne s’y projetait pas le moins du monde. L’évocation des dieux me fit légèrement grimacer, sans que la maladresse involontaire ne vienne faire trembler le cœur qui avait dû néanmoins louper un battement. Pensant au prêtre d’Ameth un instant, je m’appliquais à ne pas paraître trop détachée de la réalité de l’influence de ceux qui sont censés nous accompagner.

- « Les dieux sont bien des mystères à résoudre » me contentais-je de répondre en continuant ma prise de note « Mh, sans doute pourrions-nous commencer par quelque chose d’hideux » poursuivais-je un instant, cherchant une réaction dans son regard « Pour rester dans l’armoire, cela n’a pas la moindre importance après tout, mais dans le doute… »

J’offre un sourire en coin, consciente d’être non pas uniquement maladroite, mais presque manquante à l’étiquette. Néanmoins, j’ai la sensation d’agir comme il le faut, car au-delà de rester sur les apparences, c’est la femme qui se cache réellement derrière ce visage de porcelaine qui m’intéresse, que je veux, que je dois sublimer. Je la détaillais cette femme qui me donnait la sensation d’aller dans une direction qui était tout… sauf particulièrement joyeux. J’en avais presque de la peine pour elle, moi qui avais su gérer mes propres noces de la plus impliquée des manières. Néanmoins, ne pouvais-je lui en vouloir, sans doute n’avait-elle pas eu son mot à dire. Opinant simplement, je continuais à noter de la plus simple des manières : protocolaire, dénué de tout sentiment… Avisant les mots couchés sur le papier, je ne pouvais que me surprendre à trouver l’ensemble très déprimant… Avais-je plutôt l’impression de me lancer dans le préparatif d’un deuil, que d’une cérémonie de lien sacré. Me pinçant les lèvres, je relevée le nez vers elle, écoutant la suite des recommandations. Cette fois-ci l’ensemble m’intéresse beaucoup plus et des petites étoiles de créatives doivent prendre naissance dans le fond de mes yeux. Une langue légèrement sortie, sur le côté, je griffonne avec un peu plus d’entrain : froid, neige, blanc, fourrure. Je griffonne des petits croquis, si bien que j’en oublie presque celle qui se trouve face à moi, sa voix me fait néanmoins me détacher de l’ensemble, constatant peut-être sa tristesse ou cet étrange sentiment qui émanait d’elle.

- « Au contraire, je suis souvent dans ce genre de situation » répondis-je la plus sincère du monde « Créer des tenues pour toutes les occasions, c’est mon métier. Percevoir ce qui n’est pas perçu. Et j’ose espérer que ma création vous réconfortera le jour où vous aurez sans aucun doute l’impression de vous passer la corde au cou. » je relève légèrement le nez, avant d’ajouter « Navrée de mes nombreuses indélicatesses, mais je veux être très clair. » j’avais arrêté le moindre mouvement la moindre note « A ce jour, ce que je réalise, ce que je vais réaliser, ce n’est ni pour votre futur époux, ni pour la famille d’influence que vous allez rejoindre, ni pour tous ceux qui vous envierons ou vous détesterons ce fameux pour jour… » je laisse un petit silence « C’est simplement pour vous, et uniquement pour vous, pour que vous soyez fière d’avoir vaincu votre malédiction, pour vous vous sentiez belle, digne et confortable. »

Mes joues s’étaient immédiatement mises à chauffer, alors que mon regard devait hurler cette gêne que provoquaient mes paroles, je savais sans aucun doute que je dépassais les limites, la frontière si fine de celle qui doit écouter, obéir et rendre l’impossible, possible. Mais cette femme, cette femme qui avait la chance d’être vivant, d’avoir un futur mari en vie. Je me mordillais la lèvre inférieure, déposant mes mains devant mes lèvres pour camoufler une légère quinte de toux. Je reprenais, sagement.

- « Alors » rajoutais-je avec cette assurance en perdition « Vous pouvez me dire, simplement que vous voulez une robe qui vous sublimera, mais qui sans aucun doute ne vous correspondra pas, ou bien vous pouvez avoir envie de vous plaire à vous…. Et dans ce cas, je suis la couturière qu’il vous faut. » je lui offre un sourire « Le froid ne sera pas présent, mais je peux broder des perles faisant penser à des flocons de neige, je peux jouer sur la transparence et la dentelle, sur les volumes, sur les accessoires. Je peux réaliser n’importe lequel de vos souhaits, de vos envies, je pourrais défaire et refaire sans jamais juger, recommencer jusqu’à pouvoir obtenir une étincelle de plaisir dans votre regard. »

Je faisais une nouvelle fois silence, déposant mes notes sur le côté, détaillant celle que je ne connaissais pas, et dont le gouffre qui nous séparait était tel que j’avais la sensation de ne pas pouvoir l’effleurer même du bout des doigts. Néanmoins, dans sa manière d’agir, dans sa manière de vivre les éléments, je voyais une femme qui survivait et non qui avait bien décidé de vivre.

- « Pourriez-vous me décrire vos précédentes robes de mariés, ou me montrer l’ensemble, en me décrivant tout ce qui ne vous plaisait pas chez chacune d’entre elle, après ça, vous pourrez les déchirer sans le moindre scrupule. D’un part ça fait du bien et d’autre part, inutile d’en posséder sept, puisque seule la dernière comptera et sera la plus belle de toute » concluais-je un brin de malice dans le regard




A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée UqWT1k8
Daphnée Samabartel
Nationalité :
Raclusienne
Messages :
240
Date d'inscription :
05/02/2019
Daphnée Samabartel
Propriétaire d'un comptoir commercial
http://jwrenaissance.forumactif.com
le Dim 19 Avr 2020 - 2:14
Quelque chose d’hideux. Doucement interloquée, Daphnée haussa ses sourcils bien dessinés pour dévisager cette couturière aux approches bien étranges. En voilà une idée bien étrange. C’était bien la première fois qu’on lui proposait volontairement de ressembler à un sac pour ses Noces… Quoique l’argument aligné derrière ne parut pas entièrement sot. Oui, à quoi bon passer mille heures de travail sur une pièce qui ne saurait être portée. Cette réflexion lui arracha un léger sourire qu’elle tâcha pourtant de ravaler bien assez vite afin de garder ce masque sur ses traits. Elle avait bien compris que la couturière cherchait en elle la passion qui l’animait et elle l’avait bien chatouillée du bout de son audace. Elle aurait pu lui faire quelques remontrances mais non. Daphnée avait besoin de personnes franches dans son entourage, de personnes qui sauraient se démarquer plutôt que de sembler aussi lisses que l’ensemble de toute cette cour.

Forcément, cette approche acheva de convaincre la blonde de prêter oreille à la couturière, pinçant les lèvres avec une distinction bien noble. Visiblement, ce genre de situation n’était pas si inconnu que cela pour la brune qui lui faisait face et la Raclusienne la soupçonnait presque de savoir manier sa barque dans ce flou artistique. Trouver du réconfort. Il lui en faudrait certainement quand le jour viendrait, s’il venait. Daphnée restait terriblement fataliste, s’attendant à voir entrer l’impératrice à tout moment pour lui annoncer le pire concernant son Oncle, son fiancé à elle. Pour l’heure, le vieil homme semblait s’accrocher à la vie avec une force qui ne pousserait que la Mort à se montrer plus cruelle encore. Cordélia s’excusa de son manque de tact mais, d’une main légèrement dressée, la fiancée lui fit part de sa capacité à ignorer ce qui pourrait braquer d’autres femmes. Pourtant, rapidement, elle se montra si directe que Daphnée ne sut qu’en penser.

Appuyant sur son souhait de faire plaisir à la future mariée et à personne d’autre, elle mettait le doigt sur une chose qui était bien vraie. Daphnée avait été fiancée, encore et encore, sans que jamais personne ne s’intéresse à son ressenti personnel, à ses envies. C’était la première fois que quelqu’un se souciait d’inclure son bonheur dans quelque chose qui avait toujours été décidé par d’autres. Belle, digne. Baissant le regard, elle sentit l’émotion l’embrasser toute entière, venant mouiller ses yeux de larmes de reconnaissance qu’elle n’avait que très peu versé dans sa courte vie. Déglutissant avec difficulté, elle chercha à garder contenance devant cette étrangère qui, en quelques mots, avait secoué tant de choses en elle. Comment ? Pourquoi ? Elle ne saurait se l’expliquer, se contentant de garder le silence et d’écouter.

Déjà, les idées suggérées lui plaisaient. Des perles, des dessins de dentelle… Pourquoi l’évidence n’avait-elle su se faire dans son esprit avant cela ? Parce qu’on n’avait peu laissé place à ses envies profondes. Tout ce que souhaitait Cordélia, c’était la voir conquise, prête à s’acharner sur une œuvre autant de fois qu’il le faudra. Relevant ses yeux azurés sur elle, elle rattrapa de justesse une larme aventureuse du dos de son index, toussotant légèrement pour se redonner du courage. Prenant une longue inspiration, elle fit face aux dernières demandes de l’artisane. Et devant sa malice, elle s’inclina, tombant le masque pour se laisser aller à un sourire. « Où étiez-vous, toutes ces années durant… » Car oui, elle aurait aimé connaître cette artiste avant, afin de ne pas reproduire encore et encore des erreurs.

S’éclaircissant la gorge, elle se leva, faisant un léger signe de tête à la jeune servante qui était dans un coin, incitant cette dernière à ouvrir la penderie. « Je n’ai malheureusement ramené que la moitié de ces robes… Vous comprendrez que je n’en avais pas forcément utilité ici et que j’espérais, pour celle-ci, éventuellement les porter dans d’autres circonstances… Mais vous avez raison, peut-être vaut-il mieux les détruire. » La jeune femme qui s’emparait des pièces de tissu la regarda d’un air effaré, comme si elle venait de dire la plus grande bêtise de sa vie. Il était vrai que pour une femme comme elle, une telle pièce représentait un graal inatteignable. « Je vous laisse admirer vous-même les précédentes créations que j’étais censée porter. Toutes étaient dans un style bien semblable et les quelques autres variaient dans les couleurs ou les rubans… » Comme un mécanisme de défense, elle s’éloigna de ces chiffons qu’elle n’avait que trop vu. Toutes les robes avaient une coupe assez simple, peu évasée, loin de la robe de princesse qu’elle méritait peut-être. A dire vrai, le corps maigre Daphnée avait été remarqué encore et encore et tous les artistes l’ayant habillés s’étaient accordés pour dire que le cacher dans des volutes de tissu toutes plus bouffantes les unes que les autres risquaient de la faire disparaître. Pourtant, elle aurait aimé porter une crinoline, sentir le tissu s’vaser à partir de sa taille maigre dans un tissu plus léger, flottant.

Toujours debout, elle regarda plus amplement les croquis de la couturière avant de poursuivre, à haute voix. « Pensez-vous que reproduire la forme des flocons de neige sur de la dentelle est chose possible ? La légèreté de cette matière et le jeu de transparence sont si beaux… » Ses bras doucement couverts par des manches légères, un dos travaillé, des perles savamment placées… Oui, peut-être que Cordélia parviendrait à rendre tout ceci intéressant, finalement.


A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée Fc3xBB3
Cordélia Porter
Nationalité :
Ambrosienne
Messages :
188
Date d'inscription :
01/03/2020
Cordélia Porter
Couturière du palais
le Dim 26 Avr 2020 - 18:14
A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

- « Je… » je sens ma gorge se nouer un instant, alors que je m’imagine lui réponde que j’étais heureuse, dans ma maison, avec ma famille, mon mari mes enfants, mais que tout ça c’est volatilisé à cause d’une divinité qui n’a pas su protéger sa plus fidèle croyante. « Je n’étais pas bien loin » soufflais-je dans un délicat sourire.

Mon cœur s’est serré dans cette douleur que je commence à connaître sur le bout des doigts, mon regard a dû se teinter de cette tristesse maladroite alors que je l’avise de mes yeux bruns. J’aurais aimé pouvoir un jour répondre sincèrement à quelqu’un, ne plus être dans ce jeu de faux semblant, dans ce sourire joyeux qui ne me représente plus. Mais je suis couturière, elle est ma cliente et je ne pourrais critiquer les choix des dieux. Immense sentiment de solitude. Mes lèvres se pincent de cette manière peu discrète alors que je m’applique à retrouver ce visage rempli de sérénité et de bienveillance, elle semble enfin prête à travailler avec moi, à se faire plaisir et l’idée de m’occuper l’esprit me fait du bien. Je me redresse légèrement, comme pour accompagner le mouvement de la domestique qui ouvre enfin la fameuse penderie remplie des mille merveilles. Le tissu est de qualité les motifs sont agréable et je ne doute pas de la douceur du toucher, l’ensemble pourrait faire pâlir d’envie plus d’une femme de ce palais, tout sauf elle visiblement, elle que l’on n’a sans doute même pas demandé l’envie. Sept mariages tout de même, je n’ose la questionner sur les échecs, sur la raison, était-ce que de l’arrangement, de l’amour ? Je ne préfère pas le savoir dans le fond.

- «  Eh bien… Je vous propose de tourner la page du passé, après tout, il faut toujours aller de l’avant. Mais peut-être devriez-vous faire don de ses merveilleuses robes à ceux qui n’ont pas grand-chose, en plus de faire un beau geste, vous flatterez sans aucun doute votre réputation. »

Un coup d’œil me suffit à comprendre l’idée générale, elle ressemble à une jolie poupée et les précédentes couturières se sont cantonnées à ça : une poupée et non une femme séduisante en pleine possession de ses moyens. C’est bien ça que je veux faire ressortir, sa beauté, sa féminité, sa puissance et sa capacité à séduire, puisque soyons réaliste, séduire elle va devoir le faire vis-à-vis du peuple, des gens et même de cette cour dont elle ne fait pas encore franchement partie. Je laisse mes doigts détailler les robes, effleurer le tissu, contourner les motifs, les nœuds et les rubans, avise un instant celle qui maintient le tout en lui offre un sourire. Je sais ce qu’elle pense, elle doit rêver d’un jour pouvoir porter une merveille, elle ne doit voir que l’aspect artificiel et non sentimental de la chose. Moi-même, je n’ai pas les moyens de m’offrir ce type de robe et même si j’ai le tissu en ma possession, il n’est là que pour réaliser des commodes. Je ne fais que donner une idée, cela m’évitera peut-être de ressentir le regard plein d’incompréhension de la petite main sur ma personne. Je me contente rapidement de délaisser l’ensemble, le passé doit toujours rester où il se trouve, derrière, maintenant que je la vois s’attarder sur mes notes et mes croquis, je ne peux guère retenir un sourire beaucoup plus s’insère d’émerger sur mes lèvres. M’approchant avec lenteur, j’avise l’ensemble opine simplement à sa demander en décortiquant un peu l’ensemble, je gribouille un croquis rapidement pour le lui présenter.

- «  Regardez, bon c’est dessiner rapidement, mais je pensais partir sur ce type de corset avec des flocons évidemment » je lui montre le dessin réalisé rapidement en insistant plus sur les flocons « De là il faudrait imaginer une traîne imposante en transparence… Ou bien, tout le contraire, cibler sur quelque chose très neutre sur le devant, avec un magnifique plongeant dans le dos, des bijoux rappelant votre originaire, la neige, le froid » je fais là aussi un croquis rapide pour lui donner une idée juste là « Qu’est-ce que vous en pensez ? »

Je m’éloigne un peu la laisse prendre en considération l’ensemble, on ne peut pas passer d’une hostilité non négligeable à la préparation de cet ensemble à un engouement certain, bien que je suis convaincue qu’elle a envie d’être autre chose qu’une jolie poupée. Je lui offre un sourire, plutôt doux, avant de glisser mes mains dans mon dos.

- «  Je peux déjà vous proposer de prendre vos mesures, cela nous permettra de converser un peu, mademoiselle pourra m’aider à prendre et noter l’ensemble. » je fais une légère pause « Je peux travailler des croquis dans la soirée et vous faire parvenir l’ensemble, vous n’aurez cas m’entourer votre préférence ou ce que vous ne désirez pas, ainsi je pourrais affiner mes idées. » je relève légèrement le nez « Loin de moi l’envie d’être indiscrète et vous me pardonnerez madame si je le suis, mais… Avez-vous envie de ce mariage ? »

Je l’avise un instant, c’est bien plus que ma curiosité qui parle, peut-être que l’idée qu’elle ne supporte pas ce mariage aurait quelque chose de réconfortant, je ne sais pas. Quoiqu’il en soit je prépare ce qu’il me faut pour prendre des mesures, l’invitant d’un geste de la main à prendre place au centre de la pièce et sans doute à se dévêtir, moins il y a de vêtement plus je pourrais être précise. Je me demande d’ailleurs pourquoi est-ce moi qui doit me charger de sa tenue, est-ce sa volonté, ou bien un simple conseil, est-ce qu’elle au courant que je m’occupe également de la robe de l’impératrice, je l’ignore, mais la charge de travail risque d’être très importante…. Mes nuits être encore plus courte qu’à leur habitude.

- «  Avez-vous beaucoup d’obligation dans les jours à venir ? Evidemment je me tiendrais à votre disposition dès que vous aurez un moment à m’accorder. »





A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée D9gqnbs-b5b99fd3-2090-45cb-a495-6244c63539b3.png?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2U3ZGM2YjQxLWY3MDktNDNlZC05NDdlLTNkYWU0OTllMjc0ZFwvZDlncW5icy1iNWI5OWZkMy0yMDkwLTQ1Y2ItYTQ5NS02MjQ0YzYzNTM5YjMucG5nIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0


A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée UqWT1k8
Daphnée Samabartel
Nationalité :
Raclusienne
Messages :
240
Date d'inscription :
05/02/2019
Daphnée Samabartel
Propriétaire d'un comptoir commercial
http://jwrenaissance.forumactif.com
le Mar 28 Avr 2020 - 2:03
Il y eut un instant étrange. Les mots de la couturière étaient restés en suspens, comme retenus dans une gorge serrée ou bien par des pensées trop nombreuses qui l’empêchaient de s’exprimer. Je n’étais pas bien loin. Haussant les sourcils, Daphnée accueillit cette réponse avec une curiosité nouvelle. Que voulait-elle dire ? Pour autant, elle ne chercha pas à fouiller dans tout ceci, ce n’était pas sa place. Son rang le lui permettait certainement, mais la blonde savait si bien à quel point le passé pouvait être douloureux à porter. Elle n’allait donc pas chercher à comprendre, à en savoir plus. La brunette n’était pas venue pour subir un interrogatoire.

Ordonnant l’ouverture de la penderie, la jeune domestique présenta à la couturière les vêtements qui avaient été façonnés pour elle dans un but heureux qui n’avait jamais su voir le jour. Détournant le regard tant à cause de celui de la jeune servante que la vision de ces robes, elle écouta malgré tous les dires de la couturière. Il fallait oublier ce pan de sa vie, oui, mais c’était bien difficile quand il façonnait toute son existence ou presque. Voilà plus de dix années que le mauvais sort avait commencé à s’abattre sur elle et si son pupillat avait su mettre un terme un temps durant aux projets de mariage de son père, elle réalisa peu à peu qu’elle avait provoqué la mort d’un homme pour chaque année durant lesquelles elle avait été fiancée ou presque. Nemrod l’Envers ne pouvait décemment pas éviter ce sort, et la peur grandissait dans son ventre.

Faire don de ces robes. Daphnée haussa les sourcils à nouveau, surprise d’une telle réflexion. A dire vrai, elle voyait ces robes comme étant aussi maudites qu’elle et aurait certainement préféré les voir se détruire dans les flammes. Mais l’idée d’agir avec humilité en offrant à certaines élues un ouvrage de marque n’était pas une mauvaise idée, loin de là. La Raclusienne n’avait aucune attache véritable à Ambrosia et son mariage était déjà discuté par le bas peuple qui voyait d’un bien mauvais œil cette nouvelle venue. Essayer de conquérir leur cœur avec un tel geste était une solution qui lui faisait bien plaisir et un léger sourire illumina doucement ses traits. Flatter sa réputation. « Cette idée est plus qu’à explorer, je vous en remercie… Je crois que j’avais bien trop peur de voir ces robes aussi maudites que moi pour envisager de les offrir à quiconque sans lui apporter la colère des Dieux… »

Observant plus en détail les divers croquis de la brune, elle parvint finalement à émettre quelques idées qui ont su la séduire. Cette neige, Daphnée y tenait et si l’hiver n’était nullement propice aux pariages, alors soit, elle porterait la neige d’une autre manière. Et comme pour lui confirmer que tout est possible, Cordélia s’empara de papier pour mieux dessiner certaines idées qui lui venaient en tête. L’idée du corset était merveilleuse et, bien que dessiné à la va-vite, Daphnée parvint à s’en faire une idée plutôt forte, un sourire nouveau venant prendre place sur ses lèvres fines. Enfin, elle parvenait à se projeter, à se plaire dans l’idée de ces drapées et de ces dentelles sans se sentir forcée. Un traîne, des bijoux… Tout semblait envisageable. D’un autre dessin, la couturière émit une idée tout à fait opposée à sa première. Mais tout autant séduisante. Daphnée était charmée et, quand la brune lui demanda ce qu’elle en pensait, elle releva ses yeux clairs sur elle avant de lui dire en toute simplicité. « J’en dis que vos idées sont toutes fabuleuses… Je vais finir par ne plus savoir quoi vouloir puisqu’il me faudra toutes ces choses… » Il lui faudrait réfléchir et, sentant cela, la brune lui proposa de prendre ses mesures, lui expliquant que cela leur permettrait de converser. Opinant du chef, Daphnée indiqua à sa femme de chambrée qu’elle allait avoir certainement besoin d’aide. Après tout, s’il fallait ôter le moindre vêtement, le faire seule relevait de l’exploit.

L’acharnée travailleuse, elle, lui affirmait être capable de lui faire porter des croquis dans la soirée. Il n’y avait nulle urgence aux yeux de la jeune femme et pourtant… Plus vite elles seraient d’accord sur le papier, plus vite Cordélia pourrait se mettre à l’ouvrage et aurait plus de temps pour la réalisation que si Daphnée tergiversait des semaines durant. Alors elle hocha la tête, souriant toujours par l’approche de cette jeune femme sur tout ceci. Non pas qu’elle avait su la faire changer diamétralement d’avis mais elle lui permettait de relativiser énormément. Et puis, il y eut cette question de trop. Avez-vous envie de ce mariage ? Son cœur se serra et son sang se glaça à travers tout son corps. Retenant sa respiration, les topazes de ses yeux tombèrent sur le sol, accueillant avec joie l’invitation à aller se dévêtir derrière le paravent. Accompagnée d’Amanda, elle laissa la jeune femme défaire les rubans qui tenaient sa robe sur son corps. Après un léger silence, et à l’abri d’un regard capable de jugement, elle soupira longuement. « Il y a bien longtemps que je n’éprouve plus l’envie de me marier… » Comme pour lui faire remarquer qu’elle avait la langue bien pendue, Amanda tira un peu plus vivement sur le ruban. Mais il en fallait plus que cela pour faire taire Daphnée. « Ce mariage est purement politique, ce n’est nullement un secret. Mon futur époux est l’Oncle de son Altesse Impériale, j’imagine que vous ne l’ignoriez pas… Un homme d’un âge avancé, à l’honneur intangible et aux préoccupations bien plus portées sur le Royaume qu’elles ne le seront jamais sur moi. » Elle haussa les épaules derrière le paravent, s’étant faite à cette idée. Rapidement, la jeune servante lui ôta la robe qu’elle portait, la laissant dans un corset poudré qui enveloppait son buste et ses hanches, ainsi qu’en bas.

Elle sortit donc ainsi vêtue, ou dévêtue, observant la réaction de la brune. Elle était doucement attristée de la tournure de tout ceci et pourtant, elle n’avait pas envie de voir la pitié dans son regard. Beaucoup voyaient le rang élevé qu’un tel mariage offrait à Daphnée quand les jeunes femmes ne voyaient que l’homme qu’elle allait épouser, vieux, bougon. Soupirant doucement, elle haussa à nouveau les épaules devant la requête de la jeune femme. « Je peux faire de vous l’une de mes obligations si cela est nécessaire. Si cela peut me permettre d’éviter la Cour… » S’avançant vers elle, elle se tint droite pour les mesures, sa silhouette maigre n’étant plus le moins du monde dissimulée dans des drapés.


A grand événement, tenue adaptée | Cordélia & Daphnée Fc3xBB3
Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum